AccueilReprésenter l'exil : la mémoire, la trace

Représenter l'exil : la mémoire, la trace

Representing exile: memory and traces

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Publié le mercredi 11 juin 2014 par João Fernandes

Résumé

Si la nostalgie vient souvent aider à figurer l’exil, il n’est pas certain qu’elle en fournisse le seul mode de représentation. La subjectivité exilique peut aussi choisir d’obscurcir, voire d’effacer les traces. Le travail mémoriel sert par conséquent une fonction d’aménagement symbolique de l’expérience exilique. Selon les résultats, une telle élaboration aboutit soit à postuler un intraduisible de l’expérience de l’exil, soit à la constituer en héritage. La présente manifestation invite les participants à interroger dans une perspective interdisciplinaire les modalités, aléatoires ou délibérées, de ce travail de mémoration ainsi que les supports qu’il mobilise.

Annonce

Présentation

Non-Lieux de l'exil  est un programme de la Fondation Maison des Sciences de l'homme (FMSH, Paris, dir. A. Nuselovici (Nouss) et A. Galitzine-Loumpet associé avec le séminaire "L'expérience de l'exil" du Collège d'études mondiales. Les rencontres des Non-lieux de l'exil sont organisées en partenariat avec le Réseau Asie – Imasie (FMSH / CNRS) et la collaboration de la section "Transpositions" du Centre Interdisciplinaire d'Etudes des Littératures d'Aix-Marseille (CIELAM) et du groupe de recherche POexil (Université de Montréal).

Argumentaire

Si la nostalgie vient souvent aider à figurer l’exil, il n’est pas certain qu’elle en fournisse le seul mode de représentation. La subjectivité exilique peut aussi, par stratégie d’individuation ou de conformité, choisir d’obscurcir, voire d’effacer les traces. Le travail mémoriel sert par conséquent une fonction d’aménagement symbolique de l’expérience exilique opérant dans les espaces publics comme privés. Selon les résultats, une telle élaboration aboutit  soit à postuler un intraduisible de l’expérience de l’exil, soit à la constituer en héritage.

La présente manifestation invite les participants à interroger dans une perspective interdisciplinaire les modalités, aléatoires ou délibérées, de ce travail de mémoration ainsi que les supports qu’il mobilise. 

Programme

9h30. Ouverture de la journée d’étude

 Président de séance : Alexis Nuselovici (Nouss) (Université Aix-Marseille / FMSH)  

  • 9h45.  Anna Paula Coutinho Mendes (université de Porto) : le ‘Punctum’ entre mémoire et oubli   
  • 10h15. Victoria Paz (psychanalyste, chargée de cours Paris 8) Mémoire et subjectivité 
  • 11h. Pause-café
  • 11h30.  Alexandra Galitzine-Loumpet (FMSH)  Ecritures muséographiques de l’exil
  • 12h Luba Jurgenson (Université de Paris IV Sorbonne-Nouvelle, écrivain) Wat, Herling-Grudzinski, Margolin : déportation et exil
  • 12h30  -13h.  Discussion générale 

13h-14h. Déjeuner 

Présidente de séance : Norah Dei Cas-Giraldi (Université Lille 2) 

  • 14h.  Alain-Philippe Durand (University of Arizona) Jorge Amado et Roger Bastide: Destins croisés de l’exil 
  • 14h30.   Frieda Ekotto, (University of Michigan-Ann Arbor, écrivain)   Nimrod. L’exil ou la conquête d’une parole pour soi  
  • 15h. Pause-café
  • 15h30. Ada Savin (Université de Versailles- St Quentin) De Jérusalem au Guatemala via Salonique : un périple sépharade 
  • 16h.Thuan (Anh-thuan Doan), écrivain  ”Chinatown” de Thuân – un roman d’exil.  
  • 16h.30  Fridrun Rinner (Université d’Aix-Marseille) Le projet “Migration and      Literature” de l’Association Internationale de Littérature Comparée 
  • 17h. Discussion générale   

17h30. Verre de l’amitié

Coordination

  • Alexandra Galitzine-Loumpet
  • Alexis Nuselovici (Nouss)

Intervenants

COUTINHO Ana Paula  est docteur en Littérature Comparée et professeur associé  à la Faculté de Lettres de l’Université de Porto, où elle enseigne dans les domaines de la littérature comparée et les études françaises et intègre l’Instituto de Literatura Comparada Margarida Losa (ILC), dont elle est co-directrice. Son principal domaine de recherche actuel est la représentation littéraire et artistique des déplacements dans le monde contemporain, sur lequel elle a co-organisé plusieurs rencontres internationales (Textes et mondes en déplacement, 2005 ; Déplacements artistiques, 2010 ; Allers, retours : déclinations du voyage, 2013). En 2009, elle a  publié un ouvrage rassemblant ses études concernant en particulier la diaspora portugaise (Lentes bifocais : representações da diápora portuguesa do séc.XX)

DURAND Alain-Philippe est Professeur des Universités (Honors Professor of French), professeur affilié en études latino-américaines, directeur de la School of International Languages, Literatures, and Cultures, et directeur intérimaire du programme Africana Studies à l’Université d’Arizona. Il est aussi Professeur invité permanent dans les programmes de français et de traduction de la Universidade Federal de Santa Catarina à Florianópolis, Brésil.  Ses domaines d’expertise incluent le roman français contemporain, la littérature brésilienne, le cinéma français, les cultures hip-hop, les humanités digitales et la critique littéraire et culturelle. Il a publié de nombreux chapitres et articles aux Etats-Unis, en Angleterre, au Brésil, en Allemagne, et en France ainsi que les quatre ouvrages suivants: Black, Blanc, Beur. Rap Music and Hip-Hop Culture in the Francophone World (Scarecrow Press, 2002), Un Monde Techno. Nouveaux espaces électroniques dans le roman français des années 1980 et 1990 (préface de Marc Augé, Weidler, 2004), Novels of the Contemporary Extreme (avec Naomi Mandel) (Continuum, 2006), et Frédéric Beigbeder et ses doubles (Rodopi, 2008).

EKOTTO Frieda  est professeur  à l’université de Michigan à Ann Arbor (États-Unis). Elle enseigne au département de littératures comparées, et celui des littératures et études afro-amé­ricaines et africaines. Elle a publié trois ouvrages aux éditions L’Harmattan, L’écriture carcérale et le discours juridique chez Jean Genet (essai) ; Chuchote pas trop (roman) et Portrait d’une jeune artiste de Bona Mbella (roman.) Ses travaux portent sur la littérature, le droit et la question de l’autre dans le cinéma africain d’expression française. Son dernier essai s’intitule:What Color is Black ? Race and Sex across the French Atlantic (Lexington Press, 2011). Elle travaille sur un ouvrage sur l’amour Saphique en Afrique Sub-Saharienne. Elle contribue régulièrement à Afrikadaa  (Magazine en ligne sur l’art africain contemporain.) Prix Nicolàs Guillèn pour l’Association de philosophie des caraïbes 2014.

GALITZINE-LOUMPET Alexandra est anthropologue. Elle travaille actuellement à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme après avoir longtemps enseigné à l’Université de Yaoundé I (Cameroun). Elle étudie de la culture matérielle et des patrimonialisations, les représentations de l’altérité (épistémologiques, muséographiques), et depuis quelques années les objets de et en exil et notamment la culture matérielle des exilés.  Parmi ses publications récentes  :   “L’embarras patrimonial. Mémoires croisées Galitzine/Pouchkine dans l’oussad’ba Viaziomy (Moscou)” dans Architecture et patrimoine dans les Etats post-soviétiques, sous la dir. de Taline Ter Minassian (PUR 2013) ; Pour une typologie des objets de l’exil (2013)  http://wpfmsh.hypotheses.org/362, « Exil(Objets) » à paraitre dans Glossaire des mobilités culturelles, Zilà Bernd et Norah Dei Cas eds.  (Peter Lang eds, mai 2014). Elle est co-directrice du programme “Non-lieux de l’exil” (FMSH).

JURGENSON Luba est maître de conférences HDR à Paris-Sorbonne/CIRCE, co-directrice du séminaire “Récit, Fiction, Histoire” (EHESS/CRAL), co-responsable de la collection Poustaki (Verdier) et Usages de la mémoire (Petra). Auteur de L’Expérience concentrationnaire est-elle indicible ? (Le Rocher 2003), Le Goulag en héritage (co-dir., Petra, 2007), Création et tyrannie (Sulliver 2009), Des Témoins aux héritiers, l’écriture de la Shoah et la culture européenne (co-dir. Petra, 2012), Le Tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale (co-dir.), maître d’œuvre et co-traductrice des Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (Verdier 2003) et des témoignages de Julius Margolin (Le Bruit du temps 2010, 2012).

NUSELOVICI (NOUSS) Alexis est professeur de littérature générale et comparée, Université Aix-Marseille et professeur associé à la School of European languages, Translation and Politics de l’Université de Cardiff (Royaume-Uni). Il est aussi professeur associé au Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal, où il a enseigné pendant une quinzaine d’années. Il a également été professeur invité au Brésil, en Turquie, en Espagne et en France. Membre de plusieurs équipes de recherche internationales, il a créé et dirigé le groupe de recherche montréalais « POexil » qui se consacre aux manifestations culturelles des expériences de l’exil et de la diaspora ainsi que le « Cardiff Research Group on Politics of Translating » qui étudie l’acte traductif sous ses aspects éthiques et politiques. Il a publié une dizaine de livres dont La modernité (Paris, PUF, collection « Que sais-je? », 1995), Dire l’événement, est-ce possible? (avec Jacques Derrida et Gad Soussana, Paris, L’Harmattan, 1997), Métissages. De Arcimboldo à Zombi (avec François Laplantine, Paris, Pauvert, 2001), Plaidoyer pour un monde métis (Paris, Editions Textuel, 2005) et Paul Celan. Les lieux d’un déplacement (Lormont, Éditions Le Bord de l’Eau, 2010). Il co-dirige le programme « Non-lieux de l’exil » et dirige depuis février 2013 le séminaire “L’expérience de l’exil” au Collège d’études mondiales (FMSH).

PAZ Victoria  est psychanalyste à Paris. Membre de l’École de la Cause freudienne (ECF) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Ancien psychologue hospitalière et formatrice des internes, elle a participé à la création du Centre Psychanalytique de Consultation et de Traitement de Paris (CPCT). Elle enseigne au Collège Freudien de Paris, Université de Paris VIII et intervient à l’Université de Buenos Aires et à Université Populaire Jacques Lacan ainsi comme dans des autres espaces de formation et de diffusion de la psychanalyse. Elle publie des articles dans des revues de psychanalyse nationales et internationales et collabore avec différents médias. Depuis 1997 elle est responsable des traductions français – espagnol pour des publications spécialisées. Parmi ses publications récentes:  ”Éloge de la subjectivité » dansLa Cause du désir (Paris, 2012) et dans Lacaniana, (Buenos Aires, Argentine, 2012) ; « On nous demande le bonheur » dans  Demande et  Transfert (Buenos Aires, Argentine) ; « Enthousiasmée et effrayée » dans QUARTO ¿Quelle politique pour le symptôme? (Belgique, décembre 2013) ; « L’ordre symbolique au 21e siècle : pas sans symptôme », dans La Lettre Mensuelle (Paris, 2012) ; « Le pari renouvelé de la psychanalyse », dans Le Chaudron (Buenos Aires, 2012; « Innocence , ou le souci de la différence », dans Mental , Publication européenne de psychanalyse (Paris, 2007) ; « Borges, ou Le destin », dans Cahier Borges (Paris, 2007). 

RINNER Fridrun est professeur émerite de littérature générale et comparée à l’université Aix-Marseille. Ses recherches et publications  portent sur la théorie et la méthodologie de la littérature comparée (Modellbildungen im System des Symbolismus. Ein Beitrag zur Methodik der Vergleichenden Literaturwissenschaft,  1989, Grundlagentexte der Vergleichenden Literaturwissenschaft,  2000), le regard comparatiste sur les littératures de l’Europe Centrale (Les littératures de langue allemande en Europe centrale,1998 ; Eine Literaturgeschichte Mitteleuropas, 2003). Elle a travaillé dans une perspective comparatiste sur l’histoire littéraire, la traduction littéraire et l’interculturalité. Elle co-dirige en ce moment un projet sur la migration et la littérature (Trans-Culture. Literature and Migration in Contemporary Europe) dans le cadre des « Histoires des littératures en langues Européennes » de l’AILC.

SAVIN Ada, est Professeure d’études américaines à l’Institut d’Etudes Culturelles et Internationales (IECI), Université de Versailles–Saint Quentin. Membre du Laboratoire CHCSC et membre du comité scientifique de revues nationales et internationales, professeure invitée de plusieurs universités européennes et américaines, Ada Savin est coresponsable avec Norah Dei Cas du réseau NEOS-NEWS (Amériques – Nords-Ests-Ouests-Suds), reconnu d’intérêt scientifique par l’Institut des Amériques (Paris). Ses travaux portent sur les représentations de d’exil, de frontières et de métissages dans l’écriture autobiographique et romanesque du sujet migrant à travers une approche pluridisciplinaire alliant histoire culturelle, critique littéraire, études de l’ethnicité et anthropologie. Aires géographiques visés : les Amériques , les Caraïbes, la frontière mexicaine-américaine. Quelques titres d’ouvrages: Les Chicanos aux Etats-Unis: Etrangers dans leur propre pays ? L’Harmattan, 1998. Villes d’exil(direction d’ouvrage), L’Harmattan, 2003. Profils américains : Philip Roth (co-auteur), Presses universitaires de Montpellier, 2003. Journey into Otherness: Essays in North American History, Culture and Literature, Amsterdam University Press, 2005. L’Amérique par elle-même: Récits autobiographiques d’une Terre promise, Michel Houdiard, éditeur, 2010. Elle vient d’éditer l’ouvrage trilingueMigration and Exile: Charting New Literary and Artistic Territories, Cambridge Scholars Publishing, 2013.

THUÂN, romancière, est née à Hanoï (Vietnam). Après des études en Russie, elle s’est installée à Paris qu’elle quitte parfois pour Hanoi, Saigon, New York ou Berlin. Elle a reçu en 2008 le prix de l’Union des écrivains vietnamiens et, en 2013, la Bourse de Création du Centre National du Livre. Thuân est l’auteure de 6 romans dont 3 traduits et publiés en France : Made in Vietnam (Van Moi éditions, Californie, 2002),  Chinatown (Da Nang éditions, 2005; traduit par Doan Cam Thi, éditions du Seuil, 2009), Paris le 11 Août (Da Nang éditions, 2006),  T. a disparu(Hoi Nha Van éditions, 2007 ; traduit par Doan Cam Thi, Riveneuve éditions, 2012) , Van Vy (Hoi Nha Van éditions, 2008), L’ascenseur de Sai Gon (Hoi Nha Van éditions ; traduit par l’auteure et Janine Gillon, Riveneuve éditions, 2013).

inscription conseillée : marine.sam@cnrs.fr

Lieux

  • salles 638-640 - 190-198 avenue de France
    Paris, France (75013)

Dates

  • jeudi 12 juin 2014

Mots-clés

  • exil, écritures de l'exil, expérience, muséographie, photographie, mémoire, subjectivité, non-lieux de l'exil

Contacts

  • Alexandra Galitzine
    courriel : galitzine [at] msh-paris [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Alexandra galitzine-Loumpet
    courriel : alexandra [dot] galitzine-loumpet [at] inalco [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Représenter l'exil : la mémoire, la trace », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 11 juin 2014, http://calenda.org/289184