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Ethologie et anthropologie

Ethology and anthropology

Des mondes sensibles aux mondes de la représentation

From "Umwelt" to representational worlds

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Publié le vendredi 09 mai 2014 par João Fernandes

Résumé

Dans Mondes animaux, Monde humain, publié en 1934, Jakob von Uexküll réfute la proposition d’un animal réduit à un mécanisme, répondant à des stimuli par des réactions. En prenant l’exemple de la tique, il montre comment son monde perceptif traduit ce qui pour la tique fait sens dans ce qui l’entoure. Cette idée d’Umwelt, « monde environnant » ou « monde sensible », pourvoit chaque animal, les humains inclus, d’un « monde propre ». L’idée que tous les animaux sont dotés d’une sensibilité, qu’ils interprètent le monde et agissent en conséquence pose la question de l’héritage laissé par Von Uexküll tant pour l'éthologie que pour l'anthropologie : quelle est la valeur heuristique des « mondes sensibles » ? Quelles démarches expérimentales ou empiriques permettent d'atteindre tant au "point de vue de l'animal" qu’au "point de vue de l'indigène" tel que défini par Malinowski ? Les « mondes » des animaux sociaux et solitaires diffèrent-ils sensiblement ? Quels impératifs écologiques, phylogénétiques ou culturels déterminent la constitution et l’interprétation de ces mondes ?

Annonce

Argumentaire

Dans Mondes animaux, Monde humain, publié en 1934, Jakob von Uexküll réfute la proposition d’un animal réduit à un mécanisme, répondant à des stimuli par des réactions. En prenant l’exemple de la tique, il montre comment son monde perceptif traduit ce qui pour la tique fait sens dans ce qui l’entoure. Cette idée d’Umwelt, « monde environnant » ou « monde sensible », pourvoit chaque animal, les humains inclus, d’un « monde propre ». L’idée que tous les animaux sont dotés d’une sensibilité, qu’ils interprètent le monde et agissent en conséquence pose la question de l’héritage laissé par Von Uexküll tant pour l'éthologie que pour l'anthropologie. L’hypothèse d’une continuité du règne animal était déjà présente dans la première monographie animale digne de ce nom, celle de l’anthropologue Lewis Henry Morgan (1868). Dans son étude sur la vie et les œuvres du castor américain, il attribue un principe mental commun aux humains et non-humains. Ces prémisses forment donc matière à débat : quelle est la valeur heuristique des « mondes sensibles » ? Quelles démarches expérimentales ou empiriques permettent d'atteindre tant au "point de vue de l'animal" qu’au "point de vue de l'indigène" tel que défini par Malinowski ? Les « mondes » des animaux sociaux et solitaires diffèrent-ils sensiblement? Quels impératifs écologiques, phylogénétiques ou culturels déterminent la constitution et l’interprétation de ces mondes ?

Il s’agira de construire des ponts disciplinaires et de faire sauter différents verrous épistémologiques qui entravent la connaissance intime des sociétés animales. Un anthropomorphisme de questionnement, à visée comparative, permettrait en effet de rendre moins étanches les champs respectifs des sciences sociales et des sciences de l’animal lato sensu. Les propositions audacieuses, émanant de jeunes chercheurs, seront les bienvenues.

Axes thématiques

- la question des mondes sensibles telle que posée par von Uexküll, en lien avec la théorie des affordances de Gibson (1979), c'est-à-dire la manière dont un être vivant constitue son propre milieu à travers sa perception ;

- la question des mondes de signification, traitée par Sebeok & Ramsay (1969) définissant la « zoosémiotique » comme production et interprétation du monde par les êtres sensibles, y compris dans sa dimension sociale ; la codification des émotions, et le décodage qui s’ensuit, dérive de cette question ;

- la question des mondes de la représentation, enfin, au cœur de la discipline anthropologique, c'est-à-dire le postulat que les mondes ne sont pas individuels, mais bel et bien partagés, grâce à des systèmes de normes, de valeurs, de classification. L’expression des émotions semble être centrale dans cette capacité de partage, aussi bien chez les non-humains que chez les humains (Halbwachs 1947). Il s’agira à la fois de décrire ce que nous savons des mondes sociaux des non-humains, et de dégager ce qui, dans l’enquête ethnographique, ne ressortit pas au langage.

Modalités d'envoi des propositions 

Les propositions de communication (20 lignes) seront envoyées

avant le 30 juin 2014

Renseignement et envoi des propositions : florent.kohler@gmail.com

Cette journée d'étude se tiendra le 10 octobre 2014 à Nanterre.

Comité d’organisation

  • Philippe Erikson (Université de Nanterre)
  • Florent Kohler (Université de Tours)
  • Gérard Leboucher (Université de Nanterre)

Comité scientifique

  • Alain Boissy (INRA)
  • Eric Baratay (Université Lyon 2)
  • Philippe Erikson (Université de Nanterre)
  • Florent Kohler (Université de Tours)
  • Michel Kreutzer (Université de Nanterre)
  • Jean-Michel Le Bot (Université Rennes 2)

Dates

  • lundi 30 juin 2014

Mots-clés

  • ethologie, sociétés animales, von Uexküll, monde perceptif, Umwelt

Contacts

  • Florent Kohler
    courriel : florent [dot] kohler [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Florent Kohler
    courriel : florent [dot] kohler [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Ethologie et anthropologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 09 mai 2014, http://calenda.org/284652