AccueilLes nouveaux rapports au politique et leurs mécanismes de socialisation

Les nouveaux rapports au politique et leurs mécanismes de socialisation

Section thématique 16 du VIe congrès des associations francophones de science politique

*  *  *

Publié le mercredi 20 août 2014 par Elsa Zotian

Résumé

En raisonnant en termes de contenu(s), à partir d'indicateurs de repérage du politique plus ou moins larges, démocratico-centrés, supposés recouvrir un ensemble de rapports au politique, on suppose que la socialisation politique doit avoir un contenu facilement identifiable voire mesurable. À défaut, on ne dit rien, comme s'il y avait absence de socialisation (ou une socialisation « ratée »), lorsque rien n'est franchement repérable, visible, énoncé. Or, on peut aussi penser que ce que ne permet pas de montrer l'indicateur retenu est tout autant une socialisation politique, mais pas considéré comme telle par la littérature.

Annonce

Argumentaire

Dans nos sociétés, le politique ne semble plus se dire dans les mêmes termes et selon les mêmes formes qu’auparavant. Certains déplorent la dépolitisation des débats et des campagnes politiques. D’autres soulignent à l’inverse combien semblent se politiser, sous une forme ou une autre, des espaces a priori éloignés des formes traditionnelles de la politique. Le politique se jouerait presque autant dans l’arène de la culture, de la vie quotidienne que dans celle de la politique traditionnelle. Les études de socialisation politique ne consistent plus à travailler sur des enfants et des adolescents, à évaluer leur degré de politisation et à rapporter ce degré de politisation à de grands déterminants sociaux. Elles oscillent désormais sur un continuum allant de visions stato-centrées du politique aux rapports sociaux en périphérie du monde politique. Aussi, les contenus de la socialisation politique semblent s'élargir, se diversifier, voire – osent soutenir certains – s'éparpiller.

Cette apparente transformation des formes de politisation des individus suppose dès lors une adaptation des manières de travailler sur la politisation et la socialisation politique. D’aucuns suggèrent ainsi de dépasser les grands agents classiques de la socialisation politique en tant que facteurs explicatifs monopolistiques puisqu’ils ne permettraient pas de comprendre très concrètement comment cette socialisation à la politique se fait. Comment et jusqu’où peut-on aller plus loin : voilà la réflexion proposée dans le cadre de cette section thématique.

En raisonnant en termes de contenu(s), à partir d'indicateurs de repérage du politique plus ou moins larges, démocratico-centrés, supposés recouvrir un ensemble de rapports au politique, on suppose que la socialisation politique doit avoir un contenu facilement identifiable voire mesurable (Dejaeghere et Hooghe, 2011). À défaut, on ne dit rien, comme s'il y avait absence de socialisation (ou une socialisation « ratée »), lorsque rien n'est franchement repérable, visible, énoncé. Or, on peut aussi penser que ce que ne permet pas de montrer l'indicateur retenu est tout autant une socialisation politique, mais pas considéré comme telle par la littérature (Bourdieu, 1979).

Saisir ce qui s'évapore, ce qui se cache dans des positions de retrait plus que dans des mises en avant ; dans des silences davantage que dans des paroles énoncées ; dans des labellisations plus que dans des pratiques concrètes... cela fait finalement écho à des définitions classiques de la socialisation, souvent promptes à souligner le caractère non-conscient des transmissions, et le fait que ce ne sont pas toujours les mécanismes les plus explicites qui ont les effets les plus puissants, mais sans réellement étudier ces implicites (Federini, 2007). Si le théoriser est une chose, comment l’aborder empiriquement ?

De même, on peut supposer que ce qui constitue la socialisation politique des individus relève davantage d'un parcours personnel que d'éléments issus d'indicateurs avant tout construits en référence à un modèle qui renvoie implicitement à un « bon » fonctionnement politique (Martucelli et de Singly, 2009). Travailler sur la socialisation politique des individus permet-il de proposer des mécanismes différents, ou n’est-ce qu’un leurre ?

Au-delà, il s’agit finalement de poser autrement la question de l’émergence des dispositions à l’action politique et des rapports au politique dans une configuration où les nouvelles formes de participation à la politique semblent supposer de nouvelles formes de dispositions. Toutes les propositions théoriques et les nouvelles recherches empiriques sont donc les bienvenues, de même que les travaux discutant des rapports au politique dans leurs nouvelles formes auprès des jeunes, des femmes, des personnes âgées ou des personnes immigrantes, par exemple.

Bibliographie

  • Bourdieu P. (1979), La Distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Éditions de Minuit, collection « Le sens commun »
  • Yves Dejaeghere et Marc Hooghe, « Les attitudes politiques et sociales à l'épreuve de l'adolescence » in Anne Muxel (dir.), La politique au fil de l'âge, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, pp. 65-89
  • Fabienne Federini, « Prolégomènes à une théorie des modes de formation des dispositions politiques », SociologieS [En ligne], Théories et recherches, mis en ligne le 15 novembre 2007, URL : http://sociologies.revues.org/1113
  • Martucelli, Danilo et François de Singly, 2009,  Les sociologies de l'individu, Armand Colin.

Responsables scientifiques

  • Damien Boone, docteur en science politique, CERAPS
  • Bernard Fournier, chercheur à la Vrije Universiteit Brussel

Conditions de soumission

Les propositions de communications devront être déposées sur le site du colloque www.unil.ch/cospof15

d’ici le 1er septembre 2014.

  • 1 octobre 2014 : clôture de la sélection des propositions de communication par les responsables de Ssections thématiques
  • 6 janvier 2015 : date limite pour l’envoi de la communication écrite complète finale

Le VIe congrès des associations francophones de science politique se tiendra à Lausanne du 5 au 7 février 2015.

Frais d'inscription avant le 6 janvier

  • Membre d'une association de science politique partenaire en 2014 : 80 CHF TTC
  • Non membre d'une association partenaire en 2014 : 150.CHF TTC
  • Étudiant.e ou docteur.e sans poste, membre d'une association de science politique partenaire en 2014 : 50.CHF TTC
  • Étudiant.e ou docteur.e sans poste, non membre d'une association de science politique partenaire en 2014 : 110.CHF TTC

Lieux

  • Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • lundi 01 septembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • politique, socialisation

Contacts

  • Bernard Fournier
    courriel : bernard [dot] fournier [at] me [dot] com

Source de l'information

  • Bernard Fournier
    courriel : bernard [dot] fournier [at] me [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les nouveaux rapports au politique et leurs mécanismes de socialisation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 20 août 2014, http://calenda.org/296802