AccueilCharbon et conflits dans le monde

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Publié le lundi 16 juin 2014 par João Fernandes

Résumé

Le Centre historique minier de Lewarde (Nord, France) organise du 17 au 19 novembre 2014 un colloque international consacré aux relations entre charbon et conflits dans le monde. Ce colloque vise à envisager le rôle économique, industriel, social, culturel du charbon et en général des mondes miniers en situation de guerre et à l'inverse l'impact de cette situation sur les mondes miniers. Loin de vouloir se cantonner à l'Europe et à la première guerre mondiale, ce colloque est ouvert aux propositions traitant de conflits différents ou s'appuyant sur des aires géographiques diverses, de l'Asie ou de l'Afrique aux Amériques.

Annonce

Argumentaire

L’année 2014 marque la commémoration du centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale. Le Centre Historique Minier de Lewarde a souhaité, à travers sa programmation, prendre sa part à cet anniversaire. Aussi organisera-t-il entre le 17 et le 19 novembre 2014 un colloque international consacré aux relations entre charbon et conflits dans le monde.

Un tel colloque se donne plusieurs objectifs. Il s’agit tout d’abord d’envisager l’histoire sociale, culturelle, politique des conflits, sous un angle original, celui du charbon (son exploitation, ses hommes, ses structures). Bien sûr, le charbon, en tant que ressource énergétique, joue, notamment durant la période contemporaine, un rôle comme enjeu à la fois de la guerre et de la paix (s’approprier les bassins charbonniers), et comme outil (la maîtrise de l’énergie comme élément-clef dans une économie de guerre). Mais il ne s’agit pas ici que de cela. Le colloque invite aussi à explorer des relations réciproques : le rôle du charbon dans la guerre, tout autant que l’impact des guerres sur la conduite des exploitations charbonnières, sur les sociétés et es populations minières engagées, directement ou indirectement, dans les conflits. Ce colloque fait par ailleurs le pari du désenclavement, sur le plan chronologique et géographique. Il n’entend pas en effet se limiter au XXe siècle, à la Première Guerre mondiale et à l’Europe. Les propositions pourront également renvoyer à des périodes plus anciennes ou aux différentes aires géographiques concernées par la production charbonnière, de l’Asie aux Amériques. La rencontre organisée par le Centre Historique Minier entend ainsi mettre en œuvre un regard ouvert et multisectoriel qui doit permettre d’enrichir aussi bien l’histoire des sociétés en guerre que la connaissance des mondes charbonniers.

Thématiques proposées

 1.       Le charbon, une énergie de guerre

Il s’agira ici de s’interroger sur la place du charbon comme enjeu, direct ou indirect, dans certains conflits mondiaux ou plus localisés. On pourra aussi, dans ce cadre, explorer le rôle du charbon comme outil (relocalisation, intensification de la production) au service d’une économie de guerre. Dans le même ordre d’idée, les propositions seraient susceptibles de concerner les influences respectives des actionnaires des sociétés privées et d’un Etat soucieux, surtout en temps de guerre, de conserver la maîtrise de l’énergie.

 2.      L’impact des conflits sur l’exploitation minière

Les guerres, notamment les guerres contemporaines, qui ont fait du charbon un enjeu, ont simultanément eu un impact sur les conditions de son exploitation, en fonction des conquêtes, des occupations ou encore des destructions qui ont lieu en particulier lors des dernières phases des conflits. Les communications pourront donc ici s’interroger sur cet impact, sous différentes facettes : les transformations des techniques et des outils de production, les formes de réorganisation/ d’intensification du travail, l’influence, dans certains cas, de la reconstruction des exploitations sur leur modernisation ultérieure.

3.      Exploitants, mineurs et population minière dans la guerre

Les membres des sociétés minières se sont bien souvent trouvés en première ligne durant les conflits, en tant que combattants mais aussi en tant que travailleurs ou civils. Il s’agira donc ici de tourner les yeux vers la manière dont ces sociétés réagissent à la guerre, résistent ou consentent, survivent au quotidien (en particulier lorsqu’il s’agit des femmes et des enfants). On pourra également s’attarder sur la situation particulière des mineurs, souvent affectés sur place et à qui il est enjoint de combattre par leur travail plutôt que par les armes. Il sera possible encore d’aller plus loin en explorant les rapports à la fois symboliques et matériels entre la figure du mineur et celle du soldat. Souvent associées dans l’imaginaire collectif, ces deux figures peuvent également entretenir des rapports plus concrets dont la description constitue aussi une piste (l’apport des compétences techniques du mineur au front, les pratiques de commandement des ingénieurs, souvent par ailleurs officiers en temps de guerre).

4.      La place du charbon dans le règlement politique, économique et social des conflits

L’impact des expériences de guerre, et en même temps les enjeux du règlement de la paix exercent une influence sur les mondes du charbon. On pense ici spontanément aux conséquences des traités (redéfinition des frontières et donc réallocation des ressources charbonnières, question des dommages de guerre) mais ce point n’a pas forcément à être exclusif. Les sorties de guerre peuvent apporter aussi de nouveaux questionnements, des réorganisations (nationalisation, esquisse de gestion coordonnée de la production, comme en témoigne en Europe la CECA) et de nouveaux mouvements, en particulier dans le domaine des migrations de la main d’œuvre.

 5.      Représentations culturelles des conflits

Pour cette dernière thématique, le point de vue est assez large et peut englober des propositions de nature assez différentes. Il s’agit en somme de s’interroger sur les traces archéologiques, archivistiques, orales, sur les représentations artistiques (photographies, peintures, cinéma, etc.) liées aux bassins charbonniers en guerre et qui peuvent permettre de mieux connaître ces derniers. 

Propositions de communications 

Les propositions de communications, d’une page environ, comprenant les titres et qualités des auteurs, sont à adresser jusqu’au

19 juin 2014

à Monsieur André Dubuc (directeur général), Centre historique minier, BP 39 59287 LEWARDE ; email : adubuc@chm-lewarde.com

Le comité de pilotage se prononcera à la fin du mois de juin 2014. Les interventions orales seront limitées à 20 minutes. La publication des Actes du colloque sera assurée par le Centre historique minier.

Comité de pilotage

Membres de l’équipe scientifique permanente du Centre historique minier

  • André Dubuc, directeur général
  • Virginie Debrabant, directrice des archives
  • Gérard Dumont, professeur agrégé d’histoire, missionné au Centre Historique Minier

Représentants du Conseil scientifique du Centre historique minier

  • André Brossard, Ancien ingénieur des mines en chef
  • Marion Fontaine, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Avignon
  • Thierry Oudoire, conservateur Musée d’histoire naturelle de Lille
  • Janine Ponty, professeur d’histoire émérite à l’Université de Franche-Comté
  • Denis Woronoff, professeur d’histoire émérite à l’Université de Paris I – Panthéon - Sorbonne

Lieux

  • Centre Historique Minier - Fosse Delloye BP 39 59287 Lewarde
    Lewarde, France (59287)

Dates

  • jeudi 19 juin 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • guerre, mine, ouvrier mineur, charbon

Contacts

  • Virginie Debrabant
    courriel : vdebrabant [at] chm-lewarde [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Marion Fontaine
    courriel : mafontaine2 [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Charbon et conflits dans le monde », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 juin 2014, http://calenda.org/290770