AccueilLes artistes et leurs galeries. Réceptions croisées (Paris-Berlin, 1900-1950)

Les artistes et leurs galeries. Réceptions croisées (Paris-Berlin, 1900-1950)

La galerie, dimension sociologique d'un projet esthétique

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Publié le lundi 30 juin 2014 par Annette Schläfer

Résumé

Le programme de formation-recherche propose l’évaluation du rôle historique, sociologique et esthétique des galeries d’art dans le contexte de l’émigration, entre Paris et Berlin, de 1900 à 1950. Il s’adresse aux étudiants de Master I et II, aux doctorants en histoire, sociologie et médiation culturelle, aux jeunes chercheurs. Les journées de décembre 2014 s’inscrivent dans la continuité des journées organisées en novembre 2013 et mai 2014. Chaque session s’organise en trois journées consécutives: une journée d’études, une journée de visites sous la direction des responsables des galeries et de leurs archives. La synthèse écrite de chaque session adviendra durant la dernière journée consacrée à un atelier de recherche et d’écriture.

Annonce

Le programme de recherche

Le programme de formation-recherche propose l’évaluation du rôle historique, sociologique et esthétique des galeries d’art dans le contexte de l’émigration, entre Paris et Berlin, de 1900 à 1950. Il s’adresse aux étudiants de Master I et II, aux doctorants en histoire, sociologie et médiation culturelle, aux jeunes chercheurs. Les journées de décembre 2014 s’inscrivent dans la continuité des journées organisées en novembre 2013 et mai 2014. Chaque session s’organise en trois journées consécutives: une journée d’études, une journée de visites sous la direction des responsables des galeries et de leurs archives. La synthèse écrite de chaque session adviendra durant la dernière journée consacrée à un atelier de recherche et d’écriture.

L’observation de la galerie comme champ interdisciplinaire, au croisement de l’esthétique, de la politique, de la sociologie du travail, de l’économie, des gender studies - les femmes jouèrent un rôle éminent - de l’histoire de l’art et des transferts esthétiques, conduit à décloisonner les différents régimes de visibilité, à apprécier un double jeu cumulatif entre création et « présentation de soi », dans la perspective des transferts conceptuels et formels entre l’est et l’ouest. La « galerie » permet en outre d’évaluer l’ampleur de l’internationalisation culturelle dans les lieux de la pratique artistique moderne. En effet, dès l’aube du XXe siècle, les galeries proposent aux artistes émigrés une alternative sociologique et marchande d’accueil, de resociabilisation et leur offrent un accès à l’espace public, tant au niveau réflexif que pragmatique et marchand.

Les journées d’études proposeront, une analyse historique et socio-professionnelle des lieux et publics acteurs de la galerie d’art. Les interventions introduiront à quelques « portraits » des galeries historiques en France et en Allemagne, présentés conjointement par les organisateurs et des spécialistes. Des ateliers de lecture et des visites de galeries alterneront avec les séminaires. On étudiera les thématiques transversales - la galerie et son public, le rôle de la galerie dans la réception de l’artiste, les professions actrices des galeries… à travers les documents d’archives, les cartons d’invitation et les coupures de presse.

Trois axes articulent le programme de recherche

Axe 1 : « Galeries et Avant-Gardes. Les galeries et les artistes. 1900-1950 »

Axe 2 : « La galerie. Espaces et métiers dans la ville moderne »

Axe 3 : « La galerie, miroir socio-économique de la ville »

La synthèse des problématiques transdisciplinaires, des transferts opérés entre l’Allemagne et la France par les galeries d’art sera chaque année l’objet d’un rapport publié en ligne.

Publication prévue.

Axe 1 : « Galeries et Avant-Gardes. France/Allemagne. Les galeries et les artistes »

A l’aube du XXe siècle, le marché de l’art moderne émergeant dans le contexte des avant-gardes historiques s’affranchit de la commande officielle et du mécénat. Ce processus d’autonomisation s’accompagne de l’apparition de grands marchands et de galeries, de salons et expositions qui soutiennent l’œuvre et la réception des artistes. Entre France et Allemagne, l’approche de ces « lieux actifs », au sens consacré par Michel de Certeau, révèle une dimension heuristique quant aux transferts esthétiques advenus. Les acteurs historiques et les lieux actifs sont à titre d’exemple, à Berlin, Herwarth Walden et la galerie Der Sturm, le Graphisches Kabinett Nierendorf…; à Munich, la galerie Tannhäuser… à Cologne, la galerie Dr Becker und Newmann. En France, le cercle parisien autour du collectionneur-marchand allemand Wilhelm Uhde, les galeries Kahnweiler et Wildenstein, les jeunes galeries Clovis Sagot, le Sacre du Printemps, les Editions Bonaparte, la galerie Rosenberg. Les femmes s’affirment rapidement: Jeanne Bucher, Yadwiga Zak, Katia Granov, puis, dans les incertitudes de l’après-guerre, la galerie Denise René, la galerie des Deux-Îles et la Galerie de France. Les contributions apporteront un éclairage historique sur les galeries et les artistes, les transferts esthétiques advenus entre Paris et Berlin au début du XXesiècle. Le cycle d’internationalisation de l’art sera illustré à travers les histoires d’exil des artistes allemands, autrichiens et français aux Etats-Unis.

Etat de la Recherche 2013 - 2014:

- Otto Freundlich et ses galeries parisiennes

- Le Salon des Réalités Nouvelles en 1939

- Kandinsky organise l’exposition expressionniste

- De  « marchand en chambre » à galeriste : Adolphe Basler et la Galerie de Sèvres à Paris dans l'entre-deux-guerres.

- Les débuts de Max Ernst sur le marché de l’art parisien, 1921 - 1928

- Herwarth Walden et la France

Propositions attendues :

Portraits des galeries et marchands d’art à Paris et Berlin. 1900 - 1950

Analyse des relations entre galeries berlinoises et parisiennes. 1900 - 1950

Axe 2 : « La galerie. Espaces et métiers dans la ville moderne »

Les galeries d’art parisiennes se sont, au fil du XXe siècle, déplacées de la rive droite à la rive gauche. Quels paysages ont-elles à chaque fois reconfiguré? Peuvent-elles être considérées comme des acteurs de la vie socio-économique ? Les exemples parisiens et berlinois sont-ils dynamiquement comparables ? L’étude et les interventions s’appuieront sur les analyses de la ville moderne initiées au tournant du XXe siècle par Walter Benjamin et Georg Simmel, et démontreront la situation originale de la galerie et de ses acteurs dans le tissu urbain.

La profession du marchand d’art se codifie entre 1900 et 1950. Quels métiers collaborent-ils à cette professionnalisation ? Les contributions étudieront l’irruption du droit, de la science dans la vie des galeries et évalueront le rôle tenu par les critiques d’art et la presse.

Etat de la Recherche 2013/2014:

- L’artiste et son marchand. Les galeries d’art au début du XX siècle.

- De la galleria à la galerie de vente, une histoire du concept de galerie d'art 

-Derrière les coulisses - Topographie et réseaux du marché de l'art parisien pendant la première moitié du XXe siècle

-Un réseau franco-allemand du marché de l'art "primitif" ? Les frères Umlauff, les frères Brummer, Arthur Speyer, Charles Ratton et Louis Carré...

-L'irruption du droit dans la pratique des galeries d'art en France. Les galeries et le laboratoire de recherche. De l'authentification à la conservation

Propositions attendues :

- L'irruption du droit dans la pratique des galeries d'art en Allemagne

- Les galeries et les salles de vente. Paris/Berlin. 1900 - 1950

- Analyse comparative des galeries, prescriptives de la modernité et du goût à Paris et Berlin

- Le rôle des critiques auprès de la galerie. Paris- Berlin. 1900 - 1950

Axe 3 : « La galerie, dimension sociologique d’un projet esthétique »

La « galerie » permet en outre d’évaluer l’ampleur de l’internationalisation culturelle dans les lieux de la pratique artistique moderne. Dès l’aube du XXesiècle, les galeries proposent aux artistes émigrés une alternative sociologique et marchande d’accueil, de resociabilisation et leur offrent un accès à l’espace public, tant au niveau réflexif que pragmatique et marchand. Les réseaux qu’elles tissent, leurs pratiques discursives et médiatiques, leurs stratégies de communication sont appréciables au travers des cartons d’invitation aux vernissages, les articles d’une presse artistique qui se professionnalise. La galerie s’inscrit ainsi comme Tiers dans l’internationalisation des artistes émigrés au XXe siècle. Elle est, à un niveau supérieur, un lieu d’historicité, producteur d’art et d’histoire, tissant du présent, tendue tout autant vers le passé que vers le futur et représenterait à ce titre un état de la pratique, du langage et de la politique artistique.

Pour son rôle marchand, la galerie est l’objet des critiques situationnistes et anticonsuméristes. Les interventions évalueront son autorité dans la sociologie de l’art et des échanges culturels. Sa fonction spécifique dans un système de capitalisme artistique. En quoi, à quel niveau faut-il situer son pouvoir alternatif ?

Etat de la Recherche 2013/2014 :

-Les galeries de Paris et le commerce de l’art en 1950

- Galeries et critiques d'art. Paris et Berlin au lendemain de la Seconde guerre mondiale

-Le vernissage de l’Exposition Internationale du Surréalisme en 1938. Première manifestation d’un happening surréaliste dans la galerie Wildenstein

-Retour sur la trajectoire de Leo Castelli (1907-1999), premier galeriste global

Propositions attendues :

-Stratégies de communication des galeries parisiennes et berlinoises. 1900 - 1950. Le rôle du vernissage, de l’édition…

-Les galeries, lieu d’accueil et de resociabilisation de la création exilée.

- Les galeries, acteurs du tissu socio-politique et des transferts esthétiques. France-Allemagne. 1900 - 1950.

Date de la journée d'étude

8 décembre 2014

Procédure de candidature

Les propositions de contributions doivent être adressées au format PDF à

Denise VERNEREY. Centre Georg Simmel. 96 Bd Raspail. EHESS/CNRS                     

Avant le mardi 15 juillet.

Réponse le 31 juillet 2014

Maximum : 500 signes, espaces inclus.

Veuillez indiquer votre organisme de rattachement

Comité scientifique

  • Julia Drost, Centre allemand d’histoire de l’art, Paris.
  • Denise Vernerey-Laplace,Centre Georg Simmel. EHESS. CNRS. UMR 8131
  • Hélène Ivanoff, Centre Georg Simmel. UMR 8131. CNRS EHESS

Lieux

  • EHESS, 96 Bd Raspail
    Paris, France (75006)

Dates

  • mardi 15 juillet 2014

Contacts

  • Denise Vernerey
    courriel : denise [dot] vernerey [at] me [dot] com

Source de l'information

  • Denise Vernerey
    courriel : denise [dot] vernerey [at] me [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les artistes et leurs galeries. Réceptions croisées (Paris-Berlin, 1900-1950) », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 30 juin 2014, http://calenda.org/293838