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Les territoires en crise violente en Afrique

Territories in violent crisis in Africa

Revue Territoires d'Afrique

Revue Territoires d'Afrique

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Publié le vendredi 30 janvier 2015 par Céline Guilleux

Résumé

En 2015, l’ONU mène neuf opérations de maintien de la paix en Afrique. Cette présence internationale constitue un des marqueurs des conflits violents qui animent le continent africain. Toute la palette de la conflictualité est présente : conflits environnementaux, territoriaux (annexion, autonomie), ethniques ou/et à caractère religieux.

Annonce

Argumentaire

En 2015, l’ONU mène 9 opérations de maintien de la paix en Afrique. Cette présence internationale constitue un des marqueurs des conflits violents qui animent le continent africain. Toute la palette de la conflictualité est présente : conflits environnementaux, territoriaux (annexion, autonomie), ethniques ou/et à caractère religieux.

Le territoire comme espace approprié par une population qui y porte des valeurs, une idéologie parfois, une histoire commune est aussi souvent désiré, convoité par d’autres. Les territoires en crise violente constituent des zones de faiblesses et de déstabilisation, tant les disparités sociales (l’inégale richesse et la sous pauvreté), sociétale (religions/identités) et territoriales sont déséquilibrées sous la tutelle d’états défaillants.

Des zones de front de conflits ; indécises, marges, périphéries ou centralités de l’action constituent un maillage ou des relais et des synapses apparaissent. Des zones grises aux contours indécis se dessinent animées par les trafics d’armes de stupéfiants, de migrants, organisées par des milices armées comme Al Shabab en Somalie ou AQMI dans l’espace saharo-sahélien. D’autres structurations se forment s’inscrivant dans le temps long des territoires. Le groupe armé BokoHaram s’attache ainsi à retrouver les contours des califats de Borno et de Sokoto et impose un territoire théologique (M.Guidère, 2014).

Avec le temps, ces Etats, ces peuples ou ces régions qui ne peuvent sortir de cette situation de défaillance, sombrent dans un cycle de crises de plus en plus difficile à interrompre. Par dépit, par manque d’intérêt ou par crainte de se retrouver « englués » dans ces crises sans fin, les acteurs extérieurs et les organisations internationales se désengagent progressivement. Ces régions sans espoir, sortent peu à peu du bruit médiatique. Loin des attentions extérieures, ils sont incapables de trouver une issue durable à leur situation et  sombrent dans l’oubli ce qui ne manquera pas de générer de nouvelles crises, qui cette fois pourront contaminer les pays voisins.

Les zones de conflits attirent les convoitises ; les pillages et les viols en constituent les éléments visibles. Ailleurs d’importantes richesses minérales expliquent l’enlisement de certains conflits comme en Centrafrique ou au Nord-Kiwu, ce pillage contribue parfois à la stabilité de certains états riverains. De même, le trafic maritime au large des Somalies, l’exploitation pétrolière dans le golfe du Guinée, l’embarquement de migrants vers l’Europe polarisent certains groupes armés.

Ainsi les conflits violents sont-ils animés par des acteurs endogènes qui revendiquent leur territoires mais sont aussi parfois renforcés par des acteurs exogènes régionaux ou /et extrarégionaux attirés par des états défaillants, des richesses, des populations désemparées. Ces acteurs exogènes constituent parfois un des éléments explicatifs de la durée et de la violence des conflits (7 millions de morts estimés au Nord-Kivu).

En 2010, le Printemps Arabe a diversement animé l’ensemble des pays du Maghreb et du Machrek. Si la diffusion semble portée par une dynamique exogène, l’ancrage et l’évolution du processus restent propres à chaque état.  L’élément déclenchant du conflit s’appuie sur un territoire, un groupe social avant de se répandre à l’ensemble national. Puis la rue, la place deviennent des territoires appropriés pour asseoir la revendication qui mènera à l’évolution ou à la transformation de l’ordre politique. Cette phase postrévolutionnaire pose le problème de la souveraineté des territoires, des frontières poreuses, des segmentations tribales (J-M Miossec, 2014).

Il s’agira

  • de comprendre les liens entre le territoire et le conflit violent dans le temps long des territoires, par l’approche des inégalités profondes entre les territoires, les centres, les périphéries, les phénomènes de déclassement.
  • D’analyser les raisons externes de type convoitise, ingérence, économie de guerre, de pillage, emprise territoriale à caractère théologique.
  • D’analyser les formes d’enlisement des conflits et les raisons de cet enlisement sur le temps long
  • De décrire les nouvelles structurations spatiales qui émergent et qui s’appuient parfois sur la remise en cause de l’ordre établi depuis les périodes coloniales et postcoloniales.

Cet appel à communication s’inscrit dans la continuité du séminaire « Territoires en crise en Afrique » organisé par le Professeur Jean-Marie Miossec en décembre 2014 à l’Université Paul Valéry de Montpellier.

Quelques références

  • Faut-il abolir les frontières ?, Le Monde diplomatique avril-mai 2013, n°128
  • Gonin P, Kotlok N, Pérouse de Montclos M-A. 2013. La tragédie malienne. Vendémiaire. 344 pages.
  • Boukar-Yabara A.2013. Nigéria. Monde arabe/monde musulmancoll dirigée par Mathieu Guidère. De Boeck. 114 pages.
  • Pierre J-Ph 2013.Crises violentes et catastrophes majeures,  le cycle de la crise. Adapter les méthodes d’analyse et les outils de résolution aux temps de la crise. EA2252 Ruralités, Université de Poitiers, ANRT, 480 pages.
  • Guidère M. 2014. Le retour du califat. Le Débat n°182. Gallimard.
  • Miossec J-M.2014. De la souveraineté territoriale. Séminaire « territoires en crise en Afrique » UMR GRED, Université Paul Valéry de Montpellier.
  • Diop A. 2014.  Inégalités socio-économiques et crises territoriales. Séminaire « territoires en crise en Afrique » UMR GRED, Université Paul Valéry de Montpellier.

Modalités de soumission

Les propositions d’article sont à envoyer à Michel Desse Michel.desse@univ-nantes.fr

pour le 30 mars 2015.

Le Comité Scientifique prendra ensuite contact avec les auteurs pour les normes de publication.

Université Cheikh Anta Diop de Dakar et UMR GRED Université de Montpellier

Coordinateurs

  • Michel Desse. Professeur, UMR 6554 LETG, Géolittomer, Université de Nantes
  • Amadou Diop. Professeur, GERAD, Université de Dakar
  • John O Igue. Professeur, LARES, Université de Lomé
  • Jean-Marie Miossec. Professeur, GRED, Université Paul-Valéry Montpellier

Comité de sélection

  • Michel Desse. Professeur, UMR 6554 LETG, Géolittomer, Université de Nantes
  • Amadou Diop. Professeur, GERAD, Université de Dakar
  • John O Igue. Professeur, LARES, Université de Lomé
  • Jean-Marie Miossec. Professeur, GRED, Université Paul-Valéry Montpellier

Dates

  • lundi 30 mars 2015

Mots-clés

  • crise, violence, territoire

Contacts

  • Stéphanie Defossez
    courriel : stephanie [dot] defossez [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Stéphanie Defossez
    courriel : stephanie [dot] defossez [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les territoires en crise violente en Afrique », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 30 janvier 2015, http://calenda.org/316188