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Imaginaires de guerre et autres conflits

Carnets, revue électronique d’études françaises, IIe série, nº4, à paraître au mois de novembre 2015

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Publié le mercredi 20 août 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Depuis La Chanson de Roland (pour ne pas remonter à la mythique Guerre de Troie), jusqu’à l’écriture dramatique de Vinaver, la guerre constitue un thème majeur de la littérature en français : guerre transformée en épopée romanesque (Balzac, Hugo, Stendhal), guerre réfutée au nom de l’idéal pacifiste (Giraudoux) et guerre dépeinte en toute la cruauté de ses détails (Malraux). Le rapport entre littérature et guerre s’est profondément modifié au fil des siècles, la question de la représentation de la guerre dans la littérature étant corrélative de celle de la participation de la littérature à la guerre, de la fidélité à la tradition épique et du culte de l’idéal héroïque jusqu’à l’objection de conscience (Aragon, Martin du Gard).

Annonce

Argumentaire

Depuis La Chanson de Roland (pour ne pas remonter à la mythique Guerre de Troie) jusqu’à l’écriture dramatique de Vinaver, la guerre constitue un thème majeur de la littérature en français : guerre transformée en épopée romanesque (Balzac, Hugo, Stendhal), guerre réfutée au nom de l’idéal pacifiste (Giraudoux) et guerre dépeinte en toute la cruauté de ses détails (Malraux).

Le rapport entre littérature et guerre s’est profondément modifié au fil des siècles, la question de la représentation de la guerre dans la littérature étant corrélative de celle de la participation de la littérature à la guerre, de la fidélité à la tradition épique et du culte de l’idéal héroïque jusqu’à l’objection de conscience (Aragon, Martin du Gard).

L’inauguration de la littérature en langue vulgaire par la chanson de geste, avec ses récits de batailles et conquêtes territoriales, l’investit dès l’origine d’un imaginaire épique qui contamine d’autres genres et formes littéraires même après que le genre fondateur s’est épuisé. À l’autre bout de la chaîne chronologique, nombreux sont les récits – littéraires mais aussi filmiques et bédéesques - qui choisissent la guerre comme thématique centrale ou dont l’histoire s’inscrit dans un cadre de guerre. Les deux guerres mondiales du XXe siècle (la période de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre revisitée par Charles Maurras et Georges Valois), ainsi que des conflits régionaux dont l’un des plus emblématiques est sans doute la guerre d’Algérie (Stora), sont à l’origine d’archives et de fictions avec leurs figures de persécutés, de résistants, de prisonniers, de survivants, de réfugiés, de migrants, d’exilés, et ont inspiré des écrivains (Céline, Apollinaire, Proust, Giono, Bernanos, Char, Simon, Duras, Kourouma, Djebar, Boudjedra), tout comme des cinéastes (Renoir, Resnais, Truffaut, Lelouch, Bouchareb, Rajaonarivelo) et des auteurs de bande dessinée (Tardi, Satrapi, Appollo et Huo-Chao-Si).

Par ailleurs, guerres et conflits modernes se trouvent étroitement associés au développement de catégories comme la littérature de témoignage (Duhamel), la littérature de la Shoah (Perec, Modiano, Semprun, Wiesel, Littell) ou la littérature de la diaspora, celle-ci étant une forme privilégiée de la littérature dite postcoloniale (Beyala, Diome, Waberi, Mabanckou, Tadjo). Inversant l’éclat et la cohérence épiques de la guerre chantée et célébrée, les textes contemporains exhibent l’impuissance de la langue à dire l’horreur. Plutôt que représenter la guerre, ces textes la présentent comme un réel irreprésentable contre lequel bute l’écriture.

La guerre n’est pas que conflit armé.

C’est aussi la guerre prise au sens plus diffus et métaphorique des conflits de prestige et des rivalités mimétiques qui s’incarnent dans certaines formations à forte prégnance imaginaire, tel le motif des frères ennemis ou la figure du double, l’alter ego. La persistance et la vitalité de ces formations se manifestent dans leur reprise incessante dans la fiction sous des morphologies et des régimes diversifiés. Leur théorisation au sein des études sur l’imaginaire ou chez René Girard, dont l’analyse des textes mythologiques et bibliques prolonge sur le terrain anthropologique une théorie littéraire fondée sur la notion de désir mimétique et l’expression narrative de la rivalité (le snobisme proustien, par exemple), confirme la saillance des images de l’antagonisme des équivalences dans notre mémoire culturelle.

C’est aussi la guerre verbale, le conflit parfois sans merci où les mots font office d’armes : les mots qui polémiquent, punissent, blessent, tranchent, massacrent et tuent, mais qui simultanément peuvent défendre, protéger, juger et décider. Guerres et autres conflits foisonnent dans diverses pratiques orales et écrites, tant dans notre quotidien (interactions verbales), que dans les discours polémiques ou antagoniques « institutionnels » issus de multiples domaines d’activité (politiques, juridiques, militaires, scientifiques, médiatiques, etc.).

C’est aussi la séparation linguistique, accompagnée d’une division culturelle, voire économique de communautés dotées ou pas d’une même nationalité ; là où la scission et la lutte des langues  est simultanément contrôlée et fomentée par les politiques linguistiques.

Ce sont les nombreux conflits linguistiques d’ordinaire doublés d’autres intérêts, en somme de véritables « pièces de guerre » objets de la linguistique dans certains  de ses  domaines de la recherche psycholinguistique, jurilinguistique, sociolinguistique, pragmatique et discursive, entre autres.

Les articles soumis à l’évaluation du comité scientifique de la revue Carnets peuvent s’inscrire dans l’un des axes suivants:

  • Guerre et trauma.
  • Histoires d’amour en contexte de guerre.
  • La guerre dans les débats des intellectuels.
  • La plume et l’épée – genre ou registre épiques.
  • Littérature et propagande.
  • Littérature, histoire, mémoire culturelle.
  • Témoignage et renouvellement de la perception du littéraire.
  • Satire et parodie des récits de guerre (situations caricaturales, épisodes humoristiques).
  • Voyages en temps de guerre (le naufrage du Lusitania).
  • La « mouvance » artistique de la guerre (la chanson, la musique, la peinture, le théâtre, le cinéma, la BD).
  • Dynamiques de conflit (tensions, rivalités, antagonismes).
  • Polémique et argumentation.
  • Les mots du pouvoir (militaire, politique, juridique, médiatique, scientifique, etc).
  • Diglossie et conflit linguistique / politique.

Modalités de soumission

Les propositions d’articles (300 mots maximum) doivent être envoyées, à l’adresse carnetsapef@gmail.com

Avant le 15 décembre 2014.

Coordinateurs

  • Maria Eduarda Keating
  • Cristina Álvares
  • Maria do Rosário Girão
  • Conceição Varela
  • Marie-Manuelle Silva
  • Sílvia Araújo

Conseil scientifique

  • Alfonso Saura (Univ. de Murcia, Espanha)
  • Alicia Piquer Devaux (Univ. Barcelona, Espanha) 
  • Alicia Yllera (Univ. Nacional de Educação à Distância, Espanha) 
  • Ana Paiva Morais (Univ. Nova de Lisboa, Portugal) 
  • Ana Paula Coutinho (Univ. do Porto, Portugal) 
  • Bruno Blanckeman (Univ. Sorbonne Nouvelle - Paris III, França) 
  • Catherine Dumas (Univ. Sorbonne Nouvelle- Paris III, França) 
  • Charmaine Anne Lee (Univ. de Salerno, Itália) 
  • Clara Ferrão Tavares (Instituto Politécnico de Santarém, Portugal) 
  • Christine Zurbach (Univ. de Évora, Portugal) 
  • Cristina Robalo Cordeiro (Univ. de Coimbra, Portugal) 
  • Daniel-Henri Pageaux (Univ. Sorbonne Nouvelle-Paris III, França) 
  • Daniel Maggetti (Univ. de Lausanne, Suiça) 
  • David Murphy (Univ. de Sterling, Reino Unido) 
  • Encarnación Medina Arjona (Univ. de Jaén, Espanha) 
  • Eric Fougère (CRLV, Univ. Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, França) 
  • Florica Hrubaru (Univ. Ovidius, Constanta, Roménia) 
  • Francisco Lafarga (Univ. de Barcelona, Espanha) 
  • Franc Schuerewegen (univ. de Anvers, Bélgica) 
  • François Provenzano (Univ. de Liège, Bélgica) 
  • Georges Forestier (Univ. Paris-Sorbonne, Paris IV, França) 
  • Gérard Danou (Univ. Paris Diderot, Paris VII, França) 
  • Helena Buescu (Univ. de Lisboa, Portugal) 
  • Ignacio Ramos Gay (Univ. de Valência, Espanha) 
  • Jacques Isolery (U. de Corse) 
  • Jean-Louis Chiss (Univ. Sorbonne Nouvelle-Paris III, França) 
  • Jean-Michel Adam (Univ. de Lausanne, Suiça) 
  • JeanYves Guérin (Univ. Sorbonne Nouvelle-Paris III, França) 
  • José Oliver Frade (Univ. de la Laguna, Canárias) 
  • Kelly Basílio (Univ. de Lisboa, Portugal) 
  • Lucie Lequin (Univ. Concordia, Montréal, Canadá) 
  • Manuel Bruña Cuevas (Univ. de Sevilha, Espanha) 
  • Marc Fumaroli (Collège de France, Académie Française) 
  • Marc Quaghebeur (Archives et Musée de la Littérature, Bruxelas, Bélgica) 
  • Maria Alzira Seixo (Univ. de Lisboa, Portugal) 
  • Maria de Lourdes Câncio Martins (Univ. de Lisboa)
  • Maria Eduarda Keating (Univ. do Minho, Portugal) 
  • Maria João Brilhante (Univ. de Lisboa, Portugal) 
  • Maria Paula Mendes Coelho (Univ. Aberta, Portugal) 
  • Marta Teixeira Anacleto (Univ. de Coimbra, Portugal) 
  • Martial Poirson (Univ. Stendhal-Grenoble 3, França) 
  • Michel Delon (Univ. Paris-Sorbonne, Paris IV, França) 
  • Ofélia Paiva Monteiro (Univ. de Coimbra, Portugal) 
  • Pascal Durand (Univ de Liège, Bélgica)
  • Paul Aron (Univ. Libre de Bruxelles, Bélgica) 
  • Simon Gaunt (Univ. King’s College, Londres, Reino Unido) 
  • Véronique Le Ru (Univ. de Reims, França) 
  • Vincent Jouve (Univ. de Reims, França) 
  • Wladimir Krysinski (Univ. de Montréal, Canadá) 

Catégories

Lieux

  • Coimbra, Portugal

Dates

  • lundi 15 décembre 2014

Mots-clés

  • récit de guerre, imaginaire épique, témoignage, trauma, propagande, armée, histoire d'amour

Contacts

  • Ana Clara Santos
    courriel : anaclaravsantos [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Dominique Faria
    courriel : carnetsapef [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Imaginaires de guerre et autres conflits », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 20 août 2014, http://calenda.org/296479