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Séminaire doctoral du laboratoire « conception, territoire, histoire »

Doctoral seminar at the Conception, Territory, History Laboratory

LACTH (2014-15)

LACTH (2014-15)

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Publié le mercredi 05 novembre 2014 par João Fernandes

Résumé

Le séminaire doctoral du LACTH assure le suivi régulier de l'état d'avancement des thèses en cours et le maintien des doctorants dans une dynamique scientifique liée à leurs travaux. Chaque domaine de recherche du LACTH (Conception, Térritoire, Histoire, Matérialité) a en charge une séance spécifique, le plus souvent structurée par la prise de parole d'un chercheur du LACTH, d'un chercheur invité et d'un doctorant. Une séance est associée au Centre d’étude des arts Contemporain de Lille3 (CEAC) et une séance (« Atelier des doctorants ») est consacrée à l'expression collective des doctorants.

Annonce

Programme

19 novembre

14h30 – 18h30, Salle Pierre Eldin

  • Organisation : Frank VERMANDEL (LACTH)
  • Chercheur invité : Pierre CHABARD
  • Doctorante : Florence PLIHON
  • Discutante : Catherine BLAIN (LACTH)

Cette séance est consacrée aux enjeux de l’écriture dans le travail de recherche et vise plus particulièrement à examiner et à confronter différentes formes et figures du texte savant dans les domaines de l’architecture, de la ville et du paysage.

« Raisons d’écrire. Des livres, des architectes »

  • Pierre CHABARD, architecte, historien et critique d’architecture, enseigne à l’ENSA Paris-La-Villette et à l’École spéciale d'architecture

L’architecture ne réside pas seulement dans l’œuvre bâtie. La passion des architectes pour les livres, ceux qu’ils écrivent et ceux qu’ils lisent, en font des objets de recherche tout aussi privilégiés pour l’historien. Ils constituent de véritables instruments d’action qui redéfinissent les relations entre théorie et pratique de l’architecture que l'on peut appréhender non seulement comme des objets en tant que tels mais aussi comme "actants" dans un espace social : Qu’est-ce qu’un livre d’architecte? Relève-t-il d’une forme spécifique ? Qu’est-ce qui le singularise au regard de tout autre catégorie d’ouvrage ? Quelles sont les raisons d’écrire des architectes et quels usages font-ils de leurs livres ? L’historiographie de l’architecture peut ainsi être renouvelée par une histoire sociale et matérielle de la culture architecturale qui combine l’étude des acteurs et des milieux intellectuels ou professionnels avec l’analyse matérielle des livres et de leur circulation.

« L'idée baroque et son usage homologique dans les écrits de Bernard Cache et Greg Lynn »

  • Florence PLIHON, architecte, doctorante au LACTH

Dans les années 1990, le mot baroque resurgit dans les discours sur l'architecture, en lien avec de nouvelles problématiques suscitées par l'arrivée de l'outil informatique. Comment évaluer ce transfert ? Par l'interprétation de l'ouvrage de Gilles Deleuze, Le Pli, Leibniz et le Baroque (1988), deux architectes-théoriciens s'imposent dans cette recherche : Bernard Cache, ancien élève du philosophe, et Greg Lynn, acteur central sur la scène universitaire Est-américaine. Ici, les homologies avec certaines caractéristiques du baroque, que nous définirons, portent au-delà d'une référence littérale et formelle. Au-delà d’une fonction rhétorique ou de figure de style ornementale du discours, le baroque ne se détache jamais d'une tension entre subjectivité artistique et visée universitaire affirmée. Sa réinterprétation devient ainsi porteuse de valeurs. Comment ces architectes construisent-ils leur discours autour et avec le baroque ? Que nous apprend la résurgence baroque au sein du débat théorique et doctrinal qui agite la sphère architecturale dans les années 1990 ?

Catherine BLAIN est architecte, docteur en aménagement et urbanisme (Paris 8, 2001), chercheur et enseignante en histoire architecturale et urbaine. Ingénieur de recherche au LACTH, elle intervient dans le cadre des séminaires de recherche de l’ENSAPL et aussi à l’École spéciale d'architecture. Ses travaux concernent principalement la période d’après 1945 en France, mise en lumière par son exposition L’Atelier de Montrouge. La modernité à l'œuvre (1958-1981) (CAPA, 2008) et réinterrogée aujourd’hui dans le cadre du projet fédératif du laboratoire sur Villeneuve d’Ascq.

Pierre CHABARD est architecte, historien et critique d’architecture, il enseigne à l’ENSA Paris-La-Villette et à l’École spéciale d'architecture. Docteur en architecture (Paris 8, 2008) il est chercheur au laboratoire AHTTEP (UMR Cnrs AUSSER n°3329) où il dirige l'axe "histoire sociale et culturelle des médiations architecturales". Dans ce cadre, il a récemment publié Raisons d’écrire. Livres d’architectes 1945-1999 (avec Marilena Kourniati, Paris : Editions de La Villette, 2013). Contributeur de plusieurs revues (d’A, A10, A+, Abitare, de Architect, L’Architecture d’Aujourd’hui, Les Cahiers du Mnam, Critique d’art, AMC, etc.), il est membre-fondateur de Criticat (www.criticat.fr).

Florence PLIHON est architecte et doctorante au sein du LACTH (ENSAPL, EDSHS). Elle s'intéresse aux transferts entre philosophie et architecture, aux pratiques du langage ainsi qu'aux esthétiques véhiculées par les nouvelles technologies informatiques en architecture. Elle a récemment publié « L'idée baroque et son usage homologique chez Bernard Cache et Greg Lynn », Cahiers Thématiques, n°14, 2014 (à paraître).

Frank VERMANDEL est architecte et HDR. Il enseigne à l’ENSAPL et à la Faculté d’architecture LOCI – Tournai. Membre du Conseil scientifique de l’ENSAPL, il est responsable du domaine conception du LACTH et co-responsable de la revue Cahiers thématiques dont il prépare actuellement le quatorzième numéro : Écrire sur l’architecture, la ville et le paysage. Chercheurs, théoriciens essayistes. Ses travaux et publications portent sur la ville et l’architecture ; ils sont principalement centrés sur l’analyse des formes et des figures de l’écrit en architecture.

17 décembre

« Territoires occupés » salle Pierre Eldin

Domaine Territoire, séance organisée par Isabelle Estienne,

  • Chercheur invité : Clara Sandrini (architecte, docteure et HDR en architecture, chercheur au LRA, maître-assistante à l’Ensa de Toulouse);
  • doctorante : Lina Bendahmane (architecte),
  • doctorantes : Anissa Habane, ingénieur d’étude à Lille 1, doctorante au laboratoire TVES de Lille 1 et Lina Bendahmane, doctorante au LACTH.

Le territoire ne peut se réduire à un espace géométrique, plastique ou purement abstrait. Il est toujours, d’une manière ou d’une autre, occupé par des hommes qui y vivent, en vivent, le traversent, s’y arrêtent, mais il est aussi, et dans le même temps, le résultat ou l’objet des préoccupations humaines. 

25 février

« Spatialités et milieu » (la séance aura lieu exceptionnellement de 10h à 13h) salle Jean Challet

Domaine Conception et séance conjointe avec le CEAC, séance organisée par Anne Boissière et Catherine Grout

Cette 6ème séance commune au Lacth et au CEAC (Centre d’étude des Arts Contemporains de Lille 3) portant sur la notion de spatialité sera consacrée à une approche du milieu par différentes interprétations de la spatialité ainsi qu’à des modalités de transmission. 

  • Introduction « La question du milieu depuis la spatialité straussienne », Catherine GROUT, professeure à l’ens{ap}Lille, chercheure au Lacth

Nous interrogerons la notion de milieu dans l’ouvrage d’Erwin Straus Du Sens des sens en envisageant sa relation avec la spatialité (comment un certain sujet s’éprouve dans et avec son monde). Cela nous amènera à envisager la notion de monde ou de monde environnant, de vivre ensemble et d’être-relié. 

  • « Spatialité et milieu ? », Marie-Pierre LASSUS, musicologue, enseignant-chercheur à l’université de Lille 3 où elle dirige la spécialité « arts et existence » dans le master Arts.

Nous interrogerons les notions de « spatialité »  (ou « sens de l'espace » dans une certaine culture selon la triple acception du mot « sens »: orientation, sensation et signification) ) et de « milieu » (en tant que la relation des humains à leur environnement) comme l'entend la mésologie (science ou étude des milieux humains) en nous appuyant sur notre expérience de musicienne au Jeu d'Orchestre et sur le travail d'écoute mené depuis dix ans avec le théâtre des Sens de Barcelone. 

  • La partition entre cartographie et chorégraphie, ou l’expérience tracée, Mathilde CHRISTMANN, doctorante (5ème année) au LACTH

Cette séance de séminaire sera l’occasion pour moi de revenir sur une expérience importante dans mon parcours de doctorante : l’écriture d’un article en binôme, menée depuis un an avec Elise Olmedo, dont la thèse de doctorat en géographie porte sur les cartes sensibles. La mise en commun de nos documents de nature cartographique et partitionnelle, ainsi que le croisement opéré entre les artistes que chacune investit dans son travail de doctorat, nous a conduit à articuler un questionnement commun autour de ces dispositifs graphiques, portant sur les modalités d’inscription de l’expérience corpo-spatio-temporelle et leur capacité à se faire médiatrices d’un rapport sensible au monde.

Je reviendrai à la fois sur le processus d’écriture à deux, ses difficultés comme sa capacité de stimulation de la pensée, ainsi que sur le développement théorique qui a vu le jour au fil du temps et a su remettre en chantier certains de mes questionnements sur la partition.

Au regard de ce travail et pour le poursuivre, je mettrai nos résultats en résonance avec les réflexions du philosophe pragmatiste américain John Dewey (1859-1952) dans L’art comme expérience (1934). 

Bio-bibliographies

Anne Boissière est Professeure à l’université de Lille 3 où elleenseigne l’esthétique et la philosophie de l’art ; elle est membre du Centre d’Etude des Arts Contemporains qu’elle a dirigé de 2008 à 2012. Elle est l’auteure de l’ouvrage récemment paru Musique Mouvement, Paris, Manucius, 2014. Elle a publié La pensée musicale de Theodor W. Adorno, l’épique et le temps, Paris, Beauchesne, 2011 ; co-dirigé avec Catherine Kintzler Approche philosophique du geste dansé, de l’improvisation à la performance, Presses Universitaires du Septentrion, 2006 ; avec Véronique Fabbri, Anne Volvey, Activité artistique et spatialité, Paris, L’Harmattan, 2010 et plus récemment avec Mathieu Duplay, Vie, Symbole, Mouvement ; Susanne Langer et la danse, éditions De l’Incidence, 2012. 

Mathilde Christmann est doctorante au LACTH, en cinquième année, axe conception, sous la direction de

Catherine Grout, en codirection avec Anne Boissière du CEAC (Centre d'étude des arts contemporains, Lille 3).

Sa thèse porte sur la partition comme outil du processus de création, à partir de la démarche du paysagiste américain Lawrence Halprin (1916-2009). Sur www.projetsdepaysage.fr un article est en ligne relatif à ce travail est disponible : « Croisements paysage / danse / musique : écritures entre composition et improvisation ». Les communications qu'elle a données lors des différentes séances du séminaire doctoral du Lacth sont en ligne sur www.lille.archi.fr, et elle anime un carnet de recherche accueilli par la plateforme Hypothèses, à l'adresse suivante : http://partitions.hypotheses.org. Elle a organisé la première séance de l'atelier des doctorants au LACTH en mai 2014, consacrée aux productions graphiques déployées par les chercheurs dans le processus de construction de leurs recherches. Un compte-rendu de cette séance intitulé "Tracer la recherche en architecture et paysage" est en ligne sur www.lille.archi.fr

Catherine Grout est professeure HDR en esthétique à l’ens{ap}Lille et chercheure au LACTH. Anciennelauréate de la villa Kujoyama (1994-95, Kyôto), elle est membre du réseau Japarchi (Asie - IMASIE, CNRS, Institut des Mondes asiatiques), auteure de LeTramwaydeStrasbourg (Paris, éd. du Regard, 1995), L'Artenmilieuurbain, (Tokyo, Kajima, 1997), Marseille,Beat Streuli, (Arles, éd. Actes Sud,1999), Écouterlepaysage, (Strasbourg, École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, coll. Confer, 1999),Pouruneréalitépubliquedel'art, (Paris, L'Harmattan 2000), Pourdel'artauquotidien,desœuvresenmilieuurbain, (Taipei, éd Yuan-Liou, 2002, édition en chinois simplifié en 2005), LÉmotiondupaysage,ouvertureetdévastation (Bruxelles, La Lettre Volée, 2004), Représentationsetexpériencesdupaysage (Taipei, éd. Yuan-liou, 2009), Lhorizondusujet.Delexpérienceaupartagedelespace (Bruxelles, La Lettre Volée, 2012). 

Marie-Pierre Lassus est musicologue, enseignant-chercheur à l’université de Lille 3 où elle dirige le master Arts et la spécialité « arts et existence ». Professeur invité à l’université de Girona dans le posgrado Langages sensoriels, poétique des sens, poétique du jeu, (séminaire : la poétique de l’imagination)  créé en collaboration avec le théâtre des sens de Barcelone,  elle mène aujourd’hui des recherches sur l’imaginaire et ses effets de vie. Elle a publié en 2010 Bachelard musicien, Presse du Septentrion et elle est, depuis janvier 2012, responsable du programme « Chercheurs Citoyens » : Le jeu d’orchestre. Recherche-action en art dans les lieux de privation de liberté, (Conseil Regional du Nord et Université de Lille 3) qu’elle dirige avec une équipe internationale et pluridisciplinaire et 4 associations de la société civile.

4 mars

« Textures » salle Jean Challet

Domaine Matérialité, séance organisée par Clotilde Felix-Fromentin.

 

Lors de la séance de l’année précédente dédiée au thème « Tectoniques », et notamment aux tectoniques paramétriques, des discussions s’étaient initiées relativement à la problématique esthétique engendrée consécutivement à la mutation numérique des outils de conception et de fabrication.

Nous proposons de les prolonger par la thématique des « Textures ». Celle-ci fait en effet écho aux questionnements que soulèvent actuellement les textures numériques, du fait de leurs caractéristiques plastiques inédites, fluctuantes, protéiformes, évolutives, interactives, … et la difficulté à ce titre d'en rendre compte, ouvrant à de nouvelles façons, lexicales ou analogiques, pour leur étude.

Toutefois, nous soulignons que cette occasion offre de reconsidérer à nouveaux frais la conception de textures non issues, ou moins directement, de ces nouvelles technologies, relativement à des champs affectés par ailleurs par ces qualités incertaines, transitoires, ou indéterminées ; et dès lors peut-être de raviver la compréhension de l'idée même de cette notion comme « être-forme du matériau » (Théorie Esthétique, T.W.Adorno).

Après une introduction générale du contexte, les interventions permettront de balayer le sujet dans des domaines aussi divers que, à l’échelle de l’objet, celui des matérialités textiles augmentées, ou à l’échelle du territoire, celui des moyens de représentation, où le textile se fait ici modèle par sa texture tissée ; mais également de nous éclairer par un état des lieux sur la mutation numérique que l’on évoque du point de vue des usagers et de la matérialité convoquée.

  • « Textures des matérialités augmentés – pour une esthétique de l'imperceptible », Tincuta Heinzel

Tincuta Heinzel est artiste, curatrice, docteure en esthétique et sciences de l’art (Institut Acte, Paris I), chercheure associée au Lab 3 de la Kunsthochschule für Medien de Cologne, ainsi qu’à Nottingham Trent University. Sa recherche porte sur la relation entre art et technosciences avec une attention particulière portée aux textiles réactifs et technologies portables. Elle a publié Art, espace et mémoire à l’ère digitale aux éditions Paidia (Bucarest, 2010) et coordonné le numéro « Phénoménologie des technologies digitales » des Studia Philosophia (no.3/2010). En 2013 elle a été co-curatrice de  l'exposition “Haptosonics” à l'Atelier Nord à Oslo.

Résumé

Nous vivons aujourd'hui dans une époque où la recherche dans le champ des technologies numériques et des sciences des matériaux nous promet de rendre les objets, et implicitement les matériaux dont ces objets sont réalisés, augmentés, capables de plus de performances que ceux traditionnels. En ce sens, nous pouvons parler des matérialités ayant des performances augmentées, des matérialités augmentées. Contrôlés le plus souvent à travers des systèmes électroniques et numériques, les performances de ces matériaux nous confrontent à des sensations augmentées, où les translations entre les différents systèmes des senseurs et des capteurs nous ouvrent l'accès à des nouveaux territoires esthétiques.

Les choses deviennent encore plus complexes dans le cadre des recherches dans le champ des bio- et nanotechnologies, car elles impliquent une nouvelle appropriation de la matière, une appropriation médiatisée à travers des dispositifs de visualisation et de manipulation comme le microscope à force atomique. N'étant pas une matière définie par une accessibilité aux sens communs, nous pouvons ainsi parler d'une matière ayant une esthétique imperceptible.

A partir d’une incursion dans le monde des textiles réactifs et électroniques, nous allons analyser quelles sont les potentialités artistiques et esthétiques des matériaux augmentés. Une attention spéciale sera accordée aux notions de textures visuelles et tactiles.

  • « Du tissu à la texture, les enjeux d’une esthétique des territoires », Philippe Louguet

Philippe Louguet est architecte urbaniste, professeur, membre fondateur et précédent directeur du Lacth, responsable de l’axe territoire (LACTH, ENSAPL). Ses travaux portent autant sur les questions liées au développement paysager et métropolitain contemporain qu’à l’échelle des objets, sur l’imbrication intime du design vis-à-vis de problématiques plus vastes. 

Résumé

Autant la notion de tissu urbain semble neutre, autant on peut penser que ses représentations portent des enjeux esthétiques différenciant nettement celles du géographe et celles de l’architecte.

Dans mon travail sur la ville, j'ai employé la notion de tissu (urbain) aux côtés des deux autres notions de réseau et nappe et pour l'en distinguer: (ville tissu, ville réseau, ville nappe). Ces notions ont permis une évaluation de postures, de projets, de situations.

Mais, au-delà de l’évaluation, il m’a semblé plus productif de s’écarter de ces notions vers une problématique plus vaste qui concerne aussi bien la gouvernance que l'espace physique, à travers ce que j'ai nommé une "esthétique des territoires", mettant en jeu l'architecture et le paysage comme outils de conception répondant aux enjeux territoriaux.

A l’occasion de ce travail, qui met en jeu les modes de représentation de l’architecte, il est apparu que le recours aux outils issus de la Renaissance, telle que la perspective plongeante, laissait place désormais à des outils cartographiques, dans lesquels probablement l’outillage architectural se distingue désormais de celui du géographe essentiellement par les textures employées.

  • « SUG.AR (Sciences United for the Good of Architecture) », Vincent Gouezou

Vincent Gouezou est architecte, enseignant à l’ENSAPL et à l’école centrale de Lille, et doctorant au LACTH, ENSAPL en co-encadrement avec l'équipe Mint (Man Machine Interaction) du LIFL, Lille I. En 2010, il a intégré le CNRS pour une mission d’accompagnement et d’aide à la mise en œuvre d’un projet scientifique interdisciplinaire sur le thème des Sciences et des Cultures du Visuel (SCV). Depuis 2014, il mène une recherche financée par une bourse CIFRE de l’ANRT au sein de l’Agence Nicolas Michelin et Associés (ANMA). 

Résumé

La thèse SUG.AR aborde les évolutions des outils informatisés de conception architecturale comme objet d’étude. Ces outils ont bouleversé la conception en permettant l’augmentation de la qualité et de la quantité des tâches traitées par les architectes, et ils la bouleverseront encore, à l’image des changements annoncés pour la prochaine étape du BIM. Contrevenant à cette tendance  « productiviste » de l’informatique en architecture, l’objectif de la thèse est de se recentrer sur les usagers en impliquant les architectes dans l’élaboration de leurs propres outils. Ainsi l’accent sera mis sur le rapport psycho-physique liant l'opérateur et la machine (quelles nouvelles interfaces entre l'homme et la machine?), approche relevant du domaine de l’IHM (Interactions Hommes-Machines). En complément de l’IHM, les sciences cognitives seront sollicitées car leurs récentes avancées peuvent améliorer notre approche IHM ainsi que nos connaissances de la conception architecturale (cognition spatiale, maîtrise du dimensionnement et de l’échelle, dessin et représentation etc.) (O’Keefe 2014. Nobel de médecine pour ses recherches sur les cellules de lieux). Pour illustrer l’intérêt d’un tel rapprochement entre ces trois domaines, il sera fait état de recherches sur les procédés d’extraction de modèles 3D sur la base d’esquisse à la main (Singh, Mc Rae, Bousseau, Xu, 2014). L’approche interdisciplinaire devra ainsi permettre d’atteindre des connaissances du domaine de la conception architecturale informatisée inaccessibles autrement (idéalement ce rapport entre disciplines ne devrait pas être ancillaire mais mutuellement profitable. L’Architecture pourrait-elle à son tour aider l’IHM et les sciences cognitives dans leurs recherches ? ).

Au sein d’ANMA, nous travaillons à identifier des tâches de conception architecturale significatives qui, par leur étude, permettraient  de mieux  comprendre les enjeux et d’identifier un verrou scientifique et/ou technique. Actuellement, l’implémentation du BIM au sein d’ANMA conduit naturellement à positionner notre recherche en fonction du BIM, dans une approche à la fois critique (surdétermination précoce en phase de conception) et constructive (aider à une meilleure coopération entre architectes et non-architectes).

L’état de l’art exécuté actuellement dans les domaines de l’informatique dédié à l’architecture a permis de faire une veille sur les avancées produites dans des structures de recherche de premier plan (MIT, ETH de Zurich, TU Munich, etc.) sur des sujets liant matérialité et informatique.

1er avril

14h30-18h00, Salle Pierre Eldin

« Sans archives, pas d’histoire ? Enquêtes d’architectures du 20e siècle » salle Jean Challet

Domaine Histoire, séance organisée par Catherine Blain.

  • Chercheure invitée : Florence Wierre (historienne, chercheure Lacth) ;
  • discutant : Richard Klein (architecte, docteur en Histoire de l’Art, HDR, chercheur au LACTH) ;
  • doctorants : Catherine Meyer-Baud et Gauthier Vanoverschelde (architectes, LACTH, EdSHS/Lille 3).

Cette séance portera sur les sources d’archives, dont la consultation sinon le dépouillement exhaustif serait incontournable voire indispensable pour le chercheur en histoire. Pourtant, comme chacun sait, ces archives ne se livrent pas toujours facilement, notamment en histoire de l’architecture du 20e siècle - où lorsqu’existent des fonds d’archives, constitués, identifiés et préservés, leur consultation s’avère parfois problématique. 

D’emblée, le terme d’archives convoque un imaginaire spécifique : des tas de papiers plus ou moins poussiéreux conservés par les services de l’Etat, parmi lesquels se retrouveraient les dossiers de plans et pièces écrites produits par les architectes dans le cadre de leur activité professionnelle. Si cette représentation n’est pas totalement fausse, elle est néanmoins réductrice. Car d’une part, au sens de la Loi du 3 janvier 1979, les archives matérielles peuvent englober tout type de document, sans distinction de forme ou de support (papier mais aussi informatique et audiovisuel). D’autre part, les archives de l’histoire de l’architecture ne se livrent pas facilement, loin s’en faut : ainsi la consultation des fonds d’architectes, lorsqu’ils existent, peut s’avérer problématique (s’ils sont privés, s’ils ne sont pas classés, etc.), de même les recherches documentaires peuvent être conduites en une variété de lieux de conservation d’archives (et donc être fastidieuses). Enfin, les travaux en histoire de l’architecture du 20e siècle font aussi appel à une autre source, dont l’apport est indéniable : celle des archives orales, recueillies par le biais de témoignages (passés ou contemporains).

Trois intervenants viendront nourrir notre réflexion sur ces questions. Historienne, docteur en Histoire de l’Art, chercheur au LACTH (depuis 2010), Florence Wierre a travaillé sur le classement et la valorisation de fonds d’archives d’architecture et d’urbanisme pour différentes institutions, publiques ou privées. Elle s’interrogera ici sur les spécificités inhérentes à différents types de fonds et de supports d’archives. Tous deux architectes et doctorants au LACTH sous la direction de Richard Klein (depuis 2013-2014), Catherine Meyer-Baud et Gauthier Vanoverschelde croiseront leurs méthodologies de recherche pour aborder l’histoire de deux figures insolites : les restaurants Courtepaille et les Caisses d’allocation familiales.

  • «  Maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage : évolution des supports, évolution de la recherche ? », Florence Wierre, historienne, docteur en Histoire de l’Art, chercheur LACTH, documentaliste Ensapl

Lorsqu’un chercheur se penche sur l’histoire d’un projet ou d’un bâtiment, il part en quête des sources documentaires et des sources d’archives qui sont (ou non) à sa disposition. Les deux acteurs quiattirent en premier lieu son attention sont généralement le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage. Si une partie de l’histoire de l’architecture du 20e siècle s’appuie sur la mémoire des maîtres d’œuvres, l’étude des archives de la maîtrise d’ouvrage n’est pas à négliger car elle éclaire l’historien sur de nombreux points : les conditions de la commande ou l’exploitation d’un projet, par exemple.

En se penchant sur la mémoire de ces acteurs, on observe que le rôle des différents intervenants (producteur, déposant, archiviste, historiens…) n’est pas sans incidences sur la matière dont disposera le chercheur pour travailler. Cette interaction devient d’autant plus signifiante pour les archives 21e siècle. En effet, le développement du numérique dans tous les domaines de la construction, qu’il s’agisse des outils de conception ou des moyens d’échanges, fait évoluer les conditions de conservation, les modalités de collecte et l’exploitation des données. Au delà de l’importance des volumes d’information disponibles, nous assistons actuellement à une modification de la matérialité des sources. A travers plusieurs exemples, nous verrons les impacts du numérique sur les modalités de constitution d’un fonds et les conséquences sur l’information qui sera mise à disposition, ou accessible, à l’historien.

  • « Des archives : un puzzle à constituer », Catherine Meyer-Baud,architecte, doctorante au LACTH (EDSHS, Lille 3)

C’est par le modeste cas particulier de mon étude sur le restaurant Courtepaille, un bâtiment crée en 1961et depuis produit en série avec de multiples variantes à plus de 250 exemplaires en France aujourd’hui, que je voudrais proposer une réflexion sur une manière de se constituer son propre fonds d’archives pour l’écriture d’un récit inédit en histoire de l’architecture.

Lorsqu’il n’existe aucune littérature sur une architecture récente, comment et par quels moyens peut-on se documenter sur un objet d’étude? Quelles peuvent être les natures des sources documentaires ? Comment peut-on les hiérarchiser ? Un inventaire exhaustif de ces sources est-il possible ? Comment les aborder alors qu’elles n’ont encore jamais été commentées ? Comment faire le lien entre ces informations de natures diverses et une réflexion savante ? Lorsqu’on l’on souhaite également se saisir des questions liées à la réception de cet objet, comment trouver les éléments de cette recherche ?

  • « Un nouveau programme : les Caisses d’allocation familiales (CAF) », Gauthier Vanoverschelde, architecte, doctorant au LACTH (EDSHS, Lille 3)

L’histoire d’un nouveau programme créé après la seconde guerre mondiale, les édifices des Caisses d’Allocations Familiales, ne coule décidément pas de source. Nous pourrions penser qu’il serait facile de relater la genèse d’une telle institution connue par toutes et tous. Pour élaborer son histoire, le chercheur canalise un passé (proche) qui semblerait aisément accessible. Il s’avère toutefois que le contexte actuel en matière de politique sociale ne facilite pas la recherche. En effet, si les commanditaires institutionnels devraient conserver les documents relatifs aux bâtiments qu’ils créent, au sein des archives de la CAF, ces documents sont perdus parmi leurs autres dossiers plus confidentiels. La taille de ces fonds semble par ailleurs poser des problèmes urgents de stockage en ces temps de difficultés budgétaires. La CAF a décidé de réduire le volume de ses archives, et la sauvegarde des dossiers de projets bâtis ne semble pas être une priorité : leur « perte », qui s’ajoutera souvent à la disparition des bâtiments et de leurs auteurs, fera de l’histoire un texte sans nom. Jusqu’ici, les historiens se sont peu intéressés aux bâtiments de la CAF : les 128 édifices sont restés dans l’ombre de la CAF de Paris (R. Lopez et M. Réby, 1952), labellisée « Patrimoine du 20e siècle ». On ne retrouve pas, non plus, de recensement exhaustif au sein du service patrimoine de l’organisme national. Le parti pris de cette recherche est pourtant d’étudier l’ensemble des édifices français relevant de la CAF et  d’élargir le corpus étudié par l’intermédiaire de la fonction complémentaire à ce programme (URSSAF et/ou CPAM).

Références

  • Florence Wierre, « Architecture contemporaine et mémoire numérique : un partage des rôles, une évolution de la recherche », Cahiers thématiques n°10, 2010,  77-83
  • Florence Wierre, « Les archives comme outil de représentation de l’oeuvre », Evelyne Cohen et Gérard Monnier (dir), Sociétés et représentations n°30 ‘L’architecture et ses images’, Paris : Publications de la Sorbonne, déc. 2010, p. 173-180.
  • Florence Wierre et David Peyceré (dir.), Architecture et archives numériques. L’architecture à l’ère numérique : un enjeu de mémoire, actes du colloque organisé par la Cité de l’architecture et du patrimoine et l’Institut national d’histoire de l’art dans le cadre du programme GAU:DI, Gollion : Infolio, 2008, 575 p.
  • « Ecrire l’histoire de l’architecture au prisme des archives ? », table-ronde sous la conduite d’Eleonore Marantz, avec François Loyer, Richard Klein, Jean-Paul Midant et Bernard Toulier, Colonnes n° 30, Paris : CAPA, sept. 2014 (actes du colloque La genèse des archives d’architectes du 20e siècle, CAPA, 5 février 2014), p. 28-36.
  • Catherine Blain, « Pour comprendre la démarche de projet : l'entretien réitéré et interactif », Colonnes n°20, Paris : IFA, déc. 2002 (actes du colloque Les archives orales en histoire de l'architecture, 10-11 déc. 2000), p. 54-56.
  • Sans archives, pas d’histoire, une émission de laTélévision française 1, diffusée le 1er janvier 1979 (10 min.43s. ; sur http://www.ina.fr/video/CAA7900041501)
  • Cinquante ans de nouvelle histoire, une émission de laTélévision française 1, diffusée le 1er février 1980 (extrait 6 min. sur http://www.ina.fr/video/CPA80054800/cinquante-ans-de-nouvelle-histoire-video.html)
  • Dis moi où tu habites : le Nord Pas-de-Calais, une émission d’Antenne 2, diffusée le 12 septembre 1980 (7m02s. sur http://www.ina.fr/video/CAB8001511901/dis-moi-ou-tu-habites-le-nord-pas-de-calais-video.html )

13 mai

« Présence graphique de la recherche en architecture et en paysage » (date à confirmer) salle Jean Challet

Atelier des doctorants

La séance propose à tous les doctorants du LACTH de traiter de la représentation, non dans la pratique de l'architecte et du paysagiste, mais dans la recherche en architecture et en paysage.

Lieux

  • LACTH — École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille - 2 rue Verte
    Villeneuve-d'Ascq, France (59650)

Dates

  • mercredi 19 novembre 2014
  • mercredi 17 décembre 2014
  • mercredi 25 février 2015
  • mercredi 04 mars 2015
  • mercredi 01 avril 2015
  • mercredi 13 mai 2015

Mots-clés

  • paysage, ville, texte, territoire, texture, textile, spatialité, milieu, archives

Contacts

  • Isabelle Charlet
    courriel : lacth [at] lille [dot] archi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Catherine Grout
    courriel : c-grout [at] lille [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Séminaire doctoral du laboratoire « conception, territoire, histoire » », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 05 novembre 2014, http://calenda.org/306148