Accueil1914

1914

1914

*  *  *

Publié le mardi 29 juillet 2014 par João Fernandes

Résumé

Un siècle s’est écoulé depuis 1914. La transmission de la mémoire a gardé étonnamment proches de nous les événements de cette année et de celles qui l’ont suivie. Pourtant 100 années – ou quatre générations – ont passé. Il est toujours symbolique de s’intéresser aux comptes ronds, mais c’est aussi l’occasion de prendre la mesure de la distance. Si la guerre que l’on a nommée « Première Guerre Mondiale », ou « Grande Guerre » est évidemment l’événement qui isole 1914 de la chronologie, ou plutôt la période 1914-1918, nous avons souhaité par cette journée d’études replacer cette année dans une continuité : la soulager d’une part du poids exclusif d’année de la déclaration de guerre, et la considérer dans une évolution tant historique qu’artistique, littéraire, géographique, économique ou culturelle.

Annonce

Présentation

Les doctorant-e-s en Lettres et Histoire de l'Université d'Angers vous invitent à proposer vos communications pour une journée d'études pluridisciplinaire à l'occasion du centenaire de 1914. Destinée avant tout aux doctorant-e-s et jeunes docteur-e-s, cette journée d'études vise à apporter un éclairage nouveau et à partager des pistes de recherche récentes sur une période qu'on pourrait croire trop balisée.

Argumentaire

Un siècle s’est écoulé depuis 1914. La transmission de la mémoire a gardé étonnamment proches de nous les événements de cette année et de celles qui l’ont suivie. Pourtant 100 années – ou quatre générations – ont passé. Il est toujours symbolique de s’intéresser aux comptes ronds, mais c’est aussi l’occasion de prendre la mesure de la distance. Si la guerre que l’on a nommée « Première Guerre Mondiale », ou « Grande Guerre » est évidemment l’événement qui isole 1914 de la chronologie, ou plutôt la période 1914-1918, nous avons souhaité par cette journée d’études replacer cette année dans une continuité : la soulager d’une part du poids exclusif d’année de la déclaration de guerre, et la considérer dans une évolution tant historique qu’artistique, littéraire, géographique, économique ou culturelle.

A première vue, 1914 est une année contrastée : ancrée dans une période rétrospectivement jugée comme heureuse, et nommée a posteriori la « Belle Epoque », 1914 en signe également la fin. La richesse culturelle de la période antérieure semble produire un contraste fort avec l’âpreté des années qui la suivent. Mais nous avons voulu prendre du recul sur ces reconstructions chronologiques qui sont pour l’essentiel élaborées après la guerre et s’inscrivent surtout dans un contexte français.

Comment parler de 1914 sans faire la part du lion à la déclaration de guerre, à la genèse des tensions diplomatiques qui affectent l’Europe centrale et les puissants empires coloniaux d’alors ? Comment parler de 1914, aussi, sans tomber dans la caricature d’une année qui serait la fin d’une époque, le tournant de la modernité, l’avènement d’un monde nouveau ? L’approche que nous avons choisie se veut factuelle, critique et interdisciplinaire. A travers cette journée, nous souhaitons poser un regard critique sur des témoignages de natures diverses.

Et pour témoigner de la complexité d’une période, même restreinte à une seule année, il s’agit d’envisager des points de vue aussi diversifiés que possible. La condition sociale est une première approche : à travers le prisme des femmes, des enfants, de la famille, des mondes du travail, on révèle une première image de la société dans ses acteurs les plus nombreux. Mais l’époque est aussi au rayonnement culturel et intellectuel, à la tribune journalistique, au militantisme, et plus encore avec la préparation de la guerre. La littérature fournit ainsi de nombreux exemples d’artistes, engagés ou non, en France et dans d’autres pays, belligérants ou non. Les thèmes du pacifisme et de l’antimilitarisme pourront être abordés, tout comme ceux du patriotisme ou de la conscience nationale. A la littérature de propagande, qui met en œuvre un "bourrage de crâne" nationaliste que dénoncera Julien Benda dans La trahison des clercs, s'oppose en effet une palette de textes qui déclinent différentes postures face à la guerre. Dès 1914, Romain Rolland est l'un des premiers à jouer le rôle du dissident en publiant Au-dessus de la mêlée, pour battre en brèche le conformisme belliciste. L'union sacrée des écrivains reste donc relative, et les interprétations de la guerre se révèlent très vite multiples, que l'on pense aux lectures mystiques de nombreux écrivains catholiques comme Léon Bloy ou à l'exaltation de la puissance régénératrice de la guerre par les futuristes, qui considèrent la guerre comme le paradigme de la modernité. Qu'ils soient au feu ou à l'Arrière, tous les grands écrivains de l'époque apportent leur témoignage, leur vision de cet événement inouï, du médecin des tranchées Georges Duhamel, qui publiera Vie des martyrs 1914-1916, à Proust dans Le Temps Retrouvé, d'Henri Barbusse ou Roland Dorgelès au normalien Maurice Genevoix qui écrira Ceux de 14. La notion de témoignage mérite toutefois d'être interrogée, comme l'a montré Jean Norton Cru dans son ouvrage de référence, Témoins, en proposant une classification des récits en fonction de leur plus ou moins grande fiabilité, du degré de réécriture qu'ils opèrent. Les textes écrits après la guerre, mais qui consacrent plusieurs chapitres à 1914, trouveront également toute leur place dans cette journée, par exemple Les Cloches de Bâle d'Aragon ou 14 de Jean Echenoz.

A travers ces questions, on peut envisager le rapport qu’entretient la société française de 1914 à son passé, par exemple les pertes territoriales consécutives à la guerre de 1870. Ces mêmes pertes engendrent une réflexion sur la « nationalité » au sens propre, et sur celle des frontières. Sur le thème du nationalisme, le passé récent des Français de 1914, c’est aussi l’affaire Dreyfus et les effets qu’elle produit sur l’ensemble du corps social. Si le jeu politique est travaillé par les tensions diplomatiques – et les nationalismes le prouvent – la plupart des questions soulevées ci-dessus peuvent l’être dans une perspective transnationale. Nous souhaitons aussi que ces témoignages-là puissent s’exprimer. Et finalement, par un jeu de miroirs, s’interroger sur cette perception qu’ont les Français – comme tous les Européens entrainés dans le conflit, voire les peuples du monde –  de leur passé, invite aussi à s’interroger sur la façon d’étudier et d’enseigner 1914 jusqu’à nos jours. Le degré d’implication de chacun dans la guerre, la façon dont chaque peuple s’est senti directement concerné ou non par le conflit, les conséquences que celui-ci a pu avoir, suscitent des interprétations différentes de cet événement. Comment par exemple un pays neutre comme la Suisse perçoit-il et reçoit-il le conflit ? Comment la neutralité peut-elle se construire et se justifier ? Quelles tensions cette neutralité a-t-elle pu nourrir dans la société suisse ? Qu’en est-il aussi des colonies des nations engagées au front? Leur participation modifie-t-elle la perception que la métropole en a ? Comment construire le récit de leur engagement dans un monde post-colonial, une fois leur indépendance acquise ? Comment analyser et présenter leur participation au conflit ? Autant de questions qui permettent d’aborder la guerre par le côté, par ceux qui ne sont pas engagés, par ceux qui le sont en vertu d’une autorité lointaine, par ceux aussi qui font entendre une autre voix au sein même des Etats belligérants.

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Cette journée d’études sera aussi l’occasion pour les participants de présenter au public une affiche qui sera exposée dans le hall de la Maison des Sciences Humaines. Il est ainsi demandé à chaque participant de préparer un document au format A2, présentant leur communication par quelques mots-clés et plusieurs illustrations, en suivant la maquette jointe à cet appel. Toutes les affiches seront ensuite imprimées par le comité d’organisation. Un modèle illustré est également à la libre disposition des participants par simple demande à l’adresse suivante : je.doctorant1914@gmail.com

Les propositions de communication (résumé de 250-300 mots pour une communication de 20 minutes) sont à envoyer au plus tard le

20 septembre 2014

Elles sont à adresser par courriel à l’adresse je.doctorant1914@gmail.com

NB : seuls les doctorant-e-s sont invités à communiquer 

Comité scientifique

  • Mme Chadia Arab, chargée de recherche – ESO-Angers UMR CNRS 6590
  • Mme Carole Auroy, professeure en littérature française du XXème siècle à l’Université d’Angers – EA CERIEC
  • M. Yves Denéchère, professeur en histoire contemporaine à l’Université d’Angers – CERHIO-Angers UMR CNRS 6258
  • Mme Olga Galatanu, professeure émérite en sciences du langage à l’Université de Nantes 

Comité d’organisation

  • Anaïs Boulard, doctorante en littérature comparée (EA CERIEC)
  • Benjamin Buisson, doctorant en histoire contemporaine (UMR CERHIO)
  • Géraldine Dolléans, doctorante en littérature française (EA CERIEC)
  • Antoine Godet, doctorant en histoire contemporaine (UMR CERHIO)
  • Floris Taton, doctorante en histoire contemporaine (UMR CERHIO)
  • Maria-Lucia Toma, doctorante en littérature du XXème siècle (EA CERIEC)

Lieux

  • Université d'Angers
    Angers, France (49)

Dates

  • samedi 20 septembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • 1914, première guerre mondiale, histoire, doctorants

Source de l'information

  • Benjamin Buisson
    courriel : je [dot] doctorant1914 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« 1914 », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 29 juillet 2014, http://calenda.org/294796