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Turquie, Europe, Méditerranée. « Un destin commun » ?

Turkey, Europe, Mediterranean: "A shared destiny"?

Interactions culturelles dans une optique comparative à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle

Cultural interactions from a comparative perspective from the late 19th century to the present day

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Publié le lundi 27 octobre 2014 par João Fernandes

Résumé

Depuis la conquête ottomane de Constantinople (1453), les relations et les représentations partagées entre l’Europe et la Turquie ont étés nombreuses. A travers une approche interdisciplinaire, la revue Diacronie envisage une étude comparative des représentations culturelles, linguistiques et ethno-religieuses développées dans le domaine turco-ottoman, en Europe et dans la région méditerranéenne, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. La méthodologie comparative permettra d’examiner les réseaux de diffusion et de circulation de la connaissance aussi bien que les questions liées à la langue turque et à son évolution historique, à la littérature et à la traduction, à la géographie et à la cartographie ainsi qu’aux différentes expressions artistiques.

Annonce

Argumentaire

 Depuis la conquête ottomane de Constantinople (1453), les relations et les représentations partagées entre l’Europe et la Turquie ont étés nombreuses. Il ne s’agit pas seulement d’échanges concernant des questions politiques et militaires mais comptaient également les aspects économiques, commerciaux et culturels. De nombreuses études ont déjà été publiées à ce sujet, analysant les relations culturelles entre la Turquie et l’Europe, les influences réciproques dans différents domaines comme le théâtre, la littérature et les arts. En outre, nombre d’historiens se sont consacrés à l’étude de la représentation européenne des Turcs et de leur culture[1]. Un imaginaire, en constante évolution à partir de la deuxième moitié du XVème siècle, qui encore aujourd’hui influence les dynamiques politiques et culturelles entre la Turquie et l’Europe. La politique du parti d’inspiration islamique AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi) et la dure répression des derniers soulèvements sur le territoire turc – tels que les évènements de Gezi Park – ont, en effet, relancé le débat sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne et sur la légitimité de la participation des Turcs à la culture occidentale. Dans ce contexte, qui s’enrichie constamment de nouveaux aspects et de nouveaux thèmes de recherche, n’a pas été souvent prise en compte l’autre face de la médaille : la représentation turque de l’Europe. Si les représentations européennes des Turcs ont étés nombreuses, il existe toutefois une représentation turque de l’Europe et de la Méditerranée. Les études produites dans le domaine turco-ottoman[2] démontrent d’ailleurs qu’il y a eu un intérêt très spécifique à l’égard du monde chrétien.

Récemment, de nombreux spécialistes ont déclaré partager l’opinion de Fernand Braudel qui a écrit que «the Turkish Mediterranean lived and breathed with the same rhythms as the Christian, [et que] the whole sea shared a common destiny»[3]. Cette affirmation valorise l’aire Méditerranéenne comme un lieu privilégié de carrefour, favorable à l’ interaction et la renégociation identitaire entre les différents acteurs méditerranéens[4]. Dans cette nouvelle approche dialogique, il faut souligner la naissance d’études issues de contextes ne provenant pas de l’Europe occidentale, en mesure de dépasser la traditionnelle contraposition entre Turcs et Chrétiens. Cette perspective remet en question l’existence d’une séparation nette entre Orient et Occident et oblige les spécialistes à repenser les contacts culturels, politiques et religieux en Méditerranée.

Si l’on compare les récentes études d’histoire moderne focalisées sur la Méditerranée avec les études contemporaines, il apparait que ces dernières se sont principalement concentrées sur les relations et les échanges culturels qui ont eu lieu entre la République turque et les pays d’Europe du Nord, ne tenant compte que des mouvements migratoires vers l’Allemagne, la France et les Pays-Bas ; tandis que les connexions entre la Turquie et les pays Méditerranéens restent quasiment inexplorées. Bien que ces liens soient peu étudiés, les relations entre la Turquie et l’Europe Méditerranéenne permettraient toutefois d’aborder le «Sud» à travers le regard du «Sud». Un outil qui permet de restaurer les interactions de type linguistique, littéraire et artistique – tout en incluant la culture populaire – qui ont pourtant contribué au développement culturel et aux interconnexions sociales en Méditerranée.

A travers une approche interdisciplinaire, la revue Diacronie envisage une étude comparative des représentations culturelles, linguistiques et ethno-religieuses développées dans le domaine turco-ottoman, en Europe et dans la région méditerranéenne, à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle. Le «regard» des autres est donc employé comme clé de lecture pour une réflexion sur l’image des Turcs et de la Turquie.

La méthodologie comparative permettra d’examiner les réseaux de diffusion et de circulation de la connaissance aussi bien que les questions liées à la langue turque et à son évolution historique, à la littérature et à la traduction, à la géographie et à la cartographie ainsi qu’aux différentes expressions artistiques.

Soumettre un article

Les auteurs intéressés à participer au numéro peuvent nous adresser les articles en italien, anglais, français, espagnol ou português (dans l’idéal de 30.000-40.000 signes, espaces, notes et bibliographie compris, et respectant les règles typographiques et les consignes aux auteurs décrites ici: http://www.studistorici.com/proposte-di-contributi/) à l’adresse e-mail: redazione.diacronie[at]hotmail.it.

Merci de nous faire part de votre intention de soumettre une proposition d’article et de nous envoyer un résumé de 500 signes

avant le 1 décembre 2014

Nous vous informerons de l’acceptation ou du rejet de la proposition au plus tard le 31 décembre 2014. La date limite pour l’envoi des articles est le 31 mars 2015.

Comité scientifique

  • Luca Zuccolo, Université Cafoscari Venise;
  • Rosita d'Amora, Université du Salento Lecce;
  • Stefania de Nardis, fondazione per le scienze religiose Giovanni XXIII, Bologna

[1] Parmi les plus récentes publications sur ce thème voir: WHEATCROFT, Andrew, The Ottomans Dissolving Images, London, Penguin, 1993; KURAN-BURÇOĞLU, Nedret (ed), The Image of the Turk in Europe from the Declaration of the Republic in 1923 to the 1990s, Istanbul, ISIS, 2000; SOYKUT, Mustafa (ed), Historical Image of the Turk in Europe: 15th Century to the Present, Political and Civilisational Aspects, Istanbul, ISIS, 2003; ID., Italian Perceptions of the Ottomans: Conflict and Politics through Pontifical and Venetian Sources, Bern & Frankfurt, Peter Lang, 2011; MATAR, Nabil, Turks, Moors and Englishmen in the Age of Discovery, New York, Columbia University Press, 1999; MESERVE, Margaret, Empires of Islam in Renaissance Historical Thought, Cambridge Mass and London, Harvard University Press, 2008; ÇIRAKMAN, Aslı, From the ‘Terror of the World’ to the ‘Sick Man of Europe’- European Images of Ottoman Empire and Society from the Sixteenth Century to the Nineteenth, New York, Peter Lang, 2004; BISAHA, Nancy, Creating East and West: Renaissance Humanists and the Ottoman Turks, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2004.

[2] FIRGES, Pascal W., GRAF, Tobias P., ROTH, Christian, Well connected domains, Heidelberg University, and Gülay Tulasoğlu, Hacettepe University, Ankara, 2014; TEZCAN, Baki, “The ‘Frank’ in the Ottoman Eye of 1583”, in HARPER, James G. (ed) The Turk and Islam in the Western Eye (1453-1750): Visual Imagery before Orientalism”, Farnham, Burligton  Ashgate, 2011. Si vedano inoltre: HAARMANN, Ulrich W. “Ideology and History, Identity and Alterity: the Arab Image of the Turk from The Abbasid to Modern Egypt”, in Middle East Studies, 20 (1980), pp. 175-196; SCHIMMELPENNINCK VAN DER OYE, David, Russian Orientalism: Asia in the Russian Mind from Peter the Great to the Emigration, New Haven, CT and London, Yale University Press, 2010.

[3] Préfaction à l’édition anglaise de BRAUDEL, Fernand, The Mediterranean and the Mediterranean World in the Age of Philip II, 2 vol., New York, Harper&Row, 1972, I, p. 14.

[4] Identity and Religion in the Medieval and Early Modern Mediterranean, special issue of Journal of  Medieval and Early Modern Studies, MARTIN John J. (ed), 41, 3 (2011); HAMILTON, Alastair, VAN DEN BOOGERT, Maurits H., WESTERWEEL, Bart (eds), The Republic of Letters and the Levant, Leiden, Brill, 2005; ROTHMAN, Natalie E., Brokering Empire. Trans-Imperial Subjects between Venice and Istanbul, Ithaca, New York, Cornell University Press, 2012; KRSTIĆ, Tijan, Of translation and Empire. Sixteenth-century Ottoman Imperial Interpreters as Renaissance go-betweens, in WOODHEAD, Christine (ed) The Ottoman World, London and New York, Routledge, 2012, pp. 130-142.

Dates

  • lundi 01 décembre 2014

Mots-clés

  • Turquie, Europe, Mediterrannée

Contacts

  • Luca Zuccolo
    courriel : redazione [dot] diacronie [at] hotmail [dot] it

Source de l'information

  • Luca Zuccolo
    courriel : redazione [dot] diacronie [at] hotmail [dot] it

Pour citer cette annonce

« Turquie, Europe, Méditerranée. « Un destin commun » ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 octobre 2014, http://calenda.org/303317