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Magistères religieux et modernité

Religious magisterium and modernity

Ateliers jeunes chercheurs : pratiques et enjeux de la recherche

Young researchers' worshops: research practices and issues

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Publié le mardi 01 avril 2014 par Rémi Boivin

Résumé

À l’occasion de son 40ème anniversaire, l’Association française d’histoire religieuse contemporaine dédouble sa journée d’études annuelle : une journée sera consacrée à des ateliers jeunes chercheurs. Elle portera sur les rapports problématiques unissant magistères religieux et modernité. Il appartiendra aux spécialistes du « fait religieux » d’aborder cette question dans une perspective résolument comparatiste et en se penchant sur les aspects méthodologiques qu’elle soulève. Quels choix méthodologiques et conceptuels font les chercheurs, et pourquoi ?

Annonce

Argumentaire

À l’occasion de son 40e anniversaire, l’Association française d’histoire religieuse contemporaine dédouble sa journée d’études annuelle : une journée sera consacrée à des ateliers jeunes chercheurs. Elle portera sur les rapports problématiques unissant Magistères religieux et modernité. Il appartiendra aux spécialistes du « fait religieux » d’aborder cette question dans une perspective résolument comparatiste et en se penchant sur les aspects méthodologiques qu’elle soulève. Quels choix méthodologiques et conceptuels font les chercheurs, et pourquoi ? Quels en sont les difficultés et les avantages ? Quels problèmes pratiques (terrains, langues...) rencontrent-ils ? Comment et sur quels critères emprunter méthodologies ou concepts issus de divers champs disciplinaires ? Quels sont les impératifs guidant leur rapprochement de telle(s) discipline(s) plutôt que de telle(s) autre(s) ? Quels sont les enjeux, scientifiques et institutionnels, de leurs choix et comment se sont-ils manifestés dans leur propre parcours ?

Le moment de la Renaissance européenne est caractérisé par un processus de remise en question de modes d’existence et d’autorité ayant prévalu au cours du millénaire écoulé. En cherchant à saisir ce qui est « essentiel dans l’homme antique », écrit Husserl, il s’agit de « se donner librement à soi-même sa vie durant une règle tirée de la pure raison » (La crise des sciences européennes, 1936). Il y a loin du principe à la réalité et les historiens n’ont pas manqué de repérer les solutions de continuité. En 1629, par exemple, Descartes entreprend de rédiger un texte de cosmologie et de physique visant à démontrer le mouvement de la terre autour du soleil ; la condamnation de Galilée le conduit à renoncer à son essai : « Comme je ne voudrais pour rien au monde qu’il sortît de moi un discours où il se trouvât le moindre mot qui fût désapprouvé par l’Eglise, aussi aimé-je mieux le supprimer que de le faire paraître estropié (lettre à Mersenne, 1633). Deux siècles plus tard, le rapport de forces est inversé, non seulement dans l’espace européen mais partout où ses représentants font prévaloir ou imposent l’argument du « sujet libre » et de l’exercice autonome de la « raison ».

Face à ce défi qui porte sur tous les domaines de l’activité humaine collective (éducation, rapports socio-économiques, politique), les magistères religieux se placent le plus souvent dans une posture défensive : reconquérir le terrain perdu ; réaménager le système d’hétéronomie dans lequel ils prononçaient le dernier mot ; contester les présupposés anthropologiques, épistémologiques et méthodologiques qui sous-tendent cette « modernité ». La traversée des totalitarismes païen ou athée du xxe siècle donne du poids à leur position, même s’ils n’ont pas seulement condamné mais ont aussi composé avec ces autorités nouvelles. Une génération plus tard, dans les années 1960, c’est l’autocritique de la « modernité » portée par le structuralisme, le linguistic turn ou encore les cultural studies qui apportent aux magistères religieux de nouveaux outils pour pointer du doigt ce qui est qualifié de fragilité, de contradiction ou de point noir de la « modernité » : « centralité de l’homme », ignorance des « questions ultimes », esquive de « la quête du sens ».

Pour marquer les 40 ans de ses activités, l’AFHRC se propose d’explorer cette problématique. Parmi d’autres, le patriarcat de Moscou, le grand rabbinat de Jérusalem, le clergé chiite iranien, l’université al-Azhar du Caire, le Saint-Siège et les épiscopats nationaux, les conférences des moines bouddhistes, les pasteurs de la New Christian Right, les autorités hindoues sont, chacun selon une temporalité et des modalités variables, confrontés à ces enjeux. Il appartiendra aux spécialistes du « fait religieux » de les aborder dans une perspective résolument comparatiste : organisation du recrutement et de la formation de ces représentants magistériels ; promotion de discours visant à transmettre une orthodoxie et une orthopraxie ; exercice de la censure ou de la libération de la parole ; gestion des relations avec les autorités concurrentielles ; recomposition des magistères via les nouveaux moyens de communication etc.

Ce colloque sera organisé en trois temps :

  • 26 septembre (journée) : Ateliers « Jeunes chercheurs » (doctorants et post-doctorants) ;
  • 26 septembre (soirée) : Bilan, hommage et perspectives ;
  • 27 septembre (journée) : Synthèses.

Ateliers « Jeunes chercheurs »

Dans le cadre de ce colloque organisé par l'AFHRC, les jeunes chercheurs sont invités pour une journée de rencontres et ateliers thématiques, en exposant la façon dont ils / elles envisagent, abordent, structurent, la réflexion sur les magistères religieux et la modernité au sein de leur propre travail de recherches : quels choix méthodologiques et conceptuels font-ils, et pourquoi ? Quels en sont les difficultés et les avantages ? Quels problèmes pratiques (terrains, langues...) rencontrent-ils ? Comment et sur quels critères emprunter méthodologies ou concepts issus de divers champs disciplinaires ? Quels sont les impératifs guidant leur rapprochement de telle(s) discipline(s) plutôt que de telle(s) autre(s) ? Quels sont les enjeux de leurs choix (enjeux scientifiques, enjeux institutionnels) et comment se sont-ils manifestés dans leur propre parcours ?

À titre de suggestion, quatre thématiques pourraient être envisagées, correspondant à quatre ateliers (thèmes non exhaustifs) :

  • Axe 1 : Intérêt des sources et ressources nouvelles (notamment électroniques) ;
  • Axe 2 : Apports et difficultés de l'approche interdisciplinaire ;
  • Axe 3 : Propositions inédites liées aux débats historiographiques récents ;
  • Axe 4 : Valeur ajoutée des jeux d'échelle dans un travail de recherches.

Modalités de déroulement de la journée jeunes chercheurs

La journée jeunes chercheurs sera organisée en deux sessions :

  • matinée : les participants, répartis en ateliers thématiques (5 personnes), proposent une communication de 10 min. Aidés du discutant, ils élaborent un texte commun en vue de la session de l’après-midi.
  • après-midi : restitution et débats avec des chercheurs experts du domaine.

Les communications peuvent être présentées en français ou en anglais.

Une publication des communications est envisagée.

Soumettre une communication

La participation à la journée jeunes chercheurs est ouverte à tou.te.s les doctorant.e.s et  post-doctorant.e.s, sans restrictions d'ordre disciplinaire, quant à la délimitation géographique ou chronologique de l'objet d'études.

Les propositions de communication devront :

  • être rédigées en français ou en anglais et ne pas excéder 400 mots
  • être accompagnées de 4 ou 5 mots clés ;
  • mentionner les noms, coordonnées et institution(s) de rattachement des auteur.e.s
  • être envoyées avant le 25 avril 2014 à l’adresse suivante : call.youngresearchers.afhrc@gmail.com

Les notifications d’acceptation seront envoyées avant le 2 mai 2014.

L'aide financière couvrant les frais de participation au colloque peut être proposée à un nombre limité de participants. Aussi, chaque participant.e est invité.e à solliciter les financements nécessaires auprès de son école doctorale ou laboratoire de rattachement. N'hésitez pas à nous contacter pour toute question complémentaire.

Comité d'organisation

  • Nicolas Champ, maître de conférences à l'Université de Bordeaux III 
  • Anaïs-Trissa Khatchadourian, doctorante à l'Université du Maine 
  • Sara Teinturier, post-doctorante au GSRL, EPHE-CNRS

Comité scientifique

  • Dominique Avon, professeur à l'Université du Maine
  • Séverine Blenner-Michel, maître de conférences à l’Université de Picardie-Jules Verne 
  • Corinne Bonafoux, maître de conférences à l’Université de Savoie 
  • Matthieu Brejon de Lavergnée, maître de conférences à l’Université catholique de l’Ouest 
  • Laura Pettinaroli, maître de conférences à l’Institut catholique de Paris 
  • Isabelle Saint-Martin, directrice d’études à l’EPHE

Partenaires du colloque 

  • Centre de recherche en histoire européenne comparée (CRHEC)
  • Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne 
  • Dynamiques citoyennes en Europe (DCIE)
  • MSH Ange-Guépin Nantes / Région Pays de La Loire
  • Groupe Sociétés Religions Laïcités (GSRL), EPHE-CNRS 
  • Institut d'Étude des Sciences des Religions (IESR)
  • Université de Paris 1

Brève présentation de l'Association française d'histoire religieuse contemporaine (AFHRC)

L'AFHRC est née en 1974 de l'initiative de plusieurs universitaires, parmi lesquels Jean-Marie Mayeur et Jacques Gadille. Dès son origine, elle a pour objectifs de « favoriser les progrès de la recherche et de la diffusion de ses résultats, d'établir à cette fin une collaboration avec les chercheurs d'autres disciplines ». Au fil de ses activités, elle contribue à la reconnaissance de l'histoire religieuse comme un champ à part entière de la recherche, parvenant à l'intégrer durablement au sein de l'université française.

Aujourd'hui, elle regroupe environ 250 membres à l'échelle internationale, issus de divers champs disciplinaires. Elle organise une journée d'études annuelle, publie ses travaux dans la collection « Cahiers de l'AFHRC » (éditions Beauchesne), et signale ses activités sur un blog dédié (afhrc.hypotheses.org).

Lieux

  • CNRS, site Pouchet - 59-61 rue Pouchet
    Paris, France (75017)

Dates

  • vendredi 25 avril 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • autorités religieuses, églises, modernité

Contacts

  • Nicolas Champ
    courriel : nicolas [dot] champ [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas Champ
    courriel : nicolas [dot] champ [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Magistères religieux et modernité », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 01 avril 2014, http://calenda.org/280564