AccueilL'image de l'Autre : noirs, juifs, musulmans et « gitans » dans l'art occidental des Temps modernes (1453-1789)

L'image de l'Autre : noirs, juifs, musulmans et « gitans » dans l'art occidental des Temps modernes (1453-1789)

The image of the Other: Blacks, Jews, Muslims and "Gypsies" in western art in the Modern Age (1453-1789)

La Chaire du Louvre

The Louvre chair

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Publié le mardi 15 juillet 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Le Louvre propose un rendez-vous annuel dédié à la recherche en histoire des arts et de la culture. Chaque année, un historien de renom présente à l’auditorium une réflexion inédite sur un sujet original, qui donne lieu à des rapprochements transdisciplinaires entre des œuvres du monde entier. Pour cette sixième saison, la Chaire du Louvre sera confiée à l’historien de l’art Victor I. Stoichita. La Chaire du Louvre s’intéressera donc cette année à l’Autre des Temps modernes : les noirs, juifs, musulmans et « gitans » que l’Europe alors en quête de sa propre identité, désigne comme des « étrangers intérieurs », entre différence et proximité.

Annonce

Programme

18 septembre

L’Autre et le Même, suivi de Drôle de frimousse de Stanley Donen

En 1492, trois caravelles espagnoles gagnent, sous le signe de la croix, les rives d’un nouveau continent. La première mention de la rencontre ne pouvait être plus significative : « et alors ils virent des gens nus ». Ces gens nus, on les appellera Indiens et on s’apprêtera à les vêtir. En 1453, l’Empire romain d’Orient disparaît ; bientôt, les Turcs arriveront sous les murs de Vienne. L’année du débarquement au Nouveau Monde et de la découverte de l’« autre extérieur », la confrontation avec l’« autre intérieur » atteint un sommet : les Maures sont chassés d’Espagne et les Juifs contraints à l’exil. À partir du XVe amène les premiers Noirs africains dans les grands ports de l’Europe. Plus ou moins à la même époque, une étrange population, au teint basané et d’origine obscure, frappe aux portes des grandes villes. On les appellera Égyptiens, plus tard Bohémiens et plus tard encore Tsiganes... En 1422, ils sont devant la ville de Bologne ; en 1427, aux portes de Paris. Juifs, « Gitans », Noirs, Musulmans. Voilà quatre figures essentielles de l’altérité. siècle, la traite portugaise des esclaves

25 septembre

Noir et blanc, suivi de Loin du paradis de Todd Haynes

Dans le regard des premiers voyageurs européens parcourant la côte de l’Afrique occidentale, l’Autre est de prime abord un corps, seulement accidentellement ou incidemment un visage. L’intérêt de Dürer pour les figures de l’altérité s’était depuis longtemps développé à travers l’étude du visage en tant que lieu de la manifestation de l’individu. Dürer réalise ainsi l’un des plus touchants portraits de Noir du début des Temps modernes, le célèbre dessin à la pointe d’argent représentant Katharina, la servante de son hôte anversois João Brandão. L’artiste l’approche avec curiosité, quand bien même s’y adjoignent sympathie et compréhension. Tout en étant individualisée avec soin, Katharina n’est pas partenaire de dialogue, elle est objet d’étude. Entraînée dans un jeu inique, elle baisse les yeux.

2 octobre

L’invention du Juif, suivi de Monsieur Klein de Joseph Losey

Dans l’art chrétien, le Juif n’acquiert son identité propre qu’à partir du moment où il déclare sa résistance face au message christique. Les Juifs ne se distinguant par aucune « marque » visible (couleur de peau, stature ou allure), l’Église comme le pouvoir rabbinique les ont contraints à se différencier par des détails vestimentaires (rouelle, couvre-chef pointu, cafetan jaune). Cette différenciation juive s’instaura selon un processus lent et laborieux et ne fut assimilée que difficilement et contradictoirement à travers l’image peinte. Parcourir ce chemin, de Giotto à Rembrandt, signifie se confronter avec la construction en marche d’une altérité oscillante, fluctuante.

9 octobre

Le Grand Turc, suivi de Tous les autres s’appellent Ali de Rainer Werner Fassbinder

Personne ne sait d’où ils viennent, où ils vont, pour quelles raisons ils ont pris le chemin de la perpétuelle errance, ni depuis quand. Ils ne sont pas armés, mais ils font peur, car ils sont pauvres. Il est difficile d’immobiliser, de fixer cet être insaisissable qu’est le migrant ; la construction de son iconographie en est la preuve. Les premières figurations dues à des artistes occidentaux révèlent les peines à cerner, sans filtres et sans appui, une singularité. Le premier à en faire de façon programmatique l’objet de ses recherches picturales fut le Caravage, qui allait signer le grand tournant du canon occidental.

16 octobre

Bohémiens, Gitans, Tsiganes, suivi de Just the Wind de Bence Liegauf

En 1453, le sultan Mehmet II qui, à seulement 21 ans, avait fait tomber l’Empire romain d’Orient, devint un nom redouté de tous les grands d’Occident. Mais il dut attendre le séjour de Gentile Bellini à Istanbul en 1480 pour gagner une figure. Prendre l’Autre en image est un acte de force. En invitant Bellini à se représenter lui-même, le sultan tente de renverser le rapport de pouvoir, en faisant basculer la relation objet / sujet. L’expérience fondamentale de l’Autre s’accomplit surtout, ou seulement, à travers l’expérience du Même.

La Chaire du Louvre fait également l’objet d’une publication : L’Image de l’Autre. Noirs, Juifs, Musulmans et « Gitans » dans l’art occidental des Temps modernes (1453-1789) de Victor I. Stoichita.

Ce livre donnera lieu à une séance de dédicace le mercredi 1er octobre, précédée de l’avant-première d’un documentaire, réalisé par M. Alphant et P. Bouhénic, consacré à l’historien de l’art à 18h30.

Informations pratiques

Tarif F
Le billet donne accès à la conférence de 18h30 et à la projection de 20h30

  • 6 euros, plein
  • 5 euros, réduit
  • 3 euros, solidarité et jeune

Caisse de l’auditorium
Du lundi au samedi (sauf le mardi),de 9h à 17h15, les mercredi et vendredi jusqu’à 19h15.
Fermeture du 30 juin au 2 septembre 2014 inclus.

Par téléphone
01 40 20 55 00
Du lundi au vendredi (sauf mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

Lieux

  • Auditorium du musée du Louvre, sous la pyramide - Rue de Rivoli
    Paris, France (75001)

Dates

  • jeudi 18 septembre 2014
  • jeudi 25 septembre 2014
  • jeudi 02 octobre 2014
  • jeudi 09 octobre 2014
  • jeudi 16 octobre 2014

Mots-clés

  • noirs, juifs, gitans, musulmans, art occidental, Europe

Contacts

  • Julie Boulage
    courriel : julie [dot] boulage [at] louvre [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Auditorium du Louvre Auditorium du Louvre
    courriel : julie [dot] boulage [at] louvre [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'image de l'Autre : noirs, juifs, musulmans et « gitans » dans l'art occidental des Temps modernes (1453-1789) », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 15 juillet 2014, http://calenda.org/292108