Accueil Les formations sociales en transformation : l'affaire de tous ?

Les formations sociales en transformation : l'affaire de tous ?

Social training in transformation: everybody's business?

Biennale UNAFORIS 3e édition

UNAFORIS biennial, 3rd edition

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Publié le mercredi 29 octobre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Dans un contexte de plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale d’une part et dans la suite des États généraux du travail social d’autre part, il s’agit de questionner et d’analyser les transformations des formations sociales. L’hypothèse selon laquelle la diversification des acteurs et des organisations impliqués dans la conception, la réalisation et l’évaluation des formations sociales participe de leurs transformations sera particulièrement travaillée. Les formations sociales, du niveau V au niveau I et tout au long de la vie, sont-elles ou deviennent-elles réellement l’« affaire de tous » ? C’est ce que nous proposons d’étudier.

Annonce

Argumentaire

En alternant conférences, tables rondes, ateliers, posters et forums d’échange d’expériences de formation, en amenant la comparaison avec d’autres logiques et d’autres cadres nationaux, la biennale 2014 vise à produire le croisement d’analyses entre différents espaces sociaux afin de mettre à l’épreuve cette hypothèse.

Les personnes ou groupes amenés à bénéficier de l’intervention sociale, à quelque moment de leur vie, sont appelés à participer à l’élaboration et à la mise en œuvre de leur propre devenir. Elles sont aussi invitées à concourir au fonctionnement des institutions et établissements sociaux dont elles sont utilisatrices. Les évolutions législatives de ces dernières années, en particulier le texte de 2002 rénovant l’action sociale et celui de 2007 réformant la protection de l’enfance, ont ainsi instauré une relation nouvelle entre bénéficiaires et institutions sociales. Dans cet esprit, les établissements de formation sont interpellés, aux niveaux éthique et pédagogique, sur l’intérêt et le bien fondé d’une participation (individuelle, collective ou associative) de ces personnes aux parcours de formation des intervenants sociaux.

Dans le même temps, le constat est fait d’un important « non accès aux droits » (travaux de l’ODENORE). Des publics potentiels de l’intervention sociale en sont ainsi durablement éloignés. Comment les formations initiales et continues pourraient-elles constituer des lieux et des moments pour appréhender, le plus directement possible, l’hétérogénéité de ces situations et demandes ?

Les établissements employeurs élargissent leurs offres et les « usagers » de l’intervention sociale ne sont plus aujourd’hui seulement des publics vulnérables en situation précaire. Il s’agit aussi de parents de classe moyenne confrontés aux difficultés éducatives de l’enfance et de l’adolescence, de personnes âgées économiquement privilégiées souhaitant un accompagnement médico-social de qualité, de parents de jeunes enfants à la recherche de structures d’accueil ayant un projet éducatif innovant.... Comment les travailleurs sociaux sont-ils préparés à ces types d’intervention ? Comment lesemployeursparticipent-ils, au sein des formations, à la compréhension de ces demandes ?

On assiste également à un brouillage des places entre des étudiants voire des formateurs qui peuvent être aussi « en insertion », « en grande précarité », « porteurs d’un handicap », « en situation familiale difficile » et de ce fait, connaître un double statut d’aidant et d’aidé

Les modes d’intervention se diversifient et se spécialisent dans les institutions comme au domicile des personnes, sous des modalités individuelles ou collectives, sur des territoires ou pour des objets précis. Comment les acteurs impliqués dans ces évolutions (représentants des collectivités locales par exemple) participent- ils à la formation des intervenants sociaux ?

Les professionnels du travail social ne sont plus seuls à occuper leur champ de pratique traditionnel. Ils sont confrontés, de façon croissante, à la présence d’autres intervenants sociaux formés selon d’autres modalités pour intervenir auprès d’un public lui-même plus diversifié. Ils ont à composer ensemble, se coordonner, coopérer autour du projet d’une personne, d’un groupe ou sur un même territoire d’intervention. Certains intervenants sociaux diplômés d’Etat travaillent eux-mêmes aujourd’hui sous statut libéral, nouveauté qui interroge autant les formateurs que les employeurs.

Ces évolutions impliquent des recompositionsdesprofessionnalités, notamment avec l’usage de référentiels professionnels (compétence, activité) et de formation qui spécifient les métiers tout en les décloisonnant. Les formations supérieures gagnent en importance (le Caferuis a été créé en 2004) et la présence du management et de la gestion se fait plus prégnante. Ce faisant, passerait-on d’une logique de métier à une logique de compétence professionnelle ?

Différentes expérimentationspédagogiquesprennent en compte ces transformations, par exemple à travers des projets de groupes d’étudiants appartenant à différentes filières ou en co-animant des sessions entre formateurs et personnes en situation de grande précarité, ou entre formateur et dirigeant d’une collectivité territoriale, ou un bénévole, etc. Des personnels diversifiés des établissements de formation n’ayant pas le statut de formateur prennent de plus en plus place dans les activités pédagogiques comme les documentalistes, les administratifs par exemple.

En formation initiale et continue, les organisations sociales et médico-sociales sont devenues des « sites qualifiants », lieux de formation et d’évaluation qui impliquent les professionnels déjà en poste dans les processus de professionnalisation. La Validation des Acquis de l’Expérience renforce encore cette porosité entre les différents temps de formation et les collaborations entre plusieurs acteurs contribuant à la formation. Au- delà de l’accueil en stage, les professionnels et leurs employeurs participent depuis longtemps à la formation initiale, aux sélections à l’entrée en formation, à l’élaboration des programmes de formation, à la certification en qualité de membres des jurys d’examen. Dans le cadre de l’alternance intégrative, ils participent de la socialisation professionnelle des futurs intervenants sociaux. Avec l’alternance, la professionnalisation de ces métiers de la relation permet une continuité entre établissements de formation et terrains et génère de nouveaux outils et dispositifs.

La formation continue est aussi le lieu privilégié d’une co-construction de formations. Les thématiques de régulation d’équipe, analyse des pratiques, prévention des souffrances professionnelles, sexualité des usagers, pathologies nouvelles, etc. sont autant d’occasion de croisements des acteurs.

Les différents lieux de formation (établissements de formation en travail social, universités et autres organismes de formation …) sont pris dans d’importantes transformations organisationnelles. Des regroupements d’établissements de formation en travail social, la construction de plateformes régionales et la mise en œuvre de pôles de ressources régionaux influent ou influeront sur l’organisation et les contenus des formations. Les universités sont également concernées par d’importantes reconfigurations institutionnelles qui impactent également les EFTS. D’ores et déjà des conventions sont passées avec des universités pour des mutualisations avec des parcours de licence (pour les DE) ou de master (pour les formations supérieures) qui renouvellent la relation entre pratique professionnelle et pratique de recherche.

Ces circulations et collaborations sont parfois perçues comme un « brouillage des places » dans lesquelles les différents acteurs doivent sans cesse construire leur légitimité et leur identité au sein de la formation.

Enfin, les transformations à l’œuvre dans les formations s’observent dans l’usage des technologies de l’information et de la communication, avec de nouveaux acteurs, de nouvelles compétences et de nouvelles postures pédagogiques.

Acteurs ou observateurs de ces transformations, les professionnels, formateurs,chercheurs, employeurs et usagers réhabilitent, développent ou s’adaptent à des pratiques de formation et de recherche susceptibles de répondre à ces nouvelles donnes. Il existe ainsi une actualité professionnelle et scientifique de la recherche collaborative ou participative, de la recherche-action, de l’enquête participation, des dispositifs d’analyse des pratiques… Il est aussi question de « recherche professionnelle ».

Programme

Mercredi 19 novembre 2014

08h30 - 09h15 : Accueil des participants

09h15 - 09h45 : ouverture

  • Pierre Gauthier, Président de l'UNAFORIS
  • Patricia Adam, Députée du Finistère (sous réserve)

09h45 - 10h15 : Les enjeux professionnels et scientifiques de la Biennale, Gilles Monceau, Président du Comité scientifique, Professeur en Sciences de l’éducation - EMA, Université de Cergy-Pontoise 

10h15 - 11h30 : Table ronde axe 1 : Quels acteurs, comment, pourquoi ?

Animatrice : Yvette Molina, Responsable de formation - Institut de formation sociale des Yvelines (IFSY)

Les intervenants donneront leur point de vue sur la base des questions suivantes : Comment, dans leurs spécificités respectives, les différents acteurs de la formation collaborent-ils aux formations initiale et continue, Quels enrichissements, quels savoirs et expertises apportent-ils ?

L’animateur devra interroger le bénéfice de cette diversification pour la formation des étudiants, voire pour les bénéficiaires de l’intervention sociale.

  • Hélène Béroard et Saïd Dru, Bureau des étudiants - IFMES Martinique
  • Daniel Carlais, Directeur général - Sauvegarde des Bouches-du-Rhône
  • Claude Ferrand, Fondateur du réseau Croisement des savoirs - Association ATD
  • Christophe Verron, Docteur en sociologie - LABERS Brest, Formateur en travail social - ARIFTS Nantes

11h30 - 12h15 : Remise du Prix des Mémoires Santé Social 2014 et présentation des travaux par les lauréats par 

  • Pierre Gauthier, Président de l'UNAFORIS,
  • Marcel Jaeger, Professeur titulaire de la Chaire de travail social et d’intervention sociale au Cnam, co-organisateur du Prix,
  • Brigitte Bouquet, Présidente du jury, Professeur émérite au Cnam

En présence de membres du jury et des co-organisateurs : DUNOD, la Gazette Santé-Social, Prisme et la MAIF

12h15 - 13h45 : Buffet sur place

13h45 - 15h15 : ATELIERS ET FORUMS

15h30 - 16h45 : conférence : Transformation des formations sociales et emprise des savoirs situés, Bertrand Ravon, Professeur de sociologie - Centre Max Weber, Université Lyon 2

Modérateur : Gilles Monceau, Président du Comité scientifique

 16h45 - 18h00 : Table ronde axe 2 : quelle transformation des pratiques, outils et dispositifs de formation ? 

Animateur : Philippe Hirlet, Responsable du département recherche - IRTS de Lorraine

Les intervenants donneront leur point de vue sur la base des questions suivantes :

Des innovations pédagogiques sont mises en oeuvre dans les formations sociales (formation ouverte et à distance par exemple) et des dispositifs plus anciens font l’objet de nouvelles expérimentations (alternance par exemple). Quels sont aujourd’hui les enjeux de ces transformations pour les formateurs, les employeurs et les chercheurs ? Quels sont les apports de ces pratiques, outils et dispositifs pour les personnes en formation, pour les différents acteurs intervenant dans cette formation et finalement pour les bénéficiaires ?
L’animateur interrogera tout particulièrement les processus d’individualisation et de professionnalisation impliqués dans ces transformations.

  • Etienne Weber, Chargé de mission FOAD - IRTS PACA Corse
  • Marc Fourdrignier, Sociologue - CEREP - Université de Reims Champagne-Ardenne
  • Laurent Pachod, Chargé de mission - Association Le Gai Logis

 18 h 00 - 22 h 00 : Cocktail dînatoire et festif

Jeudi 20 novembre 2014

08h30 - 09h00 : Accueil des participants

09h00 - 10h15 : conférence

Quels enjeux actuels de la transformation des formations sociales au Canada ? Alexandra Wright, Directrice générale - Association Canadienne pour la Formation en Travail Social, Docteure en Travail Social et en Philosophie

Modérateur : Gilles Monceau, Président du Comité scientifique

10h30 - 12h00 : ATELIERS

15h00 - 16h15 : Table ronde axe 3 : Quelle prise en compte des contextes et enjeux (professionnels, institutionnels, sociaux, économiques, politiques…) dans les transformations des formations sociales ? 

Animatrice : Anna Rurka, Maître de conférences en Sciences de l’éducation -Université Paris Ouest Nanterre la Défense

Les intervenants donneront leur point de vue sur la base des questions suivantes :

Quels sont les effets, sur les formations sociales, des transformation des politiques sociales, des nouveaux modes de gouvernance, des modes de financement et d’évaluation, des nouvelles connaissances scientifiques mais aussi des évolutions des caractéristiques et comportements des populations destinataires de l’intervention sociale ?

Inversement, sera interrogée la manière dont les formations sociales préparent, elles-mêmes, des évolutions sociétales, participent du développement social et/ou durable et in fine de la transformation des pratiques professionnelles ?

  • Laure Lechatellier, Vice-présidente en charge de l’action sociale, des formations sanitaires et sociales, de la santé et du handicap - Conseil régional Île-de-France
  • Dominique Blin, Directrice Enfance, insertion et famille - Conseil Général de la Côte d’Or
  • Fabienne Maillard, Professeure en Sciences de l’éducation - Université de Lille 3

16h15 - 16h30 : Synthèse de la biennale : Françoise Tschopp, Professeure à la Haute école de travail social - HES-SO, Genève, Présidente de l'Astural, actions éducatives et pédago-thérapeutiques

16h30 - 17h00 : clôture

  • Ségolène Neuville, Secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion
  • Stéphane Doutrelon, Président du Comité de pilotage de la Biennale
  • Pierre Gauthier, Président de l'UNAFORIS

Catégories

Lieux

  • Eurosites - 27 rue Godillot
    Saint-Ouen, France (93)

Dates

  • mercredi 19 novembre 2014
  • jeudi 20 novembre 2014

Mots-clés

  • pauvreté, inclusion, formation

Contacts

  • Nathalie BOURGUET
    courriel : nathalie [dot] bourguet [at] unaforis [dot] eu
  • Yvette Molina
    courriel : yvette [dot] molina [at] ehess [dot] fr
  • Gilles MONCEAU
    courriel : gilles [dot] monceau [at] u-cergy [dot] fr

Source de l'information

  • Gilles MONCEAU
    courriel : gilles [dot] monceau [at] u-cergy [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les formations sociales en transformation : l'affaire de tous ? », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 29 octobre 2014, http://calenda.org/303358