AccueilÉconomie morale, morale de l'économie

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Publié le mercredi 12 novembre 2014 par João Fernandes

Résumé

L’économie capitaliste s’est imposée depuis la fin de la guerre froide comme un modèle civilisationnel global qui tend à étendre progressivement les normes du marché à l’ensemble des rapports sociaux, tant au niveau des sociétés qu’entre les États. Le pilotage des États et des sociétés, encore appelé gouvernance, repose de plus en plus exclusivement sur les performances marchandes et les capacités financières. Cette économie dominante produit des inégalités qui viennent fragiliser dangereusement les relations et les formes du consensus et de la cohésion sociale jusqu’à provoquer des indignations dont la récurrence interpelle la gestion des risques, devenue essentielle dans la gouvernance contemporaine. Il en résulte des quêtes manifestes d’alternatives dont le développement de l’économie sociale et solidaire constitue l’un des signes, avec celui des labels éthiques, des entreprises sociales et éthiques, et l’invocation de la solidarité par des acteurs de toute nature.

Annonce

Argumentaire

L’économie capitaliste s’est imposée depuis la fin de la guerre froide comme un modèle civilisationnel global qui tend à étendre progressivement les normes du marché à l’ensemble des rapports sociaux, tant au niveau des sociétés qu’entre les États. Le pilotage des Etats et des sociétés, encore appelé gouvernance, repose de plus en plus exclusivement sur les performances marchandes et les capacités financières. Cette économie dominante produit des inégalités qui viennent fragiliser dangereusement les relations et les formes du consensus et de la cohésion sociale jusqu’à provoquer des indignations dont la récurrence interpelle la gestion des risques, devenue essentielle dans la gouvernance contemporaine. Il en résulte des quêtes manifestes d’alternatives dont le développement de l’économie sociale et solidaire constitue l’un des signes, avec celui des labels éthiques, des entreprises sociales et éthiques, et l’invocation de la solidarité par des acteurs de toute nature. La moralisation de l’économie de marché, avec sa concurrence violente et ses effets d’exclusion est donc bien perçue aujourd’hui comme un enjeu majeur de stabilité sociale et économique dans tous les pays. C’est dans ce contexte que se développent la responsabilité sociale des entreprises, la philanthropie des entreprises et des entrepreneurs, les fondations d’entreprises, le cofinancement d’actions humanitaires et de protection de l’environnement par l’industrie.

A travers douze interventions, ces journées d'étude organisées par le laboratoire CESSMA (Paris Diderot, INALCO, IRD) aborderont les questions de la morale du marché ; des justifications morales du capitalisme ; de la philanthropie et de l'humanitaire ; de la solidarité et de la justice et des normes et obligations morales.

Programme

Mercredi 12 novembre 2014

9h Accueil

9h15 Introduction

  • Bernard Castelli
  • Isabelle Hillenkamp

9h30-10h45 Morale du marché ?

  • Bernard Hours : La production des marchandises morales ou les fictions morales de l’économie de marché
  • Jean-Michel Servet : Corporations dans l’Europe d'Ancien Régime et principe d’autosuffisance : quelques pistes sur l’institution morale des corporations

Modération : Bernard Castelli

10h45-12h Justifications morales du capitalisme

  • Cem Özatalay : De la lutte de classes à la lutte des morales : la question de l’encastrement moral de l’économie en Turquie néolibérale
  • Monique Selim : Cause morale des femmes, normes globales de genre

Modération : Bernard Castelli

Déjeuner

14h30-15h45 Philanthropie et humanitaire

  • Gilles Guiheux : Les salariés d’une ONG en Chine : entre idéalisme et pragmatisme
  • Antoine Heemeryck : La philanthropie entre moralisation et extension du pouvoir oligarchique : réflexions à partir de l’exemple de la Roumanie

Modération : Jean-Yves Moisseron

15h45-16h45 Débat général
Modération : Isabelle Hillenkamp

Jeudi 13 novembre

9h30-12h Solidarité et justice

  • Delphine Pouchain : A quelle condition le commerce équitable peut-il constituer une forme de moralisation de l’économie de marché ? Aristotélisme pragmatique versus aristotélisme pratique
  • Isabelle Hillenkamp : Morales de l’économie solidaire : un aperçu de l’univers latino-américain
  • Bernard Castelli : Redistribution et bonne vie en Equateur
  • Zacarias Moutoukias : Economie morale de la fiscalité dans la construction des nouveaux États d’Amérique hispanique (1805-1820)

Modération : Véronique Dupont

Déjeuner

14h-15h15 Normes et obligations morales

  • Jean-Yves Moisseron, Ouidad Tebbaa : L’existence par le don : le système d’aide aux indigents dans le maqam de Sidi Bel Abbes, Marrakech
  • Monique Bertrand : Marchés fonciers, économie morale et politique à Bamako

Modération : Jean-Michel Servet

15h15 – 16h30 Débat et conclusions
Modération : Bernard Hours

Organisation

Journées d’étude de l’UMR CESSMA (Université de Paris Diderot, IRD, INALCO)

  • Bernard Castelli,
  • Isabelle Hillenkamp et
  • Bernard Hours

Lieux

  • Salle M019, Bâtiment Olympes de Gouges, Université de Paris Diderot, IRD, INALCO - 8, rue Albert Einstein
    Paris, France (75013)

Dates

  • mercredi 12 novembre 2014
  • jeudi 13 novembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Economie, politique, morale, globalisation, capitalisme, marché, solidarité

Contacts

  • Isabelle Hillenkamp
    courriel : Isabelle [dot] Hillenkamp [at] ird [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Isabelle Hillenkamp
    courriel : Isabelle [dot] Hillenkamp [at] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Économie morale, morale de l'économie », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 12 novembre 2014, http://calenda.org/306493