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Ethnies, nations, développement en Afrique

Ethic groups, nations, and development in Africa

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Publié le mercredi 16 avril 2014 par Luigia Parlati

Résumé

Ce colloque est prévu pour offrir aux scientifiques, l’occasion de repenser l’État africain pour dépasser sa situation de crise et produire le développement qui prenne en compte les entités autonomes régionales, locales ou ethniques dans les domaines politique et économique. Seront ainsi questionnées les notions d'ethnies, de nations et de développement en Afrique.

Annonce

Argumentaire

Le Contexte

L’Afrique vient de célébrer, le 25 mai 2013, à Addis-Abeba (Ethiopie), le cinquantenaire de la naissance de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Le long combat pour la dignité de l’homme et du continent africain, mené à travers le monde par les Africains du continent et de la diaspora s’est en effet concrétisé, en mai 1963, par la création de cette organisation régionale. Dans son texte fondateur, l’institution panafricaine déclare intangibles les frontières héritées de la colonisation, prône la lutte contre le régime d’apartheid et affiche l’indépendance totale du continent. Si l’OUA a contribué à la décolonisation totale de l’Afrique et à la disparition de l’apartheid en Afrique du Sud, en revanche, la paix et la sécurité, l’intégration politique, économique et sociale du continent constituent, à n’en point douter, son talon d’Achille.

Aux fondamentaux de la Chartre de l’OUA de 1963, l’Afrique est, plus qu’hier, à la croisée des chemins au moment où la mondialisation semble s’imposer aux Etats. Elle doit repenser, pour mieux la panser, sa boîte idéologique, notamment les concepts de l’ethnie, de la nation dans leur rapport au développement du continent. C’est dans ce contexte, en partant du fait que pour les intellectuels africains, « comprendre les réalités africaines suppose qu’on parvienne à la fois à cerner le socle des permanences, à apprécier les ruptures en œuvre et à apercevoir les commencements incertains » (Thérèse Pujolle), les départements d’Histoire des Facultés des Lettres et Sciences Humaines des Universités Marien Ngouabi (UMNG-Congo) et Omar Bongo (UOB-Gabon) organisent, à Brazzaville, un colloque international sur le thème : Ethnies, Nations et Développement en Afrique.

LA PROBLEMATIQUE

Les concepts « ethnies », « nations » et « développement », à forte charge connotative, ont été au cœur des réflexions des historiens, anthropologues, sociologues, linguistes, psychologues, etc. Dans ce registre, anthropologues et historiens vont définir l’ethnie sur la base objective par la langue, le lien d’ascendance et de descendance. Tandis que les sociologues sous l’influence wébérienne vont saisir ce concept comme un construit social et comme un phénomène instrumental des luttes sociales et politiques.

La nation se distingue de l’ethnie en ce sens qu’elle intègre les populations d’un territoire en une communauté de citoyens, dont l’existence - comme le dit Dominique Schnapper – légitime l’action intérieure et extérieure de l’Etat.

La thématique du développement qui s’inscrit dans la logique « du mythe du rattrape occidental » a été mise en œuvre de façon autoritaire, selon Jean-François Bayart, par une bureaucratie qui prétend au monopole de la modernité, elle-même héritière directe du projet autoritaire de la mise en œuvre coloniale et du style de commandement de l’administration européenne de l’époque.

Autant dire que des théories diverses et parfois contradictoires, au centre desquelles se trouvent ces trois concepts, ont été élaborées par de nombreux chercheurs pour essayer d’expliquer la situation complexe vécue par le continent jusqu’en 1960.

Au lendemain des indépendances, les leaders politiques qui remplacent le colonisateur sont aux prises à de nombreuses difficultés : construire un Etat moderne sur le modèle du colonisateur et gérer l’héritage frontalier laissé par lui ; intégrer les populations de leur espace géographique en une communauté de citoyens afin de légitimer les actions de cet Etat naissant. Autour de ces premières difficultés naissent un certains nombres d’interrogations : comment parvenir à un Etat-nation ? Comment l’Etat-nation peut-il développer un Etat cohésif, avec une culture et une identité nationales ? Comment peut-il surmonter la difficulté qui consiste à transférer les loyalismes locaux ou ethniques à l’Etat et à son autorité politique centrale ?

La solution à ces questions a résidé pendant une trentaine d’années, pour les autorités politiques locales soutenues par les anciennes puissances coloniales, dans la mise en place des systèmes de parti unique. Avec l’instrumentalisation du parti unique. Mais ces partis ont été instrumentalisés à telle enseigne que l’Etat postcolonial a voulu nier le particularisme ethnique et créer de manière coercitive et arbitraire des nations abstraites, fondées sur le diktat politique. Dans cette entreprise, de nouveaux acteurs sont apparus pour investir l’Etat et redéfinir de nouvelles pratiques économiques. Ces nouveaux acteurs (entrepreneurs politiques) vont soumettre l’Etat à leurs propres stratégies et définir les pratiques économiques qui seront, désormais, fondées sur l’accumulation et la prédation de ses ressources.

Le mode de fonctionnement de ces nouveaux acteurs a été à l’origine de la faillite de l’Etat marqué, entre autres, par la frustration et la paupérisation des populations. Conséquence de cette situation, les économies des Etats africains seront maintenues sous perfusion par le FMI et la Banque Mondiale à travers des plans d’ajustement structurel.

L’autre solution envisagée a consisté au retour au multipartisme dans les années 1990. Malheureusement, les solutions envisagées n’ont pas empêché d’entraîner de graves crises sociopolitiques caractérisées par des violences revêtues du manteau ethnique qui contestent la légitimité de l’Etat.

Depuis les années 2000, l’Etat postcolonial en Afrique, en plus des défis susmentionnés, doit affronter le phénomène de la mondialisation.

Au regard des enjeux et défis du continent africain, en ce début du XXIème siècle, de nombreuses interrogations apparaissent :

- quelle est la perception qu’ont les Africains de l’Ethnie, de la Nation et de l’Etat-nation aujourd’hui ?

- l’ethnie peut-elle se muer en double principe d’exclusion et d’intégration ?

- le risque de glisser vers une démocratie identitaire peut-il être définitivement écarté en Afrique ?

- l’Afrique émergeante doit-elle tronquer son identité et son héritage culturel dans ce village-monde aujourd’hui irréversible ?

Les objectifs

Ce colloque doit être l’occasion de repenser l’Etat africain pour dépasser sa situation de crise et produire le développement qui prenne en compte les entités autonomes régionales, locales ou ethniques dans les domaines politique et économique.

Pour ce faire, les communications doivent s’inscrire dans l’un des dix panels suivants :

  • Panel 1 : Méthodologie et problèmes de sources ;
  • Panel 2 : Historiographie et concepts ;
  • Panel 3 : Migrations et rencontre des peuples ;
  • Panel 4 : Ethnies, Nations et Etats-nations ;
  • Panel 5 : Ethnies et idéologies ;
  • Panel 6 : Ethnies et stéréotypes ;
  • Panel 7 : Identités et conflits ;
  • Panel 8 : Identités et mondialisation ;
  • Panel 9 : Espaces, populations et développement ;
  • Panel 10 : Une Afrique sans ethnies ?

N.B. Instruction aux auteurs

Les personnes souhaitant présenter une communication à ce colloque ont été priées d’envoyer un CV succinct et un résumé de 2000 signes en français avant le 31 décembre 2013.

Les Résumés ont fait l’objet d’une expertise qui a donné lieu à une Liste de contributeurs. Ne reste à envoyer au Comité Scientifique que les textes qui feront l’objet d’un exposé pendant 15 minutes sur Power point.

La date limite d’envoi est fixée au 30 avril 2014, délai de rigueur,

aux adresses suivantes :

  • hmouckaga@yahoo.fr
  • dianzinga_s@yahoo.fr
  • jfow2012@gmail.com
  • andymakindey@yahoo.fr

Organisation

UNIVERSITE MARIEN NGOUABI

Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Département d’Histoire

Formation Doctorale « Histoire et Civilisations »

Laboratoire d’Histoire et Anthropologie

Brazzaville (République du Congo)

UNIVERSITE OMAR BONGO

Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Département d’Histoire et Archéologie

Centre de Recherches et d’Etudes en Histoire et Archéologie

(CREHA)

BP 17004 Tél : OO241731642

e-mail : crehauob@gmail.com Libreville (République Gabonaise)

Colloque International

Ethnies, Nations, Développement en Afrique

Lieu : Université Marien Ngouabi (Brazzaville)

Date : Du 25 au 27 mai 2014

Comité Scientifique

Président : Pr Théophile Obenga (UMNG)

Vice-Présidents

  • 1er Vice-Président : Pr Théodore Nicoué Lodjou Gayibor (Université de Lomé- UL)
  • 2e Vice-Président : Pr Hugues Mouckaga (UOB)
  • 3e Vice-Président : Pr Alexis Mengue M’Oye (UOB)
  • 4e Vice-Président : Pr Abraham Constant Ndinga Mbo (UMNG)

Membres :

  • Pr Kodjona Kadanga (UL)
  • Pr André-Wilson Ndombet (UOB)
  • Pr Yvon-Norbert Gambeg (UMNG)
  • Pr Théophile Loungou Mouélé (UOB)
  • Pr Dominique Ngoïe Ngalla (UMNG)
  • Pr Moïse Nsole Biteghé (UOB)
  • Dr Rufin Didzambou (ENS)

 

 

Catégories

Lieux

  • Université Marien Ngouabi
    Brazzaville, Congo

Dates

  • mercredi 30 avril 2014

Mots-clés

  • ethnie, nation, développement, Afrique, État

Contacts

  • Hugues Mouckaga
    courriel : hmouckaga [at] yahoo [dot] fr
  • Scholastique Dianzinga
    courriel : dianzinga_s [at] yahoo [dot] fr
  • Jean-François Owaye
    courriel : jfow2012 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Hugues Mouckaga
    courriel : hmouckaga [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ethnies, nations, développement en Afrique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 16 avril 2014, http://calenda.org/282436