AccueilQualifier, catégoriser, hiérarchiser les formes et pratiques littéraires

Qualifier, catégoriser, hiérarchiser les formes et pratiques littéraires

Qualifying, categorisiing and hierarchising literary forms and practices

Interroger la notion de légitimité dans les recherches sur la lecture

Questioning the notion of legitimacy in reading research

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Publié le mercredi 23 avril 2014 par João Fernandes

Résumé

Le concept de légitimité culturelle développé par Pierre Bourdieu dans les années soixante soulignait ainsi l'écart entre cultures savante et populaire, entre pratiques culturelles socialement valorisées ou non. Depuis, cette distinction a fait l'objet de nombreuses critiques d'ordre épistémologique ou méthodologique invitant à considérer la pluralité, voire la transversalité des formes, des pratiques et des expériences culturelles. Croisant logiques collectives et singularités individuelles, les récents travaux en sociologie et histoire de la lecture tiennent compte de nouvelles dynamiques tant horizontales que verticales, de nouveaux acteurs et médiateurs, de nouveaux rapports au temps, à l'espace intervenant dans la relation du lecteur au texte. Lors de cette demi-journée d'étude, nous nous interrogerons sur la pertinence de cette notion de légitimité pour saisir les logiques à l'œuvre dans la valorisation des formes, pratiques et discours sur la lecture.

Annonce

Argumentaire

Littérature classique contre littérature de gare ; lecture sérieuse contre lecture de loisir ; littérature « médicament », littérature féminine… Longtemps en usage dans les discours sur la lecture, ces couples et qualificatifs établissent une différenciation entre les formes et les pratiques littéraires, désignant dans le même temps les "bonnes" et les "mauvaises" lectures.

Le concept de légitimité culturelle développé par Pierre Bourdieu dans les années 60 soulignait ainsi l'écart entre cultures savante et populaire, entre pratiques culturelles socialement valorisées ou non. Depuis, cette distinction a fait l'objet de nombreuses critiques d'ordre épistémologique ou méthodologique invitant à considérer la pluralité, voire la transversalité des formes, des pratiques et des expériences culturelles. Croisant logiques collectives et singularités individuelles, les récents travaux en sociologie et histoire de la lecture tiennent compte de nouvelles dynamiques tant horizontales que verticales, de nouveaux acteurs et médiateurs, de nouveaux rapports au temps, à l'espace intervenant dans la relation du lecteur au texte. De qui émanent aujourd'hui les discours catégorisant les lectures ? De quelle manière les lecteurs reçoivent-ils ces consignes/conseils ? Comment les pratiques de lecture sont-elles négociées, entre injonctions sociales et goût personnel ?

Lors de cette demi-journée d'étude, nous nous interrogerons sur la pertinence de cette notion de légitimité pour saisir les logiques à l'œuvre dans la valorisation des formes, pratiques et discours sur la lecture.

Axes thématiques

Trois axes seront abordés plus spécifiquement :

-  Livres prescrits, livres proscrits : Si la légitimité des œuvres n’est pas permanente, il faut s’interroger sur l’implication des différents acteurs et/ou institutions dans la définition des bonnes et des mauvaises lectures et des caractéristiques qui leur sont assignées : elles peuvent être morales, éducatives, citoyennes voire patriotiques. Longtemps, l’école – et avant elle, l’Église - a assumé ce rôle, dessinant les contours d’un corpus légitime d’œuvres. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quel rôle endossent les prescripteurs dans ce travail de légitimation d’un genre littéraire ?

- Catégories de lecteurs, lectures orientées : Certaines catégories de population ont fait l’objet d’une attention particulière quant à leurs lectures : classes populaires, femmes, élèves et étudiants notamment. De quelle marge de manœuvre disposent les lecteurs face aux injonctions de lecture ? Comment les lecteurs encadrés agencent-ils lectures imposées et lectures choisies, parfois cachées, "braconnières" ?

- Le goût de lire : Cette délicate question nécessite une réflexion méthodologique sur la manière dont le chercheur peut saisir la parole du lecteur. Comment apprécier les choix des lecteurs à l’aune de leurs goûts personnels ? Confrontés aux multiples conseils de lecture (médias, ami·e·s, professeurs…), quelle représentation les lecteurs se font-ils de ce qu’il faut ou ne faut pas lire ? Comment justifient-ils leur "histoire de lecteur" ?

Il nous importe que cet événement soit l'occasion de faire se rencontrer de jeunes chercheurs (Master, Doctorat, docteurs) partageant des problématiques communes, bien que n'étant pas forcément issus de la même discipline ou du même laboratoire.

Programme

13H30     Accueil du public

13H45    Ouverture et présentation des pôles

par Anne Barrère  [Professeure, Université Paris Descartes]  et Régine Sirota [Professeure, Université Paris Descartes]

14H15     Livres prescrits, livres proscrits

Discutant : François Mairesse [Professeur, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3]

  • Nathalie Mangeard-Bloch, [Doctorante en Sciences de l’Éducation, Dir. R. Sirota. CERLIS / Université René Descartes - Paris 5], Quelle légitimité pour les livres pour enfants qui rendent un service à la famille ? Le cas des  albums autour du premier jour d’école 
  • Valéria Cerqueira Barbosa, [Doctorante en Sciences de l’Éducation, Dir. R. Sirota. CERLIS / Université René Descartes - Paris 5], Usage légitime de la littérature de jeunesse afro-descendante à l’école au Brésil : quelle image de l’enfant noir ?

15H15     Catégories de lecteurs, lectures orientées

Discutante : Rebecca Rogers [Professeure, Université Paris Descartes]

  • Isabelle Matamoros, [Doctorante en Littérature - LIRE / Université Lyon 2 - et Histoire, Dir. R. Rogers. CERLIS / Université René Descartes - Paris 5], Bonnes et mauvaises lectures : prescriptions de lecture et assignation de genre dans la première moitié du XIXe siècle.
  • Morgane Maridet, [Doctorante en Sociologie, Dir. B. Péquignot. CERLIS / Université Sorbonne nouvelle - Paris 3], Lire et choisir ses lectures en classe préparatoire littéraire : s’adapter à une vision légitime de la lecture ?

16H15     Pause

16H30     Le goût de lire

Discutante : Régine Sirota [Professeure, Université Paris Descartes]

  • Emmanuelle Guittet, [Doctorante en Sociologie, Dir. B. Péquignot. CERLIS / Université Sorbonne nouvelle - Paris 3], Que lire ? Une réflexion sur la légitimité des œuvres littéraires romanesques et des discours sur ces œuvres.
  • Doriane Montmasson, [Doctorante en Sciences de l’Éducation, Dir. R. Sirota. CERLIS / Université René Descartes - Paris 5], La réception de la littérature de jeunesse par les enfants : des lectures (il)légitimes ?

17H30     Clôture

par Bruno Péquignot [Professeur, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3]

La demi-journée sera conclue par un pot convivial.

Comité d’organisation

  • Valéria Cerqueira Barbosa (Doctorante en sciences de l'éducation)
  • Léonor Graser (Docteure en sociologie)
  • Emmanuelle Guittet (Doctorante en sociologie)
  • Nathalie Mangeard-Bloch (Doctorante en sciences de l'éducation)
  • Morgane Maridet (Doctorante en sociologie)
  • Isabelle Matamoros (Doctorante en Lettres et Histoire)
  • Doriane Montmasson (Doctorante en sciences de l'éducation)

Lieux

  • 13 rue de Santeuil
    Paris, France (75005)

Dates

  • vendredi 13 juin 2014

Mots-clés

  • lecture, légitimité, formes littéraires, pratiques littéraires, cerlis, livres prescrits, livres proscrits, goût, catégories de lecteurs, littérature de jeunesse

Contacts

  • Emmanuelle Guittet
    courriel : rt14 [dot] afs [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Emmanuelle Guittet
    courriel : rt14 [dot] afs [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Qualifier, catégoriser, hiérarchiser les formes et pratiques littéraires », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 23 avril 2014, http://calenda.org/283123