AccueilTemporalités, action environnementale et mobilisations sociales

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Publié le lundi 30 juin 2014 par Elsa Zotian

Résumé

L’objectif de ce dossier de [VertigO] est recueillir des textes qui permettent de penser de façon compréhensive l’impact des marqueurs temporels dans les dynamiques d’action environnementales dans leur mode de penser et d’agir, de conception et d’action. Dans le cadre de ce dossier, le comité formé par les rédacteurs associés est à la recherche de textes qui questionnent l’empreinte du temps dans l’action publique environnementale, en considérant celle-ci non seulement par le prisme des politiques publiques, mais aussi des synergies/empêchements de penser et d’agir face aux problématiques d’environnement. Les articles explorant les prises, les emprises et les déprises (Chateauraynaud et Torny, 1999) du temps sur la question contemporaine de l’environnement sont encouragés. S’il est envisagé que les articles s’appuient sur une dimension empirique, il convient d’inscrire systématiquement l’analyse dans la compréhension de ce que le temps fait à la décision, à la mobilisation sociale et à l’action publique dans le champ de l’environnement.

 

Annonce

Argumentaire

Les questions relevant de l’environnement sont marquées par l’urgence, l’impératif de ce qui doit être fait avant que l’irrémédiable ne se produise, et ce, depuis plus d’un siècle (Marsh, 1864 ; Carson, 1962 ; Club de Rome, 1972). Si le rapport issu de la Commission Brundtland institutionnalisant l’ère d’un « développement durable » a introduit par ailleurs la dialectique temporelle dans nos modes d’action, sinon de pensée, a-t-on vraiment pris la mesure de ces temporalités ? Et, dans la mesure où cette temporalité aurait été intégrée – ce qui ne va pas de soi nécessairement –, comment cela se serait-il exprimé (voire, comment cela se serait transposé) à travers l’action environnementale, l’action publique et les mobilisations sociales ?

Les controverses médiatiques et scientifiques sur les grandes crises environnementales ont contribué à donner le sentiment que nous étions dans un espace temporel d’action indistinct et, surtout, infini. Cet horizon temporel infini semble parfois se contracter à la lecture de certains dispositifs d’action, voire de certaines analyses scientifiques qui posent des solutions sociotechniques et anticipent les changements à venir dans des temporalités certes indéfinies, mais moins longues, celles de la transition écologique. Si ces modes de penser et d’agir favorisent l’émergence de nombreuses solutions pratiques, ils génèrent parfois une critique sur l’univers incertain, techniciste et courtermiste dans lesquels s’inscrit la transition. Cette critique revendique d’établir de façon certaine un état d’urgence : le catastrophisme éclairé (Dupuy, 2004) permettrait alors de dépasser les débats sur les incertitudes liées aux risques dès lors qu’ils sont institués. Selon l’auteur, une distinction entre temps de projets et temps de l’histoire semble heuristique. Il faut certainement s’interroger sur ce que ces temps pluriels font à l’action pour mieux saisir leur incidence sur l’environnement.

Si l’intégration des temporalités oscille entre catastrophisme éclairé et transition écologique, l’introduction franche du marqueur temporel constitue-t-elle une ressource pour l’action ? Cette intégration pourrait résoudre le problème d’évitement, celui qui renvoie le tout vers l’abstrait, l’éthique et la philosophie (Gagnon, Lewis et Ferrari, 2007), afin de s’occuper des choses de la vie publique dans lesquelles la trame environnementale serait entrelacée. Ce serait aussi admettre le rôle actif que peuvent jouer les politiques publiques en matière d’environnement et prendre au sérieux la capacité des mobilisations sociales à penser la gestion et les sorties de « crise ». La question mérite réflexion, admettons-nous une finitude à l’humanité et l’état d’urgence (Anders, 2006) ou sommes-nous plutôt dans un horizon temporel « étendu » fait d’adaptations (Nowotny, 1989 in Leccardi, 2011) ? Quoi qu’il en soit, il importe de réfléchir aux modes de prise de décisions, notamment politiques, aux dynamiques d’action collective, aux processus de qualification des problèmes et des solutions… aux dynamiques d’empêchement ; en d’autres termes de réfléchir à l’impact de ces postures – leurs audiences –, sur les modes de penser et d’agir collectifs.

L’objectif de ce dossier de [VertigO] est recueillir des textes qui permettent de penser de façon compréhensive l’impact des marqueurs temporels dans les dynamiques d’action environnementales dans leur mode de penser et d’agir, de conception et d’action. Dans cet esprit, les orientations qui suivent illustrent sans être exhaustives les questionnements à privilégier.

  • L’agir relèverait de dynamiques d’engagement dans l’action empêtrée ou portées de façon assurantielle et/ou anticipatrice par des logiques de marché, des logiques professionnelles et des logiques d’injonction publique. L’agir s’inscrirait dans un présentisme où l’on manque de temps ; un impératif qui caractériserait notre époque dromologique (Virilio, 1977) imprégnée par la vitesse et l’accélération (Rosa 2010). La vitesse pourrait aussi caractériser un modèle moderne en manque de réflexivité : un paradoxe entre des modes de décisions prises dans l’urgence (qui peuvent suivre les priorités politiques ou répondre à une situation de crise) et un ralentissement d’une vision conséquentialiste à long-terme. Ce rapport au temps, qu’il soit accéléré ou pas, régulateur et anticipateur, ne serait pas sans conséquence sur la vie collective et l’action publique. À cet égard la question environnementale déstabilise les multiples dimensions temporelles et mérite d’être posée en vis-à-vis des différents impératifs de la vie collective et publique.

  • Le « penser » permettrait de saisir la dimension cognitive de l’action en focalisant l’attention sur les référentiels en jeu, leurs convergences et leurs divergences, les luttes définitionnelles des problèmes et des modes de résolutions des questions d’environnement. Penser cette dimension cognitive reviendrait à s’interroger sur nos modes de gouvernements des problèmes d’environnement, la manière dont ils sont pensés souvent sur la base d’une société sous contrat et donc sur-compromis, sur le manque de renouvellement de l’imaginaire démocratique ou au contraire sur l’émergence d’initiatives innovantes, qui pourraient permettre d’anticiper sur des modèles inédits de sortie de crises (économiques, écologiques et sociales).

Dans le cadre de ce dossier, le comité formé par les rédacteurs associés est à la recherche de textes qui questionnent l’empreinte du temps dans l’action publique environnementale, en considérant celle-ci non seulement par le prisme des politiques publiques, mais aussi des synergies/empêchements de penser et d’agir face aux problématiques d’environnement. Les articles explorant les prises, les emprises et les déprises (Chateauraynaud et Torny, 1999) du temps sur la question contemporaine de l’environnement sont encouragés.

S’il est envisagé que les articles s’appuient sur une dimension empirique, il convient d’inscrire systématiquement l’analyse dans la compréhension de ce que le temps fait à la décision, à la mobilisation sociale et à l’action publique dans le champ de l’environnement.

Coordination du numéro

  • Nathalie Lewis (Département Sociétés, territoires et développement, Université du Québec à Rimouski, Canada),
  • Didier Busca (CERTOP, Université Toulouse – Le Mirail, France),
  • Louis Simard (École d'études politiques, Université d'Ottawa, Canada),
  • Bruno Villalba (Ceraps, Sciences Po, Lille, France).

Échéancier

  • 15 juillet 2014 : date limite pour l’envoi d’une proposition contenant un titre et un résumé d’un maximum de 500 mots ;

  • 1 août 2014 : avis aux auteurs quant à l’acceptation ou refus de leur proposition ;

  • 15 novembre 2014 : date limite pour l’envoi d’un texte complet respectant les conditions éditoriales précisées sur le site de la revue à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org ;

  • Évaluation du texte par un comité de lecture - réponse définitive de la revue en janvier et/ou février 2015 avec grille d'évaluation des évaluateurs ;

  • mars 2015 : réception des textes révisés ;

  • mai 2015 : mise en ligne du numéro.

Sauf pour les dates du 15 juillet et du 15 novembre, l’échéancier est fourni à titre indicatif.

Conditions de soumission

Les propositions et manuscrits (avec résumé, texte complet, figures, tables et bibliographie) doivent être soumis par courrier électronique à l’adresse suivante : vertigoweb@sympatico.ca. La soumission doit être bien identifiée au nom du dossier : « Transition énergétique : contexte, enjeux et possibilités ».

Pour soumettre un texte, prière de consulter les politiques de publication de la revue disponibles à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org 

Lors de la soumission, les auteurs doivent fournir leur nom et les coordonnées de trois réviseurs potentiels pour leur article. La revue se réserve le droit de choisir ou non les réviseurs proposés.

Vous pouvez aussi nous faire parvenir en tout temps des propositions de textes pour les différentes sections de la revue. La revue accepte la soumission de textes scientifiques en tout temps.

Évalution

Les articles sont évalués par un processus d'évaluation par les pairs (anonyme).

Comité scientifique de la revue : http://vertigo.revues.org/2032

Rédaction de la revue

Éric Duchemin, Ph.D.
Co-directeur de la publication - Rédacteur en Chef 
[VertigO] - la revue électronique en sciences de l'environnement

Professeur associé et chargé de cours - Institut des sciences de l'environnement
Université du Québec à Montréal
Notre blogue : http://vertigo.hypotheses.org 
Notre site: http://vertigo.revues.org 
Nos veilles scientifiques : http://adaptationclimat.hypotheses.org /http://villeviable.hypotheses.org / http://agriurbain.hypotheses.org

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Université du Québec à Montréal, Institut des sciences de l’environnement
C.P. 8888, Succ. Centre-ville, Montréal, Québec
Canada, H3C 3P8
Courriel: vertigoweb@sympatico.ca  ou eric.duchemin@editionsvertigo.org  
Tél: (514) 987-3000 poste 3945
Bibliographie

Dates

  • mardi 01 juillet 2014

Mots-clés

  • temporalité, risques, environnement, actions, mobilisation, société, sociale

Contacts

  • Eric Duchemin
    courriel : eric [dot] duchemin [at] editionsvertigo [dot] org

Source de l'information

  • Eric Duchemin
    courriel : eric [dot] duchemin [at] editionsvertigo [dot] org

Pour citer cette annonce

« Temporalités, action environnementale et mobilisations sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 30 juin 2014, http://calenda.org/292204