AccueilDroits des minorités de « race » et de couleur dans l’Atlantique de l’Antiquité à nos jours

Droits des minorités de « race » et de couleur dans l’Atlantique de l’Antiquité à nos jours

The rights of minorities in the Atlantic from Antiquity to the present day

Deuxième université d'été STARACO à la Casa de Velázquez, Madrid

Second STARACO summer university, at Casa de Velázquez, Madrid

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Publié le jeudi 17 avril 2014 par Luigia Parlati

Résumé

Le projet STARACO (STAtuts, « RAce » et COuleurs dans le monde atlantique de l’Antiquité à nos jours), financé par la Région Pays de la Loire, propose un soutien à la participation de doctorants et post-doctorants (Europe, Afrique, Amériques) à l’Université d’été qui se déroulera à Madrid du 23 au 27 juin 2014. Pendant des siècles, les minorités ont été définies par un statut juridique qui précisait leur place dans la société par rapport aux groupes majoritaires. Le cas le plus connu est celui de l’esclavage, proche de la mort civile, assimilant les individus à des choses ; on sait néanmoins que l’esclave pouvait jouir, le cas échéant, d’une capacité juridique en vertu de la nature juridictionnelle (et donc jurisprudentielle) du droit ancien. Les minorités libres, qu’elles soient religieuses, « raciales » ou ethniques, étaient également définies par des droits particuliers qui précisaient les incapacités dont elles étaient frappées, et les privilèges éventuels qui les protégeaient en tant que mineurs juridiques. Il s’agit de suivre la mise en place d’un droit destiné à définir le statut, les obligations et les incapacités des minorités en éclairant l’origine de ces systèmes normatifs et leur évolution dans le temps.

Annonce

Argumentaire

Pendant des siècles, les minorités ont été définies par un statut juridique qui précisait leur place dans la société par rapport aux groupes majoritaires. Le cas le plus connu est celui de l’esclavage, proche de la mort civile, assimilant les individus à des choses ; on sait néanmoins que l’esclave pouvait jouir, le cas échéant, d’une capacité juridique en vertu de la nature juridictionnelle (et donc jurisprudentielle) du droit ancien.

Les minorités libres, qu’elles soient religieuses, « raciales » ou ethniques, étaient également définies par des droits particuliers qui précisaient les incapacités dont elles étaient frappées, et les privilèges éventuels qui les protégeaient en tant que mineurs juridiques.

Il s’agit de suivre la mise en place d’un droit destiné à définir le statut, les obligations et les incapacités des minorités en éclairant l’origine de ces systèmes normatifs et leur évolution dans le temps.

Trois thématiques principales structurent ces journées :

1. Droit et statuts

La perspective de longue durée, comparative, permet de s’attacher aux transformations des formes de discrimination légale pour en établir la généalogie jusqu’à nos jours. Mais l’étude des lois n’est pas suffisante, comme l’a amplement montré l’histoire sociale. Il faut comprendre comment les sujets individuels ou collectifs font usage du droit comme d’une ressource stratégique dans leurs pratiques quotidiennes comme dans les situations exceptionnelles, et comment ces pratiques redéfinissent les normes par leur insertion dans la jurisprudence.

La prise en compte des usages de la loi complexifie ainsi le tableau des discriminations en signalant les espaces de négociation où, d’une certaine façon, la règle peut être remise en question : l’on sait combien les minorités ont eu recours aux tribunaux pour faire valoir (et donc faire reconnaître) des droits face à leurs maîtres ou patrons, jouant de la protection des autorités publiques contre les élites locales.

2. Droit et citoyenneté

Après des siècles de minorisation juridique, avec l’expansion de la citoyenneté aux libres de couleur, aux Indiens puis aux anciens esclaves, les cadres de la loi changent peu ou prou partout dans l’espace atlantique, même si l’accession à l’égalité connaît des chronologies distinctes selon les continents. Toutefois, l’accession au statut de citoyen efface rarement d’un coup l’ensemble des incapacités juridiques anciennes : il convient de mieux préciser le processus d’intégration au statut commun avec ses éventuels conflits en comparant les expériences des deux côtés de l’Atlantique et en signalant comment celles-ci s’articulent. Il est également fondamental de mieux comprendre les modalités de l’action des minorités pour accéder à la citoyenneté.

3. Permanences postcoloniales

Les expériences coloniales montrent combien le problème des permanences postcoloniales du stigmate sous l’angle économique (maintien des hiérarchies dans le domaine de la vie économique), culturel (continuité du préjugé et du racisme), juridique et politique s’inscrit dans une longue durée. L’insertion des populations non européennes dans le cercle de la citoyenneté fut vécue comme une promotion dans les hiérarchies de l’honneur.

On peut se demander si cette révolution de l’égalisation statutaire, par assimilation des populations d’origine européenne et non-européenne au même statut, n’a pas produit d’effets en retour (on pense à la distinction entre citoyens actifs et passifs qui, dans l’espace atlantique multiethnique a reconduit la ligne de couleur entre blancs et non blancs). Quelles furent les dynamiques politiques qu’ont suscitées ces nouvelles discriminations politiques ou légales au cœur de systèmes libéraux et des régimes républicains ?

Conditions de soumission

Les propositions de communication devront être rédigées dans l’une des langues de travail de l’Université d’été (anglais, espagnol, français, portugais).

Les travaux sélectionnés seront ensuite commentés par des chercheurs seniors. La compréhension du français est souhaitée.

Modalités de soutien

Les doctorants et post-doctorants dont les travaux seront retenus s’engagent à assister à l’intégralité des activités collectives organisées dans le cadre de cette Université d’été qui aura lieu du 23 au 27 juin 2013.

En contrepartie, le projet STARACO prendra en charge les frais de transport, d’hébergement (5 nuits) et de restauration (petits déjeuners, déjeuners, deux dîners).

Comité de sélection

Les deux coordinateurs du projet, Antonio de Almeida Mendes, Maître de Conférences en Histoire moderne et Clément Thibaud, Maître de Conférences en Histoire contemporaine assureront la sélection des travaux.

Calendrier et dépôt des candidatures

  • Diffusion de l’appel à communication : fin mars 2014
  • Date limite de dépôt des propositions de communication : 15 mai 2014
  • Réponse : 20 mai 2014

Merci d’envoyer un dossier de candidature comprenant un curriculum vitae détaillé et une proposition de communication (une page maximum)

par voie électronique à nicolas.terrien@univ-nantes.fr

Dates

  • jeudi 15 mai 2014

Mots-clés

  • permanences postcoloniales, droit, race, citoyenneté

Contacts

  • Nicolas Terrien
    courriel : nicolas [dot] terrien [at] univ-nantes [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nicolas Terrien
    courriel : nicolas [dot] terrien [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Droits des minorités de « race » et de couleur dans l’Atlantique de l’Antiquité à nos jours », École d'été, Calenda, Publié le jeudi 17 avril 2014, http://calenda.org/282830