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Villes et comparaisons

Cities and comparisons

Biennale de la sociologie de l'urbain

Biennial fo the sociology of the urban

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Publié le lundi 22 septembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Les 16, 17 et 18 décembre 2014, le RT9 de l’Association française de sociologie organise à Lille sa première biennale de la sociologie urbaine : des journées d’études – appelées à devenir un rendez-vous récurrent – qui ont vocation à rassembler l’ensemble des sociologues français-e-s travaillant sur les villes et les questions urbaines ou territoriales, et plus largement tous les collègues intéressé-e-s. La première journée sera entièrement consacrée à l’atelier doctoral du RT9. Les deuxième et troisième journées constitueront le cœur de la biennale, et auront donc vocation à rassembler l’ensemble des participant-e-s à cette dernière. L'appel à propositions porte cette année sur la pratique de la comparaison en sociologie urbaine. Les propositions retenues auront pour vocation, avec les séances plénières consacrées plus spécifiquement à la comparaison internationale, d'établir un panorama des recherches comportant une dimension comparatiste, et des questions attenantes à la comparaison.

Annonce

Informations générales

Les 16, 17 et 18 décembre 2014, le RT9 de l’Association française de sociologie organisera à Lille sa première Biennale de la sociologie urbaine : des journées d’études – appelées à devenir un rendez-vous récurrent – qui ont vocation à rassembler l’ensemble des sociologues français-e-s travaillant sur les villes et les questions urbaines ou territoriales, et plus largement tous les collègues intéressé-e-s.

Cette initiative est issue du constat que le Congrès général de l’AFS, avec ses dizaines de sessions simultanées, n’est pas forcément le moment le plus propice à des échanges continus entre des spécialistes de la ville qui sont souvent également impliqués dans les activités d’autres réseaux thématiques. D’où la volonté de l’actuel bureau du RT9 de combler ce vide, faisant ainsi de ces journées le moment fort de son activité inter-congrès.

L’ensemble de la 1ere Biennale se tiendra sur le campus de l’Université de Lille 1, à Villeneuve d’Ascq (M° Cité scientifique – Professeur Gabillard), et sera organisé avec le soutien du CLERSÉ (UMR 8019) et de l’Institut de sociologie et d’anthropologie.

La première journée (mardi 16/12) sera entièrement consacrée à l’atelier doctoral du RT9 : un rendez-vous annuel qui existe depuis une demi-douzaine d’années. Cet atelier autogéré sera organisé comme d’habitude par un comité ad hoc de doctorant-e-s du RT9, épaulé en 2014 par une équipe locale de jeunes chercheurs lillois. Il s’appuiera sur un comité scientifique d’enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires pour évaluer et sélectionner les propositions qui leur parviendront en réponse à l’appel à communications spécifique qui sera diffusé prochainement.

La deuxième et la troisième journée (de 9h30 à 19h00) constitueront le cœur de la Biennale, et auront donc vocation à rassembler l’ensemble des participant-e-sà cette dernière.

Ces deux journées comporteront de nombreuses séances ateliers consacrées à la comparaison en sociologie urbaine et des territoires, pour l’organisation desquelles nous invitons à l’envoi de propositions (voir l’appel des deux pages suivantes), ainsi que quatre séances plénières consacrées plus spécifiquement à la comparaison internationale, avec notamment des interventions de :

  • Marie-Hélène Bacqué
  • Patrick Le Galès
  • Élise Palomares
  • Edmond Préteceille
  • Gilles Pinson
  • Sylvie Tissot
  • Christian Topalov
  • Simone Tosi
  • Tommaso Vitale
  • Stéphanie Vermeersch
  • Loïc Wacquant
  • Jean-Yves Authier
  • Anaïs Collet
  • Sonia Lehman-Frisch
  • Isabelle Mallon.

Argumentaire

Pratiquer la comparaison en sociologie urbaine

Sans comparaison la sociologie n’est pas possible, écrivait Durkheim dans Le Suicide. Depuis son apparition au tournant du XXe siècle, la sociologie urbaine a largement répondu à cette injonction : en mettant en place des comparaisons intra-nationales et internationales de villes ou de quartiers ; en s’intéressant à des contextes historiques différents dans une perspective diachronique ; en confrontant des échantillons de populations, des groupes ou des espaces identifiées préalablement comme comparables ; et en cherchant constamment à combiner les apports heuristiques de la monographie, le plus souvent locale, avec ceux d’une montée en généralité visant à identifier des modèles et des types idéaux (de quartiers, de villes, de configurations spatiales, de relations locales, de processus de transformation urbaine, etc.). En effet, comparer consiste souvent à décrire chaque cas étudié à l'aide d'une grille de lecture commune, imposée plus ou moins tard selon le protocole d’analyse choisi, puis à saisir les éventuelles convergences entre les différents cas et les particularités de chacun d’entre eux, afin de distinguer les effets locaux – notamment les "effets de lieu" – des logiques structurelles plus larges.

Cependant, les spécificités des objets et des questionnements de la sociologie urbaine la confrontent à des obstacles qui lui sont propres dans la mise en œuvre de la comparaison. L’étude de la variation de caractéristiques spatiales pose notamment la question des traits retenus pour comparer des espaces, et des limites des unités circonscrites pour justifier la comparaison. De la même façon, l’analyse sociologique des pratiques de l’espace et du territoire est soumise non seulement au danger épistémologique de la spatialisation, mais aussi à la difficulté de comprendre, en contexte, le sens que les acteurs (habitants, aménageurs, etc.) donnent à l’espace considéré.

On pourrait multiplier les exemples montrant que la sociologie urbaine a exprimé dès ses débuts une volonté affirmée, dans le cadre d’un solide enracinement empirique, de mobiliser la comparaison, mais qu’elle a en même temps rencontré des difficultés pour conceptualiser cette opération et la mettre en œuvre de façon raisonnée et réflexive ; et ce malgré le fait que l’exportation et le recours à des modèles et des instruments analytiques souvent élaborés dans un autre cadre local et/ou national (qu’il s’agisse de Chicago, de Paris ou d’ailleurs) reviennent de fait à comparer implicitement.

Les séances d’ateliers de cette première Biennale seront donc consacrées à la présentation de recherches comportant une dimension comparatiste, ainsi qu’à toutes les questions attenantes à la comparaison : pourquoi décide-t-on d’abandonner l’approche monographique pour aller vers la comparaison ? Quels sont les avantages et désavantages d’un research design d’emblée comparatiste, par rapport à la « mise en regard » dans un second temps de résultats élaborés indépendamment ? Comment sont choisies et délimitées les unités que l’on confronte ? Quelles sont les méthodes mobilisées – et éventuellement combinées – et comment se déclinent-elles dans le cadre d’une comparaison (que celle-ci soit réalisée à la demande d’un tiers ou dans le cadre d’une recherche « purement » académique) ? Est-il possible, en sociologie urbaine, de sélectionner les termes de la comparaison afin de réduire et d’identifier précisément les variables dont on souhaite étudier l’effet ? Au niveau de la forme des textes produits, quelles sont les rhétoriques descriptives et les économies de la démonstration mobilisées pour comparer des unités spatiales ? La monographie est-elle un genre dépassé et, si non, à quelle condition peut-elle progresser ? L’injonction à la comparaison – de plus en plus récurrente, notamment de la part des agences de financement – peut-elle dans certains cas être un obstacle pour la recherche ?

Les ateliers pourront par exemple se pencher sur les enquêtes comparatistes portant sur des groupes sociaux, habitants ou usagers de la ville, dont on étudie les pratiques spatiales. Il s’agira certainement alors d’ouvrir la « boîte noire » des recherches, pour développer une réflexion méthodologique, portant notamment sur la construction de l’objet et le choix des terrains... Quelles sont les stratégies mobilisées pour permettre la comparaison et la « comparabilité » ? Comment sont identifiés ces groupes ? De quelles manières leurs pratiques de l’espace et leurs discours sont-ils étudiés puis décrits ? Quel rôle les éléments morphologiques (au sens d’Halbwachs) jouent-ils dans la comparaison ?

D’autres séances pourront quant à elles s’intéresser aux politiques urbaines comparées, notamment sur le plan international, mais pas seulement. Qu’il s’agisse de politiques de logement, de planification urbaine ou de gestion des espaces publics, etc. On pourra ainsi s’interroger, là aussi, sur les appariements réalisés et leurs justifications, sur les effets de contextes, sur les référents implicites, et sur les avantages et limites liés à la comparaison.

Lorsqu’elles porteront sur la comparaison internationale, les interventions dans les ateliers pourront être particulièrement attentives à la façon dont celle-ci implique très souvent des processus de circulation et de transfert de concepts et de notions scientifiques (gentrification, durabilité, résilience, justice spatiale, etc.) entre différents pays et entre (sous-)champs scientifiques nationaux. Cette circulation témoigne de l'internationalisation de la recherche (via notamment les financements des agences de moyens), selon des modalités qu’il s’agit d’étudier. Par ailleurs, la mise en place d’une comparaison internationale peut également poser la question de la collaboration entre chercheurs habitués à des organisations différentes du travail scientifique.

Enfin, les transferts de notions s'opèrent aussi entre la sphère scientifique et les sphères politique, médiatique et opérationnelle (que l’on pense par exemple à la diffusion des termes « ghetto », « communautés », « bobo », « empowerment », etc.), ainsi qu’au sein de ces dernières à l’échelle internationale. On observe par exemple des circulations transnationales dans le champ de l'intervention sociale territorialisée : des notions (mixité, « key workers », etc.), des démarches et des dispositifs voyagent d'un pays à l’autre, et devraient ainsi amener la sociologie à questionner leurs conditions d'importation.

Modalités de soumission

Les propositions de communication ou de séance complète (comportant entre quatre et huit communications) peuvent être adressées

avant le 30 septembre 2014, au plus tard,

au Bureau du RT9.

Pour une proposition de communication, merci de bien vouloir inclure un titre, un résumé en 2500 signes, les noms des auteur-e-s et leurs affiliations institutionnelles.

Pour une proposition de séance, indiquer également, en plus des renseignements propres à chaque communication : un titre d’ensemble, une brève présentation du thème de la session, les noms et affiliations de l’organisateur de celle-ci, du collègue qui la présidera, et des éventuels discutants des communications.

Les propositions doivent être envoyées simultanément aux deux adresses électroniques suivantes : sociologiedelurbain@gmail.com et bruno.cousin@univ-lille1.fr, auxquelles il est également possible d’écrire pour solliciter des informations supplémentaires sur la Biennale.

Comité scientifique

  • Jean-Yves Authier (U.Lyon 2),
  • Vincent Baggioni (U. Aix-Marseille),
  • Catherine Bonvalet (INED),
  • Bruno Cousin (U. Lille 1),
  • Yankel Fijalkow (ENSA Paris-Val de Seine),
  • Violaine Girard (U. de Rouen),
  • Gilles Laferté (INRA),
  • Didier Lapeyronnie (U. Paris-Sorbonne),
  • Lydie Launay (U. Paris-Ouest),
  • Marie-Pierre Lefeuvre (U. Tours),
  • Claire Lévy-Vroelant (U. Paris 8)
  • Anne Raulin (U. Paris-Ouest).

Frais d’inscription

(déjeuners inclus)

Doctorants allocataires, post-doctorants et chercheurs précaires : 30€

Enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires (MCF, PU, CR, DR, etc.) : 95€

Lieux

  • Lille, France (59)

Dates

  • mardi 30 septembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • territoire, ville, comparaison, comparaison internationale

Contacts

  • Bruno Cousin
    courriel : bruno [dot] cousin [at] univ-lille1 [dot] fr

Source de l'information

  • Bruno Cousin
    courriel : bruno [dot] cousin [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Villes et comparaisons », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 22 septembre 2014, http://calenda.org/299725