AccueilL'art et la machine

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Publié le mardi 10 février 2015 par João Fernandes

Résumé

Depuis la fin du dix-neuvième siècle, les avancées techniques ont fasciné les hommes et les machines ont été un motif privilégié dans le champ artistique. Leurs formes, leurs matériaux ou leur fonctionnement ont été sources d’inspiration ; mais c’est surtout la relative autosuffisance des mécanismes, leur étonnante complétude qui ont été déclinées en une infinité de réalisations ‒ le traitement du sujet se trouvant rythmé par les transformations graduelles d’une technicité toujours plus sophistiquée. Ce colloque propose d’explorer la manière dont « l’individu technique » que constitue la machine (selon l’expression de Gilbert Simondon) a été examiné, exploité ou encore détourné dans le domaine de l’art, au fil du vingtième siècle.

Annonce

Présentation

L’organisation du colloque « L’art et la machine » s’inscrit au sein d’un programme de recherche initié ‒ depuis 2011 ‒ par le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole, en étroite collaboration avec le CIEREC (Université de Saint‒Étienne) autour d’un ensemble remarquable de photographies, de revues et de plaquettes publicitaires réalisées en France entre 1927 et 1969 par les Éditions Paul-Martial. Des investigations ont été menées sous des angles pluridisciplinaires, en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France, les Archives Départementales de la Loire, l’École Nationale d’Architecture de Saint-Étienne, le Centre d'Histoire des Techniques (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IHMC) et l’IDHES UMR 8 533 (Université d’Évry-Val d’Essonne). Des journées d’étude ont été organisées, puis un colloque dont les Actes ont été publiés en octobre 2014. Des modalités innovantes de numérisation et de traitement des données ont été élaborées au sein du CIEREC, visant à renouveler les approches des chercheurs et à enrichir la présentation des images au grand public. La scénographie de l’exposition « Les Éditions Paul-Martial, la belle publicité » (octobre 2014 – janvier 2015) a bénéficié de ces actions conjointes.

Argumentaire

Après le colloque international de 2013 « Les photographes et la commande industrielle », dans le cadre d’un partenariat entre le MAMC et le Musée des Confluences, la thématique de « L’art et la machine » s’est imposée, en connivence avec l’exposition qui s’ouvrira à Lyon en octobre en 2015. A la suite de Pontus Hulten et de l'exposition The Machine at the End of the Mechanical Age qu'il a organisée à New-York au Museum of Modern Art en 1968, l'exposition du Musée des Confluences L’art et la machine a l'ambition de faire le point sur les rapports complexes de l'artiste et de la machine au cours des XIXe, XXe et XXIe siècles. En 2016, l’exposition Entre la symphonie industrielle et le temps des avatars, 1916-2016 au MAMC de Saint-Étienne explorera certaines des interconnexions entre art et industrie.

Depuis la fin du dix-neuvième siècle, les avancées techniques ont fasciné les hommes et les machines ont été un motif privilégié dans le champ artistique. Leurs formes, leurs matériaux ou leur fonctionnement ont été sources d’inspiration ; mais c’est surtout la relative autosuffisance des mécanismes, leur étonnante complétude qui ont été déclinées en une infinité de réalisations ‒ le traitement du sujet se trouvant rythmé par les transformations graduelles d’une technicité toujours plus sophistiquée. Ce colloque propose d’explorer la manière dont « l’individu technique » que constitue la machine (selon l’expression de Gilbert Simondon) a été examiné, exploité ou encore détourné dans le domaine de l’art, au fil du vingtième siècle.

Synonyme de progrès et de développement, la machine a été souvent magnifiée ; mais elle a  également été dénigrée comme facteur d’asservissement. Dans la première moitié du siècle, des cinéastes, tel Joris Ivens, sont par exemple fascinés par les rythmes inédits de la production industrielle, tandis que d’autres se montrent plus critiques. En 1912, une broyeuse de chocolat retient l’attention de Marcel Duchamp ; au Salon de la Locomotion aérienne - qu’il visite en compagnie de Francis Picabia et Fernand Léger - les avions et les hélices l’attirent. Le dadaïsme, le futurisme, le purisme, le vorticisme, la Nouvelle Objectivité, la Photographie Subjective … se sont emparés du motif. 

Cependant, la machine se trouve abordée différemment selon les médiums, les lieux ou les moments. Ainsi les deux guerres ont elles manifestement travaillé à une prise de distance critique. C’est non sans ironie que, dans les années soixante, Andy Warhol déclare vouloir « être une machine ». Les sculptures de Tinguely, associant des mécanismes mis au rebut, sont en rupture avec le culte de la modernité. Sans doute, l’humour se trouve-t-il également convié par Jeff Koons lorsqu’il expose trois aspirateurs placés sous plexiglass. Les dispositifs conçus par Rebecca Horn font appel à la mécanique afin d’interroger les frontières ténues qui existent entre humanité et animalité. Les machines désaffectées qui subsistent dans les usines en ruine focalisent l’attention de nombreux photographes à la période post-industrielle. En 2014, McCarthy interpelle avec l’installation à la Monnaie de Paris de sa « Chocolate Factory », tandis que des machines imaginaires apparaissent sur la scène artistique des pays émergents. Les démarches artistiques, dans leur diversité même, ne peuvent être appréhendées sans prise en compte de l’histoire. 

Au fil du vingtième siècle, la pratique de nombreux artistes a inclus l’apport croissant de machines diverses ‒ leurs projets et leurs gestes s’articulant aux mécanismes de ces dernières. Les appareils automatiques, de plus en plus présents dans le champ de l’art,  participent de l’évolution des représentations comme des perceptions. Ils amènent également à penser différemment l’acte de création.

Axes thématiques 

Cinq axes seront privilégiés :

  • La célébration de la machine
  • Les représentations des relations entre l’homme et la machine
  • Les machines imaginaires
  • La machine délaissée, à l’ère post-industrielle
  • L’art appareillé

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions feront 3 000 mots au maximum. Elles devront parvenir

avant le 15 mars 2015

à daniele.meaux@univ-st-etienne.fr et m.dancer@agglo-st-etienne.fr

Elles seront examinées par le comité scientifique et le programme du colloque sera proposé pour le 30 mai 2015.

Comité scientifique

  • Denis Briand, (Professeur d’arts plastiques, Université de Rennes 2)
  • Claudine Cartier (Conservateur général honoraire du patrimoine, spécialiste du patrimoine industriel)
  • Henry-Claude Cousseau, (Conservateur général honoraire du patrimoine, ancien directeur de l'ENSBA)
  • Martine Dancer-Mourès (Conservateur au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole)
  • Alain Michel (Maître de conférences, Université d’Evry-Val d’Essonne)
  • Danièle Méaux (Professeur d’esthétique et sciences de l’art, Université Jean-Monnet, CIEREC)
  • Nicolas Pierrot (Chercheur associé à l’IHMC, Centre d'Histoire des Techniques, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Dominique Versavel (Conservateur, Département des estampes et de la photographie, Bibliothèque nationale de France)
  • Christophe Viart (Professeur d’arts plastiques, Université de Paris 1) 

Comité d’organisation

  • Solange Bidou (Directeur des Archives départementales de la Loire)
  • Claudine Cartier (Conservateur général honoraire du patrimoine, spécialiste du patrimoine industriel)
  • Martine Dancer-Mourès (Conservateur au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole)
  • Lorand Hegyi (Directeur général du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole)
  • Hélène Lafont-Couturier (Conservateur en chef, Directrice du Musée des Confluences)
  • Danièle Méaux (Professeur d’esthétique et sciences de l’art, Université Jean-Monnet, CIEREC)

Lieux

  • Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne métropole
    Saint-Étienne, France (42)
  • Musée des confluences
    Lyon, France (69)

Dates

  • dimanche 15 mars 2015

Mots-clés

  • art, machine, machine imaginaire, ère post-industrielle, art appareillé

Contacts

  • Danièle Meaux
    courriel : daniele [dot] meaux [at] univ-st-etienne [dot] fr

Source de l'information

  • Danièle Meaux
    courriel : daniele [dot] meaux [at] univ-st-etienne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'art et la machine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 février 2015, http://calenda.org/317022