AccueilTerritoires du « post-conflit » (Europe, Moyen-Orient, Afrique subsaharienne)

Territoires du « post-conflit » (Europe, Moyen-Orient, Afrique subsaharienne)

"Post-conflict" territories (Europe, Middle-East, Subsaharan Africa)

Journée d'études de la commission de géographie politique et de géopolitique

Study days of the political geography and geopolitical commission

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Publié le vendredi 28 mars 2014 par Rémi Boivin

Résumé

L'un des objectifs de cette journée est de contribuer, par l’approche comparative, à un positionnement de la géographie en tant qu'outil de lecture territoriale des périodes et des dynamiques de sorties de guerre, en fonction des contextes régionaux et locaux. Parmi les modalités actuelles de « sortie de guerre », l’une des plus importantes est sans aucun doute la gestion par diverses institutions et organisations des situations de transition, qui sont qualifiées de « post-conflit ».

Annonce

Argumentaire

Dans cette perspective, la gestion d’un conflit ne s’achève pas avec des traités de paix et la fin des affrontements. Cette notion du « post-conflit », que nous voulons ici questionner, est devenue une catégorie de l’action, qui détermine toute une ingénierie d’interventions et de régulations. Ces dernières s'inscrivent dans les territoires à travers diverses tâches que sont les reconstructions physiques (bâtiments, infrastructures, réseaux) et politiques (state building) des régions dévastées, les opérations de maintien de la paix, la question du retour des personnes déplacées, ou encore à travers tout le travail souvent plus long et plus complexe de normalisation institutionnelle et de réconciliation des acteurs en conflits (processus de peace building, mise en place de tribunaux internationaux pour juger les criminels de guerre, travail de mémoire sur les conflits, entre autres).

La Banque Mondiale ainsi que l'Organisation des Nations Unies, et toutes ses ramifications (UNHCR, PNUD, etc.), sont en ce domaine des organisations particulièrement visibles et actives, orientant l'action de nombreuses institutions gouvernementales (Union Européenne, Etats-Unis) et non-gouvernementales (ONG humanitaires) également impliquées. Depuis les années 90, la multiplication des conflits intra-étatiques et des interventions internationales ont entraîné de nombreuses réflexions sur ces dynamiques de sortie de guerre, les acteurs et processus d'intervention, de financements. Mais les travaux de géographie en ce domaine qui abordent des restructurations territoriales dans ce cadre du "post-conflit" sont restés dispersés sur leurs différents terrains (Balkans, Moyen-Orient, Afrique subsaharienne, entre autres).

Plusieurs pistes s’ouvrent :

- Approche critique du cadre normatif international des interventions "post-conflit" par l'analyse de ses mises en oeuvre dans le temps et dans l’espace et de ses logiques de ciblage. Ce cadre d'action standardisé génère des flux financiers et des jeux croisés de bailleurs et d'opérateurs internationaux, chargés d'impacts territoriaux. Emergence d’une économie post-conflit, entretenant une situation d’exception au profit de certains acteurs. Différenciation entre des zones d’intervention et des zones délaissées, entre les groupes cibles (ex-combattants/victimes identifiées) et la masse des civils. Nouvelles inégalités et ruptures lors des passages de relais entre les acteurs aux diverses phases d'urgence, de reconstruction, de normalisation etc.

- Dimension militaire complexe du "post-conflit". Celle-ci apparaît dans la difficile (re)construction de forces de sécurité et d’une armée neutres, surtout dans le cas de guerres « civiles », impliquant des milices, ou des groupes armés informels, dont l’avenir est posé au cours de la période d’après-guerre. Approche géographique des processus de Démobilisation, Désarmement et Réinsertion (DDR) des combattants irréguliers.

- Analyse des stratégies géopolitiques du retour de l'Etat et de l’action publique nationale sur les différents territoires. Elles s’opèrent aux niveaux du contrôle territorial, de la sécurisation, de la reconstruction physique, de la restructuration administrative, de l’aménagement de l’espace et de la gouvernance. Comment évaluer leur équité territoriale ? Comment s'articulent-elles avec les cadres internationaux ?

- Marqueurs territoriaux durables des conflits non résolus après les phases aigues de crise. Analyse des nouvelles pratiques et formes spatiales d'agrégation, de concentration, d'évitement. Frontières,barrières, no man's lands, zones grises, paysages symboliques (monuments aux morts, édifices religieux et identitaires, drapeaux, effigie ou statuts à la gloire des guerriers, etc.). Géographie des formes d'instrumentation du fait territorial/des identités.

- Apport des approches "par le bas" pour analyser l'impact des interventions post-conflit sur les populations. Au delà du postulat de cohésion communautaire, analyse de la diversité des stratégies sociospatiales d'adaptation dans la survie quotidienne, ou de résilience et de reconstruction des capacités après les guerres et violences: relance des activités, mise en valeur de ressources locales, échanges, médiations sociales, réconciliations, vivre ensemble. Analyse des pratiques territoriales (déplacements quotidiens privilégiant des zones considérées comme sûres, entre autres) et des représentations géopolitiques issues des conflits, et plus ou moins entretenues par les populations.

- Question des déplacés et réfugiés. Déplacements pensés comme provisoires mais qui s’inscrivent dans la durée: à l'échelle locale, près des frontières, dans les villes et capitales et dans les pays limitrophes ou lointains. Ils génèrent de nouvelles territorialités régionales ou des dynamiques de diasporas. Problématiques du nettoyage ethnique, évolution des idéologies territoriales, et enjeux politiques, économiques, fonciers liés au retour.

- Hétérogénéité des évolutions territoriales : zones grises, marges dépeuplés, enclaves humanitaires ou territoires supports de recomposition sociale et de résilience : zones de refuge ou de colonisation, espaces patrimonialisés, pôles de relance, urbanisation ... Nous proposons de faire un état des lieux des apports de la géographie à l’analyse du post-conflit autour de ces trois axes :

  1. une approche critique par rapport aux cadres normatifs du post-conflit, et par rapport aux différents acteurs (étatiques, institutionnels, politiques, populations etc.) en jeux dans les situations de sortie de guerre
  2.  une approche comparée, concrète et sensible à partir d'observations empiriques et d'études de cas précis, principalement situés en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne, mais des contrepoints proposés dans d’autres aires géographiques peuvent être retenus. Ces observations permettront de tirer des éléments de réflexions plus généraux, disponibles pour de prochaines études sur d’autres terrains.
  3. une approche de géographie active et participative, à travers la mobilisation de praticiens, et la prise en compte du retour d’expérience et des analyses des acteurs eux-mêmes.

Modalités de proposition

Les propositions sont à soumettre avant le 28 mars 2014 (contact plus bas), sous la forme d’un résumé en français et en anglais d’une dizaine de lignes. Le colloque donnera lieu à une publication dans une revue scientifique classée par l’AERES courant 2015.

L'un des objectifs de cette journée est de contribuer, par l’approche comparative, à un positionnement de la géographie en tant qu'outil de lecture territoriale des périodes et des dynamiques de sorties de guerre, en fonction des contextes régionaux et locaux.

Parmi les modalités actuelles de "sortie de guerre", l’une des plus importantes est sans aucun doute la gestion par diverses institutions et organisations des situations de transition, qui sont qualifiées de "post-conflit". Mais le post-conflit des institutions internationales ne qualifie pas simplement la période suivant une guerre. Il s'agit d'une modélisation performative pour le phasage des interventions internationales (urgence humanitaire, posturgence,transition, reconstruction et développement etc.) dans un objectif de résilience durable....

Conseil scientifique du CNFG

  • RNOULD Paul
  • ARNAUD-FASSETTA Gilles
  • AMAT-ROZE Jeanne-Marie
  • JOLY Gérard
  • DACHARRY Monique
  • ARDILLIER-CARRAS Françoise
  • LAGANIER Richard
  • HUETZ DE LEMPS Alain
  • LEMARCHAND Nathalie
  • METTON Alain
  • BOQUET Yves
  • ROBERT Jean
  • MIOSSEC Alain
  • CATTARUZZA Amaël
  • ROSIERE Stéphane
  • PITTE Jean-Robert
  • CHRISTOFLE Sylvie
  • SAJALOLI Bertrand
  • THUMERELLE Pierre-Jean
  • DAVIET Sylvie
  • THIBAUD Bénédicte
  • VEYRET Yvette
  • DUBRESSON Alain
  • VALLAT Colette
  • DUMONT Gérard-François
  • VARLET Jean
  • FUMEY Gilles  
  • ZEMBRI Pierre

Organisation

  • Elisabeth Dorier (LPED, Aix‐Marseille Université)
  • Amaël Cattaruzza (CREC Saint‐Cyr, ENeC)

Contacts : 

  • Elisabeth Dorier : elisabeth.dorier@univamu.fr,
  • Amaël Cattaruzza : amael.cattaruzza@stcyr.terrenet.defense.gouv.fr

Lieux

  • 17 rue de la Sorbonne
    Paris, France (75)

Dates

  • vendredi 28 mars 2014

Mots-clés

  • post-conflit, territoires, sortie de guerre

Contacts

  • Amaël Cattaruzza
    courriel : amael [dot] cattaruzza [at] st-cyr [dot] terre-net [dot] defense [dot] gouv [dot] fr
  • Elisabeth Dorier
    courriel : elisabeth [dot] dorier [at] univ-amu [dot] fr

Source de l'information

  • Amélie Salmon
    courriel : amelie [dot] salmon [at] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Territoires du « post-conflit » (Europe, Moyen-Orient, Afrique subsaharienne) », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 28 mars 2014, http://calenda.org/283109

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