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Missions et développement

Missions and development

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Publié le jeudi 03 avril 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Cette journée d’études vise à examiner le rôle et la motivation des missionnaires – chrétiens, musulmans sunnites et ismaéliens, bahaïs et autres – dans leur participation aux politiques de développement. Par leur présence au cœur des sociétés coloniales, leur action éducative ou sanitaire, ils constituent un vivier naturel pour les organisations de développement. La question de leur recrutement, celle de l’action et de la doctrine des institutions religieuses de développement, de l’articulation entre missiologie et développement, seront au cœur des huit contributions, qui évoqueront tant l’Afrique subsaharienne que le Proche-Orient ou les organisations internationales.

Annonce

Programme

9.00 : Accueil des participants.

9.30 : Philippe Bourmaud (Université Lyon 3) : Introduction

Atelier 1 : Missions, civilisation et humanitaire : une conjonction aux origines du développement ?

  • 9.45: Hervé Pennec (CEMAf Aix-en-Provence) : "Missions modernes, missions lointaines (XVI-XVIIe)"
  • 10.15 : Davide Rodogno (IHEID/Graduate Institute, Genève) : La Near East Relief, ses missionnaires et les programmes de réhabilitation et d'assistance technique au Proche Orient (1918-1930)
  • 10.45 : Aurélien Zaragori  (Université Lyon 3) : Missions et organisations internationales, une collaboration pour le développement ?

11.15 : Discussion

12.00-13.30 : Repas

Atelier 2 : Le temps du développement : mission et coopération

  • 13.30 : Bertrand Taithe (University of Manchester) : Individualisme et mission laïque: les volontaires internationaux d'Ad Lucem, une histoire orale.
  • 14.00 : Faranirina Rajaonah (Université Paris VII) : "Amitiés Tiers-Monde. Les réseaux protestants français et la question de la coopération ou de l'aide au développement en Afrique subsaharienne dans les années 1960"

Atelier 3 : Modes opératoires et marges de manœuvre missionnaires en contexte de développement

  • 14.30 : Honoré Ouedraogo (Université Saint-Thomas d’Aquin, Ouagadougou) : Le curé, la charrue et la paysannerie. L’action du Père Roger Chaix au Burkina Faso, 1967-1981.
  • 15.00 : Gabrielle Angey (EHESS/IFEA) : La conception missionnaire  de l'action du mouvement turc de Fethullah Gülen :  Le cas des écoles turques en Afrique subsaharienne

15.30 : Discussion

  • 16.15 : Bertrand Taithe (University of Manchester) : Les origines missionnaires du développementalisme? Analyses et nouveaux axes de recherche. 

Argumentaire

L'ère du développement, après 1945, est généralement analysée comme répondant à un double agenda imposé par les pays du Nord aux pays du Sud, à l'époque où une majorité de ces derniers sortent de la colonisation : un programme de spécialisation économique poursuivant les politiques de mise en valeur coloniale, et une visée plus ou moins discrète de contrôle des régimes politiques et des matières premières (Rist, 1996). Pour les acteurs de ce dernier, cependant, le développement marquait au contraire une rupture avec l'ordre inégalitaire de la colonisation, et la promesse d'une amélioration globale par l'application de méthodes de production, de gestion et d'organisation politique éprouvées dans les pays du nord. De fait, le développement, tel qu’exposé dans le Point 4 du président Truman (Truman, 1949) est présenté comme un champ d’action simultanément modernisateur et émancipateur reposant sur une action de concertation et de financement visant à la croissance économique, au moyen de constructions d’infrastructures transformant en profondeur les environnements productifs, et de politiques sectorielles particulièrement dans les domaines de l’éducation, de la santé, des conditions de travail et de l’organisation institutionnelle.

La contradiction des pays industrialisés et des pays du Sud nous semble se manifester dans le recrutement des acteurs du développement. Parmi ceux-ci, les praticiens du terrain colonial côtoient les experts, qui ne sont pas tous très informés des réalités post-coloniales, au risque d'appliquer de façon normative des politiques décontextualisées et parfois vouées à l'échec. Une catégorie d'hommes du développement dont le rôle et la motivation restent à élucider est celle des missionnaires, chrétiens, musulmans sunnites et ismaéliens, bahaïs et autres. Souvent localisés à l'écart des lieux de la tutelle coloniale directe, sensibilisés aux réalités sociales et économiques de leurs champs missionnaires, engagés dans l'éducation et la santé parfois en lieu et place des pouvoirs coloniaux, les missionnaires constituent un vivier naturel pour les organisations de développement. Qu'en a-t-il été ? Répondre à cette question suppose d'enquêter sur plusieurs aspects :

  • les politiques de recrutement des organisations de développement ;
  • les institutions proprement religieuses de développement ; - la préhistoire du développement, non pas seulement au sein des organisations internationales de l'entre-deux-guerres, mais dans l'action des sociétés missionnaires depuis le 19e siècle ;
  • et enfin sur les doctrines des institutions missionnaires, sur l'articulation des finalités de la missiologie et du développement ou du moins sur la mise en correspondance doctrinale des valeurs affirmées par différentes religions avec les moyens des politiques de développement.

La téléologie du développement séduit à la fois du côté des partis progressistes et des autorités religieuses du nord et du sud, ainsi qu'en atteste la constitution Gaudium et Spes adoptée au terme du concile Vatican II. Elle se traduit par une convergence politique entre les uns et les autres autour du thème du développement, manifestée jusqu'à aujourd'hui - malgré le désenchantement suscité par les résultats du développement dans les années 1980 - par la référence au développement incluse dans le nom des partis de l'islam politique, PJD au Maroc ou AKP en Turquie. Comment s'est opérée une telle convergence ? Quels types de discours les milieux missionnaires formulent-ils aujourd'hui dans cette nouvelle donne du développement, qui souvent sert de paravent à la mise en place des politiques néo-libérales prônées par les organisations internationales ?

Organisation 

  • Philippe Bourmaud
  • Aurélien Zaragori (Université Lyon 3)

Lieux

  • 14 avenue Berthelot
    Lyon, France (69007)

Dates

  • vendredi 04 avril 2014

Mots-clés

  • missions, développement, missiologie, institutions internationales, sociétés coloniales

Contacts

  • Philippe Bourmaud
    courriel : philippe [dot] bourmaud [at] univ-lyon3 [dot] fr
  • Aurélien Zaragori
    courriel : aurelien [dot] zaragori [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Aurélien Zaragori
    courriel : aurelien [dot] zaragori [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Missions et développement », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 03 avril 2014, http://calenda.org/281216