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Marshall McLuhan : un prophète pour notre temps ?

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Publié le mercredi 26 novembre 2014 par João Fernandes

Résumé

Plus de trente années après sa disparition, Marshall Mc Luhan continue d’occuper une place singulière dans les sciences de la communication. Il est inconnu des étudiants, d’autant plus qu’il n’est plus du tout enseigné - l’a-t-il jamais été ? - il n’a jamais reçu l’onction de ses pairs. Gravé dans la mémoire des universitaires comme un provocateur aux intuitions fécondes et aux textes baroques, il est encore aujourd’hui abondamment cité dans les travaux sur les médias. En fait, si le professeur de Toronto figure comme un astre mort pour le grand public, il perdure à hanter le champ de la communication car ses analyses entrent en résonnance avec ce média ultime qu’est Internet.

Annonce

Argumentaire

Plus de trente années après sa disparition, Marshall Mc Luhan continue d’occuper une place singulière dans les sciences de la communication. Il est inconnu des étudiants,  d’autant plus qu’il n’est plus du tout enseigné - l’a-t-il jamais été ? il n’a jamais reçu l’onction de ses pairs. Gravé dans la mémoire des universitaires comme un provocateur aux intuitions fécondes et aux textes baroques, il est encore aujourd’hui  abondamment cité dans les travaux  sur les médias[1]. En fait, si le professeur de Toronto  figure comme un astre mort  pour le grand public, il perdure à hanter le champ  de la communication car ses analyses entrent  en résonnance avec ce média ultime qu’est Internet. 

Tout d’abord, Marshall Mc Luhan a mis le doigt sur le fait que les technologies de la communication, loin d’être neutres, loin de se réduire à des outils de transmission,  participent au sens du message : elles constituent « des choses avec quoi penser, des moules de l’esprit, des façonneurs de représentations » comme le formule James W.Carey. En un mot : elles influent sur la réception, une piste sur laquelle se sont engagées les théories les plus récentes de la communication, en particulier les cultural studies. Les neurosciences en se centrant sur les mécanismes du cerveau face aux écrans et au modèle de la communication en réseaux, en s’intéressant à la stimulation des sens et à l’intelligence tactile,  s’attachent aujourd’hui à approfondir cette dimension. Ensuite, il a perçu dès les années 50 combien les nouvelles industries culturelles, en particulier avec l’explosion de la télévision et le déferlement de la publicité (et maintenant de toutes les industries de l’image), allaient transformer la production artistique, et faire naître une esthétique et des goûts défiant radicalement les critères de la haute culture. Enfin il a vu dans l’avènement des ordinateurs et des médias électroniques la métaphore de la mondialisation permise par les réseaux connectés : « Le monde est devenu un ordinateur, un cerveau électronique, exactement comme dans la science fiction. Et dans la mesure où nos sens sont prolongés à l’extérieur de nous, Big Brother s’est insinué en nous », écrit-il en 1962. Parallèlement, pour lui,    cette nouvelle communauté mondiale unie par le sens acoustique et des expériences sensorielles partagées marquerait l’avènement d’un village global – un monde plus participatif et plus égalitaire que celui de la graphosphère. 

Sur beaucoup de points encore, les assertions traversées de fulgurances de ce professeur de rhétorique de la Renaissance –ce n’est pas le moindre de ses paradoxes - rencontrent des évolutions majeures du monde contemporain.

En sciences des organisations, Marshall McLuhan est un auteur qui a été peu cité, aussi bien dans la décennie 60 (H. Simon était alors devenu la référence incontournable pour sa conception substantialiste de l’organisation à partir de la boucle « information – décision », la césure « décisions programmées – décisions non programmées », la référence à une rationalité limitée et le travail effectué sur la notion d’incertitude mise en relation avec la quantité d’information) que plus tard. Le substrat des apports théoriques d’H. Simon est pourtant commun avec celui de M. Mc Luhan qui cite d’ailleurs des références qui sont également celles d’H. Simon (Shannon, Boulding).

Ce n’est pas plus le cas en « système d’information », une des disciplines des sciences des organisations, discipline qui se développe corrélativement à l’importance majeure prise par les systèmes d’information dans le fonctionnement des organisations et aux réflexions sur l’impact des « technologies de l’information et de la communication ». Mise à part la définition d’une théorie de la richesse des média qui ne se réfère pratiquement pas à M. Mc Luhan, les réflexions de ce domaine se développent sur des logiques différentes.

L’apport de portée transdisciplinaire) de M. McLuhan n’infère pas dans ce domaine, y compris dans le monde américain qui domine ce champ en matière de production de connaissances.

Occasion pour actualiser les pistes ouvertes par McLuhan, et résolument transdisciplinaire, ce colloque s’adresse donc aux chercheurs et praticiens en sciences de la communication, des organisations, de l’éducation et à ceux qui s’interrogent sur le devenir de nos sociétés. Ainsi, le colloque pourra proposer une relecture de Mc Luhan à l’aune des tenants et aboutissants de l’ère numérique.

Monique Dagnaud (CNRS EHESS)  et Yvon Pesqueux (CNAM).

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions de communication (résumé de 25 lignes maximum et brève présentation de l’auteur) seront reçues

jusqu’au 15 avril 2015

à adresser à g.bertin@cnam-paysdelaloire.fr

Disciplines concernés: sociologie, anthropologie, communication, économie, sciences des organisations, sciences de l’Education, histoire, psychologie sociale…

Comité scientifique

  • Yvon Pesqueux,
  • Yves Chevalier,
  • Monique Dagnaud,
  • Yves Winkin,
  • Manuel Zacklad,
  • Nathalie Richard,
  • Dominique Géraud,
  • Richard Lescure,
  • Céline Bryon-Portet,
  • Philippe Engelhard,
  • Georges Bertin.

Il se réunira au CNAM en Avril 2015.

Lieu

CNAM Le Mans et Université du Maine.

Dates

15 et 16 mars 2016.


[1]) Plus de 5000 citations pour les années 2013-2014 dans Google Scholar, alors que les pères fondateurs de la sociologie des médias des années 50, Harold Lasswell ou Paul Lazarsfeld, ont un écho universitaire infiniment plus modeste : autour de 2 000 citations.

Lieux

  • Au CNAM - 1 rue Pythagore 72000 Le Mans.
    Le Mans, France (72)

Dates

  • mercredi 15 avril 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • communication, médias, numérique, organisation

Contacts

  • Georges Bertin
    courriel : g [dot] bertin [at] cnam-paysdelaloire [dot] fr

Source de l'information

  • Georges Bertin
    courriel : g [dot] bertin [at] cnam-paysdelaloire [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Organisations, communications, numérique… », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 26 novembre 2014, http://calenda.org/307394