AccueilLa dette écologique

La dette écologique

The ecological debt

De l’exploitation des ressources naturelles aux services écosystémiques : quelle solidarité écologique ?

From the exploitation of natural resources to ecosystemic services: the issue of ecological solidarity

*  *  *

Publié le jeudi 22 mai 2014 par João Fernandes

Résumé

L’objet de ce colloque est de comprendre puis de tester la validité scientifique du concept de dette écologique. Il vise à permettre à des chercheurs d’échanger, dans une logique expérimentale, sur leur définition d’une « dette écologique », sur la pertinence du concept, sa force théorique et son potentiel en terme d’effectivité.

Annonce

Argumentaire

Le concept de dette écologique ne connaît pas de définition officielle. L’ONG équatorienne Accion Ecologica, souvent reprise, la définit comme :

« la responsabilité qu’ont les pays industrialisés pour la destruction progressive de la planète du fait de leurs modes de production et de consommation, des caractéristiques de ce modèle de développement, favorisée par la globalisation et menaçant la souveraineté"

La dette écologique vise à reconnaître le préjudice civilisationnel que constitue l’usage abusif et inégalitaire des produits de la terre (entendu au sens de Gaïa, de la Terre-mère) par une partie de l’humanité au détriment d’une autre. Elle caractérise à la fois un dommage écologique consécutif à des dégradations environnementales et un dommage politique, constitué par la perte de capabilité (de souveraineté) d'une communauté sur son environnement. Dans un monde où les ressources naturelles existent en quantité limitée, la dette écologique invite à repenser les rapports de l’Homme à la nature mais aussi les rapports des hommes et des femmes entre eux.

Le concept de dette écologique pose des questions éthiques fondamentales sur la gestion des ressources naturelles et sur la répartition du coût et des bénéfices des processus de développement et d'industrialisation. Il invite à des réflexions philosophiques, politiques, économiques, écologistes, car à ce jour, une théorie générale de la dette écologique reste à penser. Quelles réalités scientifiques peut-on donner à ce slogan politique ? Quels sont les instruments et concepts développés pour appréhender la dette écologique ?

Le concept de dette écologique pose aussi à l’évidence de nombreuses questions au juriste : si « dette » il y a, alors qui doit quoi, et à qui ? Quelles sont les types de responsabilités envisageables ? Quels dommages peut-on caractériser ? Sur quelles valeurs s’appuie l’épistémologie juridique de la dette écologique ?

L’objet de ce colloque est d'éclairer le signifié du concept de dette écologique, à travers une mise en perspective pluridisciplinaire de ses définitions et de ses implications. Nous tenterons de comprendre la dette écologique, d'en expliquer le sens et les conséquences.

Une table ronde interactive et ouverte au public aura lieu à la fin de la première journée pour échanger et débattre des alternatives aux modèles de développement actuels. Elle sera l'occasion d'un débat citoyen sur la transition écologique.

Programme

Jeudi 5 juin

Session 1 : Enjeux conceptuels de la dette écologique

La nature au cœur des inégalités ? 

Présidente Nathalie Hervé-Fournereau, Directrice de Recherche CNRS IODE UMR 6262 CNRS, Université de Rennes 1, Coordinatrice du Réseau Thématique Pluridisciplinaire BIODISCEE Biodiversité, droit et services écosystémiques CNRS INEE

9h 00- 9h15 : Propos introductifs

  • 9h15 : La dette écologique en économie écologique, Valérie Boisvert, Professeur en économie, Université de Lausanne 
  • 9h 40 : L'éthique de la dette écologique : la temporalité à l'épreuve de la responsabilité, Julien Delord, Maître de conférences en philosophie, Université de Toulouse 1 

10h 00: Penser la solidarité écologique pour explorer la dette socio-écologique, Raphaël Mathevet, Chercheur au CNRS, Centre d’Ecologie fonctionnelle et évolutive UMR 5175, Montpellier. 

Pause 10h20-10h30 

  • 10h 30 La dette inépuisable ; Quelques commentaires anthropologiques sur les concepts juridiques endogènes des africains, Etienne Leroy, Professeur émérite en anthropologie du droit, Université de Paris 1 
  • 11h 00 : Exploitation halieutique, dette et rapports sociaux dans l'est indonésien, Charles Illouz, Professeur en anthropologie, Université de La Rochelle 

11h20 – 12h00  Débats 

12h00 -14h00 : déjeuner 

Présidente, Valérie Boisvert

  • 14h00 : De la dette financière à la dette écologique, Éric Toussaint, professeur d'économie à l'Université de Liège 
  • 14h 20 : Exploitation des ressources naturelles et échange écologique inégal : une approche globale de la dette écologique, Boris Schmitt, docteur en droit de l’Université de Dijon.
  • 14h40 : La dette écologique, entre perspectives et prospective, Noémie Candiago, doctorante en droit,Université de La Rochelle 

15h 00 : débats

16h00-17h00 : table ronde ouverte au public : Quel modèle de justice environnementale pour une transition écologique ?, Animation : Agnès Michelot, Présidente de la SFDE

Discutants : Sophia Lakhdar, association Sherpa ; Maxime Combes ;Vincent Liegey, objecteur de croissance porte-parole du Parti pour la décroissance ; Eric Vidalenc, journaliste et ADEME (à confirmer), François-Marie Pellerin, président de la Coordination pour la défense du Marais Poitevin et membre de France Nature Environnement. 

Vendredi 6 juin

Session 2 : Réalités de la dette écologique

Entre responsabilités et solidarité écologique 

Président, Thomas Lamarche

Maître de conférences en économie, directeur adjoint du LADYSS, Université Paris Diderot 

  • 9h00 : Quand la dette écologique se territorialise - Mesure de la dette écologique d'une compagnie privée au Nord, Hoboken, Belgique, Léa Sébastien, Maître de conférences, Université de Toulouse 2
  • 9h20 : La propriété intellectuelle, nouvel enjeu de l’exploitation de la biodiversité dans les rapports nord-sud. Le biopiratage et la pratique des contrats de partage des avantages dans l’industrie pharmaceutique, Rachel Roumet, docteur en droit privé, diplomate, conseiller-négociateur à la Direction de l'Union européenne (Quai d'Orsay). 
  • 9h 40 : La captation de l’eau : l’apparition de nouveaux marchés non régulés, Jochen Sohnle, Maître de conférences HDR en droit public, Université de Metz

Pause 10h-10h20

10h 40 : Approche exploratoire - la solidarité écologique

  • Les pertes de potentialités écologiques : le cas des microalgues en milieu littoral, Benoît Lebreton, Maître de conférences en écologie, LIENSs, Université de La Rochelle, Audrey Rivaud, Maître de conférences en économie, Université de Montpellier

11h – 12h00 débats

12h00-14h00 déjeuner

  • 14h00 Le droit à l’alimentation. L'encadrement juridique de la gestion des ressources naturelles en lien avec les besoins sociaux des populations, François Collard-Dutilleul, Professeur de droit, Université de Nantes, Programme Lascaux.
  • 14h20 Approche civiliste de la dette écologique; vers une responsabilité civile spécifique, Marie-Pierre Camproux-Duffrene, Maître de conférences HDR en droit privé, Université de Strasbourg. 
  • 14h 40 De nouvelles perspectives en droit du commerce international, Caroline Asfar, Maître de conférences de droit privé, Université de La Rochelle, Laurence Ravillon, Professeur de droit privé, Université de Dijon 

15h 20 – 16h00 : débats 

16h00 : conclusions par Alexandra Langlais et Agnès Michelot.

Lieux

  • Amphithéâtre RIVERO - 45 Rue François de Vaux de Foletier
    La Rochelle, France (17)

Dates

  • jeudi 05 juin 2014
  • vendredi 06 juin 2014

Mots-clés

  • dette écologique, solidarité écologique, service écosystémique, ressource naturelle, justice environnementale

Contacts

  • Noemie Candiago
    courriel : noemie [dot] candiago [at] univ-lr [dot] fr

Source de l'information

  • Noemie Candiago
    courriel : noemie [dot] candiago [at] univ-lr [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La dette écologique », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 22 mai 2014, http://calenda.org/285104