Accueil Le cinéma italien contemporain, entre cinéma politique et cinéma engagé

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Publié le mardi 18 novembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

L’objectif de notre colloque est de réunir des spécialistes du cinéma et de la civilisation de l'Italie contemporaine pour réfléchir à la spécificité du cinéma politique italien d’aujourd’hui, et répondre à un certain nombre de questions regroupées en trois axes de réflexion qui nous semblent pertinents : cinéma politique et cinéma engagé sont-ils synonymes ? Quel est le rôle du réalisateur ? Que cherche à provoquer le cinéma engagé chez le spectateur ?

Annonce

Argumentaire

Le laboratoire ERLIS (Equipe de Recherche sur les Littératures, les Imaginaires et les Sociétés) - EA 4254 de l'Université de Caen Basse-Normandie organise un colloque international intitulé : « Le cinéma politique italien d'aujourd'hui », qui se déroulera à Caen le 15 et 16 octobre 2015. Ce colloque s'inscrit dans une série de rencontres qu’ERLIS consacre depuis plusieurs années aux rapports entre les intellectuels et le pouvoir.

Depuis ses origines, le cinéma italien a eu un rôle déterminant dans la vie politique et sociale du pays. Dans les années 1960, Francesco Rosi avec Salvatore Giuliano puis Le mani sulla città ouvre le chemin au cinéma politique italien, faisant apparaître sur les écrans des films comme Pugni in Tasca di Marco Bellocchio, Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci, L'Udienza de Marco Ferreri, La decima vittima et Todo modo d’Elio Petri, San Michele aveva un gallo et I sovversivi des frères Taviani, Il caso Mattei de Francesco Rosi. Ces films, comme tant d'autres de cette période, sont des œuvres conscientes de leur époque, capables de contextualiser, critiquer et interpréter leur univers politique... et même d'anticiper de futurs événements.

Palombella Rossa de Nanni Moretti et Il caso Moro de Giuseppe Ferrara, tournés dans les années 1980, naissent de la crise idéologique de la gauche italienne et de la crise de l'industrie cinématographique. Le nouveau mode de production des films entraîne une conception mercantile du cinéma, qui inaugure la crise du cinéma européen, lequel s'interrogera sur le niveau et sur la définition d'identité culturelle des nouveaux films.

À partir des années 1990, l'histoire du cinéma engagé italien a connu différentes phases. La première, plus intimiste et minimaliste, a mis en évidence la frustration de la classe moyenne, liée au souvenir brisé d'une jeunesse mythique, héroïque, et désormais perdue. Dans une deuxième phase est née à nouveau la nécessité de documenter clairement des faits de société, par des histoires vraies et dénonciatrices, comme dans les films I cento passi de Marco Tullio Giordana et Fortapàsc de Marco Risi. Mais le début du nouveau millénaire se caractérise aussi par des partis pris idéologiques, tels que Buongiorno, notte de Marco Bellocchio, capable de mettre en scène une nouvelle image d'Aldo Moro, Il Caimano de Nanni Moretti, qui met en scène trois figures de Berlusconi, et s'achève sur la victoire sombre du nouveau dirigeant italien, enfin Diaz de Daniele Vicari, un film militant qui essaye de reconstruire à travers plusieurs angles le massacre du G8 de Gênes. Mais le pouvoir politique a aussi été représenté de façon ironique et sarcastique, devenant presque une allégorie de la folie dans des films comme Viva l'Italia de Massimiliano Bruno et Viva la libertà de Roberto Andò. Dans les dix dernières années, la société italienne a été mise à nu par des réalisateurs comme Paolo Virzì, qui dans son long-métrage Caterina va in città enquête sur les jeunes et les influences politiques qui peuvent se révéler nuisibles. Dans son autre film, Il Capitale umano, le rôle marginal de la culture est opposé au monde brutal de la finance. Et que dire de Pasolini d'Abel Ferrara et de La Trattativa de Sabina Guzzanti, présentés tous deux à la dernière édition du Festival de Venise ?

Axes de réflexions

L’objectif de notre colloque est de réunir des spécialistes du cinéma et de la civilisation de l'Italie contemporaine pour réfléchir à la spécificité du cinéma politique italien d’aujourd’hui, et répondre à un certain nombre de questions regroupées en trois axes de réflexion qui nous semblent pertinents :

Cinéma politique et cinéma engagé sont-ils synonymes ? Est-ce un cinéma capable de raconter la complexité de la vie politique ? Le cinéma d'aujourd'hui arrive-t-il à interpréter la situation politique du Bel Paese ? Pouvons-nous parler d'un renouveau du cinéma politique italien au cours des vingt dernières années ? Comment le cinéma italien a-t-il traité l'époque du berlusconisme ? Quels sont les environnements sociaux qui sont mis en scène ?

Quel est le rôle du réalisateur ? Comment le pouvoir politique est-il représenté ? Quels genres cinématographiques utilisent les réalisateurs engagés ? Quel rapport les cinéastes maintiennent avec le pouvoir politique ? Quel est le rapport des acteurs avec le cinéma engagé ? Quels sont actuellement les cinéastes qui font vivre le cinéma comme instrument de dénonciation et de critique de la société contemporaine ? Existe-il des entraves financières, de distribution ou autres qui limitent la liberté d'expression ?

Que cherche à provoquer le cinéma engagé chez le spectateur ? Une réaction émotionnelle ? Ou un effet de distanciation ? Dans leurs choix formels, les réalisateurs laissent-ils une liberté d'interprétation aux spectateurs ? Peut- on ressentir dans la société les impacts provoqués par certains films ? Quelle image véhiculent-ils de l'Italie et de sa culture politique ?

Modalités de soumission

Les propositions de communication comprenant une adhésion de principe et un titre provisoire, devront être transmises par e-mail aux membres du Comité d’organisation,

au plus tard, pour le 1 décembre 2014.

Une présentation de 500-600 mots, ainsi qu’un CV d'une page maximum devront être envoyées par e-mail aux membres du Comité d’organisation, au plus tard pour le 15 janvier 2015. La participation au colloque comportera des droits d'inscription de 25 euros : le colloque prendra en charge les frais de séjour des intervenants. Les doctorants et les jeunes chercheurs sont les bienvenus. Les langues du colloque sont le français et l’italien. Les communications seront publiées dans la revue italianiste Transalpina.

Le colloque se tiendra du 15 au 16 octobre 2015 à la MRSH de l'université de caen Basse-Normandie

Comité d'organisation

  • Mariella COLIN (mariella.colin@unicaen.fr)
  • Juan Carlos D’AMICO (juan-carlos.damico @ unicaen.fr)
  • Rossella GIARDULLO (rossello.giardullo@unicaen.fr , rossella.giardullo@gmail.com)

Comité scientifique

  • Brigitte LE GOUEZ
  • Christian VIVIANI
  • Luciano CHELES
  • Jean-Claude MIRABELLA
  • Enrique SEKNADJE
  • Jean-Luis LIBOIS

Lieux

  • Caen, France (14)

Dates

  • lundi 01 décembre 2014

Mots-clés

  • cinéma politique, cinéma engagé, spectateur, réalisateur

Contacts

  • Rossella Giardullo
    courriel : rossella [dot] giardullo [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Rossella Giardullo
    courriel : rossella [dot] giardullo [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le cinéma italien contemporain, entre cinéma politique et cinéma engagé », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 novembre 2014, http://calenda.org/306220