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Sexualité(s) et enfermements

Sexualities and imprisonment

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Publié le vendredi 09 mai 2014 par João Fernandes

Résumé

Il a souvent été rapporté que les pratiques, les normes, ainsi que les représentations de la sexualité dans un univers fermé diffèrent de celles du reste de la société. Cette observation s’expliquerait par l’organisation de l’espace, la culture propre aux enfermé.e.s et les usages institutionnels qui contrôlent, réduisent ou interdisent les contacts entre les personnes enfermées avec les personnes extérieures. Notre appel à communications suggère d’investiguer les relations entre enfermement et sexualités, au prisme des études sur le genre, et de questionner les frontières entre dehors et dedans.

Annonce

Contexte et enjeux

Il a souvent été rapporté que les pratiques, les normes, ainsi que les représentations de la sexualité dans un univers fermé diffèrent de celles du reste de la société. Cette observation s’expliquerait par l’organisation de l’espace, la culture propre aux enfermé.e.s et les usages institutionnels qui contrôlent, réduisent ou interdisent les contacts entre les personnes enfermées avec les personnes extérieures.

Les individus vivant des situations d’enfermement physiques tels que dans les prisons, les camps d’internement et de concentration, les centres de rétention et les zones d’attente pour réfugié.e.s et demandeur.e.s d’asile, parfois pour une durée indéterminée, sont obligés de négocier la sexualité avec les détenteurs du pouvoir, mais aussi avec leurs« camarades d’infortune ».

Dans d’autres cas, l’enfermement peut se manifester de manière plus diffuse, notamment dans des institutions spécialisées (telles que les hôpitaux, maisons de retraite, internats, couvents, gated communities, etc.) posant la question de la « clôture » et par-delà celle de la perméabilité des relations sociales et sexuelles entre un « dedans »et un« dehors ».

L’avènement des études sur le genre, en France, a permis celui des travaux sur la sexualité. Ceux-ci demeurent néanmoins relativement limités dans le champ d’étude des lieux d’enfermement, que ceux-ci soient physiques ou symboliques.

Notre appel à communications suggère d’investiguer les relations entre enfermement et sexualités, au prisme des études sur le genre, et de questionner les frontières entre dehors et dedans. 

Questionnement scientifique

Les communications pourront notamment porter sur les cinq domaines suivants :

1. Histoire et pratiques de la non-mixité

Les pratiques de séparation des personnels et des personnes enfermées selon le sexe ; les personnels ou « extérieurs »de sexe opposé intervenant dans des lieux d’enfermement non-mixtes ; les discours sur les risques entrainés par la mixité… 

2. Politiques et organisation de la sexualité

Organisation et répression de la sexualité ; mise en place d’aménagements de type « parloirs sexuels », chambres d’intimité ou d’amour ; mobilisations collectives légitimant un droit à la sexualité dans des institutions fermées.

3. La frontière dedans/dehors

Corps enfermant, corps enfermé ; adaptation et substitution des pratiques ; stratégies de transgression des normes institutionnelles, etc.

4. Pratiques, représentations et discours

Récits de personnes enfermées et de leur sexualité ; représentation des personnes enfermées dans les productions culturelles (théâtre, cinéma, littérature) ? Réception des représentations ?

5. Questions méthodologiques

Comment enquêter sur les sexualités dans les lieux d’enfermement ? Comment s’articulent ou se confortent les contraintes des enquêtes sur les sexualités et celles des enquêtes dans/sur les lieux d’enfermement ? 

Modalités

Cet appel à communications s’adresse en particulier aux chercheur.e.s travaillant en sciences sociales, histoire et littérature, mais il reste ouvert aux autres approches disciplinaires. Il n’est pas restrictif quant aux périodes historiques, ni aux aires géographiques étudiées.

Les propositions de communication des doctorant-e-s et des jeunes chercheur-e-s sont fermement encouragées.

Les propositions de communication (3 000 signes maximum, en indiquant un titre, votre statut et votre institution de rattachement) doivent être adressées par email

avant le 15 juin 2014

aux adresses suivantes : regis.schlagdenhauffen@ehess.fr / gwenola.ricordeau@univ-lille1.fr

Les réponses seront transmises fin juin 2014.

Cette journée d’études est une action du projet SEXENFER, coordonné par Gwénola Ricordeau et Régis Schlagdenhauffen. Elle est soutenue par l’Université de Lille 1, le Clersé (UMR 8019) et le laboratoire Lise (UMR 3320, Cnam/CNRS) .

L'évaluation des propositions sera effectuée par l'équipe d'organisation. 

Comité d’organisation

  • Régis Schlagdenhauffen
  • Gwenola Ricordeau

Dates

  • dimanche 15 juin 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sexualité, prison, institution, normes, intimité, enfermement

Contacts

  • Gwenola Ricorddeau
    courriel : gwenola [dot] ricordeau [at] univ-lille1 [dot] fr

Source de l'information

  • Gwenola Ricordeau
    courriel : gwenola [dot] ricordeau [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sexualité(s) et enfermements », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 09 mai 2014, http://calenda.org/284352