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Sociologie de l'internationalisation des sciences

Sociology of the Internationalisation of Sciences

Numéro spécial Revue française de sociologie

Special Issue Revue française de sociologie — French Sociological Review

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Publié le lundi 25 août 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Cet appel à contributions de la Revue française de sociologie invite les contributeurs à développer, sur la base de leur matériau propre, une réflexion sur le devenir de l'internationalisation de la recherche scientifique. Différents types de propositions de contributions pourront être pris en considération pour ce numéro spécial : les contributions qui, au croisement de la sociologie et de la géographie, étudient les dynamiques globales des lieux de production des savoirs scientifiques ; les contributions centrées sur le renouvellement des pratiques de recherche collaboratives ; les contributions portant sur l'homogénéisation internationale des formes de régulation institutionnelle et socioéconomique de la recherche ; les contributions étudiant l'internationalisation des politiques de recherche et de leurs instruments ; les contributions prenant la forme d'une note critique.

Annonce

Argumentaire

L'internationalisation de la recherche scientifique est aujourd'hui fréquemment envisagée de deux façons contradictoires. La première met l'accent sur sa normalité, voire sa banalité. Il n'y a de science que mondiale et les scientifiques ont très tôt investi la dimension globale de leur entreprise (Schott, 1993). L'ethos cosmopolite de la recherche se manifeste à travers la mobilité des chercheurs, la circulation de leurs résultats, mais également l’attachement collectif à la valeur d'universalité (Merton, 1973). La seconde met au contraire l'accent sur le caractère illusoire, voire dépassé, de l'internationalisation de la recherche. Il ne s'agit pas seulement de restituer l'inégale division internationale du travail scientifique (Losego, Arvanitis, 2008) mais plus fondamentalement encore la montée en puissance des régionalismes scientifiques, parfois pensés en termes « contre-hégémoniques » (Keim, 2011). En somme, dans le domaine des sciences comme ailleurs, l'heure serait déjà à la post-globalisation

Cet appel à contributions de la Revue française de sociologie invite les contributeurs à développer, sur la base de leur matériau propre, une réflexion sur le devenir de l'internationalisation de la recherche scientifique. Si celle-ci n'est pas neuve, le processus à l'œuvre depuis les années 80 n'est pas nécessairement identique à celui documenté par les historiens pour les périodes plus lointaines. Il faut en effet noter le dynamisme contemporain exceptionnel de la production scientifique à des échelles géographiques inconnues jusqu'alors. De même les revendications régionalistes n'annoncent pas nécessairement la fin de la vocation mondiale de la recherche. Elles peuvent être interprétées comme les avatars les plus récents d'une tension local-global (Glaser,1963), nationalisation-dénationalisation (Crawford et al., 1993 ; Mallard et al., 2009) qui affecte depuis longtemps le développement des sciences.

Différents types de propositions de contributions pourront être pris en considération pour ce numéro spécial:

  • les contributions qui, au croisement de la sociologie et de la géographie, étudient les dynamiques globales des lieux de production des savoirs scientifiques (Bonaccorsi, Daraio, 2005 ; Grossetti et al., 2013) – création de pôles dits "mondiaux" de recherche, mobilité internationale des chercheurs, etc.
  • les contributions centrées sur le renouvellement des pratiques de recherche collaboratives (Wagner, 2008 ; Millerand, Bowker, 2008) à travers notamment la production et le traitement de données ou de ressources à grande échelle (Stephens et al., 2011) – bases de données mondiales en écologie, grands équipements en physique des particules, banques de ressources biologiques, etc.
  • les contributions portant sur l'homogénéisation internationale des formes de régulation institutionnelle et socioéconomique de la recherche (Gaudillière, Joly, 2008 ; Brunet, Dubois, 2012) — les institutions supranationales (ex. GIEC), l'influence des grands groupes industriels et/ou des mouvements citoyens sur l'orientation et /ou l'organisation du travail scientifique.
  • les contributions étudiant l'internationalisation des politiques de recherche et de leurs instruments tels que les programmes européens (Rosental, 2013), les financements sur projet (Leresche et al., 2009) ou les indicateurs d'évaluation et les classements mondiaux du type Shanghai (Gingras, 2014), etc. - mais également la capacité de politisation à grande échelle de la communauté scientifique (Frickel, Moore, 2006).
  • les contributions prenant la forme d'une note critique consacrée à quelques ouvrages récents et importants étroitement liés à la thématique générale du numéro spécial.

Bibliographie

Bonaccorsi A., Daraio C., 2005, « Exploring Size and Agglomeration Effects on Public Research Productivity », Scientometrics, 63, 1, pp.87-120.

Brunet P., Dubois M., 2012, « Stem Cells and Technoscience : Sociology of the Emergence and Regulation of A Field of Biomedical Research in France », Revue Française de Sociologie, 53, 3, pp.241-286.

Crawford E., Shinn T., Sörlin S., « The Nationalisation and Denationalization of the Sciences », in Crawford E., Shinn T., Sörlin S. (eds), 1993, Denationalizing Science. The Contexts of International Scientific Practice, Springer.

Frickel S., Moore K. (eds), 2006, The New Political Sociology of Science. Institutions, Networks and Power, The University of Wisconsin Press.

Gaudillière, J.-P., Joly, P.-B., 2006, « Appropriation et régulation des innovations biotechnologiques: pour une comparaison transatlantique », Sociologie du Travail, 48, 3, pp.330-349.

Glaser B., 1963, « The Local-Cosmopolitan Scientist », American Journal of Sociology, Vol.LXIX, 3, pp.249-259.

Gingras Y., 2014, Les dérives de l'évaluation de la recherche. Du bon usage de la bibliométrie, Paris, Raisons d'Agir Editions.

Grossetti M., Eckert D., Gingras Y., Jégou L., Larivière V., Milard B., 2013, « Cities and the geographical deconcentration of scientific activity: A multilevel analysis of publications (1987–2007) », Urban Studies, 51, 10, pp.2219-2234.

Keim W., 2011, « Counter hegemonic currents and internationalization of sociology. Theoretical reflections and one empirical example », International Sociology, vol. 25, 2, pp.123-145.

Leresche J.-P., Larédo P., Weber K. (eds), 2009, L’internationalisation de la recherche et de l’enseignement supérieur. France, Suisse et Union européenne, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes.

Losego P., Arvanitis R., 2008, « La science dans les pays non hégémoniques », Revue d'Anthropologie des Connaissances, vol.2, 3, pp.334-342.

Mallard G., Paradeise C., Peerbaye A. (eds), 2009, Global Science and National Sovereignty. Studies in Historical Sociology of Science, Routledge.

Merton R., 1973, The Sociology of Science, Theoretical and Empirical Investigations, Chicago University Press.

Millerand F., Bowker G., « Metadata, trajectoires et "énaction" », in Lahire B., Rosental C. (eds), 2008, La cognition au prisme des sciences sociales, Editions des Archives Contemporaines.

Rosental C., 2013, « Toward a Sociology of Public Demonstrations », Sociological Theory, Vol. 31, 4, pp.343-365.

Schott T., 1993, « World Science: Globalization of Institutions and Participation », Science, Technology, & Human Values, Vol. 18, 2, pp.196-208.

Stephens N., Atkinson P., Glasner P., 2011, « Internationaliser des standards, mettre en banque avec confiance » La mise en banque de cellules souches dans trois systèmes nationaux », Revue d'anthropologie des connaissances, Vol. 5, 2, pp.260-286.

Wagner C., The New Invisible College. Science for Development, Brooking Institutions Press, 2008.

Modalités de soumission

Les propositions de contribution (min. 500 mots-max. 1 500 mots), en français ou en anglais, devront décrire de manière synthétique les quatre éléments suivants :

  • Sujet abordé et état de la littérature pertinente pour le sujet traité ;
  • Matériau et méthodes ;
  • Résultats attendus ;
  • Courte bibliographie (max. 5 références).

Toute proposition qui ne respecte pas ce format sera automatiquement rejetée.

Elles doivent être adressées au secrétariat de rédaction (christelle.germain@cnrs.fr) ainsi qu’aux trois coordinateurs : Michel Dubois (michel.dubois@cnrs.fr), Yves Gingras (gingras.yves@uqam.ca), Claude Rosental (claude.rosental@ehess.fr).

avant le 15 novembre 2014.

Elles feront l’objet d’un examen conjoint par les signataires de cet appel. La notification d’acceptation sera rendue aux auteurs au plus tard le 15 décembre 2014. Les auteurs dont la proposition a été retenue devront remettre leur texte, dont la longueur ne dépassera pas 75 000 signes (espaces, figures et tableaux compris), au plus tard le 15 mai 2015. Chaque article sera évalué, de manière anonyme, par le comité de lecture de la Revue.

Coordination scientifique 

  • Michel Dubois (GEMASS, CNRS),
  • Yves Gingras (UQAM, Montréal), 

  • Claude Rosental (CEMS-IMM, CNRS).

Dates

  • samedi 15 novembre 2014

Mots-clés

  • sciences, internationalisation, globalisation, régulation, politique scientifique

Contacts

  • Claude Rosental
    courriel : claude [dot] rosental [at] ehess [dot] fr
  • Michel Dubois
    courriel : michel [dot] dubois [at] cnrs [dot] fr
  • Yves Gingras
    courriel : gingras [dot] yves [at] uqam [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Michel Dubois
    courriel : michel [dot] dubois [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sociologie de l'internationalisation des sciences », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 25 août 2014, http://calenda.org/297538