AccueilDes printemps arabes à la remise en cause des États

Des printemps arabes à la remise en cause des États

From Arab springs to the questionning of States

Les sociétés civiles face à la résurgence des logiques segmentaires

Civil societies faced with the resurgeance of segmentary logics

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Publié le mercredi 08 octnbre /tr>altertitle">Civiiiiiiiiiiiiipar João Fernandes

Résumé

Ce colloque vise à analyser les processus de remise en cause de l’autorité et/ou de la légitimité de l’État dans cinq pays arabes touchés par ce phénomène : Irak, Syrie, Liban, Libye, Yémen. Il s’agira de comparer les différents processus en cours en les rattachant à un temps plus long et d'identifier dans les racines historiques des processus de construction nationale arabes les causes possibles du délitement des institutions étatiques auquel nous assistons dans les pays considérés, face à la tenue, réelle ou apparente, d’autres pays de la région, où l’Etat s’appuie sur des identités plus anciennes, y compris coloniales, et/ou sur des appareils sécuritaires omniprésents. La démarche s’appuie sur une dimension internationale et interdisciplinaire et s'adresse à l'ensemble des sciences sociales (anthropologie, histoire, sciences politiques et sociologie notamment).

Annonce

Argumentaire 

Les Printemps arabes ont libéré les expressions les plus diverses de la société. Dans certains pays arabes, les revendications en faveur de réformes démocratiques et de droits économiques et sociaux ont ainsi été rapidement investis, voire dépassés, par l’affirmation des identités régionales, tribales et confessionnelles. La réémergence ou l'affirmation de nouvelles logiques segmentaires paraissent avoir affaibli la conception de l’Etat en tant que pouvoir centralisateur, allant jusqu'à contester sa souveraineté., ce qui a eu comme résultat une insécurité plus ou moins grande. Dans certains pays où l’Etat est un héritage direct, dans sa forme, de la politique des mandats (Liban, Syrie et Irak), cet affaiblissement est ainsi allé de pair avec une remise en cause tacite de sa légitimité.

Parallèlement aux logiques de fragmentation, les succès militaires de mouvements se réclamant d'un islam radical témoignent cependant aussi de la capacité de suggestion exercée par un pouvoir théocratique et unificateur au point de vue religieux. En Irak, la revendication d'un califat sunnite devant incarner un islam radical ,s'inscrit dans une logique unitaire exclusiviste (d'un sunnisme abolissant les frontières étatiques, qui joue comme élément fédérateur des identités régionales tout en s'attaquant à la population chiite). Face à cela, la revendication d'un redécoupage territorial sur des bases ethniques et culturelles (Kurdes d'Irak, de Syrie et de Turquie, Berbères de Libye etc.) semblent mal s'accommoder de la préservation de l'unité par la consolidation de gouvernements d'union nationale comme le montre actuellement l'exemple irakien. Les conflits armés, comme les interventions de puissances étrangères concourent ainsi à une recomposition rapide des paysages politiques et des facteurs de mobilisation et d'identité.

En Libye, le discours religieux s'est ainsi conjugué à la pluralité d'allégeances locales, tribales ou régionales consacrant le fractionnement de la société. Le Yémen, quant à lui, est soumis à au moins trois formes de segmentarisation : régionale, tribale et confessionnelle : rébellion huthiste zaydite sur les hauts plateaux du nord, implantation d’Al-Qaïda en Hadramawt au sud, velléités autonomistes d’Aden.

Ce colloque vise à analyser les processus de remise en cause de l’autorité et/ou de la légitimité de l’Etat dans cinq pays arabes touchés par ce phénomène : Irak, Syrie, Liban, Libye, Yémen. Il s’agira de comparer les différents processus en cours en les rattachant à un temps plus long. L’ancrage historique permet, en effet, d’identifier les prémisses d’un phénomène dont les racines remontent à la création d'Etats, au 20ème siècle sur le modèle de l’Etat-nation moderne européen. Le but est de réfléchir ensemble pour identifier dans les racines historiques des processus de construction nationale arabes les causes possibles du délitement des institutions étatiques auquel nous assistons dans les pays considérés, face à la tenue, réelle ou apparente, d’autres pays de la région, où l’Etat s’appuie sur des identités plus anciennes, y compris coloniales, et/ou sur des appareils sécuritaires omniprésents. Cette réflexion nous permettra d’éclairer le sens des crises politiques et des dérives actuelles dans la violence les plus graves que le monde arabe ait jamais connu.

Le colloque serait ainsi le point de départ pour un projet de recherche inédit.

Notre démarche s’appuie sur la dimension internationale et interdisciplinaire de nos recherches et s'adresse à l'ensemble des sciences sociales (anthropologie, histoire, sciences politiques et sociologie notamment). La publication des Actes sera assurée, comme pour notre dernier colloque (Les transitions arabes. La place de l’islam dans les polarisations politiques et confessionnelles, Paris, 26-27 mars /tr>), par Roma TrE-Press. 

Paris - Rome, 29 septembre /tr>

Anna Bozzo (Roma Tre) et Pierre-Jean Luizard (CNRS/EPHE/GSRL)

Le colloque se tiendra à Rome, les 23 et 24 avril /tr5

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les propositions de communication, rédigées en français ou en anglais, d’environ 1500 signes, devront parvenir

avant le 31 octnbre /tr>,

accompagnées d’une brève biographie de l’auteur-e (350 signes environ) aux  deux adresses suivantes :

a.bozzo09@gmail.com

luizardpj@wanadoo.fr 

Les notifications d’acceptation seront envoyées avant le 30 novembre /tr>.

Les chercheurs sélectionnés doivent néanmoins savoir que l’aide financière couvrant les frais de participation  au Colloque peut être proposé à un nombre limité de participants. Aussi,  chaque personne intéressée est invitée à solliciter les financements nécessaires auprès de son Institution de rattachement. N’hésitez pas à nous contacter pour toute question complémentaire. 

Comité organisateur

  • Anna Bozzo  (Roma Tre, GSRL),
  • Pierre-Jean Luizard (CNRS-EPHE, GSRL).
  • Università Roma Tre,Groupe Sociétés, Religions, Laicités (GSRL-EPHE) 

en partenariat avec

  • l’Ecole Française de Rome (EFR),
  • l’Institut Français du Proche Orient (IFPO, Beyrouth),
  • l’Institut de Recherches sur le Maghreb Contemporain (IRMC, Tunis) 
  • l’Institut français d’Italie 

Comité Scientifique

  • Anna Bozzo  (Roma Tre, GSRL) ;
  • Pierre-Jean Luizard (CNRS-EPHE, GSRL) ;
  • Karima Dirèche (IRMC, Tunis) ;
  • François Dumasy (EFR, Rome) ;
  • Myriam Catusse (IFPO, Beyrouth) ;
  • François Burgat (AFEMAM, Aix-en-Provence) 

Lieux

  • Ecole française de Rome - Piazza Navona 62
    Rome, Italie (00186)

Dates

  • vendredi 31 octnbre /tr>

Mots-clés

  • révolution arabe, islamisme, État, religion

Contacts

  • Pierre-Jean Luizard
    courriel : luizardpj [at] wanadoo [dot] fr
  • Anna Bozzo
    courriel : a [dot] bozzo09 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • François Dumasy
    courriel : direction [at] efrome [dot] it

Pour citer cette annonce

« Des printemps arabes à la remise en cause des États », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 08 octnbre /tr>, http://calenda.org/302782