AccueilDépasser le postmodernisme

Dépasser le postmodernisme

Going beyond postmodernism

La bâtardise comme horizon générique permanent

Bastardy as a permanent generic horizon

*  *  *

Publié le vendredi 31 octobre 2014 par João Fernandes

Résumé

Réfléchir aux genres cinématographiques, c’est bien souvent en proposer la typologie ou les envisager dans une perspective sociologique qui englobe leurs tracés dans le domaine des mass media. Or, ils restent, avant tout, des catégories esthétiques, et c’est en les considérant ainsi qu’on peut comprendre ce qu’ils ont à nous apprendre du cinéma. Dans ce contexte, penser la bâtardise des genres consiste à entrevoir le surgissement de l’autre au sein du même, autant comme une greffe que comme une altération nécessaire, ce qui permet de reconsidérer, dans un autre domaine que celui où il est né originellement, le motif de la survivance (Nacheleben), si important pour Aby Warburg, et, de manière globale, pour la réflexion sur l’art. La journée d’études se propose de réfléchir sur des corpus ou des œuvres isolées, englobant des films comme des séries télévisées, afin d’estimer leur bâtardise et ce qu’elle entraîne comme définitions possibles de l’art qu’ils expriment.

Annonce

Argumentaire

Réfléchir aux genres cinématographiques, c’est bien souvent en proposer la typologie ou les envisager dans une perspective sociologique qui englobe leurs tracés dans le domaine des mass media, en les considérant comme révélateurs de rapports sociaux sous-jacents à l’historique de leur dénomination. Or, les genres sont, avant tout, des catégories proprement esthétiques, et c’est en les considérant ainsi qu’on peut comprendre ce qu’ils ont à nous apprendre d’une « cinématographicité » du cinéma.

On a déjà relevé combien par son principe même – celui d’une standardisation qui se doit de comporter des différences entre des productions aux nombreux traits semblables –, le genre pouvait mimer ce qui amène le cinéma à l’existence. Ce trait définitoire, qui se retrouve dans les visions classiques, maniéristes, baroques, modernes, ou postmodernes, nous aide à concevoir cette différence ou, plutôt, les modalités par lesquelles elle manifeste son écart à travers la répétition qui la rend visible. C’est là qu’intervient l’idée de la bâtardise, héritée de celle défendue par Burckhardt dans sa conception de l’histoire universelle, qui désigne un rapport où les origines elles-mêmes semblent se perdre dans les échos qu’elles ressuscitent au sein d’une forme qui les convoque. Au sein de ce contexte, penser la bâtardise des genres consiste à entrevoir le surgissement de l’autre au sein du même, autant comme greffe que comme altération nécessaire, ce qui permet de reconsidérer, dans un autre domaine que celui où il est né originellement, le motif de la survivance (Nacheleben), si important pour Aby Warburg, et, de manière globale, pour la réflexion sur l’art.

Un colloque international, sur la globalité de la question de la bâtardise cinématographique – « Eloge de la bâtardise au cinéma », organisateurs : P. Ortoli et S. Lefait, CICLAHO, Université de Paris Ouest-La Défense (actes parus chez Cambridge Scholars Publishing, 2012 sous le titre In Praise of cinematic Bastardy) – ayant eu lieu en avril 2011, il nous a paruimportant de le prolonger en nous centrant désormais sur le seul genre cinématographique, car il nous amène à une réflexion engageant la question de la création et donc de son origine. En effet, si les interrogations suscitées par cette approche engagent cette piste ascendante, parler de bâtardise implique bien qu’il serait absurde de poser une première fois d’où tout découlerait. Pour autant, ne pas convenir que chaque genre, par-delà ou plutôt à travers ses modifications permanentes, comporte des fondements transhistoriques, transculturels, transesthétiques, y compris lorsqu’ils se manifestent à l’état fantomatique, apparaîtrait comme peu judicieux. Pour y parvenir, les études comparées entre images – au sens panofskien du mot – constitutives de genres particuliers apparaissent comme une méthode indispensable. Sans doute, à terme, la possibilité d’une véritable recherche iconologique se posera, mais sa nécessité n’empêchera pas d’identifier son résultat comme ce qui, justement, échappe à sa méthode, c’est-à-dire ce qui appartient à la manière même dont les mécanismes de différence inscrits dans la répétition consacrent la part irréductible de la création.

A partir de cette proposition, on peut envisager plusieurs questions :

  • Après la vision postmoderne du cinéma de genre, qui l’a transformé en ruine décorative et vaine, ne faut-il pas penser le prétendu effet-choc produit par des références aux sources hétérogènes (géographiquement, temporellement, artistiquement) comme salutaire, dans la mesure où il nous engage à chercher ailleurs la possible homogénéité des mêmes sources ? 
  • Plutôt que de déplorer la fin des grands récits, ne faut-il pas voir que ces derniers persistent toujours, chez Quentin Tarantino, comme chez David Lynch, Takeshi Kitano, Takeshi Miike, ou Nicolas Winding Refn, mais qu’ils déplacent leurs objectifs sur leurs propres modalités d’existence (narratives et imageantes) ?
  • Enfin, peut-on convenir que cette bâtardise ne commence nullement avec Tarantino, mais qu’elle irrigue une bonne part du cinéma de genre, qu’il soit hollywoodien (les alliances western/film noir ou film noir/comédie musicale), italien (les mélanges western américain/Chanbara/comedia dell’arte), japonais (film policier/science-fiction/Kaiju eiga), français (policier/Yakuza eiga) ou honk kongais (Wu Xia Pian/film policier) ?
  • Cette bâtardise n’est-elle pas consubstantielle au cinéma de genre et aux nombreuses références qui constituent ses propres catégories (l’apport du Kabuki dans le « Kaidan eiga », l’ensemble des diverses sources populaires (chansons, romans, pièces de théâtre) qui ont modifié l’adjectif western pour en faire un substantif, entre autres) ?

La journée d’études se propose de réfléchir sur des corpus ou des œuvres isolées, englobant des films comme des séries télévisées, afin d’estimer leur bâtardise et ce qu’elle entraîne comme définitions possibles de l’art qu’ils expriment.

Programme

9h  Accueil des participants 

09h15 Philippe ORTOLI – Université de Corse/Lesa (AMU)

Introduction 

  • 09h30 Vincent SOULADIÉ – Université Toulouse II Jean Jaurès, L'imaginaire de la catastrophe dans le cinéma hollywoodien des années 30 : naissance et filiations d'un répertoire formel 
  • 10h15 Simon DANIELLOU – Université Rennes 2, Retours d’influence : du western au chanbara en passant par le western spaghetti 

11h  Pause 

  • 11h15 Dominique NASTA –  Université Libre de Bruxelles, Pérennité et transformation d'un genre : proposition pour une rhétorique du mélodrame contemporain 
  • 12h Gaëlle LOMBARD – Paris Ouest Nanterre La Défense, Breaking Bad et The Walking Dead : du film de genre comme élément contaminant 

12h 45  Déjeuner 

  • 14h Vincent BATICLE – Université Paris Diderot, Joe Dante, ou la bâtardise (trans-)générique érigée en principe de création 
  • 14h45 Serge CHAUVIN - Paris Ouest Nanterre La Défense, L'échappée fantastique dans le film noir et le female gothic des années 1940 

15h30 Pause 

  • 15h 45 Pierre ANDRIEU – AMU, Western et film noir : l'alliance prohibée ? 

16h30 Discussion et conclusion de la journée

Intervenants et résumés des communications 

  • Pierre ANDRIEU – doctorant (AMU – LESA)

Western et film noir : l'alliance prohibée ?

En partant de la notion d'« alliance » telle qu'elle se trouve développée dans les écrits de Jean-Louis Leutrat et Suzanne Liandrat-Guigues comme catégorie dynamique permettant de penser l'évolution, ou plutôt, la « modulation », d'un genre, ici le western, il s'agira d'essayer d'éprouver la validité du postulat d'une alliance entre western et film noir dans le cinéma hollywoodien d'après-guerre. Autrement dit, et pour le formuler d'un trait plus incisif, qui permettra à la fois de relier la question susdite à celle plus générale donnant le ton de cette journée d'étude et qui problématisera les enjeux de cette présentation : tenter de penser l'alliance film noir/western pourrait peut-être ouvrir une réflexion autour de la question des alliances, si ce n'est interdites/impossibles, du moins prohibées – au sens de ce qu'il faut tenir éloigné, à distance –, ou, mieux encore, « mal vues » – avec tout ce que l'expression implique aussi de manque de reconnaissance, et de problème d'identification –, de celles qui, passant outre l'institution et/ou le consensus, donnent naissance, quand elles portent leurs fruits, à ce qu'on appelle précisément un bâtard, produit dissensuel d'une alliance plus ou moins ombragée, et souvent entouré d'un parfum, sulfureux, d'illégitimité. 

Doctorant en études cinématographiques en deuxième année au LESA, et par ailleurs étudiant en philosophie, Pierre Andrieux poursuite des recherches sur les croisements génériques dans le cinéma classique hollywoodien des années 1940 et 1950, et plus spécifiquement le western, ainsi que sur la question du figural et de l'excès du visuel au sein du régime représentatif/narratif classique. 

  • Vincent BATICLE – doctorant (Université Paris Diderot)

Joe Dante, ou la bâtardise (trans-)générique érigée en principe de création

Le cinéma de Joe Dante est un cinéma de genre(s) dont les limites s’étendent de l’horreur à la comédie, du fantastique au cartoon. A travers chacune de ses incursions dans un genre donné, Dante développe une approche cinéphile ultra-référencée basée sur un dialogue permanent entre répétition et altération : 

« Si on arrive à prendre ce qui a beaucoup servi – car la nouveauté n’existe pas – et à le rendre neuf, on jette un éclairage sympathique sur les tentatives antérieures. (...) Je considère que je fais des vieux films. Et pour moi, les vieux films sont également neufs. »

Citations, reprises, références, détournements parodiques ou pastiches stylistiques… les films de Dante recèlent d’innombrables procédés transfilmiques qui, loin de ne constituer qu’une cinéphilie de surface, les inscrivent dans l’histoire de leur genre. Ainsi Hurlements se lit-il autant comme un film de loup-garou que comme une réflexion sur les films de loup-garou.

L’œuvre de Joe Dante est bâtie sur une vision du cinéma comme un immense palimpseste. Ainsi, est-ce tout naturellement que Gremlins peut citer aussi bien Orphée que Blanche-Neige et les sept nains et Massacre à la tronçonneuse. Cette hétérogénéité, parce qu’elle fait sens, invite à réfléchir aux limites mêmes de la notion de genre. Dante exporte la bâtardise générique au niveau transgénérique. Ce n’est, de fait, plus seulement le genre, mais bien le cinéma dans son ensemble qui est défini comme bâtard.

Nous nous proposons d’étudier la mise en œuvre de ce principe de bâtardise transgénérique dans l’ensemble du cinéma de Dante. Nous réserverons une place particulière à l’analyse du rapport étroit que celui-ci entretient avec le cartoon – genre qui, basé sur le dialogue entre la répétition de ses propres codes et la relecture de diverses références culturelles, révèle souvent un caractère métadiscursif. 

Ingénieur de formation, Vincent Baticle est doctorant à l’Université Paris Diderot. Durant les cinq dernières années, il y était en charge d’ateliers d’analyse filmique et d’un cours sur l’intertextualité cinématographique. Il a publié différents textes sur ce sujet, s’appuyant sur l’étude du cinéma hollywoodien des années 1980 et 1990 – notamment sur les œuvres de Joe Dante, Robert Zemeckis et Tim Burton. Il s’est également intéressé aux références cinématographiques dans les chansons de Vincent Delerm et Serge Reggiani. L’an dernier, il a consacré un article à l’héritage cinématographique de La Jetée. Vincent Baticle termine actuellement une thèse consacrée à l’étude des films de voyage dans le temps. 

  • Serge CHAUVIN – maître de conférences (Paris Ouest Nanterre La Défense)

L'échappée fantastique dans le film noir et le female gothic des années 1940.

Le film criminel américain des années 1940 est volontiers parcouru par une veine fantastique qui se manifeste tantôt par des dissonances plastiques (The Spiritualist de Bernard Vorhaus, Murder, My Sweet d’Edward Dmytryk) et/ou sonores (Dragonwyck de Joseph L. Mankiewicz), tantôt par des fêlures narratives (Laura d’Otto Preminger, Secret Beyond the Door de Fritz Lang). Si l’hypothèse fantastique est compatible avec les codes du female Gothic, elle irrigue aussi d’autres sous-genres supposés plus réalistes comme le film noir. Par-delà l’hybridation générique, cette tendance renvoie à une conception du fantastique comme mode, voire comme caractéristique ontologique (le « fantastique du cinéma » théorisé par Jean-Louis Leutrat). Mais la dimension hétérogène de telles échappées réaffirme aussi, au cœur même du cinéma classique, l’existence de fictions ouvertes, fondées sur la pluralité des possibles et la rêverie active du spectateur. 

Serge Chauvin est maître de conférences en littérature et cinéma américains à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, où il co-anime le groupe de recherche CICLAHO (Cinéma classique hollywoodien). Il a notamment publié Les Trois Vies des Tueurs. Siodmak, Siegel et la fiction (éd. Rouge Profond). 

  • Simon DANIELLOU – Doctorant / ATER (Université Rennes 2)

Retours d’influence : du western au chanbara en passant par le western spaghetti

La production cinématographique japonaise longtemps divisée en genres très codifiés (jidaigeki, gendaigeki, etc.) voit au tournant des années 1960-1970 le film de sabre dit chanbara (ou kengeki) prendre un virage qualifié par la suite de « crépusculaire ». Ce terme quelque peu sibyllin mérite d’être interrogé et un détour par un genre typique du cinéma occidental, le western, paraît à ce titre particulièrement fructueux. C’est en effet à une sorte de « retour d’influence » du western spaghetti sur le chanbara que l’on assiste alors à l’époque, notamment chez un cinéaste comme Hideo Gosha qui réalise coup sur coup en 1969, Goyōkin, l’or du shōgun et Hitokiri, le châtiment. L’influence, entre autres, « des trois Sergio » (Leone, Corbucci, Sollima) se retrouve non seulement dans les scénarios (tendance à la fresque aux lectures sociales et politiques orientées traduisant une remise en cause des conventions et des valeurs morales du passé) et les trames narratives (flashbacks traumatiques, opposition entre divers personnages principaux, le plus souvent des « antihéros », etc.) mais également dans les choix de mise en scène (longues focales, zooms, cadrages de valeurs extrêmes, montage court, etc.). Or, ce traitement dérive lui-même d’un certain cinéma japonais du début des années 1960, celui d’Akira Kurosawa en tête avec des films tels que Yōjimbō en 1961 ou Sanjū l’année suivante. Dès lors, un autre « retour d’influence » observable entre le western classique américain et celui « crépusculaire » d’un Sam Peckinpah par exemple, avec le western spaghetti à nouveau comme « plaque tournante », se voit éclairé d’une lumière nouvelle. Ainsi, cette évolution organique des genres et de leurs dérivés, partagée par des industries cinématographiques américaines, japonaises et italiennes encore très productives mais luttant contre un déclin inexorable, apparaît exemplaire des mutations perpétuelles des formes filmiques. 

ATER en Études cinématographiques à l’université Rennes 2, Simon Daniellou prépare une thèse sur la représentation des arts scéniques dans le cinéma japonais sous la direction de Gilles Mouëllic. Ses recherches actuelles portent plus largement sur la notion de théâtralité appliquée aux cinémas d’Extrême-Orient. Elles comprennent notamment des travaux sur les films de Hou Hsiao-hsien, Hong Sang-soo, Tsui Hark, Nobuo Nakagawa, Toshio Matsumoto, Yasujirō Ozu ou encore Kenji Mizoguchi. 

  • Gaëlle Lombard – docteure (HAR, Paris Ouest Nanterre La Défense)

Breaking Bad et The Walking Dead : Du cinéma de genre comme élément contaminant.

L’étude des séries télévisées, conçues comme continuation des serials et d’une certaine tradition littéraire (celle du feuilleton) du cinéma, est au centre de cette intervention. Le choix s’est porté sur deux créations récentes qui s’abreuvent à des traditions cinématographiques plus (le film de zombie pour Walkind Dead) ou moins (le film de gangsters mexicain post-westernien pour Breaking Bad) reconnaissables, dans la mesure où elles tirent leur force de la manière dont elles troublent d’autres champs (mélodrame, survival) pour produire leur matière spécifique. La communication (sans s’interdire d’autres échappées dans des processus de bâtardise télévisée, au firmament desquelles trône Twin Peaks) proposera quelques pistes interprétatives autour de ces mises en relations, qu’elle accolera à la première d’entre elles, la série télévisée, enfant illégitime du cinéma.

Gaëlle LOMBARD, docteure en études cinématographiques, a enseigné à l’université Paris 7, Columbia – Reid Hall, Paris – et Rennes 2. Elle fait partie de l’équipe de recherche HAR à l’université de Paris Ouest Nanterre la Défense. Elle est l’auteur d’une thèse sur F.F. Coppola et de plusieurs articles sur le cinéaste. Au-delà, elle travaille sur l’idée d’une poétique des films qui passe par l’étude de corpus divers, pouvant privilégier des genres (la comédie musicale), des réalisateurs (Pedro Almodovar), voire des œuvres polymorphes (Heaven’s gate), sans négliger des perspectives ontologiques plus globales (la figure du spectre). Elle travaille également sur les séries télévisées, comme possibilité d’extension des puissances cinématographiques. 

  • Dominique NASTA – Professeure  (Université Libre de Bruxelles)

Pérennité et transformation d'un genre : proposition pour une rhétorique du mélodrame contemporain

L'intervention se propose d'aborder le  transgénérique par le biais d'une taxinomie des figures rhétoriques assurant la pérennité et la transformation du mélodrame cinématographique, dont la  disparition en tant que genre majeur a été maintes fois annoncée au cours des vingt dernières années, mais qui se porte mieux que jamais.  Dans la lignée des théories d'obédience brooksienne,  on se penchera sur l'usage de l'hyperbole et de la litote dans des films européens contemporains aussi différents et éclectiques que Tabou (Miguel Gomez, 2012), Blancanieves (Pablo Berger, 2012), Suzanne (Katell Quillévéré, 2013) ou encore Mère et fils (Calin Netzer, 2013). Les filiations syncrétiques avec le cinéma muet, l'univers des contes de fées, la dimension opératique ou encore le road movie et la musique folk aboutissent, grâce au recours à des figures  typiquement mélodramatiques, à des effets  thématiques et esthétiques  des plus innovants.  

Dominique Nasta est professeure d’études cinématographiques à l’Université Libre de Bruxelles. Elle a été Professeure invitée aux Universités de Montréal, Liège, Anvers et Bucarest. Elle a publié Meaning in Film (1992), Le son en perspective : nouvelles recherches (2004) et récemment  Contemporary Romanian Cinema : The History of an Unexpected Miracle (2013), ainsi que de nombreux essais et chapitres d'ouvrages collectifs sur les  cinéastes d'Europe de l'Est, les émotions et la musique au cinéma, l’esthétique des Mélodrames muets, Michelangelo Antonioni. Dominique Nasta dirige la collection bilingue, « Repenser le cinéma » aux éditions Peter Lang, qui vient de publier l’ouvrage collectif «Le Mélodrame revisité » (2014) qu’elle a également co-édité. 

  • Philippe ORTOLI – maître de conférence HDR (Université de Corse/LESA (AMU))

Philippe Ortoli est maître de conférences en études cinématographiques HDR à l’Université de Corse et membre du LESA (AMU). Sa recherche porte essentiellement sur les questions esthétiques du classicisme et de la modernité dans le cinéma de genre, ainsi que sur la conception d’une bâtardise cinématographique. Il a également enseigné à Paris VII, Poitiers, Aix-Marseille I et Lyon 2 et est l’auteur de nombreux articles et de quatre ouvrages, dont les plus récents sont Il était une fois dans l’Ouest (Éditions de la Transparence, 2010) et Le Musée imaginaire de Quentin Tarantino (Corlet/Cerf, 2012). Il a également codirigé les actes du colloque In Praise of Cinematic Bastardy (Cambridge Scholars Publishing, 2012). 

  • Vincent Souladié – Docteur (Université Toulouse II Jean Jaurès)

L'imaginaire de la catastrophe dans le cinéma hollywoodien des années 30 : naissance et filiations d'un répertoire formel. 

À travers le spectaculaire du désastre et de la destruction, l'idée serait de montrer combien le régime esthétique du cinéma à grand spectacle se subsume difficilement aux classes génériques préétablies mais se nourrit à des sources multiples et génère surtout des formes et des figures qui irriguent des champs cinématographiques variés. Montrer en somme que l'imaginaire du désastre déborde largement le seul fait du "cinéma-catastrophe" pensé comme genre homogène. J’ai eu l’occasion de m’intéresser à cette question à l’occasion de ma thèse de doctorat, dont un chapitre revenait sur ces années, méconnues je crois, durant lesquelles Hollywood inventa des formes filmiques du chaos qui perdurent encore aujourd’hui. 

Vincent Souladié est docteur en études cinématographiques et chargé de cours à l’Université Toulouse II Jean Jaurès, où il enseigne notamment l’histoire et l’esthétique du cinéma hollywoodien classique. Il y a soutenu une thèse portant sur l’esthétique du cinéma américain après le 11 septembre 2001. Ses recherches portent principalement sur l’identité formelle du cinéma américain contemporain, autour des questions de l’événement, de la catastrophe ou de la défiguration. Il a notamment consacré des articles à ces questions dans les revues Eclipses, Murmures et Entrelacs.

Lieux

  • Salle de colloque 1, Aix-Marseille Université – Centre Schuman - 29, avenue Robert Schuman
    Aix-en-Provence, France (13)

Dates

  • vendredi 14 novembre 2014

Mots-clés

  • bâtardise, genres cinématographiques, séries télévisées

Contacts

  • Philippe Ortoli
    courriel : philippe [dot] ortoli70 [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Philippe Ortoli
    courriel : philippe [dot] ortoli70 [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Dépasser le postmodernisme », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 31 octobre 2014, http://calenda.org/304962