AccueilParler de Freud et Jung aux XXe et XXIe siècles

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Publié le lundi 01 décembre 2014 par Céline Guilleux

Résumé

L’objet de cette journée d’étude transdisciplinaire sera d’analyser l’évolution du discours sur Freud et Jung ainsi que les possibles raisons des changements intervenus dans la réception de leurs textes. On étudiera également qui écrit sur ou avec Jung (psychanalystes, psychologues, sociologues, critiques, écrivains). Quelles disciplines revendiquent l’usage ou le dialogue avec Freud et avec Jung ? Avec quelle visée ? On pourra aborder la question de savoir où l’on parle des deux analystes dans quel type de monographies, de journaux et de revues, dans quels pays ils sont présents ou absents du discours intellectuel et scientifique, et l’on réfléchira sur les possibles raisons des conditions de la présence ou de l’absence actuelle de ces deux penseurs dans l’enseignement universitaire.

Annonce

Argumentaire 

Depuis L’interprétation des rêves, l’œuvre de Freud a été discutée sans discontinuer dans le monde entier par ses partisans et ses détracteurs. Le 21e siècle ne fait pas exception. En septembre 2005 paraît Le livre noir de la psychanalyse : Vivre, penser et aller mieux sans Freud[1], qui déclenche un tollé général chez les freudiens dont la contre-attaque est tout aussi violente. Elisabeth Roudinesco dénonce les chiffres falsifiés, les affirmations inexactes, les interprétations délirantes, les références bibliographiques tronquées ; Olivier Douville évoque un style consternant qui s’étale sur 819 pages. Mars 2006 voit la parution de L’anti-livre noir de la psychanalyse[2] que l’on accuse de ne pas être une réplique valable puisque les articles ne mentionnent pas « les découvertes multiples et convergentes des historiens » sur la manipulation par Freud de ses données cliniques, pas plus que ses « échecs thérapeutiques », le « caractère spéculatif » des doctrines de Freud et Lacan ou encore la domination d’une « pensée unique »[3] dans l’enseignement. La guerre des écoles est ouvertement déclarée. On aurait pu en rester là et continuer à se battre à coups d’articles.

Jung, que Sigmund Freud destinait à prendre sa succession, n’est pas mieux traité. Souvent sans prendre la peine de se familiariser avec l’œuvre de l’ « apostat » et sans essayer de comprendre les raisons de cette discorde, pour l’essentiel des vues divergentes sur l’âme et son fonctionnement, les détracteurs de Jung l’accusent d’ambition et d’antisémitisme et le mettent au ban sans autre forme de procès[4].

Au fil des décennies, plusieurs camps se sont formés, qui subsistent encore aujourd’hui : ceux qui se targuent d’être jungiens et ne jurent que par leur maître, ceux que l’on peut qualifier d’anti-jungiens, qui se battent pour dénigrer l’homme et son œuvre, et plus récemment, fort heureusement, ceux que l’on pourrait appeler les « jungiens critiques ». L’objectivité est rare parce que bien difficile, surtout lorsqu’on parle de l’âme et des phénomènes psychiques. Quiconque souhaite les étudier court le risque de devenir la proie de ses propres réactions. Cette exigence d’objectivité est cependant impérative pour fournir une analyse digne de ce nom, qui ne pourra être considérée ni comme un plaidoyer ni comme un réquisitoire.

L’objet de cette journée d’étude transdisciplinaire sera d’analyser l’évolution du discours sur Freud et Jung ainsi que les possibles raisons des changements intervenus dans la réception de leurs textes. On étudiera également qui écrit sur ou avec Jung (psychanalystes, psychologues, sociologues, critiques, écrivains). Quelles disciplines revendiquent l’usage ou le dialogue avec Freud et avec Jung ? Avec quelle visée ?

On pourra enfin aborder la question de savoir où l’on parle des deux analystes dans quel type de monographies, de journaux et de revues, dans quels pays ils sont présents ou absents du discours intellectuel et scientifique, et l’on réfléchira sur les possibles raisons des conditions de la présence ou de l’absence actuelle de ces deux penseurs dans l’enseignement universitaire.

[1] Jacques Van Rillaer, Didier Pleux, Jean Cottraux, Mikkel Borch-Jacobsen, Catherine Meyer : Le livre noir de la psychanalyse : Vivre, penser et aller mieux sans Freud, Paris : Les Arènes, 2005

[2] Jacques-Alain Miller, Gérard Miller, Agnès Aflalo et Marie-Claude Sureau : L’anti-livre noir de la psychanalyse, Paris : Seuil, 2006

[3] http:/www.pseudo.sciences.org/spip.php ?article486

[4] Heinz Gess, Vom Faschismus zum Neuen Denken. C.G. Jungs Theorien im Wandel der Zeit, Lüneburg, zu Kampen, 1994, et Richard Noll, The Aryan Christ. The Secret Life of Carl Jung, New York, Random House, 1997, Edward Glover, Freud or Jung, Northwestern University Press, 1991 (Freud ou Jung, Paris, Presses Universitaires de France, 1954)

Modalités de soumission

Merci d’envoyer vos propositions de communication avec une brève présentation biobibliographique n’excédant pas 500 mots à :

benedicte.coste@u-bourgogne.fr et véronique.liard@neuf.fr

pour le 20 décembre 2014 au plus tard.

La journée d'études aura lieu le 17 avril 2015 à l’Université de Bourgogne à Dijon.

Comité d'évaluation

  • Bénédicte COSTE
  • Véronique LIARD

du Centre Interlangues - Textes, Images, Langages, Université de Bourgogne EA 41 82

Lieux

  • UFR Langues et communications - 4 boulevard Gabriel
    Dijon, France (21)

Dates

  • samedi 20 décembre 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Freud, Jung, réception, psychanalyse, université, philosophie

Contacts

  • Bénédicte Coste
    courriel : benedicte [dot] coste [at] u-bourgogne [dot] fr

Source de l'information

  • Bénédicte Coste
    courriel : benedicte [dot] coste [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Parler de Freud et Jung aux XXe et XXIe siècles », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 01 décembre 2014, http://calenda.org/309699