AccueilCes villes-là. Hommage à Colette Pétonnet (1928-2012)

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Publié le vendredi 22 août 2014 par Elsa Zotian

Résumé

Un hommage à Colette Pétonnet aura lieu le 29 et 30 septembre 2014 à l’université Paris Ouest Nanterre la Défense où elle a enseigné dans le cadre du département d’ethnologie. Elle fut la fondatrice, avec Jacques Gutwirth (1926-2012), du laboratoire d’anthropologie urbaine (LAU) au CNRS en 1982. Son œuvre continue d’inspirer recherches et enseignements, en particulier en anthropologie urbaine mais aussi dans d’autres disciplines connexes. Car ses travaux furent pionniers sur les terrains de la ville, de la banlieue et des bidonvilles français. Au vu de l’influence considérable de ses travaux sur les générations successives d’étudiants et sur les recherches en anthropologie urbaine, et plus généralement en ethnologie du proche, non-exotique, les journées d’hommage visent un double objectif : d’une part, retracer le parcours, remarquablement innovant pour son époque, de cette chercheuse qui a su conserver son indépendance d’esprit et affirmer son autorité auprès des institutions scientifiques ; de l’autre, ouvrir à nouveau des chantiers de recherche dont elle avait tracé les premiers repères et espérait des développements futurs. Ce sont en effet les résonances actuelles de son œuvre que ce colloque entend mettre en avant, avec la participation de chercheurs et chercheurs-enseignants confirmés, hommes et femmes qui ont trouvé inspiration dans son œuvre ou l’ont côtoyée dans son cheminement, aussi bien qu’à des étudiant(e)s, doctorant(e)s et post-doctorant(e)s.

Annonce

Programme

Lundi 29 septembre 2014

Ethnologue en ville : du terrain social à l’anthropologie critique

Présidente de séance : Martine Segalen

Cette introduction aura pour objet de restituer l’originalité du regard anthropologique que Colette Pétonnet a su porter sur la réalité urbaine. Formée dans la tradition des études ethnologiques et quoique se destinant à la recherche en terrain exotique, elle a, grâce aux encouragements d’André Leroi-Gourhan, utilisé l’expérience de ses premiers terrains au Maroc pour élaborer une approche hétérodoxe et non-conformiste. Loin de tout courant dogmatique, elle a élevé une voix unique non pour dénoncer mais pour rendre leurs pleins sociaux et culturels à des mondes que la rationalité urbaine ne pouvait que condamner moralement et s’évertuait à éradiquer physiquement. Son style d’écriture est intimement lié à ses propositions qui éclairent sans écraser.
C’est aussi à réfléchir sur l’élaboration d’un discours critique prenant appui sur une expérience culturelle distante pour rompre l’évidence du discours d’une société sur elle-même que les contributions s’intéressent ici.

  • 10 h 00 – Anne Querrien (Annales de la Recherche Urbaine)
    Actualité de la pensée de Colette Pétonnet, de Colombes au PEROU : des jardins partagés et des débuts d’agriculture urbaine à la renaissance des bidonvilles
  • 10 h 30 – Yves Lacascade (Université de Lille 3)
    Colette Pétonnet et Abdelmalek Sayad : résonnances, discordances et complémentarités de deux itinéraires singuliers dans la ville.

Séquences d’Accatone de Pier Paolo Pasolini

  • 11 h 30 – Anne Raulin (Université Paris Ouest, Sophiapol)
    L’ethnologue et ses retours critiques, du Maroc à New York
  • 12 h 00 – Simona Tersigni (Université Paris Ouest, Sophiapol)
    Derrière les portes closes des immeubles des grandes villes
  • 12 h 30 – Eric Chartier, comédien
    Lire à haute et intelligible voix l’écriture de Colette Pétonnet

Pause déjeuner

Espaces habités précaires et anciens, ici et ailleurs

Présidente de séance : Marie-Claude Blanc-Chaléard

L’attention de Colette Pétonnet s’est portée sur toutes les formes d’habitat que l’on peut qualifier de temporaires, qu’il s’agisse d’habitats spontanés, tolérés en périphérie urbaine mais voués à la démolition, de quartiers anciens en sursis, menacés par les réhabilitations, rénovations et autres gentrifications, ou encore de ces cités improprement dites de transit. Son regard construit dans l’observation des villes en pleine expansion du Tiers Monde d’alors, a inspiré de nombreux chercheur-e-s de pays non-occidentaux qui se sont reconnu-e-s dans cette approche qui permettait de restituer des cohérences internes à ce qui paraissait alors comme de simples désordres urbains. C’est à cette influence sur les courants de recherche internationaux contemporains que cette séance sera consacrée.

  • 14 h 00 – Cédric David (Université Paris Ouest)
    Une voix dissonante sur les bidonvilles des trente glorieuses
  • 14 h 30 – Sepideh Parsapajouh (Sophiapol – CEIFR)
    Cohésion et stigmatisation : une mise en comparaison de deux bidonvilles iraniens
  • 15 h 00 – Parvin Ghassemi (anthropologue, Téhéran)
    Film documentaire : Ici, c’est Zurâbâd !

Pause

  • 16 h 00 – Vincent Laureau (architecte)
    Colette Pétonnet, un regard augmenté sur le terrain précaire
  • 16 h 30 – Laurence Nicolas (ethnologue, bureau d’étude RESSOURCE)
    Entre violence répressive et normalisation des pratiques, les deux modes de mise en ordre d’un bidonville sur le littoral camarguais

Mardi 30 septembre 2014

Anonymat, pratiques et expériences

Si l’ethnologie urbaine a d’abord été pour Colette Pétonnet une étiquette importée, elle ne s’est pourtant pas dérobée à ce courant de réflexion. Elle a cherché la spécificité anthropologique de la grande ville en choisissant aussi comme terrain d’enquête des espaces publics à Paris ou à New York afin de réfléchir sur les constantes de l’expérience urbaine. L’essence de la ville « … est en partie contenue dans le mouvement perpétuel, la foule, l’anonymat protecteur des individus et la combinaison de ces trois termes recèle des mécanismes d’équilibre dont il me plairait bien de déceler les lois », affirmait-t-elle dans un hommage à André Leroi-Gourhan (Pétonnet 1988). Nous nous interrogerons sur le sens et l’expérience de l’anonymat dans différents contextes, la manière dont les liens faibles se déclinent ici et là. Dans le cadre de ce colloque nous souhaitons poursuivre cette réflexion dans une perspective comparative, et ouvrir ainsi la page d’une recherche collective au-delà de cette journée.

  • 10 h 00 – Virginie Milliot (LESC)
    Expériences de la foule et lois d’équilibre de l’anonymat
  • 10 h 30 – Mina Saidi (IFRI Téhéran, Mosaïques)
    L’anonymat sous surveillance. Les pratiques des espaces publics par les femmes dans les villes du Moyen Orient. Exemple des jardins publics à Téhéran

Pause

  • 11 h 00 – Benoit Fliche (IFEA Istanbul)
    Ni vu ni connu ? L’anonymat en Turquie
  • 12 h 00 – Thomas Fouquet (IMAF)
    Négocier l’ombre et la lumière dans les villes d’Afrique de l’Ouest

Pause déjeuner

  • 14 h 30 – Laure Assaf (LESC)
    Pratiques d’anonymat et groupes de statut à Abou Dhabi

Pause

  • Projection de Qu’ils reposent en révolte (figures de guerre) (extraits)
    Film vidéo 2010 de Sylvain George, en sa présence

17 h 30 – Débat collectif

Lieux

  • Bâtiment L, salle Réverdy - Université Paris Ouest Nanterre La Défense
    Nanterre, France (92)

Dates

  • lundi 29 septembre 2014
  • mardi 30 septembre 2014

Mots-clés

  • Colette Petonnet, anthropologie urbaine, anthropologie critique, habitat précaire, anonymat

Source de l'information

  • Virginie Milliot
    courriel : virginie [dot] milliot [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ces villes-là. Hommage à Colette Pétonnet (1928-2012) », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 22 août 2014, http://calenda.org/296995