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Paysage et culture

Landscape and culture

Le numéro 15 de la revue Projets de paysage

Projets de paysage journal, issue 15

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Publié le vendredi 25 juillet 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Ce numéro thématique de Projets de paysage est consacré à la dimension culturelle du paysage et aux déclinaisons qu’elle induit. Comment penser les différents registres de la dimension culturelle ? Ceux-ci correspondent aux trois volets de contributions que nous proposons. Un premier volet consiste à éclairer l’épistémologie du paysage qui s’est construite selon différentes trajectoires tracées par les milieux géographiques rencontrés. Dans un second volet, on pourra interroger les constructions notionnelles qui sous-tendent nos compréhensions du paysage en tant que phénomène culturel et qui sont à l’œuvre dans l’action, notamment l’action publique. La circulation des projets de paysage, les échanges des personnes, des idées, les appropriations auxquelles ils donnent lieu constitueront un dernier volet de réflexion possible.

Annonce

Argumentaire

« La manière dont l’Occident se représente la nature est la chose du monde la moins bien partagée. » Philippe Descola (2005)

Ce numéro thématique de Projets de paysage est consacré à la dimension culturelle du paysage et aux déclinaisons qu’elle induit.

Loin de se limiter aux arts, la culture recouvre un ensemble de traits distinctifs matériels, affectifs, spirituels partagés par un groupe social au sein d’un milieu spécifique, et se traduit donc à la fois dans son mode de vie et le site habité. La culture désigne ainsi une combinaison de singularités sociales et géographiques par définition non universelle. La question de la culture est ainsi intimement mêlée à celle du paysage, comme une évidence, puisque l’une et l’autre s’inscrivent dans la relation entre les hommes et leurs milieux.

Pourtant, les penseurs et les acteurs du paysage appréhendent la dimension culturelle différemment compte tenu de leurs rôles respectifs sur la scène paysagère : géographes, politiciens et paysagistes contribuent à la pensée et à la pratique du paysage sans qu’il y ait toujours continuité ou interaction apparente. Quelles relations entre un Paul Vidal de la Blache, un Jean Claude Nicolas Forestier et les politiciens œuvrant à la conservation du patrimoine naturel ? On pourra s’attacher à décrire des scènes qui ont permis – ou permettent – la rencontre entre les différents acteurs du paysage.

Ces trois champs d’investigation et d’action du paysage, de la théorie à la pratique, recourent à des acceptions de la culture qui ne sont pas toujours reliées : entre l’épistémologie du paysage construite par les géographes, la mise en œuvre d’un déterminant culturel dans la nomenclature du paysage, ou les expressions formelles et symboliques d’une culture spécifique dans les projets de paysagistes, l’écart est grand. Comment penser alors les différents registres de la dimension culturelle ? Ceux-ci correspondent aux trois volets de contributions que nous proposons.

Remettre la dimension culturelle du paysage sur le métier, c’est commencer par interroger la notion même de paysage. Un premier volet qui consiste à éclairer l’épistémologie du paysage qui s’est construite selon différentes trajectoires tracées par les milieux géographiques rencontrés. Bien que la scission entre objectif et subjectif soit le propre du monde occidental, il existe un distinguo illustratif au titre du paysage en Europe et en Amérique du Nord. Sur le plan épistémologique en effet, « culturel » est tantôt un attribut de la notion de paysage, tantôt un pléonasme : un qualificatif en Amérique du Nord qui distingue le paysage culturel du paysage naturel, et une redondance en Europe. L’école géographique de l’université de Berkeley fondée par Carl Sauer, puis rejointe par John B. Jackson ou Denis Cosgrove a, au XXe siècle, forgé la notion de paysage culturel comme une catégorie qui s’oppose à celle de wilderness. Parallèlement l’école française d’inspiration vidalienne, du déterminisme du début du siècle dernier au tournant culturaliste des années 1980, a intégré la culture comme valeur intrinsèque du paysage.

Dans un second volet, celui de l’action publique, cela se traduit par exemple, par la nomenclature des paysages culturels de l’Unesco, fondamentalement inspirés de l’école géographique nord-américaine (un modèle pour l’Union internationale pour la conservation de la nature également). Quant à l’Europe, la Convention européenne du paysage reflète une vision syncrétique du paysage (comme la loi Paysage en France). Cela se traduit également par les succès et embûches que rencontrent les processus d’acceptabilité des projets « normalisés » méthodologiquement, mis en œuvre dans des aires culturelles variées. On pourra donc interroger les constructions notionnelles qui sous-tendent nos compréhensions du paysage en tant que phénomène culturel et qui sont à l’œuvre dans l’action, notamment l’action publique. Diverses traditions et divers contextes historiques et culturels sont à explorer.

Enfin, de la même manière que les architectes (Jean Baptiste Alexandre Leblond à Saint-Pétersbourg, Oscar Niemeyer à Brasilia, Le Corbusier à Chandigarh, etc.), les paysagistes ont toujours été une profession qui a répondu à des commandes internationales (Jean Claude Nicolas Forestier au Maroc, Frederick Law Olmsted au Canada, l’Agence Signe au Sri Lanka, etc.). Des projets qui traversent les frontières, à l’instar de l’art des jardins par exemple, et qui s’inscrivent conjointement dans un parti pris culturel et un site récepteur. Ces transferts culturels revêtent différentes formes, prenant place dans la partition d’une maîtrise d’ouvrage contribuant elle-même à l’écriture d’un récit historique plus vaste (ex. : la colonisation, la mondialisation entre normalisation et revendications culturelles). De même, comment inventer des paysages urbains en territoires autochtones nomades sédentarisés ? La circulation des projets de paysage, les échanges des personnes, des idées, les appropriations auxquelles ils donnent lieu constitueront un dernier volet de réflexion possible.

Ce numéro thématique est ouvert à diverses formes de contributions disciplinaires, théoriques et pratiques, portant sur des échelles géographiques et temporelles variées, qui alimentent ces trois volets ou les traversent

Fabienne Joliet

Modalités de soumission

Un résumé de 1 500 signes maximum devra être envoyé dans un premier temps à Emmanuelle Passerieux-Gibert : emma.passerieux@editographie.com ;

le mercredi 3 septembre 2014 au plus tard.

Une sélection sera faite à partir de ces résumés et la commande des textes aux auteurs sera envoyée le mercredi 17 septembre 2014. Les textes devront impérativement être envoyés le vendredi 16 janvier 2015 au plus tard à Emmanuelle Passerieux-Gibert : emma.passerieux@editographie.com. Calibrage impératif des textes : entre 20 000 et 40 000 signes, espaces, notes et bibliographies comprises. Les textes plus longs ne pourront être acceptés.

Pour la présentation des textes et les consignes à suivre, veuillez consulter le site Internet de la revue à l’adresse suivante.

Comité de rédaction

  • Sabine Bouché-Pillon, écologue, maître de conférences à l'École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois, membre de l'UMR 7324 Citeres (CNRS - université de Tours)
  • Serge Briffaud, histoirien, maître-assistant à l'École nationale supérieure d'architecture et de  paysage de Bordeaux, responsable scientifique du Centre de recherche sur l'histoire et la culture du paysage (CEPAGE-ADESS-UMR 5185 CNRS/Université de Bordeaux III)
  • Bernard Davasse, géographe, maître-assistant à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux, membre du CEPAGE-ADESS-UMR 5185 CNRS/Université de Bordeaux III
  • Hervé Davodeau, géographe, enseignant-chercheur, maître de conférences, à Agrocampus Ouest centre d'Angers
  • Sabine Ehrmann, artiste, docteur en esthétique, enseignante à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille (ENSAPL) et à l'École supérieure d'art des jardins (ESAJ), chercheuse du laboratoire Conception Territoire Histoire (LACTH)
  • Catherine Grout, docteur en histoire de l'art et en esthétique, professeur en esthétique, HDR, École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille, chercheur au LACTH
  • Fabienne Joliet, géographe, maître de conférences à l'Institut national de l'horticulture et du paysage à Angers (Agrocampus-Ouest)
  • Frédéric Pousin, architecte, professeur à l'École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille, directeur du laboratoire de recherche Larep
  • Sylvie Servain, géographe, maître de conférences à l'École nationale supérieure de la nature et du paysage, membre de l'UMR 7324 CITERES (CNRS-université de Tours)
  • Monique Toublanc, sociologue, ingénieur paysagiste, maître de conférences à l'École nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille

Comité scientifique

  • Sylvie Brosseau, architecte-chercheur, université Waseda à Tōkyō
  • Béatrice Collignon, géorgraphe, professeure à l'université de Bordeaux 3
  • Gérald Domon, géographe, école d'architecture de paysage, université de Montréal
  • Georges Farhat, architecte, historien des jardins et du paysage, Associate Professor, université de Toronto et membre fondateur du Laboratoire de l'école d'architecture de Versailles (Léav)
  • Viviana Ferrario, architecte, enseignante-chercheuse à l'université IUAV de Venise
  • Josefina Gómez Mendoza, professeur émérite de géographie à l'université autonome de Madrid
  • André Guillerme, professeur d'histoire des techniques au Conservatoire national des arts et métiers à Paris
  • Laurent Matthey, géographe, directeur scientifique de la fondation Braillard à Genève
  • Yves Michelin, géographe et agronome, professeur à VetAgroSup
  • Louis-Michel Nourry, professeur d'histoire (art des jardins - paysage) et directeur du département recherche à l'École d'achitecture de Bretagne
  • Philippe Poullaouec-Gonidec, architecte, paysagiste et plasticien, directeur de la chaire Unesco en paysage et environnement (Cupeum) et de la chaire paysage et environnement (Cpeum), professeur à l'École d'architecture de paysage de l'université de Montréal (Canada)
  • Sylvie Salles, architecte et urbaniste, Ensa Paris-Val de Seine
  • Anne Sgard, géographe, université de Génève

Dates

  • mercredi 03 septembre 2014
  • vendredi 16 janvier 2015

Mots-clés

  • paysage, culture, projet, landscape

Contacts

  • Emmanuelle Passerieux-Gibert
    courriel : emma [dot] passerieux [at] editographie [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuelle Passerieux-Gibert
    courriel : emma [dot] passerieux [at] editographie [dot] com

Pour citer cette annonce

« Paysage et culture », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 25 juillet 2014, http://calenda.org/294457