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Innovations plurielles

Plural innovations

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Publié le mercredi 08 octobre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Ce cycle de conférences a pour objectif de créer un lieu d'échange interdisciplinaire (sciences humaines et sociales, sciences du Vivant, sciences de l'ingénieur, informatique) autour de projets innovants et d'avancées technologiques d'importance. Les conférences programmées interrogent la notion d'« innovation », une notion dont la définition restera volontairement ouverte pour permettre l'expression de points de vue concurrents et d'analyses plurielles. Au cours des trois manifestations programmées, nous suivrons une progression logique qui nous mènera de l'analyse des conditions d'émergence des projets innovants [I] à l'observation de leur mode d'inscription dans un environnement sociotechnique préexistant [III] en passant par l'étude des diverses ressources mobilisées au cours du processus innovant [II].

Annonce

Argumentaire

Ce cycle de conférences a pour objectif de créer un lieu d'échange interdisciplinaire (Sciences humaines et sociales, Sciences du Vivant, Sciences de l'ingénieur, Informatique) autour de projets innovants et d'avancées technologiques d'importance. Les conférences programmées interrogent la notion d'« innovation », une notion dont la définition restera volontairement ouverte pour permettre l'expression de points de vue concurrents et d'analyses plurielles. Au cours des trois manifestations programmées, nous suivrons une progression logique qui nous mènera de l'analyse des conditions d'émergence des projets innovants [I] à l'observation de leur mode d'inscription dans un environnement sociotechnique préexistant [III] en passant par l'étude des diverses ressources mobilisées au cours du processus innovant [II].

Ces conférences ont été pensées de façon à alterner communications scientifiques et interventions d'experts. Pour chacune des conférences, des enseignants-chercheurs, des responsables publics, des entrepreneurs, des acteurs associatifs ou encore des membres de communautés techniciennes prendront tour à tour la parole et échangeront librement sur les thèmes traités. Ces rencontres seront donc l'occasion d'une prise de contact entre des acteurs issus d'horizons variés et dont le dialogue devrait utilement nourrir les débats. L'invitation croisée d'universitaires et d'acteurs de l'innovation devrait permettre l'avènement d'un aller-retour fructueux entre théorie et pratique, analyses et données de terrain, démonstrations et illustrations.

Programme

Le 21 octobre 2014

17h30 à 19h30

Mines Albi - Amphi d'honneur

Première conférence : Incitations économiques à l'innovation

Aux échelles internationale, nationale et locale, différents dispositifs de financement peuvent être sollicités par un porteur de projet innovant. Les modes de financement du monde de la recherche et du développement peuvent être regroupés en deux grandes catégories : d'une part les investissements privés provenant de fonds d'investissement ou d'entreprises partenaires, d'autre part les investissements publics relevant de procédures administratives sélectives. À l'occasion de cette conférence inaugurale, nous tenterons de rendre intelligible le tableau des ressources économiques mises à la disposition des entrepreneurs de façon à supporter leurs projets innovants.

Une fois cet inventaire effectué, nous interrogerons le profil des candidats à ces financements. Qui sont ceux qui font appel à ces dispositifs ? Quels types d'innovation obtiennent les crédits recherchés? Nous questionnerons également les grilles d'évaluation des différents organismes prêteurs. Comment les personnes en charge des investissements définissent ce qu'est l'"innovation" ? Sur quels critères se détermine-t-on pour identifier les projets "porteurs" ? Quelles sont les caractéristiques des projets lauréats ? Sont-ce les innovations incrémentales ou celles dites "de rupture" qui ont la préférence des investisseurs?

Au-delà de l'étude des sources de financement possibles et des conditions de leur obtention, nous explorerons différentes formes d'"écosystèmes d'innovation" en se demandant quelles sont les configurations organisationnelles les plus favorables à l'émergence de projets innovants. Nous nous montrerons particulièrement attentifs aux relations tissées, sur un même territoire, entre structures d'enseignement supérieur et de recherche, institutions scientifiques et réseaux d'entreprises.  

De façon à mettre en perspective les éléments discutés lors de cette conférence, nous porterons enfin notre attention sur les conditions de réalisation de la grande majorité des projets innovants: ceux qui, à défaut d'être soutenus par des financements externes (privés, publics, participatifs - crowdfounding), naissent d'une démarche d'autofinancement et/ou de financement familial.

Intervenants:

  • Rémi Ferrier, Chef de service Développement Industriel Technologique et International à Direccte Midi-Pyrénées.
  • Michel Grossetti, Sociologue, Directeur de recherches au CNRS [LISST-CIEU - UMR 5193], Page personnelle
  • Fabien Nazaret, co-fondateur de la société Aurock, entreprise innovante de conception et de fabrication de pièces techniques en bétons réfractaires.

18 novembre 2014 

17h30 à 19h30

CUFR J-F Champollion - Auditorium 1

Deuxième conférence: L'Open Data comme levier d'innovation ? 

En matière d'innovation, les logiques propriétaires et la culture du secret ont longtemps prévalu. Les bases de données constituées par les administrations publiques comme les informations stratégiques des grandes entreprises ont été jalousement gardées au sein d'un cercle restreint de collaborateurs. Si cette tendance reste toujours d'actualité, on observe ça et là des initiatives contraires qui consistent à mettre à disposition du plus grand nombre l'ensemble des données produites, à faire la lumière tant sur la "boîte noire" des technologies utilisées que sur l'orientation des missions programmées.

Le fait de rendre publiques des données jusqu'alors protégées permet de créer une dynamique de participation élargie à de nombreux contributeurs bénévoles. Ces derniers sont animés par le désir d'améliorer un outil ou un service donné mais également par la volonté de reprendre la main sur la gestion de leur environnement et/ou de leurs pratiques. Les collectifs de contributeurs spontanément constitués vont très rapidement se montrer soucieux de peser sur le devenir du "projet libre" et de proposer différents aménagements et développements utiles. Plus la communauté formée autour de la source informationnelle est grande et plus on est en mesure d'observer les effets de l'application d'une "intelligence distribuée" (ou "sagacité collective") stimulée par les apports croisés d'une myriade de projets et contributions complémentaires. C'est à cette libération des énergies créatives induite par le partage d'informations stratégiques que nous consacrerons cette deuxième conférence.

Différents questionnements traverseront ce temps de réflexion. Le premier d'entre eux consistera à mettre en perspective le mouvement d'ouverture des données avec le cycle des innovations dans le domaine concerné. L'ouverture constitue-t-elle un levier d'innovation d'importance ? Voit-on le nombre d'innovations croître suite à la mise à disposition d'informations libres? Un autre questionnement portera sur la redistribution des rôles au sein des organisations qui se sont prêtées au jeu de l'ouverture. Dans ces organisations, observe-t-on une division du travail sensiblement différente ? Comment les professionnels concernés redéfinissent leur activité à la lumière de cette intervention extérieure? Comment travaillent-ils à créer un espace de coproduction avec la communauté d'usagers des données éditées ? Observe-t-on des formes d'"empowerment" du côté des usagers ?

Si l'essentiel de la conférence portera sur cette dimension créative et collaborative, nous ne passerons pour autant pas sous silence les contraintes propres à ce mode de partage des données. Nous évoquerons notamment le caractère inhibiteur d'un contrôle collégial par trop intensif, d'un examen acéré de la multitude qui peut, à l'occasion, refreiner l'engagement de porteurs de projets innovants.

Intervenants:

  • Eric Le Bris-Rède, Délégué aux relations territoriales en Haute-Garonne pour le groupe La Poste, en charge des questions et projets numériques.
  • Sandrine Mathon, Chef du service Administration, Direction des Systèmes d'Information Mairie de Toulouse | Toulouse Métropole, Membre du Mouvement Open Data France.
  • Matthieu Noucher, Géographe, Chargé de recherches au CNRS [ADESS - UMR 5185]. Page personnelle: http://www.ades.cnrs.fr/spip.php?article803

Le 2 décembre 2014 

17h30 à 19h30

Mines Albi - Amphi d'honneur

Troisième conférence: De la domotique à la ville intelligente 

Du "home smart home" à la "smart city"

Alors que la fin du XXe siècle a vu la domotique acquérir une nouvelle dimension — la maison intelligente prenant enfin forme —, le début du XXIe siècle s'ouvre sur une extension de la domotique à l'échelle de la ville, sur l'avènement de projets innovants portés hors les murs du foyer individuel dans un environnement urbain numérisé, une réalité urbaine augmentée. Ce passage de la maison intelligente à la ville intelligente n'est pas sans poser de multiples questions. Parmi toutes, on retrouve celle de la distribution des responsabilités en termes d'administration de l'espace urbain. Qui doit être aux commandes des différentes fonctionnalités mises en place ? Qui doit opérer ce système technique interconnecté par lequel transitent nombre d'informations stratégiques sur nos pratiques et consommations ? Comment les usagers des équipements et services "intelligents" peuvent contrôler l'activité des porteurs de tels projets ? Quelles garanties leur sont apportés en termes de confidentialité et de respect de la vie privée?

Si l'effet panoptique induit par le monitoring des pratiques citadines est bien évidemment à redouter, il ne faut pour autant pas négliger les formidables opportunités dont recèle le développement de systèmes techniques intelligents à l'échelle d'une ville. En effet, il est important de considérer l'ensemble des bénéfices apportés par la mesure et l'analyse des pratiques urbaines tant en termes de consommation d'énergie, de lutte contre l'insécurité, d'autonomie des personnes isolées qu'en termes de limitation de la surconsommation courante de ressources non-renouvelables. Aussi, l'émergence de ces réseaux urbains intelligents laisse entrevoir une nouvelle façon d'être à la ville, de se déplacer en son sein, de participer à la vie d'un quartier. Quels nouveaux usages naissent suite à la mise en place de ces services numériques plus performants ? En mettant à disposition des citadins des services innovants leur conférant une maîtrise élargie de leur environnement, en augmentant leurs capacités d'observation et d'action quelles transformations cognitives, culturelles et sociales sont à attendre? Nous tenterons d'apporter quelques éléments de réponse à ces différentes questions.

Mais au-delà d'une vision prospective de ce que sera la ville du futur, nous serons également amenés à réfléchir à ce que ces projets futurs disent de notre présent. En effet, penser à rendre une ville intelligente, c'est en premier lieu chercher à la rendre intelligible, c'est-à-dire alimenter le projet d'aménagement numérique de l'habitat avec des éléments de savoir portant sur les conditions contemporaines de l'habiter. C'est en cela que les recherches en géographie comme en sociologie peuvent éclairer les conditions d'élaboration et d'intégration d'un projet innovant de développement du territoire en le mettant en perspective avec les pratiques effectives de ces habitants. 

Intervenants:

  • Eric Campo, Professeur des Universités, Chercheur au LAAS│Adrien Van Den Bossche, Maître de conférences, Chercheur à l'IRIT.
  • Emmanuel Eveno, Géographe, Professeur des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès. Page personnelle
  • Alain Rallet, Économiste, Professeur émérite à l'Université Paris-Sud. Page personnelle

Organisateurs

Le Centre Universitaire Jean-François Champollion [Axe PPES]

  • Cédric Calvignac, MCF Sociologie, Membre du CERTOP [UMR 5044]
  • Mathieu Vidal, MCF Géographie et Aménagement, Membre du LISST-CIEU [UMR 5193]
  • Josselin Tallec, Docteur en Géographie et Aménagement, LISST-CIEU [UMR 5193]

L'École des Mines d'Albi-Carmaux [Mines Albi]

  • Bruno Grano, Adjoint du directeur de la recherche

Entrée libre

Adresses des établissements

CUFR Jean-François Champollion
Place de Verdun
81000 Albi
http://www.univ-jfc.fr/

École des Mines d'Albi-Carmaux
Allée des sciences
81000 Albi
http://www.mines-albi.fr/

Lieux

  • CUFR Jean-François Champollion | École des Mines d'Albi-Carmaux - Place de Verdun | Allée des sciences
    Albi, France (81)

Dates

  • mardi 21 octobre 2014
  • mardi 18 novembre 2014
  • mardi 02 décembre 2014

Mots-clés

  • innovation, technologie, aménagement du territoire

Contacts

  • Cédric Calvignac
    courriel : cedric [dot] calvignac [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Mathieu Vidal
    courriel : mathieu [dot] vidal [at] univ-jfc [dot] fr
  • Josselin Tallec
    courriel : josselin [dot] tallec [at] univ-jfc [dot] fr

Source de l'information

  • Cédric Calvignac
    courriel : cedric [dot] calvignac [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Innovations plurielles », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mercredi 08 octobre 2014, http://calenda.org/302582