AccueilMontagnes et conflictualité : le conflit, facteur d’adaptations et d’innovations territoriales

Montagnes et conflictualité : le conflit, facteur d’adaptations et d’innovations territoriales

Mountains and conflict: conflict as a factor in territorial adaptation and innovation

*  *  *

Publié le mercredi 26 novembre 2014 par Elsa Zotian

Résumé

L’objet de ce numéro thématique de la revue Journal of Alpine Research | Revue de Géographie Alpine est d’aborder la montagne sous l’angle de la conflictualité, plus particulièrement dans la relation entre conflit et territoire. Le conflit est envisagé ici dans un sens large, d’opposition et de lutte, armée ou non, qui couvre les aspects politiques, mais aussi les aspects militaires, sociaux et culturels, recoupant les notions de résistances ou de réactions, dans leur capacité à générer de l’innovation. Le contexte montagnard invite à examiner les dimensions territoriales du conflit : que produit cette situation aux échelles locales ? Et en quoi fait-elle intervenir des spécificités morphologiques, des valeurs ou des identités montagnardes ?

Annonce

Argumentaire

L’objet de ce numéro thématique de la revue Journal of Alpine Research | Revue de Géographie Alpine est d’aborder la montagne sous l’angle de la conflictualité, plus particulièrement dans la relation entre conflit et territoire.

Le conflit est envisagé ici dans un sens large, d’opposition et de lutte, armée ou non, qui couvre les aspects politiques, mais aussi les aspects militaires, sociaux et culturels, recoupant les notions de résistances ou de réactions, dans leur capacité à générer de l’innovation.

Le contexte montagnard invite à examiner les dimensions territoriales du conflit : que produit cette situation aux échelles locales ? Et en quoi fait-elle intervenir des spécificités morphologiques, des valeurs ou des identités montagnardes ?

Cette territorialité se pose – entre autres – en regard de la situation frontalière de certains massifs, qui conduit à faire d’ axes de circulation des sites stratégiques. Dans l’histoire et dans une perspective militaire, ils ont représenté des lieux de conquête et/ou de défense de territoire. Dans une perspective contemporaine et aménagiste, via tunnels et infrastructures ferroviaires par exemple, ils peuvent constituer des objets de domination et de déterritorialisation. Lieux et objets de conflits peuvent donc constituer des objets heuristiques pour analyser le rapport entre territoires et réseaux, que ce soit du point de vue des échelles (territoire local vs réseaux internationaux), des identités (le passage comme identité territoriale), ou du développement (ancrage territorial vs une attractivité et des activités fondées sur le flux).

Au travers du territoire, nous souhaitons également envisager les dimensions du conflit sur la longue durée. Cela invite à la pluridisciplinarité au travers d’une approche qui peut combiner la dimension événementielle et des processus déclinés sur le long terme : patrimonialisation des conflits historiques, mémoire et identité, temporalités, mutations. On pourra également prendre en considération l’impact direct ou indirect sur le milieu naturel, par des effets de modification ou de destruction.

Cette perspective conduit à contextualiser le conflit, à en scruter les conséquences immédiates, et à examiner les éventuelles rémanences d’une situation historique sur une autre. Quels objets conflictuels actuels, quelle mémoire et quelle mobilisation ou réinvention de la mémoire de conflits passés en regard des problèmes actuels ?

La relation au territoire, au delà de la mémoire, est aussi celle de l’innovation, des opportunités de changement et des visions du futur. Si les mobilisations identitaires dans les conflits sont des sujets bien traités, on connaît moins les effets de cette situation en termes de projet territorial : quelles conséquences dans la représentation du groupe, dans l’engagement politique, dans les modèles de développement ? Le conflit conduit à une confrontation entre le local et l’englobant, entre des éléments endogènes et exogènes. Est-il blocage et enfermement dans une posture réactive, voire réactionnaire, ou offre-t-il une ouverture et des opportunités nouvelles ?

Nous proposons donc de le saisir comme le levier d’une bifurcation territoriale : au travers d’une situation particulière et momentanée, le territoire montagnard est amené à mobiliser une trajectoire historique. Il est confronté à un récit sur le milieu naturel, son instrumentalisation, et ses valeurs. Il se trouve également dans une position d’interscalarité et d’interspatialité. Quelle territorialité en est issue ?

Dans ce contexte, le Journal of Alpine Research | Revue de Géographie Alpine propose un appel à articles sur le thème Montagne et conflictualité.Le conflit facteur d’adaptations et d’innovations territoriales. Le numéro souhaite donner une large place aux propositions émanant de l’ensemble des sciences des sociétés. Ces propositions pourront couvrir les différentes périodes historiques ou se référer à l’actualité, et porter tant sur les Alpes que sur d’autres massifs montagneux de la planète.

Thèmes proposés (non exhaustif)

  • Effets et processus de transformations sociales et culturelles, le conflit pouvant être pris comme matrice d’innovations à caractère social, technique ou culturel.
  • Construction identitaire et patrimonialisation : mobilisation de l’histoire dans les conflits actuels, part du territoire dans le jeu du façonnement identitaire. Mémoire du conflit, conflit comme mode de pratiques culturelles.
  • Frontières et limites, conflit armé en territoire de montagne, mise en défense et fortifications.
  • La valeur stratégique de la morphologie montagnarde : la vallée, la pente, le sommet, le piémont comme structures de communication et objets géo-stratégiques.
  • Les tensions entre identités et autonomie, centralité et périphérie.
  • Conflit et milieu naturel : adaptation, altération, destruction...

Conditions de soumission

Les propositions de résumés (1000 mots) doivent être envoyés à Stéphane Gal, Marie-Christine Fourny, Dominique Baud et Emmanuelle Tricoire –

  • stephane.gal@upmf-grenoble.fr
  • Marie-Christine.Fourny@ujf-grenoble.fr
  • dominique.baud@ujf-grenoble.fr
  • Emm@nuelleTricoire.eu

avant le 20 décembre 2014.

Articles à remettre pour le 10 février.

La publication est prévue pour la mi-2016.

Coordination scientifique

  • Stéphane Gal, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Grenoble Alpes

Bibliographie

  • Association suisse d’Histoire et de Sciences militaires,1988.– Krieg und gebirge, La guerre et la montagne, La guerra e la montagna, Éditions Gilles Attinger, Hauterive.
  • Berthier-Foglar S., Bertrandy F. (dir.), 2011.– La montagne : Pouvoirs et conflits de l’Antiquité au XXIe siècle, Chambéry, Université de Savoie.
  • Debarbieux B. et Rudaz G., 2010.– Les faiseurs de montagne, imaginaires politiques et territorialité, XVIII-XXIe siècle, CNRS éditions.
  • Gal S., 2013.– « Ein König für die Alpen, ein König aus den Alpen », Histoire des Alpes, Storia delle Alpi, Geschichte der Alpen, 2013/18, p. 197-217.
  • Parker G., 2013.– Global Crisis - War, Climate Change and Catastrophe in the Seventeenth Century, Yale University Press.
  • Revue Hérodote, 2002.– Géopolitique en montagne, n°107, 4e trimestre.
  • Sutton K., 2013.– « Le conflit autour du Lyon-Turin dans le val de Suse. Vers une nécessaire reconsidération des basses vallées alpines », Revue d’Économie Régionale & Urbaine, 2013/1, p. 179-201.
  • Walter F., 2004.– Les figures paysagères de la nation. Territoire et paysage en Europe XVIe-XXe siècle, Éditions EHESS.

Comité de rédaction

  • Anne-Laure Amilhat-Szary, Professeure à l’Université Joseph Fourier / CNRS-PACTE / Institut Universitaire de France

  • Jörg Balsiger, Collaborateur scientifique et Chargé de cours, Département de géographie et environnement et Institut des sciences de l’environnement, Université de Genève, University of Geneva, Suisse, Genève

  • Dominique Baud, Maître de conférence en géographie et géomatique, Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS / Institut de Géographie Alpine / Université Grenoble Alpes, Grenoble, France

  • Jean-Baptiste Bing, Université de Genève, département de géographie et environnement

  • Sophie Bonin, Maître de conférences, École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, France

  • Anne Dalmasso, Maître de conférence d’histoire contemporaine, Université Pierre Mendès France et membre de l’équipe Sociétés, Entreprises et Territoires, UMR CNRS 5190 LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes), Grenoble, France

  • Bernard Debarbieux, Professeur à l’Université de Genève, Suisse

  • Pierre Derioz, Maître de Conférences HDR en Géographie, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, UMR Espace-Dev 228 IRD (Maison de le télédétection), Montpellier, France

  • Stéphane Gal, Maître de conférences en histoire moderne, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Lumière Lyon 2.

  • Franck Giazzi, enseignant-chercheur au laboratoire PACTE territoires (UJF/CNRS) et à l’Institut de Géographie alpine, Grenoble, France

  • Emmanuelle George-Marcelpoil, Directrice de l’unité de recherche Développement des territoires Montagnards, Irstea Grenoble, Saint Martin d’Hères

  • Lauranne Jacob, Doctorante au Labex ITEM, laboratoire PACTE, Grenoble, France, et au département de Géographie de l’UNIGE, Genève, Suisse

  • Coralie Mounet, Chargée de Recherches, CNRS, Laboratoire Pacte UMR 5194, Grenoble.

  • Mari Oiry, Université de Chambéry

  • Anne Sgard, professeure à l’Université de Genève, Suisse ;

  • Philippe Bourdeau, Professeur à l’Université Joseph Fourier / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, à Grenoble, France

  • Sylvie Duvillard, Maître de Conférence à l’Université Pierre Mendès-France, Grenoble II et chercheur au laboratoire pacte-Grenoble I

  • Marie-Christine Fourny, Professeure à l’Université Joseph-Fourier-Grenoble, France,

  • Winfried E. H. Blum, Professor Emeritus, Institute of Soil Research, University of Natural Resources and Life Sciences (BOKU),Vienne, Autriche

  • Axel Borsdorf, Professeur à l’Université d’Innsbrück, Autriche

  • Federica Corrado, Politecnico di Torino, Italie

  • Cristina Del Biaggio, chercheuse invitée (post-doc) à l’Instituts of European Studies de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas

  • Monique Fort, Professeure Émérite (Géographie, Géomorphologie), UFR Géographie, Histoire et Sciences de la Société, UMR 8586 PRODIG, Université Paris Diderot, France

  • JC Gaillard, Associate Professor, The University of Auckland, Nouvelle-Zélande

  • Martin Price, Professor of Mountain Studies, Director of the Centre for Mountain Studies, Chairholder, UNESCO Chair in Sustainable Mountain Development, Perth College, University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni.

  • Manfred Perlik, Professeur à l’Académie Européenne (EURAC) à Bolzano (Italie) ; au Centre for Development and Environment (CDE) de l’Université de Bern (Suisse) ; associé au Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS, Grenoble (France)

  • Thomas Scheurer, Directeur de l’ISCAR (International Scientific Committee on Alpine Research) et de l’ICAS (Commission interacadémique recherche alpine des Académies Suisses des Sciences), Suisse.

  • Gian Paolo Torricelli, Professeur (Géographie urbaine et  Développement territorial), Responsable de l’Observatoire du développement territorial du Canton du Tessin, Accademia di Architettura, Università della Svizzera italiana, Mendrisio, Suisse.

Dates

  • samedi 20 décembre 2014

Mots-clés

  • montagne, conflit

Contacts

  • Emmanuelle Tricoire
    courriel : Emm [at] nuelleTricoire [dot] eu

Source de l'information

  • Emmanuelle Tricoire
    courriel : Emm [at] nuelleTricoire [dot] eu

Pour citer cette annonce

« Montagnes et conflictualité : le conflit, facteur d’adaptations et d’innovations territoriales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 26 novembre 2014, http://calenda.org/307488