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Le clos et l'ouvert

Acteurs religieux, acteurs sociaux et usages de la rue (Europe, Afrique, Asie, Amériques)

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Publié le vendredi 20 juin 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Ce colloque veut interroger en particulier les seuils immatériels, flous, mouvants mais aussi matériels, fixes, sans pour autant être statiques qui sont créés par les acteurs, débattus, redéfinis, permanents, non-permanents, source de conflits ou de partages. En effet, la clôture délimite un espace qu’elle referme sur lui-même pour des usages définis par les acteurs selon les circonstances. En milieu urbain, le clos et l’ouvert se lisent entre les maisons, les églises, les mosquées, les synagogues, les parcs, les lacs, les parkings, les commerces pour former un ensemble aménagé. Comment les seuils sont-ils construits ? Quels sens sont donnés à cette limite que représente le seuil ? Quels sont les usages attribués au clos et à l’ouvert mais aussi à l’entre-deux ? Quelles sont les pratiques de la rue ?

Annonce

Argumentaire

Le clos et l’ouvert : Acteurs religieux, Acteurs sociaux et usages de la rue (Europe, Afrique, Asie, Amériques)

 29-30-31 octobre 2014 à l’Université Gaston Berger, Saint-Louis du Sénégal

Organisé par le Réseau Interdisciplinaire Afrique Monde (RIAM) – Programme Afriques de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) et le Centre d’Etude des Religions (CER) de l’UFR CRAC (Civilisations, Religions, Arts et Communication) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal

 La clôture délimite un espace qu’elle referme sur lui-même pour des usages définis par les acteurs selon les circonstances. La clôture maintient des limites visibles ou invisibles, matérielles ou symboliques qui créent ou repoussent dans un même temps des espaces ouverts, des espaces flous. En milieu urbain, le clos et l’ouvert se lisent entre les maisons, les églises, les mosquées, les synagogues, les parcs, les lacs, les parkings, les commerces pour former un ensemble aménagé. La rue, elle, est un nerf qui serpente le long de ces espaces clos, elle les frôle, les enveloppe mais aussi les envahit tout en en modifiant les usages, comme par exemple lors de festivités dont les sonorités musicales et vocales produites par les acteurs religieux redéfinissent les seuils entre le clos et l’ouvert lorsqu’elles les franchissent. Ce colloque veut interroger en particulier les seuils immatériels, flous, mouvants mais aussi matériels, fixes, sans pour autant être statiques. Ils sont créés par les acteurs, débattus, redéfinis, permanents, non-permanents, source de conflits ou de partages.

En effet, des acteurs recréent des espaces clos dans la rue, pourtant espace ouvert. C’est le cas par exemple lorsque les mouvements religieux organisent des cérémonies dans les villes africaines : des bâches et des installations délimitent un espace clos dans cet espace ouvert qu’est la rue. Le temps d’une fête, la rue devient un espace clos dédié à un usage festif dont le seul souvenir laissera sa trace le lendemain, les automobiles ou les piétons reprenant leurs droits. Mais dans ces occasions, la musique, les chants ou les prières participent à dessiner les espaces grâce à un pouvoir symbolique qui redéfinit les seuils entre le clos et l’ouvert pendant un temps donné. De la même manière, lors des carnavals, des défilés, les acteurs s’emparent de la rue pour renforcer une identité collective. Ou encore, les arts de la rue remettent en question les codes et réinterrogent les sens communs tout comme les manifestations politiques confirment que la rue appartient à tous, et qu’elle est aussi l’arène du politique.

Pourtant, la rue impose aussi ses propres pratiques : lieu de sociabilité et de rencontre, de représentation de soi, les acteurs s’habillent pour briller, pour se cacher, pour séduire à l’instar de la sape congolaise. Dans un même temps, des acteurs (religieux ou pas) redéfinissent les normes morales et les pratiques d’expression individuelle et collective dans un contexte de négociation des pratiques normatives. La rue accueille également ceux qui sont exclus du clos. Ils s’approprient alors l’espace ouvert pour en faire un espace clos et y inscrire leur intimité. La nuit, la rue est le théâtre de vies intimes : si en Europe, derrière les murs d’une maison, une famille s’endort au chaud, les « sans domicile fixe » délimitent leur sommeil avec des cartons le temps d’une nuit, dans des villes africaines, les talibe (élèves d’une école coranique ou disciples d’un marabout), apprennent le coran dans la rue, dorment, mendient, mangent dans la rue, ce qui invite le religieux dans cet espace ouvert. 

Aujourd’hui, même si des analystes affirment que l’Etat aurait le monopole de la rue, des acteurs s’attribuent de plus en plus le rôle de gardiens de l’ouvert pour imposer les règles de ses usages. C’est le cas des acteurs religieux en Afrique qui, soit investissent l’espace ouvert pour recréer du clos et le moraliser, soit contrôlent l’ouvert pour en conformer ses usages à leur idéologie. Au Bénin, les fétiches surveillent les seuils des maisons, figeant le franchissement des seuils par les invisibles, à l’instar des portiques shinto en Asie par exemple. Un autre exemple, dans certaines villes américaines, les systèmes de surveillance de la rue redéfinissent les usages et les représentations du clos et de l’ouvert.

Ce colloque veut interroger les seuils qui délimitent les espaces entre le clos et l’ouvert et leurs usages dans différents contextes géographiques. Comment les seuils sont-ils construits ? Quels sens sont donnés à cette limite que représente le seuil ? Quels sont les usages attribués au clos et à l’ouvert mais aussi à l’entre-deux ? Quelles sont les pratiques de la rue ? Comment ces pratiques de rue renforcent-elles le clos ou le distendent-elles? Quels enjeux politiques la gestion des seuils révèle-t-elle et quelle politique pour la gestion des seuils ? Quelles sont les transformations contemporaines dans les usages politiques de l’ouvert et du clos ?

Ces questions traversent les continents européens, africains, asiatiques et américains dans lesquels les pratiques sociales et culturelles du clos et de l’ouvert sont différentes. La confrontation de ces différentes conceptions et pratiques de la rue pourra mener à une réflexion comparative sur les seuils en sciences sociales.

Les communications attendues devront contribuer à la définition des « seuils » en sciences sociales autour de  quatre axes : 

  • Axe 1 Pratiques de/ dans la rue : pratiques symboliques et religieuses (manifestations de rue, festivités, cérémonies, défilés, rituels, vêtements, port du voile, objets ou pratiques de protection, amulettes, objets sacrés, etc.)
  • Axe 2 Rue, religion et politique (sécularisation, laïcisation, moralisation de l’espace, conflits et violences, médias, etc.)
  • Axe 3 Rue, religion et transactions (économie, offrandes, dons, sacrifices, mendicité, argent, œuvres sociales, ONG, etc.)
  • Axe 4 Rue, religion et esthétiques urbaines (rap, graffiti, cinéma, littérature, écritures, musique, architecture, contes, récits, etc.)

Les résumés des communications (500 caractères max.) avec les noms et appartenances institutionnelles des auteurs devront être envoyés avant le 23 juin 2014 à l’adresse suivante : colloqueclosetouvert@gmail.com

Contact : Frédérique Louveau (louveau.frederique@neuf.fr)

Comité d’organisation

Blondin Cissé (CER/ Université Gaston Berger), Rachid Id Yassine (CER/ Université Gaston Berger), Abel Kouvouama (Université de Pau et des Pays de l’Adour/RIAM), Frédérique Louveau (CER/Université Gaston Berger/ IRD-IMAf/RIAM), Bakary Sambe (CER/Université Gaston Berger), Abdourahmane Seck (CER/ Université Gaston Berger), Patrice Yengo (Université de Brazzaville), Robert Ziavoula (INALCO).

Comité scientifique

Michel Agier (IRD-EHESS), Sophie Bava (IRD-LPED), Rémy Bazenguissa-Ganga (EHESS), Patrick Beillevaire (EHESS-CNRS), Sylvie Bredeloup (IRD-LPED), Mamadou Diouf (Columbia University), Jean-Pierre Dozon (IRD-FMSH), Abel Kouvouama (Université de Pau et des Pays de l’Adour), Frédérique Louveau (CER-Université Gaston Berger/IRD-IMAf/ RIAM), Issiaka Prosper. L. Lalèyê (UGB), Boubacar Niane (FASTEF-UCAD-RIAM), Monique de Saint Martin (EHESS-RIAM), Aly Tandian (GERM-Université Gaston Berger), Patrice Yengo (Université de Brazzaville-RIAM), Robert Ziavoula (INALCO-RIAM).

http://www.ugb.sn/

http://www.cer-ugb.net/

http://riae.hypotheses.org/

http://www.fmsh.fr/fr/c/1375

Lieux

  • Université Gaston Berger
    Saint-Louis, République du Sénégal

Dates

  • lundi 23 juin 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • rue, religion, acteurs religieux, représentations, symbolique, arts, prières, manifestations, politique, sciences sociales

Contacts

  • Frédérique Louveau
    courriel : louveau [dot] frederique [at] neuf [dot] fr

Source de l'information

  • Frédérique Louveau
    courriel : louveau [dot] frederique [at] neuf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le clos et l'ouvert », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 20 juin 2014, http://calenda.org/291694