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Engagement politique des diasporas africaines

The African Diaspora and Political Engagement

Le comportement électoral des migrants

Migrant Voting Behavior

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Publié le mardi 25 novembre 2014 par João Fernandes

Résumé

Les travaux consacrés au rapport au politique des migrants ont progressivement mis au jour un continent négligé, voire inconnu, de pratiques et de savoir-faire politiques. Témoignant de la prégnance du modèle assimilationniste dans les études migratoires, ils ont longtemps été exclusivement dédiés à l’intégration politique des migrants dans les pays de résidence. La récente diffusion du paradigme transnational dans les sciences sociales a contribué à renouveler cette approche. Elle a permis aux chercheurs spécialisés dans les études migratoires de s’affranchir du nationalisme méthodologique et, ce faisant, d’ouvrir la voie à l’examen de la participation des émigrés à la vie politique et de leur pays d’accueil, et de leur pays d’origine.

Annonce

Argumentaire

Les travaux consacrés au rapport au politique des migrants ont progressivement mis au jour un continent négligé, voire inconnu, de pratiques et de savoir-faire politiques. Témoignant de la prégnance du modèle assimilationniste dans les études migratoires, ils ont longtemps été exclusivement dédiés à l’intégration politique des migrants dans les pays de résidence. La récente diffusion du paradigme transnational dans les sciences sociales a contribué à renouveler cette approche. Elle a permis aux chercheurs spécialisés dans les études migratoires de s’affranchir du nationalisme méthodologique et, ce faisant, d’ouvrir la voie à l’examen de la participation des émigrés à la vie politique et de leur pays d’accueil, et de leur pays d’origine. 

La participation des diasporas à la vie politique de leurs pays d’origine a été renforcée par l’octroi - de plus en plus répandu - de la double nationalité et de la double citoyenneté ainsi que du droit de vote aux non-résidents. Depuis 1991, le nombre de pays qui a adopté des dispositions pour faciliter l’exercice du vote à l’étranger a ainsi été multiplié par quatre, passant de près de 30 à plus de 100 à la fin des années 2000. Pour le seul Continent africain, plus de la moitié des Etats permettent à leurs citoyens établis à l’étranger de participer aux élections nationales de leur pays d’origine. 

Toutefois, si la plupart des travaux scientifiques sur le vote externe ont porté sur des pays caribéens ou sud-américains (Mexique ou République dominicaine), européens (Italie ou Portugal) et asiatiques (Philippines), les conditions historiques, politiques et sociales qui ont permis l’octroi du vote externe aux diasporas africaines ont en revanche été l’objet d’une moins grande attention de la part des chercheurs. 

Aussi ce dossier d’Afrique contemporaine se propose-t-il de réunir des contributions inédites sur la participation des migrants aux élections de leur pays d’origine qu’elles émanent d’historiens, de politistes ou de sociologues spécialistes du continent africain. 

Axes thématiques 

Les thèmes qui peuvent faire l’objet d’un article sont notamment, mais pas exclusivement, les suivants : 

1. Modalités de mise en œuvre du « vote à distance » ou « vote externe » 

  • Quelles relations peut-on établir entre vote externe et changements politiques (« transitions démocratiques », sorties de conflits armés, révolutions de type « printemps arabes ») ?
  • Quelle est l’histoire de la mise en œuvre du vote à distance ?
  • Quelle typologie des dispositifs développés peut-on dresser ?
  • Quels sont les obstacles pratiques et les coûts induits, autant pour les Etats que pour les électeurs potentiels du recensement électoral, de l’inscription sur les listes jusqu’à l’acte de vote ? 

2. Mobilisation politiques : Pratiques électorales et pratiques non électorales 

  • Dans quelle mesure l’engagement partisan des diasporas est-il lié ou corrélé à d’autres types d’engagements qu’ils soient associatifs ou syndicaux ?
  • Quels rôles jouent les organisations « communautaires » locales ?
  • Comment se déroulent les campagnes électorales à l’étranger ?
  • Quels sont les liens éventuels entre participation aux élections nationales et participation aux élections locales ? 

3. Electeurs et élus 

  • Quelles sont les caractéristiques socio-démographiques des électeurs, qu’il s’agisse de la « première génération » ou de la « seconde génération »?
  • Dans quelle mesure les électeurs « externes » votent-ils comme les électeurs « internes », toutes choses étant égales par ailleurs ?
  • Quelle est l’influence éventuelle de l’expérience migratoire et de la socialisation dans le pays de résidence ?
  • Faut-il distinguer le comportement électoral de la diaspora en Afrique et hors d'Afrique ?
  • En se fondant sur une analyse prosopographique des candidats et élus aux élections nationales ou locales, peut-on discerner un impact de l’intensification des flux migratoires  depuis ces dernières décennies?  

4. Transfert monétaires et transferts sociaux 

  • Dans quelle mesure le développement du droit de vote pour les diasporas peut-il permettre de penser ou repenser la relation entre transferts monétaires (monetary remittances) et transferts sociaux (social remittances)?
  • Les transferts monétaires réalisés par les migrants aux familles restées au pays ont-ils un impact sur le comportement électoral de ces dernières ?
  • Dans quelle mesure et sous quelles conditions peut-on observer une influence des familles restées au pays sur le comportement électoral des migrants ?

5. Méthodologies 

  • Quelles sont les échelles d’analyse pertinentes pour le vote externe ?
  • Comment appréhender la question du contexte (famille, amis, collègues, réseaux partisans et associatifs, etc.) dans la double perspective locale et transnationale qui caractérise les élections à distance ?
  • Comment remédier au manque d’homogénéité et de fiabilité des statistiques migratoires ?

PAYS 

A l’exception du Mali, du Sénégal et de la Tunisie, qui seront traités par les coordinateurs du dossier, l’ensemble des pays du continent africain, de l’Égypte aux pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, peuvent faire l’objet d’articles centrés soit sur un seul pays, soit sur une comparaison entre plusieurs pays. 

Calendrier 

Le calendrier pour la publication de ce dossier est le suivant : 

  • Envoi d’une courte note d’une page environ exposant la problématique du texte, l’exposé de l’argumentaire, des données et terrains mobilisés:

le 20/01/2015au plus tard.

  • Réponse de la rédaction d’Afrique contemporaine aux auteurs : le 10/02/2015 au plus tard.
  • Envoi d’une première version des articles présélectionnés : le 01/06/2015.
  • Publication du numéro : quatrième trimestre 2015 

Dans leur version destinée à la publication, les articles pourront avoir deux formats : 

  • le format standard est de 35 000/40 000 signes espaces compris (incluant les notes de bas de page et la bibliographie) ;
  • un format de 8 000/10 000 signes espaces compris (incluant les notes de bas de page et la bibliographie) est également envisageable pour des articles traitant de pays qui sont moins couverts par la littérature scientifique existante et pour lesquels les données sont plus « éparses ». 

Les articles qui s’appuieront sur des matériaux iconographiques (cartes, frises, chronologies ou photographies) sont particulièrement bienvenus. 

L’ensemble des articles suivra la procédure d’évaluation scientifique auprès de deux lecteurs anonymes, du Comité de lecture d’Afrique contemporaine ainsi que des coordinateurs du dossier. 

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

La soumission des appels à propositions se fait sur la plateforme Editorial Manager à l’adresse suivante: http://www.editorialmanager.com/afriquecontemporaine/ 

Vous pouvez nous contacter pour toutes précisions aux adresses suivantes: Etienne Smith (Sciences Po)

etienne.smith@sciencespo.fr et Isabelle Fortuit fortuiti@afd.fr (Afrique contemporaine) 

Coordination du dossier

  • Jean-Philippe Dedieu (CIRHUS/NYU),
  • Thibaut Jaulin (CERI/Sciences Po)
  • Etienne Smith (Sciences Po) 

Bibliographie indicative 

  • Bauböck, Rainer (2007) « Stakeholder Citizenship and Transnational Political Participation: A Normative Evolution of External Voting », Fordham Law Review, 75(5), pp. 2393-2447.
  • Brand, Laurie A. (2010) « Authoritarian States and Voting from Abroad », Comparative Politics, 43(1), pp. 81-99.
  • Brand, Laurie A., (2014) « Arab uprisings and the changing frontiers of transnational citizenship: Voting from abroad in political transitions », Political Geography, 41, pp. 54-63.
  • Calderón Chelius, Leticia (2003) Votar en la distancia. La extensión de los derechos políticos a migrantes, experiencias comparadas, Mexico: Instituto Mora and Coordinacion General para la atencion al migrante Michoacano.
  • Collyer, Micheal&Vathi, Zana (2007) « Patterns of Extra-territorial Voting », Working paper T22, Development Research Centre on Migration, Globalisation and Poverty, University of Sussex.
  • Dedieu, Jean Philippe, Lisa Chauvet, Flore Gubert, Sandrine Mesplé-Somps, Etienne Smith (2013) « Les ‘batailles’ de Paris et de New York. Une analyse du comportement électoral transnational des migrants sénégalais en France et aux États-Unis », Revue française de science politique, 63(5), pp. 865-892.
  • Dedieu, Jean Philippe (2013) « Mali’s Scattered Democracy.How Migrants from Paris to Guangzhou Influence the Vote », Foreign Affairs, August 2013.
  • Docquier, Frédéric, Elisabetta Lodigiani, Hillel Rapoport, Maurice Schiff (2011) « Emigration and Democracy », IZA DP, n° 5496, Bonn: Institute for the Study of Labor.
  • Gallagher, Dennis & Anna Schowengerdt (1998) « Participation of Refugees in Postconflict Elections », in Kumar, Krishna (eds) Postconflict Elections, Democratization, and International Assistance, Boulder: Lynne Rienner Publishers, pp. 195-213.
  • IDEA and IFE (eds) (2007) Voting from Abroad. The International IDEA Handbook, Stockholm & Mexico City: IDEA & IFE.
  • Itzigsohn, Jose &Villacrés, Daniela (2008) « Migrant political transnationalism and the practice of democracy: Dominican external voting rights and Salvadoran home town associations », Ethnic and Racial Studies, 31(4), p. 664-686
  • Itzigsohn, Jose (2000) « Immigration and the Boundaries of Citizenship: The Institutions of Immigrants’ Political Transnationalism », International Migration Review, 34, pp. 1126-1154.
  • Jaulin, Thibaut (2014) « Les territoires du vote à distance : l’élection tunisienne de 2011 à l’étranger », Espace politiques, 23(2).
  • Lafleur, Jean Michel (2013) Transnational Politics and the State. The External Voting Rights of Diaspora, New York and London: Routledge.
  • Laguerre, Michel (1999) « State, Diaspora, and Transnational Politics : Haiti Reconceptualised », Millenium, 28, pp. 633-51.
  • Levitt, Peggy (1998) « Social Remittances: Migration Driven Local-Level Forms of Cultural Diffusion », The International Migration Review, 32, pp. 926-48.
  • Østergaard-Nielsen, Eva (2003) Transnational Politics. Turks and Kurds in Germany. London: Routledge.
  • Rhodes, Sybil & Arus Harutyunyan (2010), 'Extending Citizenship to Emigrants: Democratic Contestation and a New Global Norm.'. International Political Science Review, 31, pp. 470-93.
  • Rubio-Marín, Ruth (2006) « Transnational Politics and the Democratic Nation-State: Normative Challenges of Expatriate Voting and Nationality Retention of Emigrants », New York University Law Review, 81, pp. 117-47.

Dates

  • mardi 20 janvier 2015

Mots-clés

  • Afrique contemporaine, mobilisation politiques, électeur, élu, diaspora, migrant

Contacts

  • Isabelle Fortuit
    courriel : fortuiti [at] afd [dot] fr

Source de l'information

  • Isabelle Fortuit
    courriel : fortuiti [at] afd [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Engagement politique des diasporas africaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 25 novembre 2014, http://calenda.org/309912