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La valorisation des patrimoines : authenticité et communication

Développement territorial et stratégies de communication

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Publié le vendredi 04 juillet 2014 par Céline Guilleux

Résumé

La communication publique et territoriale est au coeur des problématiques de développement et de valorisation des patrimoines. Elle reste souvent – au Maghreb notamment – le parent pauvre des stratégies et politiques de développement. L’objectif de ce colloque est d’interroger les logiques et les équipements de cette valorisation à l’aune de cette notion aussi incertaine qu’instable : l’authenticité. Il s’agira de montrer comment ce champ de l’authenticité produit des dispositifs protéiformes combinant un processus de patrimonialisation, une mise en récit, en image ou en espace, une diffusion des savoirs et des stratégies d’acteurs locaux, des expositions ou encore des mises en réseaux instrumentalisées par les technologies numériques. Le colloque ambitionne ainsi de caractériser et d’analyser, à travers des expériences de développement local, territorial et touristique, le rôle accordé aux patrimoines et à l’authenticité à la fois comme objet et support de communication.

Annonce

Argumentaire

Les politiques de développement local et/ou durable imprègnent et animent aujourd’hui les orientations stratégiques des pays du bassin méditerranéen. Les décideurs politiques, les ONG et associations, les entreprises comme les citoyens se mobilisent pour concevoir des actions de valorisation des patrimoines naturel, matériel et immatériel menacés par diverses dégradations, mais aussi porteurs d’espoirs de ce développement. Ainsi la préservation des sites, les formes de tourisme alternatif, les artisanats locaux et les produits de terroir se trouvent-ils, aujourd’hui, au centre des préoccupations des acteurs politiques et associatifs, qui multiplient et diversifient les démarches de développement territorial avec un mot d’ordre : valoriser.

Pour ce faire, les acteurs de cette valorisation convoquent des supports ou des dispositifs tels que l’événementiel, les médias locaux, les TIC, le management de projets et/ou le marketing territorial et équipent leurs discours de légitimation de notions singulières présentées comme des valeurs à savoir la recherche d’une authenticité et/ou un retour au terroir. Tout se passe donc comme si le développement territorial était maintenant inséparable d’une qualification d’« authentique » inhérente aux lieux, aux produits, aux savoir-faire, aux objets artisanaux ou aux sites touristiques. Dans le même temps, la diversification des politiques de valorisation des patrimoines se confond de proche en proche avec une logique commerciale. La communication publique et territoriale est ainsi doublement sollicitée notamment via la communication touristique pour publiciser l’authenticité y compris dans sa dimension marchande.

Toutefois, si la communication publique et territoriale est au coeur des problématiques de développement et de valorisation des patrimoines, elle reste souvent – au Maghreb notamment – le parent pauvre des stratégies et politiques de développement. L’objectif de ce colloque est d’interroger les logiques et équipements de cette valorisation à l’aune de cette notion aussi incertaine qu’instable : l’authenticité. Il s’agira de montrer comment ce champ de l’authenticité produit des dispositifs protéiformes combinant un processus de patrimonialisation, une mise en récit, en image ou en espace, une diffusion des savoirs et des stratégies d’acteurs locaux, des expositions ou encore des mises en réseaux instrumentalisées par les technologies numériques. Le colloque ambitionne ainsi de caractériser et d’analyser, à travers des expériences de développement local, territorial et touristique, le rôle accordé aux patrimoines et à l’authenticité à la fois comme objet et support de communication.

Ce colloque s’inscrit aussi dans la lignée des travaux du programme euro-méditerranéen et pluridisciplinaire « Langages, Objets, Territoires et Hospitalités »1 qui, dans le contexte précis du Maghreb, se sont attachés à problématiser et à penser l’utilité, dans ces pays, d’une émergence et d’une professionnalisation des métiers de la communication publique et territoriale (Constantine, 2011 ; Rabat et Djerba, 2012 ; Gabès et Bejaïa, 2013). L’ensemble de ces travaux et résultats forme dorénavant un des axes de L’observatoire de la circulation des savoirs en Méditerranée qui développe des recherches avant tout vers le Maghreb et qui a été initié depuis 2013 au sein du laboratoire Information, milieux, médias, médiations (I3M) Nice et Toulon.

Les propositions de communication pourront s'inscrire dans les trois axes suivant:

A. Politiques institutionnelles et valorisation des patrimoines

À partir de recherches et études de cas portant sur le bassin méditerranéen, les communications peuvent cibler à la fois une analyse de la vision institutionnelle des patrimoines dans le cadre des programmes et plans de développement touristique, culturel et agricole ou s’intéresser à la déclinaison de ces derniers sur le terrain en insistant sur les résultats des actions de valorisation et les difficultés rencontrées. En effet, les différents acteurs du développement impliqués dans la valorisation des patrimoines buttent sur des contraintes locales liées à leurs propres perceptions/ traductions de ce qui ou devrait être qualifié d’authentique, mais aussi sur des situations inédites ou sociales comme les contextes postrévolutionnaires, l’analphabétisme, la non maîtrise des technologies numériques, les tensions émanant du collectif ou encore des situations environnementales comme l’aridité, la désertification, etc. Cet axe peut également analyser et sérier le rôle des entreprises dans cette valorisation des patrimoines, notamment dans le cadre de la Responsabilité sociale des entreprises.

B. L’authenticité en communication

On se centre ici sur l’analyse de projets de valorisation des patrimoines « authentiques » et avec eux sur le rôle et les limites d’un marketing territorial, des AGR (Activités Génératrices de Revenus), du tourisme alternatif (agrotourisme, tourisme patrimonial et solidaire, écotourisme…), de la commercialisation de l’artisanat et des produits de terroir. La mise en oeuvre de ces « nouvelles » approches, dans l’espace méditerranéen, permet de mettre en tension les démarches de valorisation poursuivies par les acteurs du développement territorial et les formes et intentions de communication qu’ils privilégient : communication événementielle, médias traditionnels, publicité, Internet, réseaux sociaux… In fine comment définissent-ils, par elles, l’authenticité des sites touristiques, des savoir-faire, des pratiques culturelles, des produits du terroir ; quelles sont les marques/marqueurs d’authenticité présentes dans les stratégies de communication, les lieux et les événements (depuis les structures d’accueil touristique, l’activité muséale, les rénovations architecturales, les événements culturels, les labels territoriaux, les classifications des sites comme celle opérée par l’UNESCO ou leurs mises en récit ou en images dans les guides ou autres outils de médiation territoriale en ligne).

C. Les pratiques de la communication dans les institutions chargées de valoriser les patrimoines

Dans le souci d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens, les politiques de développement des villes au Maghreb mettent en place des systèmes d’information permettant une interopérabilité fluide entre les différents acteurs. Toutefois, en dépit de l’intégration des technologies numériques dans le développement des villes, les institutions chargées de la valorisation des patrimoines peinent à se défaire des lourdeurs organisationnelles héritées, d’une logique cloisonnée, hiérarchique et bureaucratique. Cette réalité influe sur la réalisation des actions de valorisation des patrimoines et entraîne des déficits de confiance, des tensions entre acteurs de développement et les citoyens. Dans le processus de valorisation des patrimoines, et pour comprendre les objectifs d’un développement territorial au Maghreb, il est nécessaire de repenser les stratégies de communication des institutions sur un versant plus critique. Les propositions peuvent alors porter sur des analyses de communications interne, externe, ou institutionnelle des associations, des coopératives, des communes, des délégations de tourisme et de la culture. Elles peuvent également porter sur les mécanismes de traduction opérant entre acteurs et publics, identifiant ainsi les apports et  les limites d'une généralisation de l'usage des technologies numériques.

Calendrier

  • 11 juillet 2014: date limite de réception des propositions de communication
  • 1er septembre 2014 : réponse du comité scientifique
  • 31 décembre 2014 : réception des textes définitifs
  • 30 janvier 2015 : réponse du comité scientifique
  • 15 mars 2015 : retours du comité scientifique aux contributeurs retenus pour les actes et publication du programme du colloque. Seules les communications des participant(e)s seront publiées.

Une sélection des meilleurs textes sera envoyée au comité scientifique de la Revue internationale Communiquer, revue de communication sociale et publique pour un dossier thématique.

Modalités de soumission

Les contributeurs sont invités à soumettre une proposition à l’adresse suivante : colloqueTaroudant2014@gmail.com

Avant le 11 juillet 2014.

Elle sera évaluée en double aveugle. Elle comportera un résumé de 2500 signes en français ou en anglais présentant la problématique, l’objet d’étude et la méthodologie, accompagné d’un titre, de cinq mots-clés et 3 à 5 références bibliographiques et du choix de l’axe thématique. Les noms des auteur(e)s, leur fonction et rattachement institutionnel, ainsi que leurs coordonnées complètes (mail, tél, fax et adresse postale) doivent être rassemblés sur la première page.

Coordinateurs scientifiques

  • Abdellatif Ait Heda (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Vincent Meyer (Université Nice Sophia Antipolis, France

Comité scientifique

  • Mohamed Ait Hamza (IRCAM, Maroc)
  • Françoise Albertini (Université de Corte, France)
  • Abderrahmane Amssider (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Ahmed Ben Hamouda (Institut supérieur de gestion de Tunis, Tunisie)
  • Moez Ben Messaoud (Université de la Manouba, Tunisie)
  • Leila Benlatrache (Université Mentouri Constantine 3, Algérie)
  • Françoise Bernard (Aix-Marseille université, France)
  • Jeanine Billet (ESC Pau, France)
  • Mohamed Bouchelkha (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Hafida Boulekbache (Université de Valenciennes, France)
  • Larbi Chouikha (Université de la Manouba, Tunisie)
  • Fathallah Daghmi, (Université de Poitiers, France)
  • Michel Durampart (Université de Toulon, France)
  • Mouna El Gaied (Université de Lorraine, France)
  • Amina Essaoussani (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Jamel Henchiri (Institut supérieur de gestion de Gabès, Tunisie)
  • Linda Idjéraoui-Ravez(Université Nice Sophia Antipolis, France)
  • Michèle Gellereau, (Université Lille 3, France)
  • Christian Le Moënne (Université Rennes 2, France)
  • Brahim Labari (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • El Hassan Lemallem (École des Sciences de l’Information, Rabat, Maroc)
  • Maud Loireau (Institut de recherche pour le développement, France)
  • Catherine Loneux (Université Rennes 2, France)
  • Leila Maziane (Université Hassan II Casablanca, Maroc)
  • Soumiya Mekkaoui (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Aissa Merah (Université de Béjaia, Algérie)
  • Pierre Molinier (Université Toulouse 2, France)
  • Pierre Morelli (Université de Lorraine, France)
  • Sihem Najar (Université de Tunis El Manar, Tunisie)
  • Ahmed Raqbi (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Paul Rasse (Université Nice Sophia Antipolis, France)
  • Aziz Sair (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Mongi Sghaïer (Institut des régions arides, Tunisie)
  • Mohamed Sguenfel(Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Nozha Smati (Université Lille 3, France)
  • Gabriela Tigu (Académie des études économiques, Bucarest, Roumanie)
  • Farid Toumi (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Fredj Zamit (Université Rennes 1)
  • Hayat Zerouali (École des Sciences de l’Information, Rabat, Maroc)

Comité d'organisation

  • Abdellatif Ait Heda (Université Ibn Zohr, Maroc)
  • Mohamed Ali Ben Abed (Institut des régions arides, Tunisie)
  • Ouafae Bouchaf (Université Nice Sophia Antipolis, France)
  • Mohammed Chahid (MATI Cabinet Conseil,Université Blaise Pascal, France)
  • Mouna El Gaied (Université de Lorraine, France)
  • Mohamed Amine El Mahfoudi  (Université Nice Sophia Antipolis, France)
  • Abderazzak Kaaya (Faculté Polydisciplinaire de Taroudant)
  • Dominique Mégard (CAP’COM, France)
  • Vincent Meyer (Université Nice Sophia Antipolis, France)
  • Fatima Zahra Oufara (IRCAM, Maroc)
  • Nozha Smati (Université Lille 3, France)
  • Hayat Zerouali (École des Sciences de l’Information, Rabat, Maroc)
  • Les étudiant(e)s du master Planification et gestion touristique de l’ENCG d’Agadir

Contacts et informations pratiques

Lieu du colloque : Faculté polydisciplinaire de Taroudant

Taroudant, 21-22-23 avril 2015

Les frais d’inscription et de participation seront à régler pour le 15 mars 2015; ils comprendront l’hébergement et la restauration du 21 au 23 avril 2015

Site du colloque : http://loth.hypotheses.org/colloque-taroudant-21-23-avril-2015

 

Lieux

  • Faculté Polydisciplinaire, Hay Elmohammadi, Taroudant
    Taroudant, Maroc

Dates

  • vendredi 11 juillet 2014

Mots-clés

  • authenticité, patrimoine, communication publique, développement territorial, marketing territorial, tourisme soutenable

Contacts

  • Abdellatif Ait Heda
    courriel : aaitheda [at] gmail [dot] com
  • Vincent Meyer
    courriel : vincent [dot] meyer [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Abdellatif Ait Heda
    courriel : aaitheda [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La valorisation des patrimoines : authenticité et communication », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 04 juillet 2014, http://calenda.org/291230