AccueilVille 2.0, soft data pour les politiques publiques de la ville : une approche critique

Ville 2.0, soft data pour les politiques publiques de la ville : une approche critique

The City 2.0, soft data for public urban policies, a critical approach

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Publié le jeudi 11 septembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

La journée « Ville 2.0 » entend contribuer au développement d’une réflexion pluridisciplinaire sur l’impact de nouvelles données numériques, ici appelées soft data, dans les contextes des études de la ville. Le but de ce projet est de prendre de la distance par rapport aux expériences empiriques liées aux méthodes numériques pour mener une réflexion sur la signification des traces numériques dans le contexte des études urbaines. Face à l’abondance de ces données, ces journées visent à développer une réflexion partagée sur les questions méthodologiques (« méthodes numériques ») et théoriques (rapport entre numérique et physique) liées à l’emploi de ces données dans les politiques de la ville. La manifestation réunira chercheurs de plusieurs disciplines et s’adressera également aux décideurs de la fonction publique.

Annonce

La journée « Ville 2.0 » entend contribuer au développement d’une réflexion pluridisciplinaire sur l’impact de nouvelles données numériques, ici appelées soft data, dans les contextes des études de la ville. Le but de ce projet est de prendre de la distance par rapport aux expériences empiriques liées aux méthodes numériques pour mener une réflexion sur la signification des traces numériques dans le contexte des études urbaines. Face à l’abondance de ces données, ces journées visent à développer une réflexion partagée sur les questions méthodologiques (« méthodes numériques ») et théoriques (rapport entre numérique et physique) liées à l’emploi de ces données dans les politiques de la ville. La manifestation réunira chercheurs de plusieurs disciplines et s’adressera également aux décideurs de la fonction publique.

Argumentaire

Les soft data, appelées « soft » en opposition aux « hard data » traditionnelles produites par les institutions statistiques, peuvent être définies de façon très générale comme des informations disponibles sur Internet, non contrôlées par une administration publique. Elles sont un effet de l’usage des médias électroniques. En effet, toutes les interactions qui traversent ces médias laissent des traces numériques qui peuvent être facilement enregistrées, massivement stockées, puis récupérées et analysées. Ainsi, les médias numériques offrent de nouvelles bases de données énormes qui peuvent être utilisées pour améliorer l'analyse des phénomènes sociaux et, par conséquent, le processus de prise de décision qui leur est lié.

Les traces numériques ne sont pas seulement produites de façon automatique par les technologies numériques mais, aujourd'hui, nous avons aussi de grandes quantités de données provenant de nouveaux fournisseurs de données tels que des membres de réseaux sociaux en ligne et des utilisateurs des plates-formes de partage de contenu. Ces nouveaux types de données issues du Web 2.0 (Facebook, Twitter, fils RSS...) s’offrent au décideur public comme une source originale et riche d’informations sur les phénomènes sociaux qui ont lieu en ville. Ce qui rend ces données particulièrement intéressantes est leur nature géomédiatique, c’est à dire le fait qu’elles intègrent une information géographique dans la donnée médiatique (voire par exemple le check-in Facebook).

Traditionnellement, la décision publique liée à la gestion de la ville est basée sur la collecte, la transformation, l'analyse et l'interprétation de ce qui peut être qualifié comme données « hard » à savoir les statistiques officielles et plus généralement les données produites par l'administration publique à différents niveaux (local, urbain, régional, national, international). Ces données ont été soigneusement harmonisées et stockées dans des bases de données, soumises à divers contrôles, complétées par l'estimation de valeurs manquantes et de métadonnées. Ces données représentent une valeur ajoutée exceptionnelle pour les personnes intéressées par la politique urbaine et de cohésion territoriale. Néanmoins, ces dernières années les décideurs publics ont révélé certaines lacunes ou des frustrations importantes liées à ces données, telles que le trop long délai de publication, la couverture insuffisante de certains sujets d'intérêt pour la cohésion territoriale et la définition top-down des données d'intérêt face à des demandes de données de plus en plus participatives.

Or, suite à la croissance exponentielle de l’information disponible sur Internet, un grand nombre d'informations concernant le développement territorial des villes est maintenant disponible sur le Web, en introduisant une concurrence claire pour les producteurs classiques de données. Les soft data fournissent alors des solutions intéressantes aux lacunes de hard data mentionnées ci-dessus : un délai plus court de publication utile pour l'action publique, la couverture de nouveaux sujets d'intérêt et l’élaboration bottom-up d'information sur mesure.

Objectifs des journées

Face à l’abondance de ces nouveaux types de données, ces journées visent à explorer l’importance et le rôle de ces soft data dans le processus de décision publique concernant la gestion de la ville.

Deux questions seront principalement abordées :

1- La question méthodologique

Les soft data ont soulevé beaucoup d'enthousiasme, mais travailler avec elles est tout sauf simple. Le chercheur doit faire face à des problèmes techniques, politiques, sociaux et éthiques. Toutes ces limites peuvent remettre en cause la qualité de ces données, mais il est important de souligner qu’elles sont également des opportunités. La facette hétérogène, inattendue et parfois ingérable de ces données garantit leur intérêt et leur richesse. Il est alors important d’avoir des méthodes adéquates pour collecter ces données et les préparer pour l'analyse. Au cours des dernières années, un nouveau groupe de méthodes, appelées « méthodes numériques » (Rogers, 2013), a été développé pour traiter ce type de données. Par « méthodes numériques », nous nous référons à une série de techniques visant à explorer les traces d'interactions en ligne comme sources d'information sur les phénomènes sociaux. Les potentialités et les problématiques liées à ces méthodes seront objet de discussion.

2- Le défi théorique des soft data

L'utilisation de ces informations provenant de nouveaux fournisseurs et concernant de nouveaux thèmes doit être fortement encouragé. Cependant, au-delà des enthousiasmes initiaux, l’usage des traces numériques aujourd’hui sollicite plusieurs questions théoriques. Entre autres, un des éléments les plus problématiques dans l’application de ces méthodes est la gestion du rapport entre hors ligne et en ligne. Le succès des traces numériques est notamment du à leur pouvoir de révéler des caractéristiques de phénomènes qui ont lieu dans l’espace physique. Évidemment la question du rapport entre en ligne et hors ligne n’est pas nouvelle et la distinction même a été à plusieurs reprises mise en discussion. Sans tomber dans l’excès d’affirmer de manière absolue cette distinction ou de la rejeter a priori, nous voulons nous interroger sur le type de continuité ou discontinuité générée aujourd’hui par les traces numériques.

Programme

15 octobre 2014

14h-16h : Table ronde – Ville, urbanisme et numérique

Conférence introductive : Thierry Paquot, Institut d’urbanisme de Paris

Débat :

  • Nicolas Douay, université Paris Diderot
  • Renaud Le Goix, université Paris Diderot
  • Julie Fen-Chong, université de Bourgogne
  • Représentants des collectivités territoriales

16h-16h30

16h30-18h30 : Table ronde – Soft data et territoire entre théorie et pratique

Conférence introductive : Frédéric Martel, Institut de relations internationales et stratégiques, Paris

Débat :

  • Alberto Romele, universidade do Porto
  • Tyler Reigeluth, université Libre de Bruxelles
  • Pierre Gautreau, université de Paris 1
  • Matthieu Noucher, CNRS, université Bordeaux Montaigne
  • Philippe Vidal, université du Havre
  • Représentants des collectivités territoriales

16 octobre 2014

9h : Ouverture et présentation de la journée

9h15 : Une approche géographique aux soft data, Membres de l’axe Médias et territoires du CIST

10h : Une approche géomédiatique aux soft data, Claude Grasland, Université Paris Diderot et Marta Severo, Université de Lille 3

10h45 : Coffee break

11h15 : Soft data et urban studies, Dominique Boullier, Sciences Po Paris

12h : Digital methods and geolocation, Richard Rogers, Université d’Amsterdam 

13h-14h : Déjeuner

14h : Hyperville et traces numériques (soft data - big data) : les  enjeux  politiques et économiques d'un design territorial contributif, Franck Cormerais, Université de Bordeaux 3

14h45 : Big data and online identity, Jos De Mul, Université de Rotterdam 

15h30 : Algorithmic Governmentality, Antoinette Rouvroy, Université de Namur

16h30 : Clôture de la journée

Organisé par Laboratoire Geriico, Université Lille 3, Département de philosophie, Université Lille 3, Axe Médias et territoires du GIS Collège international des sciences du territoire (CIST) dans le cadre du PEPS Décision, indicateurs et politiques publiques

Lieux

  • Maison de la recherche, université de Lille 3 - Avenue du Pont de Bois
    Villeneuve-d'Ascq, France (59)

Dates

  • mercredi 15 octobre 2014
  • jeudi 16 octobre 2014

Mots-clés

  • donnée numérique, politique de la ville, acteur, collectivité territoriale

Contacts

  • Marta Severo
    courriel : marta [dot] severo [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Marion Gentilhomme
    courriel : marion [dot] gentilhomme [at] gis-cist [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ville 2.0, soft data pour les politiques publiques de la ville : une approche critique », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 11 septembre 2014, http://calenda.org/299355