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Engagisme et engagés au cœur des empires coloniaux

Indentured Migrant Labor and Indentured Laborers in the Heart of Colonial Empires

État des lieux et perspectives de recherche, XVIIe-XXIe siècle

State of the field and research perspectives, 17th-21st centuries

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Publié le mercredi 05 novembre 2014 par João Fernandes

Résumé

À mesure que le travail servile, l’esclavage et le commerce d’êtres humains furent débattus, condamnés puis peu à peu interdits par les différentes puissances coloniales et impériales, surgirent des projets prônant le recours à l’engagisme. Ce colloque international a pour ambition de contribuer à dépasser une historiographie de l’engagisme trop souvent cloisonnée par empire, colonie ou groupe d’engagés. Pour cela, il a pour objectif de réunir les spécialistes travaillant sur différentes régions, empires ou colonies, de différentes périodes et problématiques pour permettre de mener des réflexions comparatives, croisées et plus globales sur les multiples questions que soulève l’engagisme, comme par exemple celles de sa « construction » ; de la circulation des législations, des savoirs et des personnes au sein des différents empires.

 

Annonce

Ce colloque international s’inscrit dans le cadre des 5èmes Rencontres Atlantiques organisées par le Musée d’Aquitaine de la ville de Bordeaux et le Centre International de Recherches sur les Esclavages (CIRESC).

Argumentaire

À mesure que le travail servile, l’esclavage et le commerce d’êtres humains furent débattus, condamnés puis peu à peu interdits par les différentes puissances coloniales et impériales, surgirent des projets prônant le recours à l’engagisme. Il s’agissait d’introduire des travailleurs extérieurs de statut juridique libre, ayant avant leur départ conclu un contrat les engageant à travailler pour un employeur dans la colonie d’arrivée pour une période déterminée de plusieurs années. Fortement inspirés par l’engagisme mis en place aux Amériques dès le XVIIe siècle, ces projets s’en distinguent, notamment en ne s’adressant quasi-exclusivement qu’à des populations non-européennes. Le recours à ce nouveau type de main-d’œuvre – des migrants non-européens sous contrat d’engagement - ne cessa de prendre de l’ampleur tout au long du XIXe siècle et perdura jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale.

Ainsi, pendant plus d’un siècle, des milliers de travailleurs, hommes, femmes et enfants, quittèrent le continent asiatique et africain pour s’engager soit dans les « anciennes » colonies d’Amérique et de l’Océan indien, parfois avant mais généralement après que l’esclavage colonial y soit aboli, soit dans les territoires nouvellement conquis par les puissances impériales en Afrique, en Asie et dans le Pacifique.

Le départ et plus encore l’arrivée de ces milliers d’engagés eurent un impact énorme tant sur les économies des sociétés coloniales, leurs frontières socio-raciales, leurs cultures que sur les vies des populations locales et celles de ces milliers d’engagés. Impact d’autant plus considérable que pour nombre d’entre eux la migration temporaire devint permanente. Ils marquèrent de façon pérenne leurs sociétés d’arrivée. Leurs héritages et les effets de l’engagisme sont parfois encore saillants de nos jours dans les sociétés post-coloniales.

En comparaison de l’historiographie abondante consacrée aux traites transocéaniennes de captifs, aux esclavages et aux migrations de travailleurs européens du XIXe et XXe siècle, et malgré l’importance de son rôle dans le colonialisme et l’impérialisme, l’engagisme reste peu étudié. Néanmoins, ces dernières décennies de nombreux chercheurs se sont penchés sur ces migrations et sur cette forme de travail. Malgré leur richesse, la majorité de ces travaux reste généralement centrée sur l’expérience d’un groupe spécifique de migrants, défini soit par rapport à son origine continentale ou à son lieu de départ, soit par rapport à sa colonie d’arrivée. Du fait de leur longévité et de leur importance numérique, l’engagisme dans l’Océan indien et l’engagisme indien sont ceux qui ont fait l’objet de la plus grande attention, notamment dans le cadre de l’empire britannique.

Ce colloque international a pour ambition de contribuer à dépasser une historiographie de l’engagisme trop souvent cloisonnée par empire, colonie ou groupe d’engagés. Pour cela, il a pour objectif de réunir les spécialistes travaillant sur différentes régions, empires ou colonies, de différentes périodes et problématiques pour permettre de mener des réflexions comparatives, croisées et plus globales sur les multiples questions que soulève l’engagisme, comme par exemple celles de sa « construction » ; de la circulation des législations, des savoirs et des personnes au sein des différents empires.

Le comité encourage en particulier les propositions de communication qui favorisent les comparaisons, articulent les différentes échelles politiques et spatiales - impériales, coloniales, nationales, locales – ainsi que celles invitant à décentrer le regard en adoptant des approches plaçant au centre de leur démarche les engagés ou leurs descendants.

Axes thématiques

Les thèmes abordés pourront comprendre : la généalogie de l’engagisme, les différentes logiques prévalant au recours à ce type de main-d’œuvre ; les conditions de recrutement ; les liens voire les interconnections entre les migrations d’engagés et les autres types de migrations, la construction des corpus juridiques visant à administrer et contrôler ces travailleurs étrangers mais aussi leurs descendants, les impacts démographiques, économiques, sociaux, culturels et politiques de ces immigrations et de cette forme de travail sur les sociétés d’arrivée et leurs populations, les reconfigurations socio-raciales qui peuvent en résulter ; les motivations des migrants pour s’engager, leurs réactions et/ou stratégies de résistance en colonie ; leurs modalités d’insertion ; la circulation de ces derniers au sein des différentes colonies et/ou empires ; la constitution de diasporas ; les héritages contemporains en abordant par exemple les processus de mémoire, d'oubli, de commémoration, de patrimonialisation et les revendications identitaires de personnes se définissant comme descendantes d’engagés.

Modalités de soumission

Les résumés (de 300 à 500 mots) en français ou en anglais, accompagnés d’un bref CV (une page maximum) sont à envoyer à l’adresse suivante : colloquengagisme@gmail.com 

au plus tard le 14 décembre 2014

Comité organisateur

  • Nathalie Collain (CNRS/CRPLC/CIRESC),
  • Céline Flory (CNRS/Mondes Américains/CERMA/CIRESC),
  • Sophie Fontan (Musée d’Aquitaine),
  • François Hubert (Musée d’Aquitaine) et
  • Katia Kukawka (Musée d’Aquitaine)

Comité scientifique

  • Antonio de Almeida Mendes (Université de Nantes/CRHIA/CIRESC)
  • Laurence Brown (Université de Manchester)
  • Virginie Chaillou (Université de Nantes/CRHIA)
  • Céline Flory (CNRS/Mondes Américains/CERMA/CIRESC)
  • François Hubert (Musée d’Aquitaine)
  • Katia Kukawka (Musée d’Aquitaine)
  • Jean Moomou (Université des Antilles/AIHP GEODE)
  • Alessandro Stanziani (CNRS/EHESS/CRH)
  • Ibrahima Thioub (Université Cheik Anta Diop/CARTE)

Lieux

  • Musée d'Aquitaine - 20 Cours Pasteur
    Bordeaux, France (33)

Dates

  • dimanche 14 décembre 2014

Mots-clés

  • engagisme, engagés, empires coloniaux, indentured migrant labor, indentured laborers

Contacts

  • Céline Flory
    courriel : celflory [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Céline Flory
    courriel : celflory [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Engagisme et engagés au cœur des empires coloniaux », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 05 novembre 2014, http://calenda.org/304657