AccueilClasses populaires et organisations militantes : transformations sociopolitiques et recompositions des liens avec le monde associatif et politique

Classes populaires et organisations militantes : transformations sociopolitiques et recompositions des liens avec le monde associatif et politique

The working class and militant organisations: sociopolitical transformations and connections with the associative and political world

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Publié le lundi 20 octobre 2014 par Elsa Zotian

Résumé

L’originalité de ces journées d’études réside dans la volonté de croiser ces axes de réflexion en plaçant au cœur des échanges l’action associative et politique des ou à destination des classes populaires. L’objectif consistera à établir dans quelle mesure les différentes formes d’engagement dans l’espace public (politique, syndical, et associatif) contribuent à la politisation des classes populaires et, plus encore, dans quelle mesure des types de militantisme et d’action collective peuvent à la fois se révéler des points d’entrée particulièrement heuristiques pour accéder au(x) rapport(s) ordinaire(s) au(x) politique(s) de ces populations et participer de la (re)définition et / ou de la disparition de ce groupe social. Ces journées ont pour ambition de croiser des approches et des terrains divers afin de saisir la complexité des relations qu’entretiennent les classes populaires avec les associations et les institutions politiques.

Annonce

Ces journées d’études co-organisées par les RT 5 (Classes sociales, inégalités, fragmentations), 34 (Sociologie politique) et 35 (Sociologie du monde associatif) de l’Association Française de Sociologie auront lieu les 16 et 17 mars 2015 au CNRS, 59/61 rue Pouchet, Paris.

Argumentaire

De nombreux travaux insistent depuis quelques années sur la rupture, qui semble désormais consommée, entre les classes populaires et la politique dans sa version la plus institutionnalisée (partis politiques et syndicats)[1]. Dans le même temps, des études montrent les profondes transformations du monde associatif, son intervention croissante auprès des populations les plus « vulnérables », « fragilisées », « démunies » et son rôle majeur dans la mise en œuvre des politiques sociales[2]. Ces recherches viennent en partie nourrir le renouveau des débats sur la prise en compte du rapport au politique des classes populaires et, plus précisément, sur la nécessité de sortir d’une définition légitimiste de ces rapports pour les étudier au quotidien, dans l’ordinaire des relations sociales, poussant à interroger, ce faisant, les outils méthodologiques et théoriques pertinents pour les saisir[3].

En parallèle, et alors que le « retour des classes sociales » semble avoir eu lieu[4], l’existence même des « classes populaires » en tant que groupe social (devenu par trop hétérogène et décloisonné) est remise en cause du fait de la désagrégation de la classe ouvrière et du monde communiste, de la fragilisation de la société salariale et de la porosité des frontières entre groupes sociaux, du fait aussi de la pénétration massive de l’école dans les catégories populaires[5].

L’originalité de ces journées d’études réside dans la volonté de croiser ces axes de réflexion en plaçant au cœur des échanges l’action associative et politique des/ou à destination des classes populaires. L’objectif consistera à établir dans quelle mesure les différentes formes d’engagement dans l’espace public (politique, syndical, et associatif) contribuent à la politisation des classes populaires et, plus encore, dans quelle mesure des types de militantisme et d’action collective peuvent à la fois se révéler des points d’entrée particulièrement heuristiques pour accéder au(x) rapport(s) ordinaire(s) au(x) politique(s) de ces populations et participer de la (re)définition et/ou de la disparition de ce groupe social.

Ces journées ont pour ambition de croiser des approches et des terrains divers afin de saisir la complexité des relations qu’entretiennent les classes populaires avec les associations et les institutions politiques. Les communications, fondées sur des recherches empiriques, pourront s’inscrire dans l’un des trois axes de réflexion qui suivent.

Axe 1. Les interventions militantes à destination des classes populaires

Le premier axe vise à saisir les modalités des actions collectives dirigées vers les milieux populaires, ce qu’elles produisent (socialisation, mobilisation, encadrement, traitement social, politisation, etc.) et les cadres institutionnels dans lesquels elles s’inscrivent. Dans quelle mesure les organisations associatives et les institutions politiques participent-elles de la (re)définition ou de la disparition de la catégorie de populaire ?

Axe 2. Les relations entre militants et membres des classes populaires

Le deuxième axe porte sur les rapports concrets qu’entretiennent les bénéficiaires avec les militants associatifs et politiques. Comment des militants des classes populaires font-ils valoir et exister leurs actions ? Quand ces derniers ne font pas eux-mêmes partie des classes populaires, que produit la rencontre de ces différents acteurs aux appartenances sociales variées ? Que font ces interactions aux frontières de classe ? L’action collective contribue-t-elle à dépasser ou à renforcer ces frontières ?

Axe 3. Les usages populaires de l’action associative et politique

Le troisième axe interroge les usages populaires de l'action militante. Quelles sont les logiques d’appropriation et de (re)définition par les classes populaires des actions politiques et associatives ? Quels usages font-ils des ressources et contraintes offertes par les organisations militantes ? Quelles sont les formes de la participation populaire ?

[1] Masclet O., La gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, La Dispute, Paris, 2003 ; Michelat G. et Simon M., Les ouvriers et la politique, Presses de Sciences Po, Paris, 2004 ; Filleule O. (dir.), Le désengagement militant, Belin, Paris, 2005 ; Braconnier C. et Dormagen J-Y, La démocratie de l’abstention. Aux origines de la démobilisation électorale en milieu populaire, Gallimard, Paris, 2007 ; Andolfatto D. et Labbé D., Toujours moins ! Déclin du syndicalisme à la française, Paris, Gallimard, 2009.

[2] Hély M., Les métamorphoses du monde associatif, Puf, Paris, 2009 ; Simonet M., Le travail bénévole – Engagement citoyen ou travail gratuit ?, La Dispute, Paris, 2010 ; Hamidi C., La société civile dans les cités. Engagement associatif et politisation dans les associations de quartier, Economica, Paris, 2010 ; Tchernonog V., Le paysage associatif français, Dalloz Juris Éditions, Paris, 2013.

[3] Siblot Y., Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires, Presses de Sciences Po, 2006 ; Hamidi C., « Catégorisations ethniques ordinaires et rapport au politique. Éléments sur le rapport au politique des jeunes des quartiers populaires », Revue Française de Science Politique, vol. 60 (4), 2010, pp. 719-743 ; Pudal R., « La politique à la caserne. Approche ethnographique des rapports à la politique en milieu pompier », Revue française de science politique, 2011/5, vol. 61, pp. 917-944 ; Mariot N., « Pourquoi il n’existe pas d’ethnographie de la citoyenneté », Politix, 2010/4, n°92, pp. 165-194 ; Céfaï D. et al., « Ethnographies de la participation », Participations, 2012/3, n°4, pp. ,7-48.

[4] Bouffartigue P. (dir.), Le retour des classes sociales : inégalités, dominations, conflits, La Dispute, Paris, 2004.

[5] Castel R., Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Paris, Galllimard, 1995 ; Chauvel L., Le destin des générations. Structure sociale et cohortes en France au XXᵉ siècle, Paris, PUF, 1998 ; Olivier Schwartz, La notion de « classes populaires », habilitation à diriger des recherches en sociologie, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 1998 ; Beaud S. et Pialoux M., Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard, Paris, Fayard, 1999 ; Pudal B., Un monde défait. Les communistes français de 1956 à nos jours, Savoir/Agir, Paris, 2009.

Conditions de soumission

Les propositions de communication (5 000 signes) incluront la présentation du terrain d’enquête et préciseront l’axe de l’appel à communications dans lequel elles s’inscrivent prioritairement.

Le comité d’organisation sera attentif aux communications proposées par des doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s ainsi qu’à celles ayant une dimension internationale.

Les propositions devront être adressées aux trois adresses suivantes :

Calendrier

  • Envoi des propositions de communication (5 000 signes max) : 10 novembre 2014

  • Sélection des propositions et réponse aux auteurs : 01 décembre 2014
  • Envoi des communications (30 000 à 40 000 signes) : 09 février 2015

Comité de pilotage

  • Ana Perrin-Heredia (CURAPP-ESS)
  • Mathilde Pette (CLERSÉ/CERAPS)
  • Arnaud Trenta (Lise)

Comité scientifique et d’organisation

  • Sylvain Bordiec (LACES),
  • Jean-Luc Deshayes (GREE 2L2S),
  • Nathalie Ethuin (CERAPS),
  • Sabrina Ferstler (SAGE),
  • Camille Hamidi (Triangle),
  • Florence Ihaddadene (IDHES),
  • Tania Navarro (CURAPP-ESS),
  • Ana Perrin-Heredia (CURAPP-ESS),
  • Mathilde Pette (CLERSE/ CERAPS),
  • Maricel Rodriguez Blanco (CESPRA/ EHESS-CNRS),
  • Arnaud Trenta (Lise),
  • Pierre-Édouard Weill (Centre Mahler).

Lieux

  • CNRS, 59/61 rue Pouchet
    Paris, France (75017)

Dates

  • lundi 10 novembre 2014

Mots-clés

  • classes populaires, associatif, militantisme

Contacts

  • Mathilde Pette
    courriel : mathilde [dot] pette [at] gmail [dot] com
  • Ana Perrin-Heredia
    courriel : aperrinheredia [at] gmail [dot] com
  • Arnaud Trenta
    courriel : arnaudtrenta [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • Mathilde Pette
    courriel : mathilde [dot] pette [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Classes populaires et organisations militantes : transformations sociopolitiques et recompositions des liens avec le monde associatif et politique », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 octobre 2014, http://calenda.org/302417