AccueilHabitable, vivable, désirable. Débats sur la condition territoriale

Habitable, vivable, désirable. Débats sur la condition territoriale

IVe rencontres scientifiques internationales de la Cité des territoires

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Publié le mardi 24 février 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Les IVe rencontres scientifiques internationales de la Cité des territoires débattront de la condition territoriale en examinant comment se définissent l’habitable, le vivable et le désirable. Elles se veulent multidisciplinaires et engagées dans le métissage des approches, des méthodes et des postures de recherches. Offrant des moments privilégiés autour de conférenciers invités, ainsi que des temps d’échanges dans des sessions thématiques, elles appellent des mises en débat autour d’une série de questions : à quelles conditions les territoires permettent-ils de penser et fabriquer (de) l’habitable ? La territorialisation est-elle une condition du vivable aujourd’hui ? Le désirable est-il un moteur de territorialités ?

Annonce

Les IVe rencontres scientifiques internationales de la Cité des Territoires sont organisées par le laboratoire PACTE (Politiques publiques, ACtion politique, TErritoires) et l'ENSAG (Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble).

Argumentaire

Ces IVe Rencontres Scientifiques Internationales organisées à la Cité des Territoires à Grenoble les 25-26-27 mars 2015 se situent dans la continuité des trois précédentes. Elles poursuivent le questionnement animé par les géographes, les urbanistes, les aménageurs et les sciences sociales et humaines grenobloises en ouvrant cette fois sur la problématique de la condition territoriale et de l’habitabilité.

Les 1ères Rencontres (en 2007) ont permis de constater le renouveau des enjeux territoriaux mais aussi l’intérêt de reposer la question du Territoire, de la Territorialisation et des Territorialités (TTT) dans de nouvelles controverses (celles de l’action collective, de la relative faiblesse des paradigmes fondateurs, du dépassement des anciennes dichotomies, du renouveau démocratique, …).

Les IIe Rencontres (en 2010) ont focalisé l’attention sur les territoires comme opérateurs de changement, la prédominance des individus, de leurs trajectoires et de leurs tensions, de la grande labilité des choix territoriaux, mais aussi sur la question des ancrages et des héritages, des obligations de protection et de patrimonialisation en renouvelant les réflexions sur le rapport individu/politique dans les sciences territoriales.

Les IIIe rencontres TTT (en 2012) ont interrogé les processus d’hybridation (croisements, mixages, métissages, interrelations, objets composites, …) et ont invité à imaginer d’autres formes d’intelligence collective pour observer et comprendre les mutations territoriales en permettant de construire de nouveaux modes de collaborations pour la recherche et pour la fabrique des territoires.

Ces IVe rencontres sont organisées, en 2014, de concert avec les 6èmes Rencontres Internationales de Recherche en Urbanisme. Ces dernières avaient fait état de l’approche interdisciplinaire des questions urbaines et de la confrontation régulière et programmée entre résultats de recherche fondamentale, demandes institutionnelles et valorisation de la recherche. Cette volonté d'articulation entre théorie et pratique vise à enrichir les travaux de recherche portant sur l'habiter, sur les représentations de la ville, les mutations urbaines et les dynamiques territoriales. Les précédentes rencontres ont porté sur « L'imaginaire aménageur en mutation » (2002) ; « La ville-nature contemporaine » (2004) ; « La mobilité qui fait la ville » (2006) ; « La planification territoriale : imaginer, anticiper et organiser » (2008) ; « La ville créative en question » (2010))

En fusionnant ces deux évènements, il s’agit bien d’un rendez-vous dorénavant régulier et commun (IGA & IUG en partenariat avec l’ENSAG) qui s’organise au sein de la Cité des territoires à Grenoble. Cet évènement est offert aux chercheurs en sciences territoriales, en géographie, en urbanisme, en aménagement, en architecture, et plus largement à l’ensemble des sciences humaines et sociales. Le débat scientifique portera sur les avancées, les redéploiements, les controverses et les approfondissements des notions de « Territoire / Territorialisation / Territorialité ».

Dans le renouvellement …

En 2015, ces Rencontres scientifiques internationales débattront de la condition territoriale en examinant comment se définissent l’habitable, le vivable et le désirable. Elles se veulent multidisciplinaires et engagées dans le métissage des approches, des méthodes et des postures de recherches. Elles offrent un moment privilégié autour de 8 à 10 conférenciers invités pour décaler les lignes de réflexion et proposer de nouvelles hypothèses. Ces trois journées permettront aussi des temps d’échanges dans des sessions thématiques organisées avec chacun des partenaires. Ces trois journées appellent des mises en débat autour d'une série de questions :

  • A quelles conditions les territoires permettent-ils de penser et fabriquer (de) l’habitable ?

Quelles formes l’habitabilité prend-elle ? Et en quoi sont-elles spécifiquement territoriales ? Comment se structurent et s’organisent les territoires pour être, se faire reconnaitre, se rendre, plus habitables ?

  • La territorialisation est-elle une condition du vivable aujourd’hui ?

Comment se construit le vivable dans les territoires ? Comment le vivable se caractérise-t-il aussi dans l’habitable ? Ou malgré l’inhabitable ? Le vivable est-il toujours soutenable ? Le vivable se définit-il par des collectifs sociaux et/ou par des pratiques individuelles singulières ?

  • Le désirable est-il un moteur de territorialités ?

Quels sont les désirs moteurs des territorialités individuelles et collectives ? Le désir peut-il être mis en regard de la rationalité pour analyser les comportements et représentations des acteurs ? Après les travaux sur la ville aimée (et mal aimée) qu’apportent les recherches sur le territoire désiré, non désiré ou indésirable ?

Autrement dit, 

Ces 4èmes rencontres scientifiques internationales de la Cité des Territoires continuent à interroger ce qui renouvelle la question territoriale en sciences humaines et sociales en prenant trois clés d’entrée comme problèmes autant que projets : l’habitable, le vivable et le désirable.

La condition territoriale renvoie tout à la fois à la dimension bio-physique, à la matérialité et à la symbolique d’un espace en tant qu’elles autorisent une présence humaine à la condition de qualités formelles, sociales ou idéelles permettant au territoire de participer de l’existence et de l’expérience humaines. Si l’on considère la « condition » de manière simple comme ce sans quoi un objet ne peut advenir, la condition territoriale révèle les caractères qui nous fondent, ce sans quoi nous serions autres. Elle met ainsi en jeu tout à la fois l’identité, la (sur)vie et la place sociale, ou, pour le dire autrement, l’ontologie et l’écologie.

Quelles constructions de la condition territoriale ?

L’époque actuelle invite à repenser ce que veut dire « habiter ». Le monde serait de plus en plus habitable en plus d’être de plus en plus peuplé. Mais les conflits de cohabitation et de voisinage, de proximité et de mixité, d’intégration et de solidarité sont aigus. Habiter les villes et les campagnes en même temps, habiter par les réseaux et dans la mobilité, habiter en citoyen et en consommateur, habiter ensemble, côte-à-côte ou entre semblables, … posent de nombreux problèmes humains, sociaux, politiques, culturels et économiques. Il existe quelques signaux forts à partir desquels les sciences territoriales ont construit leur agenda de recherche ces dernières années sur la question de l’habitable : crise du logement, endettement des ménages, nouvelles conquêtes de confort spatial, modularité croissante des espaces et des pratiques, métropolisation désordonnée, limite de la planification, pauvreté et accroissement des ségrégations socio-spatiales, mouvements d’occupation des espaces publics, appropriation des friches, tensions liées aux migrations souhaitées et subies, conflictualités et labilités des limites et des frontières, …

Ces signaux conduisent à s’interroger sur les nouvelles formes de l’habitabilité en regard de ce que les sociétés humaines définissent comme « vivable ». A quelles conditions d’habitabilité les espaces seraient-ils vivables ? Quelle vie s’invente dans ces formes territoriales nouvelles ? La ville et l’urbain, la ruralité et les campagnes, les métropoles et les mégapoles métissent leurs formes, leurs fonctions, leurs systèmes et même leurs outils pour tenter de rendre la vie plus vivable. Comment la dimension territoriale de l’habiter, de l’habitable, de l’habitabilité se traduit aujourd’hui en société ? Pourquoi le vivable que défendent les territoires se doit d’intégrer plus, mieux et autrement la vie végétale et animale ? Quelles sont les tensions qui s’expriment dans les pratiques d’habiter et entre les modes de vie ? Le « vivable » dont il est ici question appelle à une anthropologie de l’habiter prenant les habitants au sérieux et montrant les capabilités qui se développent un peu partout.

L’habitable ne consiste pas seulement à analyser le rapport à la qualité de l’espace des individus et des collectifs. L’habitable exprimerait aussi un « désirable ». En inscrivant ce problème scientifique dans une éthique de l’action, la condition territoriale est questionnée par l’habitabilité dans des territoires multiples et de plus en plus singuliers. S’expriment ainsi de nombreux désirs d’être, d’avoir, de vouloir. Lesquels, comment s’expriment-ils, en quoi sont-ils des moteurs d’un genre nouveau pour l’action ? Comment les territoires peuvent-ils recueillir l’expression de « désirs », figures emblématiques de la singularité ? Comment les politiques publiques territoriales pourraient-elles repenser leurs référentiels et leurs fondements pour prendre en compte ces expressions de territorialités désirantes partagées ?

L’ambition de ces IVe Rencontres scientifiques internationales de la Cité des Territoires est de débattre sur l’habitable, le vivable et le désirable comme moteurs d’une condition territoriale dont il s’agit de continuer à penser les possibilités, les limites et les perspectives de sa construction permanente.

Programme provisoire

Mercredi 25 mars 2015

10h00-10h30 : Accueil des participants

10h30-11h00 : Introductions

11h00-13h00 : Conférences plénières

  • AnneVolvey « titre à confirmer »
  • Dominique Boullier « Nos territoires sont des intérieurs »

13h00-14h30 Repas sur place

14h30-18h00 Sessions parallèles X, A et B

  • X- Méthodes et perspectives épistémologiques
  • A- Processus d’habitabilité
  • B- Production du désirable

Jeudi 26 mars 2015

9h00-9h30 Café d’accueil

9h30-11h30 Conférences plénières

  • Monique Eleb, « Le désir d'habitabilité : regarder le territoire depuis chez soi ? »
  • Michel Lussault, « Porter attention aux espaces de vie. Eléments pour une théorie du Care spatial »

11h30-12h30 : Débat

12h30-14h00 : Repas sur place

14h00-17h30 : Sessions parallèles C, D et E

  • C- Bien-être
  • D- Limites et controverses de l’habitabilité
  • E- Risques, vulnérabilité, nature et soutenabilité

Soirée festive

Vendredi 27 mars 2015

9h00-9h30 Café d’accueil

9h30-11h30 Conférences plénières

  • Olivier Mongin, « De la condition urbaine à la condition métropolitaine »
  • Roberto Camagni, « Économies d'agglomération, territoires en développement et performance des villes moyennes en Europe »

11h30-12h15 : Débat

12h15-13h00 : Conclusions scientifiques

13h00-14h30 : Repas sur place

Après-midi : Réunions de réseaux et programmes de recherche

  • Séminaire CIST
  • Séminaire CGET

Présentation des ateliers

X- Observer et analyser l’habitable, le vivable et le désirable : questions de méthodes et perspectives épistémologiques

Mesurer, critères, méthode et classements, indicateurs + guider pour agir ?

Animateurs et rapporteurs :

  • Mario BEDARD (Université du Québec à Montréal – CRISES)
  • Anthony PECQUEUX (ENSAG-CRESSON)
  • Romain LAJARGE (UGA-PACTE-Territoires)

Pour rendre les territoires plus habitables, et part conséquent guider l’action territoriale, il est nécessaire d’observer et d’analyser la forme et la nature de l’habitable, du vivable et du désirable. Si pour des chercheurs, il est possible de « mesurer » l’habitable, de le quantifier et de le rationnaliser, pour d’autres, il est surtout question de comprendre cet habitable et de le qualifier.  Les communications de cette session  aborderont des questions de méthodes et interrogeront les justifications scientifiques à l’origine de ces méthodes, leur construction, leurs résultats et leur utilisation  pour l’action :

  • Comment observer et analyser l’habitable, le vivable et le désirable ? Peut-on « mesurer » l’habitable, le vivable et le désirable et comment ?
  • Quelles sont les méthodes (quantitatives et/ou qualitatives) mises en œuvre ? Comment les chercheurs justifient-ils leurs méthodes ?
  • Quelles valeurs accordées aux résultats issus de méthodes différentes ?
  • A quelles conditions, les analyses de l’habitable peuvent-ils guider l’action technique et politique ?

Poser la question des conditions de l’habitable, du vivable et du désirable invite aussi à réinterroger les connaissances produites sur ces fondamentaux de la vie sociale. Que sait-on aujourd’hui sur ce qui est habitable ? Le vivable est-il une catégorie de connaissance, une catégorie de jugement ou une grandeur sociale ? En quoi le désirable en tant que concept structurant peut-il guider la réflexion sur la condition territoriale des humains ? Comment la recherche peut éclairer ce qui et ceux qui rendrait habitable de l’espace, des lieux, des réseaux et/ou des territoires ? Comment quelque chose peut-il se qualifier d’habitable ? Quelles sont les types de connaissance nécessaire sur l’habitable, le vivable et le désirable ?

Pourquoi faudrait-il aller au-delà de l’habitable défini comme qualité en soi d’un espace et donc de l’habiter comme un habitat, au sens du logement et de la résidence principalement ?

A quelles conditions peut-on reconnaitre l’habitabilité comme nécessitant un certain type d’interactions sociales et donc une construction de conditions privilégiées d’interconnaissances, d’appropriations, de subjectivations ? La variété des formes territoriales et l’inscription des acteurs dans des territorialités de plus en plus diverses ne sont-elles pas des conditions pour rendre vivable et désirable de l’espace pour les humains ?

A- Processus d’habitabilité

Arrangements, récréation, tourisme et relation avec la production du désirable

Animateurs et rapporteurs :

  • Paulette DUARTE (UGA-PACTE-Territoires)
  • Catherine MAUMI (ENSAG-MHA)
  • Guillaume MEIGNEUX (ENSAG-CRESSON)

Les territoires, qu’ils soient considérés comme habitables ou inhabitables, vivables ou invivables, désirables ou indésirables, se construisent et s’organisent pour être, se faire reconnaitre, se rendre plus habitables, plus vivables et plus désirables. Des processus d’habitabilité y sont à l’œuvre.  Les communications de cette session  aborderont ces processus et interrogeront leurs différentes caractéristiques :

  • De quelle nature sont ces processus ? Sont-ils des processus de nature psychologique, sociologique, économique, géographique ou urbanistique ?
  • Quels sont les acteurs à l’origine de ces processus ? Les habitants ? Les acteurs économiques ? Les acteurs politiques ? Les techniciens ?
  • Quelles sont les modalités que les acteurs mettent en œuvre pour (mieux) habiter les territoires ? Quels usages, quelles compétences, quelles actions sont mises en œuvre ?
  • Quelles ressources territoriales (économiques, culturelles, écologiques…) sont mobilisées  par les acteurs pour rendre les territoires habitables ?
  • A quelles conditions (organisationnelles, temporelles…),  ces processus permettent-ils de rendre les territoires plus habitables ?

B- Production du désirable

Désir et dimension affective, imaginaire, représentation, ressources

Animateurs et rapporteurs :

  • Anne COSTE (ENSAG-AE&CC)
  • Nathalie AUDAS (UGA-PACTE-Territoires)
  • Gabriella TROTTA (UGA-PACTE-Territoires) 

Les désirs des habitants ou des usagers s’expriment dans des formes variées de territorialités individuelles ou collectives. Ces manières d’habiter ne nous renseignent pas seulement sur le rapport entre l’individu ou le collectif et le territoire, elles traduisent aussi un « désirable ». Parallèlement les territoires, eux-mêmes désireux de (re)-nouveler leur attractivité, de se faire (re)-connaître, de se (re)-créer une identité, tendent de diverses manières à devenir désirables aux yeux de ceux qui les pratiquent, les imaginent et se les représentent.

Les textes de cette session interrogeront cette production du désirable aussi bien par les individus et le collectif que par les territoires. Un premier axe mettra l’accent sur les imaginaires et les représentations en tant qu’éléments permettant d’explorer les nouvelles formes constitutives du désirable. Il s’agira dans un second axe d’apporter des éclairages sur la constitution de ces désirs et sur leurs significations pour tendre vers la compréhension de ce qu’est un territoire désiré, non désiré, indésirable. Enfin sont attendues dans le troisième axe, des contributions sur cette opérationnalisation du désir en tant que moteur de l’action en urbanisme ou en aménagement dans une volonté de (re)-connaissance territoriale, de (re)-valorisation territoriale, de construction identitaire, etc.

Cette session s’articulera autour des questionnements suivants :

  • Comment décrypter les imaginaires et représentations qui fondent les désirs d’habitat, d’habiter ? Qu’est-ce que ces différents désirs traduisent quant à ce qui est de l’ordre de l’habitable et de l’inhabitable, du désirable et de l’indésirable ?
  • Que signifie désirer un territoire ? Quelle est la place des affects, du bien-être, du confort, etc. dans ces désirs de territoires, de territorialités ?
  • Comment les structures territoriales relèvent-elles ces défis de la production du désirable ? Autrement dit, comment les acteurs de l’aménagement se saisissent de ce « désirable » pour leurs projets d’urbanisme ou d’aménagement, pour tendre vers un territoire désiré ?

C- Bien-être

Vivre ensemble, confort spatial, lien social et ressources ?

Animateurs et rapporteurs :

  • BONICCO-DONATO (ENSAG-CRESSON)
  • Jean-Michel ROUX (UGA-PACTE-Territoires)

Cette session propose de prendre au sérieux l’idée que la recherche du bien-être est, pour les individus comme les collectifs, un des motifs principaux de leur raison d’agir, d’autant plus en situation de crise, de tension sociale et d’inquiétudes généralisées. Cette hypothèse invite à se pencher sur des cas concrets d’amélioration de l’habitable, du vivable, du désirable et de repérer les mobiles directement liés à la quête de bien-être. Plusieurs questions peuvent ainsi naitre sur les conditions territoriales de production de ce bien-être :

Faut-il considérer l’espace public comme un donné au regard du territoire comme un construit ? C'est-à-dire reconnaitre que la ressource pour le bien-être se trouve plutôt dans les relations que dans les situations, les agencements, les morphologies ?

Comment s’articule « bien-être » au sens de l’épanouissement des individus dans leur vie et « bien-être résidentiel » au sens d’une qualité de la résidence pour vivre ?

La figure périurbaine sera (ici aussi) considérée comme emblématique de la difficulté à relier critère d’habitabilité dictée par le confort spatial et conception d’un vivre ensemble dans et par la densité. L’injonction à « construire la ville sur la ville » et « à densifier les zones habitées afin de diminuer la consommation d’espace » n’est-elle pas de plus en plus souvent mis en perspective critique ? Cette critique n’ouvre-t-elle pas une réflexion renouvelée sur le rapport individus/collectifs comme générateur de territorialités permettant le bien-être ? Et alors, qu’en est-il de l’évolution nécessaire des politiques publiques pour prendre en compte ces mutations. Invités à reconsidérer cette acception habituelle d’un « bon » vivre ensemble comme celui du modèle des centres-villes, les débats de cette session porteront notamment sur le rapport entre nature des liens sociaux et processus de construction d’habitabilité.

D- Limites et controverses de l’habitabilité

Limites habitabilité/inhabitabilité, exister, périphéries, agricole, inclusif/altérité, paradoxes

Animateurs et rapporteurs :

  • Patrice MELE (Univ Tours-CITERES)
  • Stéphane SADOUX (ENSAG-AE&CC)
  • Marie-Christine FOURNY (UGA-PACTE-Territoires) 

L’habitabilité des uns n’est pas (forcément) celle des autres -humains, sociétés ou espaces- mais elle se définit dans le rapport aux autres. Tel est le parti pris d’une session qui veut aborder les questions d’habitabilité, de désirabilité et de vivabilité dans les oppositions et les contradictions qui les agitent et les produisent. Elle cherche à montrer la construction sociale et discursive de ces notions et notamment l’élaboration progressive de définitions et de catégorisations par la confrontation entre des modes d’habiter différents ou des espaces de qualité et de capacité différentes.

Les contributions pourront ainsi mettre en évidence :

  • Les limites de chaque catégorie : où commence l’inhabitable ?  Quand un lieu devient-il invivable ?  Les objets de l’indésirable ne sont-ils pas moins obscurs que ceux du désirable ? Il s’agira notamment de se pencher sur la définition de ces limites, sur leur condition d’émergence, sur les critères spatiaux ou sociaux qui leur donnent corps.  On pourra ainsi discuter de leur perception (ce qui semble invivable pour certains peut sans doute être désirable pour d’autres) et de leur inscription souvent paradoxale dans l’espace (l’inhabitable peut aussi exacerber le désir) ;
  • Les conflits entre différentes formes d’habiter, différents usages qui investiraient les mêmes espaces ;
  • Des approches centrées sur les questions d’altérité ou d’inclusion, qui interrogeraient « d’autres » formes d’habiter, en marge des modes de vie considérés comme conventionnels, ou encore des visions et projets dont l’objectif seraient de permettre à un espace d’être habité, vécu et désiré par  « tous ».

Les communications chercheront à identifier les controverses, différenciations, paradoxes, conflits, dans leur nature, leurs enjeux, leur rapport à l’espace ou leurs discours, en explicitant leurs origines et les manières dont ils se concrétisent mentalement ou physiquement. Elles analyseront les jeux d’acteurs à l’œuvre dans ces tensions, contradictions, ou, au contraire, dans ces recherches d’inclusion. Elles pourront également examiner la spatialisation de ces catégories (limites de l’oekoumène, périphéries, marges) et ses effets dans leur définition sociale.

E- Risques, vulnérabilité, nature et soutenabilité ?

Animateurs et rapporteurs :

  • Natacha SEIGNEURET (UGA-PACTE-Territoires)
  • Luna D’EMILIO 

L’acceptation de valeurs est double pour le mot risque, qu’elles soient positives et soulignent le courage à la française « Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener » (Turenne, 1667), l’impétuosité des manageurs anglo-saxons : What is Positive Risk on Projects ? , ou qu’elles soient négatives et marquent fortement les documents réglementaires en aménagement du territoire. Ce double champ fait que les risques rendent les lieux désirables ou indésirables, habitables, vivables ou invivables aux yeux de ceux qui les vivent, les pratiquent, les imaginent et les représentent. Ainsi la société du risque dans laquelle nous évoluons se caractérise par des définitions multiples, et comme nous serons amené à l’observer lors de cette session «… la caractéristique centrale de cette constellation, tous travaux confondus, c’est la tension entre trois éléments : a/ la perception et la représentation, par tout un chacun, de la vie comme risquée, b/ la construction de dispositifs experts de traitement sociétal du risque, ce qu’on appelle la gestion des risques, et c/ l’effet inducteur de risques résultant des deux éléments précédents, un processus de risquification…»  Les articles de cette session interrogeront cette connaissance des risques, développée par les individus et les communautés pour construire une valorisation ou une dévalorisation territoriale, et en conséquence, pour se construire une identité, un habitat, une société. Cette session s’articulera autour des questionnements suivants :

  • Expérimenter quelques méthodes pour mieux habiter le monde des risques ?
  • Vers des territoires souhaitables. Une hypothèse de recherche pour opérationnaliser la résilience ?
  • Habiter près des cours d’eau, un risque maitrisé ?
  • Une zone inondable désirable peut-elle être soutenable?

Lieux

  • Cité des Territoires, 14 et 14 bis avenue Marie Reynoard
    Grenoble, France (38100)

Dates

  • mercredi 25 mars 2015
  • jeudi 26 mars 2015
  • vendredi 27 mars 2015

Mots-clés

  • condition territoriale, territoire, urbanisme, habitabilité, agglomération, métropole, ville, care spatial

Contacts

  • Romain Lajarge
    courriel : romain [dot] lajarge [at] ujf-grenoble [dot] fr
  • Natacha Seigneuret
    courriel : Natacha [dot] Seigneuret [at] upmf-grenoble [dot] fr

Source de l'information

  • Karine Feuillet
    courriel : karine [dot] feuillet [at] umrpacte [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Habitable, vivable, désirable. Débats sur la condition territoriale », Colloque, Calenda, Publié le mardi 24 février 2015, http://calenda.org/317722