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Dénaturaliser le social

Denaturalising the social

Les configurations contemporaines des inégalités en Amérique latine

The contemporary configurations of inequality in Latin America

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Publié le vendredi 11 avril 2014 par Rémi Boivin

Résumé

L’axe « Lien et individualisation » du CERLIS (université Paris Descartes) et le groupe d’étude du SUD invitent tous les étudiants, doctorants et chercheurs qui travaillent sur la réalité latino-américaine à participer à une journée d’études pour réfléchir sur les formes contemporaines qu’acquièrent les inégalités dans la région.

Annonce

Argumentaire

I. Problématique / Argumentaire

Les sociétés latino-américaines ont subi d’importants processus de transformation depuis les trente dernières années qui ont bouleversé leurs configurations historiques et leurs institutions. Après la période des dictatures, du Consensus de Washington, de l’ajustement structurel et le retour des démocraties, différents projets de développement se sont mis en place allant du modèle national-populaire au modèle néolibéral. Entre les modèles vénézuélien et bolivien d’un côté, chilien et brésilien de l’autre, les types de développements économiques et les formes du politique sont contrastés. Cependant, au-delà des spécificités nationales, se dégage un phénomène qui dépasse les frontières et fait converger les différentes dynamiques nationales vers une problématique commune : des expériences d’inégalités de plus en plus complexes mues par des transformations récentes.

À la fin du XXème siècle le phénomène des inégalités se déploie de manière paradoxale. Bien qu’à l’échelle mondiale les différences de niveaux de vie entre pays tendent à se réduire avec l’industrialisation accélérée dans les régions en voie de développement, l’écart dans la répartition des richesses au sein des pays s’est accru (Bourguignon, 2012). Ces conditions de macro-homogénéisation et micro-hétérogénéité ont permis d’un côté, que les sociétés latino-américaines investissent progressivement le débat public, essentiel, autour de l’égalité des droits, l’égalité des libertés ou l’égalité des chances, tout en faisant émerger d’un autre côté, un malaise interne lié aux inégalités grandissantes entre les individus.

Ce malaise –collectif et individuel - se dessine de plus en plus distinctement, entraînant qu’un petit pourcentage de la population s’accapare les richesses de la nation et en décide les orientations. Par ailleurs, au-delà des traditionnelles inégalités de classe autour de la propriété foncière ou des écarts de revenu, on constate aussi des processus d’affaiblissement ou de rupture des liens entre individus et société (Paugam, 2008) traduisant des expériences hétérogènes au sein d’un même groupe social (Barozet et Espinoza, 2009). On parle alors des configurations contemporaines de l’inégalité, comprises comme l’incertitude liée à la pérennité du statut (Araujo et Martuccelli, 2011), aux multiples formes du travail informel mais aussi à la complexité des formes du travail formel, aux pratiques de consommation et au phénomène de l’endettement, à la ségrégation urbaine, aux différentes sources du mépris, au racisme et à la discrimination, aux nouvelles configurations de la famille, aux écarts dans l’accès aux soins ou enfin à la violence. Bien que déjà présents dans le contexte latino-américain, la plupart de ces phénomènes connaissent des traits nouveaux et conditionnent des expériences sociales particulières de l’inégalité, concernant la société à tous les niveaux.

Notre défi aujourd’hui est donc de reconnaître ces différentes configurations contemporaines des inégalités, leur expansion régionale en Amérique latine et leur déclinaison dans les différentes sociétés. Entre les anciennes clefs et les nouveaux codes, se constitue un panorama complexe d’où émergent, au niveau structurel, institutionnel, normatif (ou idéologique) et social, de nouvelles formes de discrimination, d’injustice mais aussi de résistance.

II. Axes thématiques de la journée d’étude

À partir de cette analyse, la journée d’étude s’organisera autour de trois questions sur les formes contemporaines des inégalités en Amérique latine :

  1. Penser l’égalité dans la réalité latino-américaine actuelle : Dans quelle mesure peut-on penser l’égalité de manière normative et politique aujourd’hui en Amérique latine ? Quelles sont les articulations sociopolitiques et les tensions à l’oeuvre autour des inégalités?
  2. Les formes inégales d’intégration : Comment s’expriment-les nouvelles configurations des inégalités en Amérique latine dans le cadre du travail, de l’éducation, de la santé, de l’habitat, de la consommation, entre autres ? Quelles sont les formes inégales de l’intégration là où les institutions centrales de socialisation se sont vues remises en cause ? Comment se définissent les frontières entre intégration et exclusion ? Qu’est-ce qu’être intégré ou exclu ? Quelles sont les politiques publiques mises en place en réaction à ces phénomènes ? Comment s’établissent ces dispositifs, suivant quels principes, à partir de quels acteurs ? Quelles sont leurs conséquences sociales et politiques ?
  3. L’expérience des inégalités : Comment ces formes contemporaines des inégalités sont vécues au quotidien de manière individuelle et collective ? Comment les différences de classe s’expriment actuellement ? Comment se superposent-elles aux phénomènes particuliers du racisme, du mépris, de la discrimination ? Jusqu’à quel point et comment ces phénomènes sont banalisés ou au contraire critiqués ? Quelles sont les formes de résistance exprimées ?

Devant l’étendue de la problématique, les travaux interdisciplinaires à vocation théorique ou empirique seront bienvenus. De plus, afin de relever les diversités à l’échelle régionale, il s’agira de penser les multiples dynamiques sociales aussi bien à l’intérieur des pays que de manière comparative entre ceux-ci.
Conférence Magistrale de la Journée : Serge PAUGAM, Directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) ; Directeur de recherche au CNRS, responsable de l'Équipe de Recherches sur les Inégalités Sociales (ERIS) du Centre Maurice Halbwachs (CMH).

Conditions de participation

L’appel à communications est ouvert à tous les étudiants, doctorants et chercheurs travaillant sur ces questions. Les propositions de communication devront comprendre 1.500 mots maximum (une page), où devront figurer en plus 4 mots clefs, une bibliographie ainsi que le statut et les coordonnées du laboratoire ou de l’université de rattachement de l’auteur. Après sélection par le comité scientifique, les auteurs retenus devront envoyer leur communication début juin. Les informations concernant le format attendu leur seront transmises lorsque la liste définitive des participant-e-s sera établie. Ces textes seront publiés en ligne sur le site : http://al.hypotheses.org/ , afin de faciliter un travail de lecture et de réflexion en amont.
Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse suivante: etudesdusud.recherche@gmail.com.

Calendrier

  • Date limite d’envoi des propositions de communication: 14 avril 2014
  • Réponse du comité scientifique: 26 mai 2014
  • Date limite d’envoi des textes: 1 juin 2014
  • Journée d’études des doctorants: 26 juin 2014

Comité scientifique

  • Catherine Alès, directrice de recherche au CNRS, membre de l’Institute Marcel Mauss à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.
  • Danilo Martuccelli, professeur de sociologie à la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université de Paris Descartes ; co-coordinateur de l’Axe Lien et individuation du Centre de recherches sur les liens sociaux CERLIS (CNRS, Université Paris Descartes, Université Paris 3).
  • François de Singly, professeur de sociologie à la Faculté des sciences humaines et sociales de la Sorbonne, Université de Paris Descartes ; co-coordinateur de l’Axe Lien et individuation du Centre de recherches sur les liens sociaux CERLIS (CNRS, Université Paris Descartes, Université Paris 3) ; président de la Commission de Sociologie du CNRS.
  • Paula Vasquez Lezama, chargée de recherche au CNRS ; chercheur au Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron CESPRA/EHESS.
  • Dominique Vidal, professeur de sociologie à l’Université de Paris 7 – Denis Diderot (UFR de sciences sociales).

Lieux

  • 45, rue des Saints-Pères
    Paris, France (75)

Dates

  • lundi 14 avril 2014

Mots-clés

  • inégalites, Amérique latine, modernisations

Contacts

  • Études Du sud
    courriel : etudesdusud [dot] recherche [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Amérique latine Groupe d'études du Sud
    courriel : etudesdusud [dot] recherche [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Dénaturaliser le social », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 11 avril 2014, http://calenda.org/283356