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Être maire en Méditerranée (XVIIIe-XXe siècle)

Being a mayor in the Mediterranean (18th-20th centuries)

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Publié le lundi 06 octobre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Appel à communications pour le colloque Être maire en Méditerranée XVIIIe-XXe siècle organisé par le programme de l’ANR Identités et cultures en Méditerranée. Les élites politiques de la Révolution française à la Ve République (ICEM) le 29 et 30 avril 2015 à Ajaccio en partenariat avec le CMMC (Université de Nice Sophia Antipolis) et TELEMME (Aix-Marseille Université).

Annonce

Argumentaire

Personnages clef de la vie politique française depuis la Révolution française, les maires sont le reflet de l’évolution politique, institutionnelle, administrative, sociale et culturelle de la France. En dehors de nombreuses monographies, leur histoire est connue notamment grâce aux travaux de Maurice Agulhon sur Les maires en France, du Consulat à nos jours ou encore de Jocelyne George sur l’Histoire des maires de 1789 à 1939.

À la base de la politique locale, ils sont les premiers intermédiaires entre le pouvoir central et les citoyens. L’histoire des maires commence en 1789 avec une uniformité théorique de statut et d’administration des communes qu’impose un règlement identique aussi bien entre l’immense agglomération que la plus petite des communes rurales, mais efface volontairement les diversités régionales de statuts. Au fil des régimes politiques, les modalités de désignation des maires sont l’objet de débats, mais aussi de toutes les attentions de la part des administrateurs départementaux ou nationaux. Durant une majeure partie du XIXe siècle, les maires sont nommés par le pouvoir central. La loi municipale du 5 avril 1884 confirme, quant à elle, l’épanouissement de la démocratie locale en imposant la nomination des maires et des adjoints par le conseil municipal. Elle met en place une structure et un cadre juridique. Le renouvellement des conseils municipaux est quadriennal. Chaque commune se voit dans l'obligation de se doter d'une mairie, qu'elle en soit propriétaire ou locataire. Sous la surveillance d'une tutelle administrative, les maires sont chargés, quant à eux, en plus de l'état civil, du secours aux indigents et de l'entretien de la voirie locale, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'autorité supérieure qui y sont relatifs. La Troisième, la Quatrième puis la Cinquième république, par delà la parenthèse de Vichy, constituent des périodes d’épanouissement et de valorisation de la fonction de maire, enrichie par l’arrivée de la gente féminine dans l’arène de la politique locale et par l’obtention de mandats grâce aux verdicts des urnes.

Ainsi, depuis plus de deux cents ans, les maires gèrent au quotidien la vie des citoyens. Ils sont le reflet social ou anthropologique au moins autant que politique de la commune. Acteurs de décisions et d'influence, ces édiles locaux, souvent de petites élites, sont des hommes de contact et de terrain qui bénéficient d'une parfaite connaissance de la commune dans laquelle ils évoluent. Cette dernière, lieu de vie à la base du débat politique, offre la possibilité, grâce à son cadre restreint, d'étudier l'interpénétration des intérêts et des ressources, à la fois privés et publics. La mairie et son premier magistrat forment, particulièrement en milieu rural, les seules représentations du pouvoir central. A partir de 1880, grâce au processus de républicanisation, la maison commune, très proche des citoyens, devient un centre d'éducation politique.

Aire géographique tout autant que culturelle, la Méditerranée est porteuse, en un sens, de traditions politiques spécifiques, peut-être d’une mentalité particulière, lié notamment à des structures sociales organisées par la ville ou le village groupé et à une vie publique liée à une « culture du forum ». Elle est un laboratoire atypique d’observation de la vie politique française, où les événements nationaux trouvent une résonance particulière, au gré d’une histoire locale rythmée par des aspirations souvent contradictoires, des crises ou encore des changements de souveraineté. Les terres méditerranéennes, avec leurs particularismes locaux, paraissent éloignées du pouvoir central et presque en marge des grandes évolutions politiques nationales qui affectent la société dans son ensemble. Les scrutins électoraux semblent n’être qu'un registre officiel d’expression des rivalités interpersonnelles ou familiales. Mais ces comportements ne sont-ils pas aussi le reflet de représentations dominantes qui façonnent, non seulement le regard des « autres », mais aussi les attitudes ?

Aussi, s’avère-t-il intéressant de mesurer ce que représente la fonction de maire en terres méditerranéennes où, durant de nombreuses décennies, même si une persistance demeure encore de manière embryonnaire dans certaines régions, elle a souvent été le reflet de luttes et d’enjeux de groupes de parentèle. Les attentes scientifiques du colloque reposent sur une série de questions dont la première revient à s’interroger classiquement sur la composition du personnel politique à la tête des municipalités depuis la Révolution française. Divers niveaux d’interrogation en découlent. À quelle classe, milieu, groupe familial ou groupes socioprofessionnels appartiennent-ils ? Quelles différences existe-t-il entre « maires des villes » et « maires des champs » à travers les siècles ? Qui, dans chacune des époques et dans chaque type de communes, a eu la capacité d’exercer la première magistrature ? Qui a été préféré pour l’exercer ? Quel écart y a-t-il entre la réalité du pouvoir local et ses représentations ?

À l’opposé de cette vison surplombante, l’on s’intéressera aussi particulièrement à une approche et sur une redécouverte « par le bas » de la fonction de maire. Au regard des siècles, pour un homme comme pour une femme, qu’est-ce qu’administrer a signifié et représenté ? Quels rôles et quelles notions de puissance et d'honorabilité a comporté la fonction de maire ? S’est-elle traduite par une gestion partiale des affaires municipales, elle-même ponctuée par de nombreux abus ? Enfin, quels types de violences et de pressions la conquête de l'écharpe municipale ont-t-elles engendrés ?

Cette approche « vue d’en bas » de la politique est aussi celle de l’évolution avec ses difficultés, ses contradictions et ses victoires, de la démocratie locale.

Modalités de soumission

Les propositions de communications ne devront pas excéder 5 000 signes et devront comporter un bref descriptif des sources envisagées, ainsi qu’une brève présentation bio-bibliographique. Elles devront être déposées

avant le 31 décembre 2014.

Les candidats seront informés de la décision du comité organisateur au plus tard le 1er février 2015.

Elles devront être envoyées simultanément aux adresses suivantes : 

Comité scientifique

  • Jean-Paul Pellegrinetti, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Nice Sophia Antipolis, CMMC, coordinateur du programme ANR ICEM
  • Jean-Marie Guillon, Professeur émérite d’histoire contemporaine à Aix-Marseille Université, TELEMME, ICEM
  • Jean Garrigues, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université d’Orléans, POLEN, ICEM, Président du CHPP
  • Eric Anceau, Maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne, CHRXIX, ICEM, Vice-président du CHPP
  • Adeline Beaurepaire-Hernandez, Doctorante à l’Université Paris-Sorbonne, CHRXIX, Ingénieur d’études de l’ANR ICEM

Lieux

  • Ajaccio, France (2A)

Dates

  • mercredi 31 décembre 2014

Mots-clés

  • maire, Méditerranée

Contacts

  • Adeline Beaurepaire-Hernandez
    courriel : adeline [dot] beaurepairehernandez [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Adeline Beaurepaire-Hernandez
    courriel : adeline [dot] beaurepairehernandez [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Être maire en Méditerranée (XVIIIe-XXe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 octobre 2014, http://calenda.org/300754