AccueilCirculation des savoirs et institutions d’enseignement dans l’espace arabo-méditerranéen

Circulation des savoirs et institutions d’enseignement dans l’espace arabo-méditerranéen

Knowledge and teaching institutions in the Arab-Mediterranean space

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Publié le lundi 28 avril 2014 par João Fernandes

Résumé

La circulation des savoirs a généré, à partir de la citadelle punique, qu’est Carthage, un enrichissement civilisationnel continu qui s’est répandu en symbiose, à travers le temps, non seulement tout au long du littoral sud de la Méditerranée, mais aussi entre ses deux bassins oriental et occidental. Si l’institution de l’école y a été longtemps considérée comme la locomotive des savoirs et le moyen de reproduction des systèmes politiques et des privilèges, elle a servi toutefois, au lendemain des indépendances nationales comme au Maghreb, de vecteur de l’évolution et de la mobilité. Quant à l’aire historique de cette thématique, elle peut être périodisée selon l’évolution des fonctions des institutions de savoirs et d’enseignement, c’est-à-dire : de moyen de reproduction à celui des mobilités sociales et économiques des peuples.

Annonce

Argumentaire 

Il ne fait aucun doute que la diffusion des savoirs, à travers l’espace arabo-méditerranéen, l’enseignement et ses institutions sont étroitement liés à l’apparition des six alphabets sémitiques (le phénicien, le libyque, le grec, le latin, l’hébreu et l’arabe). Mais on ne peut, en réalité, parler conceptuellement de savoirs au cours de cette période relativement ancienne sans définir les moyens et les vecteurs de leur diffusion, comme l’enseignement et ses différentes institutions, notamment depuis la création de Carthage (9ème siècle av. J.-C.). La circulation des savoirs a généré, à partir de cette citadelle punique, un enrichissement civilisationnel qui a été répandu en symbiose, à travers le temps, non seulement tout au long du littoral sud de la Méditerranée, mais aussi entre ses deux bassins oriental et occidental.

Ce projet de diffusion des savoirs a continué, durant plusieurs siècles encore, avec l’essor de la civilisation arabo-musulmane et a vu la mise en place d’institutions culturelles nouvelles, telles que les mosquées et les Kouttabs puis les Cercles scientifiques (Majalis El ‘Ilm), les Méderças et les Zaouias. Ce mouvement a connu davantage de rayonnement grâce aux Grandes Mosquées de Kairouan, la Zeytouna, Qaraouïne, et Al Azhar et à d’autres institutions de diffusion de savoirs implantées dans les principaux centres urbains, aussi bien du Machrek que du Maghreb. L’activité intellectuelle (notamment pédagogique) a été fortement influencée par des acteurs singuliers et collectifs ainsi que par des penseurs de renommée qui ont laissé, jusqu’à nos jours, leurs empruntes dans la pensée universelle.

D’autre part, la rive sud de la Méditerranée n’était pas à l’écart des échos des idées de la Renaissance et des Lumières, en raison de la proximité géographique de l’Europe et grâce aux ports, véritables passages obligés de mouvements de voyageurs et d’idées en provenance de la rive Nord de cette aire culturelle «braudelienne». Ces idées modernes se sont traduites alors par l’introduction, limitée encore il est vrai, d’un nouveau type d’enseignement qui ne tarda pas à produire des mutations.

En effet, le contact direct avec l’altérité (et sa civilisation), relativement violent en contexte colonial, a généré des réactions locales diverses, visant, entre autres, la formation d’une opinion publique nationale et sa mobilisation en vue de la promotion sociale et culturelle. Le rôle principal, dans la stimulation de la demande sociale d’instruction, incombait aux élites modernistes qui ont commencé à émerger, sur la scène sociale, dès la veille de l’ère coloniale, au milieu du XIXème siècle. Cette demande s’est transformée en une revendication populaire organisée pour bénéficier des avantages et services de l’enseignement moderne pour la promotion et le développement social, en vue de la libération nationale de l’hégémonie coloniale.

Dans cette perspective, les nationalistes ont exploité les contradictions coloniales et bénéficié de la solidarité des mouvements anticoloniaux ainsi que des idées des Lumières que charrient, implicitement, certains contenus d’enseignement moderne, en dépit de leur caractère antinomique avec la réalité coloniale. Ceci a, d’ailleurs constitué une sorte de « butin de guerre », selon l’expression de Kateb Yassine.
Enfin, avec la mise en place de l’ingénierie des systèmes éducatifs (enseignements du premier et du second degré), voire universitaires, l’école moderne, placée au centre des projets de société, est devenue, après les Indépendances, le support central des régimes politiques nationaux nouvellement édifiés. Elle incarne désormais l’espoir du salut national, permettant de se libérer et de l’ignorance et du besoin, dans le sens où elle symbolise l’outil par excellence de la promotion sociale et économique à tous les niveaux. Par ailleurs, le renforcement des acquis historiques des institutions éducatives et universitaires s’est poursuivi partout jusqu’à nos jours, en vue de faire face aux défis qu’impose le contexte de la mondialisation.

Et si l’institution de l’école a été longtemps considérée comme la locomotive des savoirs et le moyen de reproduction des systèmes politiques et des privilèges (dans des sociétés anciennes ou stratifiées), elle a toutefois servi - ne serait-ce que pour un temps - de vecteur de l’évolution et de la mobilité, comme au Maghreb.
Quant à l’aire historique de cette thématique, elle peut être périodisée selon l’évolution des fonctions des institutions de savoirs et d’enseignement, c’est-à-dire : de moyen de reproduction des systèmes et des privilèges (ou hégémonie et prépondérance) à celui des mobilités sociales et économiques des peuples.

Axes thématiques

Dans le cadre de ce symposium historique, la thématique privilégiera les axes suivants :
1 – les formes de savoirs et leur circulation à travers les rives de la Méditerranée ; 
2 – les acteurs et théoriciens de l’éducation et leurs contributions scientifiques dans l’opération des transferts pédagogiques ;
3 – les institutions d’enseignement et leurs fonctions traditionnelles ;
4 – les systèmes éducatifs et universitaires après les indépendances nationales et la question de la mobilité : enjeux et défis.

Comité scientifique et d’organisation

  • Mokhtar Ayachi
  • Salem Bouyahia
  • Saïd B’hira
  • Abdellatif Hannachi
  • Mongia Souaïhi
  • Mohamed-Salah Dahmani

Modalités d'envoi des propositions

Envoi des propositions de participation au Comité scientifique

avant le 15 mai 2014

(un résumé, ne dépassant pas une page, accompagné d’un CV), à l’adresse mail suivante du coordinateur du colloque :
mokhtar.ayachi@minedu.edunet.tn

Réponses du Comité scientifique : le 31 mai 2014

Dates prévues pour la tenue du colloque : Les 28, 29 et 30 novembre 2014

Les organisateurs prennent en charge l’accueil des participants (en pension complète) sans les titres de voyage.

Lieux

  • Manouba, Tunisie (2010)

Dates

  • jeudi 15 mai 2014

Mots-clés

  • savoirs, enseignement, méditerranée, islam

Contacts

  • Mokhtar Ayachi
    courriel : mokhtar [dot] ayachi [at] minedu [dot] edunet [dot] tn

Source de l'information

  • Mokhtar Ayachi
    courriel : mokhtar [dot] ayachi [at] minedu [dot] edunet [dot] tn

Pour citer cette annonce

« Circulation des savoirs et institutions d’enseignement dans l’espace arabo-méditerranéen », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 28 avril 2014, http://calenda.org/283267