AccueilDes livres qui rendent fou ? Interroger le canon psychiatrique de Pinel au DSM-5

Des livres qui rendent fou ? Interroger le canon psychiatrique de Pinel au DSM-5

Books Making Us Crazy? Questioning the Psychiatric Canon from Pinel to DSM 5

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Publié le jeudi 25 septembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Du Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale (1801) de Philippe Pinel à la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5), une littérature importante de manuels psychiatriques s'attache au projet de classer les maladies mentales afin de fournir les bases d'un diagnostic standardisé. Les controverses récentes sur les usages du DSM 5 démontrent vigoureusement à quel point la production du savoir psychiatrique est liée à des formes spécifiques de publication destinée à servir d'ouvrages de référence. Avec ce colloque, nous proposons de mettre l’accent sur l’établissement de textes faisant autorité, en analysant leurs fonctions multiples et leurs usages dans plusieurs champs, allant de la littérature et du journalisme aux contextes bureaucratiques et médico-légaux.

Annonce

Argumentaire

Du Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale (1801) de Philippe Pinel à la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5), une littérature importante de manuels psychiatriques s'attache au projet de classer les maladies mentales afin de fournir les bases d'un diagnostic standardisé. Les controverses récentes sur les usages du DSM 5 démontrent vigoureusement à quel point la production du savoir psychiatrique est liée à des formes spécifiques de publication destinée à servir d'ouvrages de référence. Avec ce colloque, nous proposons de mettre l’accent sur l’établissement de textes faisant autorité, en analysant leurs fonctions multiples et leurs usages dans plusieurs champs, allant de la littérature et du journalisme aux contextes bureaucratiques et médico-légaux. Il s'agit d'étudier de manière détaillée les processus de publication et de réception de textes canoniques, non seulement dans le champ disciplinaire émergent de la psychiatrie et des disciplines et savoirs voisins (philosophie, psychologie, psychothérapie, psychanalyse), mais aussi chez des lecteurs non professionnels. Interroger le canon psychiatrique implique donc aussi de rechercher de façon détaillée les relations entre des textes officiels et des formes de littérature classées comme marginales voire déviantes.

Si le Traité de Pinel fut déjà un livre important largement diffusé et eut une histoire complexe, d’autres manuels psychiatriques du XIXe siècle furent de vrais best-sellers, comme la Psychopathia Sexualis de Richard von Krafft-Ebing, mais aussi, dans une moindre mesure, comme les ouvrages d'Emil Kraepelin ou d'Eugen Bleuler qui introduisirent les catégories célèbres de « dementia praecox » ou de « schizophrénie ». La co-existence de différentes traditions nationales et d’écoles rivales situe les traités psychiatriques à des moments critiques de controverses sur la validité clinique des catégories nosologiques, mais aussi sur les méthodes d’enseignement et de transmission du savoir. Une approche de longue durée portant attention aux « sciences psy » alliées ou en rivalité, mais aussi aux stratégies philosophiques et littéraires pour rendre compte des maladies mentales et à la politique éditoriale permettra de mettre en évidence de façon plus précise le rôle spécifique des pratiques d’écriture et de lecture qui donnent forme et existence au savoir dans ce champ. Ce colloque a ainsi pour but de se consacrer à des questions négligées, comme l’histoire des processus de « canonisation », la transformation des standards de publication et l’importance de la rhétorique pour la psychiatrie.

Programme

1er octobre 2014

9h30 – 18h00

9h30 Accueil et Introduction

  • Antonella Romano
  • Andreas Mayer
  • Yvonne Wübben

10h45 Juan Rigoli (Genève), Passions et rhétorique dans le premier Esquirol

11h45 Pause café

12h00 Vincent Barras (Lausanne), Le traité hallucinatoire : un genre en soi ?

13h00 Pause déjeuner

14h30 Yvonne Wübben (Berlin / Bochum), Un classique contesté : le traité de psychiatrie d’Emil Kraepelin

15h30 Katja Günther (Princeton), Manuels et notations – les Krankenvorstellungen de Carl Wernicke et l’invalidation de la neuropsychiatrie

16h30 Pause café

16h45 Sabine Ohlenbusch (Bochum), Histoire d’un manuel marginalisé :
le Lehrbuch der Psychiatrie de Richard von Krafft-Ebing

2 octobre 2014

10h00-15:30

10h00 Patricia Rosselet (Lausanne), La construction d’un traité des maladies du système nerveux : la Sémiologie des affections du système nerveux de Jules Dejerine (1914)

11:00 Andreas Mayer (Paris), Un genre impossible ? Remarques sur l’histoire des manuels psychanalytiques

12:00 Pause café

12:15 Rachel Cooper (Lancaster), Écrire et lire le DSM

13:15 Pause déjeuner

14:30 John Forrester (Cambridge)

Commentaire et discussion finale

Organisation

  • Andreas Mayer (CNRS/CAK)
  • Yvonne Wübben (RUB/FU Berlin)

Lieux

  • Salles 07 et 08 - 105, boulevard Raspail
    Paris, France (75006)

Dates

  • mercredi 01 octobre 2014
  • jeudi 02 octobre 2014

Mots-clés

  • psychiatrie, psychothérapie, psychanalyse, livre

Contacts

  • Andreas Mayer
    courriel : andreas [dot] mayer [at] ehess [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Andreas Mayer
    courriel : andreas [dot] mayer [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des livres qui rendent fou ? Interroger le canon psychiatrique de Pinel au DSM-5 », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 25 septembre 2014, http://calenda.org/300904