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L'entreprise et les nouveaux horizons du politique

Businesses and the new horizons of politics

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Publié le mercredi 22 octobre 2014 par Elsa Zotian

Résumé

Après avoir souligné, en 2011, « la grande déformation » de l'entreprise par la sphère financière et conclu à la nécessité à la nécessité de reconstruire les cadres théoriques et normatifs opposables à la doctrine dominante, un second cycle de travaux (2012-2014), a engagé cette reconstruction dans quatre directions : une analyse anthropologique et sociologique du contenu même du travail et de ses évolutions, qui le place au centre de la dynamique créatrice de l’entreprise et appelle à réformer l'organisation comme la gouvernance de l'entreprise ; l'étude de nouveaux statuts de société et d’une nouvelle théorie de la « mission créative » de l'entreprise ; un réexamen de la théorie financière de l'entreprise et du comportement actionnarial, à l’aune de l'investissement à long terme ; une réflexion internationale sur une « constitutionnalisation » des grandes entreprises dans leurs rapports avec les États et les citoyens. Ce second cycle de travaux confirme que la question de l'entreprise est au cœur du politique contemporain, un politique qui concerne la reconstruction même d'un monde commun à l'entreprise et à la société.

Annonce

Argumentaire

En associant des personnes au travail, l’entreprise démultiplie leurs capacités d’action, contribue à leur développement et à l’utilité commune. Son ressort principal repose sur le travail et un mode de coordination distinct de celui du marché. Elle forme ainsi un collectif inappropriable où la coopération constitue un potentiel inédit de création collective.

Pour pouvoir exprimer ces potentiels, les cadres juridiques et organisationnels de l’entreprise doivent permettre l’engagement de ses collaborateurs dans un projet commun, notamment par la définition de la « mission » de l’entreprise et par une plus large participation des salariés à la gouvernance et à la définition des orientations de l’entreprise. Elle doit en outre disposer des moyens financiers de long terme nécessaires à son développement. Enfin, des dispositions juridiques adéquates doivent ordonner son activité à l’intérêt général, en tenant compte de l’ensemble des parties prenantes. Cela passe notamment par une démarche de « constitutionnalisation » du pouvoir des entreprises multinationales. Les enjeux correspondants, au sein et hors de l’entreprise, ont une dimension politique qu’il importe de prendre en compte pour permettre à celle-ci d’orienter sa dynamique de création collective au service d'un intérêt vraiment général.

Le programme de recherche « L’entreprise, propriété, création collective, monde commun » mené au département Économie, Homme, Société, du Collège des Bernardins, en partenariat avec l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense (O. Favereau) et MINES ParisTech (A. Hatchuel) a mobilisé une vingtaine de chercheurs de différentes instituions et disciplines pendant deux ans, dans le prolongement du programme 2009-2011 (« L’entreprise, formes de la propriété et responsabilités sociales »).

La présentation des travaux des quatre groupes de chercheurs sera suivie des réactions de répondants académiques et praticiens.

Frais d'inscription

Avant le 30 octobre 2014

  • Plein tarif : 72 euros
  • Tarif réduit (étudiants, doctorants, demandeurs d'emploi, bénéficiaires des minima sociaux) : 21 euros 
  • Gratuit pour les moins de 26 ans, sur place le jour même, dans la limite des places disponibles

Programme

Penser le travail pour penser l’entreprise – Jeudi 6 novembre matin

Sous la direction de A. Bidet (CNRS, Centre Maurice Halbwachs)

L’entreprise est d’abord le lieu où des personnes travaillent ensemble. Or le contenu du travail est assez largement absent de l’espace public et des sciences économiques et sociales. En considérant le travail, son contenu, ses effets sur le travailleur, les ressources personnelles et sociales qu’il mobilise, les tensions et les conflits de normes qu'il implique, on se donne les moyens de penser l’entreprise comme espace de création collective de valeur, de mettre au jour sa dimension politique et de proposer des évolutions pour faciliter le déploiement des potentiels correspondants.

Répondants :

  • François Vatin, Professeur de sociologie à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Pierre Ferracci, Président du Groupe Alpha

Pour une finance au service de l'entreprise – Jeudi 6 novembre après-midi

Sous la direction de S. Rigot (université Paris Nord)

L’économie financiarisée a donné une large place aux marchés avec des conséquences importantes pour les entreprises : raccourcissement des horizons d’investissement et volatilité des titres, mode de rémunération des dirigeants. L’analyse des évolutions correspondantes vise à dégager des propositions concernant les cadres, normes juridiques et modes de fonctionnement de la finance pour assurer aux entreprises le financement long terme dont elles ont besoin pour leur développement.

Répondants :

  • Michel Aglietta, Professeur d’économie, membre du Haut Conseil des Finances Publiques auprès de la Cour des Comptes
  • Thibault de Tersant, Directeur général adjoint Dassault Systèmes

La Société à Objet Social Étendu : repenser les missions de l’entreprise – Vendredi 7 novembre matin

Sous la direction de B. Segrestin (MINES ParisTech)

L’entreprise est aujourd’hui piégée par des impératifs de rentabilité à court terme qui affectent son fonctionnement. Pour restaurer des capacités de création collective, nous explorons une théorie de l’objet social alternatif à la valeur actionnariale et proposons un statut de Société à Objet Social Étendu (SOSE). L’introduction d’un tel statut est de nature à renouveler les théories sur la nature de l’entreprise et ses finalités. Plus généralement, la spécification d’une mission particulière et innovante amène l’entreprise à explorer des territoires encore vierges de normes. Pour encadrer de telles actions « hors normes », la recherche conduit à revisiter d’une part le statut des dirigeants et d’autre part les responsabilités des entreprises dans la mondialisation.

Répondants :

  • Andrew Johnston, Professor of Company Law and Corporate Governance, University of Sheffield
  • Maylis Souque, Secrétaire générale du Point de Contact National français de l’OCDE

Globalisation du système de pouvoir et constitutionnalisation – Vendredi 7 novembre après-midi

Sous la direction de J.-P. Robé et S. Vernac (université de Picardie Jules Verne)

Les entreprises multinationales concentrent des pouvoirs qui échappent largement au contrôle des États. Plus généralement, la globalisation confronte citoyens et États à un problème nouveau qui impose de répondre à la question « comment établir un ordre global alors qu’on dispose de moyens juridiques nationaux ? »

À l’image des constitutions qui régissent les pouvoirs des personnes morales publiques que sont les États, doter les institutions transnationales d’une « constitution » définissant et encadrant les modalités d’exercice de leurs pouvoirs permettrait d’étendre la capacité des juridictions nationales à faire respecter les règles correspondantes.

Répondants :

  • Emmanuel Decaux, Professeur de droit à l’université Panthéon-Assas
  • Christophe Clerc, Avocat General Manager, Pinsent Masons

Table ronde conclusive – Samedi 8 novembre matin

Présentation synthétique des conclusions des travaux et discussion par des responsables économiques, syndicaux et politiques.

Table ronde animée par Antoine Reverchon, Le Monde Économie & Entreprises, avec :

  • Antoine Frérot, Président directeur général de Veolia
  • Agnès Naton, Secrétaire confédérale de la CGT
  • Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle
  • François Villeroy de Galhau, Directeur général délégué de BNP Paribas

Lieux

  • Collège des Bernardins 20, rue de Poissy
    Paris, France (75005)

Dates

  • jeudi 06 novembre 2014
  • vendredi 07 novembre 2014
  • samedi 08 novembre 2014

Mots-clés

  • entreprise, travail, gouvernance, finance, droit des sociétés

Contacts

  • Baudoin Roger
    courriel : baudoin [dot] roger [at] collegedesbernardins [dot] fr
  • Jean-Luc Germain
    courriel : jeanluc [dot] germain [at] collegedesbernardins [dot] fr

Source de l'information

  • Baudoin Roger
    courriel : baudoin [dot] roger [at] collegedesbernardins [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'entreprise et les nouveaux horizons du politique », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 22 octobre 2014, http://calenda.org/303140