AccueilLe transept et ses espaces élevés dans l'église du Moyen Âge central

Le transept et ses espaces élevés dans l'église du Moyen Âge central

The Transept and its Upper Levels in the High Medieval Church

Pour une nouvelle approche fonctionnelle (architecture, décor, liturgie et son)

Towards a New Functional Approach (Architecture, Decor, Liturgy and Sound)

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Publié le jeudi 30 octobre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

Le colloque organisé conjointement par l’université catholique d’Angers (faculté des Humanités) et l’université de Lausanne (section d’histoire de l’art) a pour objectif d'observer de manière accrue les espaces du transept et de se pencher sur leur(s) relation(s) avec le chœur / cœur de l’église. Ces deux journées internationales et interdisciplinaires visent à réunir les résultats, souvent épars, de recherches passées et en cours. Basées sur l’échange entre spécialistes de différents domaines, elles se termineront pas une table-ronde qui permettra de faire un bilan des communications et d'approfondir les échanges en vue de lancer de nouvelles pistes de recherche.

Annonce

Argumentaire

Les études de Carol Heitz sur les avant-nefscarolingiennes ont montré que cet espace, dont l’étage communique avec la nef par de larges tribunes, avait une fonction liturgique, généralement associée aux fêtes de Pâques. De la même manière, dès le deuxième quart du Xe siècle, la réforme définie par Gorze et Fleury, en touchant au domaine de la liturgie, nécessitait la reconstruction ou la transformation des églises : c’est ainsi que des chapelles sont nouvellement aménagées ou agrandies à l’ouest et à l’est de l’édifice.

Ouvrant en tribune sur la nef et le chœur, ces espaces liturgiques des églises réformées étaient destinés à accueillir, lors de célébrations dont la nature exacte n’est pas toujours connue, une partie du chœur des moines qui répondaient par leurs chants au reste de la communauté rassemblée en contrebas. Cette typologie architecturale, commune aux nombreuses églises – abbatiales mais aussi cathédrales – qui ont rejoint le vaste mouvement réformateur, n’a pas été adoptée partout : dans les églises clunisiennes, les tribunes sur transept sont ainsi généralement absentes.

Concernant les espaces élevés du transept, dont la fonction n’est d’ailleurs pas nécessairement cultuelle (Cuxà), on a pu constater que s’ils communiquent parfois avec le reste de l’église (Saint-Chef), ils peuvent également s’en trouver isolés (Aoste). Dans certains cas, et notamment dans  les églises où les espaces élevés du transept sont particulièrement développés et ouverts (ex. Bayeux), on ne peut écarter la possibilité d’une utilisation laïque, les tribunes servant ainsi de mise en scène du pouvoir. 

Au cours du Moyen Age central, le développement de l’espace oriental des églises, qui se manifeste par un chœur agrandi encadré de longs bras du transept où se multiplient les chapelles latérales, parfois dédoublées sur la hauteur, coïncide avec l’abandon – total ou partiel - du pôle occidental, l’est accueillant parfois, comme à Saint-Remi de Reims ou à la cathédrale de Rouen, des fonctions liturgiques traditionnellement dévolues à l’ouest. Ce phénomène d’hyper-sacralisation de la partie orientale des églises, déjà perceptible au Xe siècle mais amplifié et encouragé par le mouvement de la Réforme grégorienne, permet d’unifier l’espace ecclésial, de valoriser le lieu eucharistique en concentrant les célébrations liturgiques autour de l’autel majeur, et d’attribuer aux deux communautés, les laïcs et les clercs, des espaces séparés. Un jubé vient ainsi isoler les célébrants, confinés dans le chœur, du reste des fidèles rassemblés dans la nef. Une clôture ou des différences de niveaux permettent parfois d’étendre aux bras du transept le domaine réservé aux clercs.

Comme l'architecture ou la liturgie, le décor peint et/ou sculpté contribue à activer la dynamique ouest-est qui traverse l’édifice ecclésial, mais aussi à valoriser ses parties les plus sacrées : c’est ainsi que la richesse décorative qui caractérise l’espace oriental tranche bien souvent avec le dénuement de la nef des églises. Parallèlement, le décor du transept révèle parfois d'autres types de circulations, tels des parcours transversaux unissant les deux extrémités du transept (ex. Château-Gontier). 

Dans cette perspective, nous souhaitons ici nous interroger sur la manière dont le transept et ses espaces élevés contribuent à la valorisation du sanctuaire, valorisation qui peut se manifester par un décor ou des chants produits à l’étage, et que des tribunes rendent manifeste aux célébrants et fidèles réunis en contrebas.

Cadre et axes de recherche

Les interventions toucheront à la genèse du phénomène à l’époque carolingienne et à son développement au cours du Moyen Age central. Le colloque international ne se fixe aucune limite territoriale : si les espaces élevés du transept apparaissent plus fréquemment dans certaines aires géographiques, leur absence dans d’autres lieux ou contextes peut aussi enrichir la recherche.

Visant à l’interdisciplinarité, tous les spécialistes du Moyen Age sont appelés à intervenir : historiens, historiens de l’art, liturgistes, spécialistes du bâti, archéologues, musicologues, etc. sont invités à apporter leur contribution pour une meilleure compréhension de la fonction des tribunes et des modalités de relations entre ces lieux « périphériques », le centre liturgique et l’édifice ecclésial.

Les chercheurs intéressés peuvent aborder le sujet du colloque suivant plusieurs axes (non exhaustifs) :

  • Typologie des divers aménagements architecturaux de l'espace du transept
  • Place des laïcs et des clercs dans les usages du transept et de ses espaces élevés
  • Les coutumes liturgiques ou cérémonielles associées à ces espaces
  • Les effets de la (les) réforme (s) et de leur liturgie spécifique sur les formes architecturales
  • Le décor en tant que révélateur de la fonction de ces espaces
  • Le décor, le geste et le son en tant que facteurs performants des relations entre les espaces distincts de l'église, entre les différentes communautés regardantes-regardées.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions de communication de 20 min (300 mots maximum, en français ou anglais), accompagnées d’un court CV, sont à envoyer conjointement à barbara.franze@unil.ch et nathalie.leluel@uco.fr

au plus tard le 15 décembre 2014.

Le colloque se tiendra à l’Université de Lausanne les lundi 20 et mardi 21 avril 2015.

Les résultats de la sélection seront communiqués au plus tard le 19 janvier 2015.

Responsables scientifiques

  • Barbara Franzé, Université de Lausanne (Suisse)
  • Nathalie Le Luel, Université catholique de l’Ouest - Angers (France)

Lieux

  • Université de Lausanne
    Lausanne, Confédération Suisse (1015)

Dates

  • lundi 15 décembre 2014

Mots-clés

  • Interdisciplinarité, réforme, transept, tribune, espace élevé, liturgie-architecture, liturgie-décor

Contacts

  • Barbara Franzé
    courriel : barbara [dot] franze [at] unil [dot] ch
  • Nathalie Le Luel
    courriel : nathalie [dot] leluel [at] uco [dot] fr

Source de l'information

  • Barbara Franzé
    courriel : barbara [dot] franze [at] unil [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Le transept et ses espaces élevés dans l'église du Moyen Âge central », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 30 octobre 2014, http://calenda.org/303622