AccueilRuptures et narrativité : approches pluridisciplinaires

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Publié le jeudi 19 février 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque sera l’aboutissement d’un séminaire pluridisciplinaire consacré aux modèles de mise en récit, et conduit dans le cadre de l’axe « Langages, identités, représentations » de la Maison des sciences de l'Homme de Dijon. Ce projet vise à établir un dialogue pionnier entre une discipline de psychologie médicale et ses enjeux thérapeutiques d’une part, et d’autre part les humanités. Ces deux grands domaines, qui abordent chacun à leur manière les processus d’élaboration et de production de récits, n’ont pas vocation à confronter leurs critères d’analyses respectifs. Or, un séminaire récemment mis en place dans le cadre de la MSH a permis de mettre en évidence les bénéfices d’une telle confrontation.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque, francophone et pluridisciplinaire, entend associer des enseignants chercheurs de la Maison des Sciences de l’Homme (Littérature, Langues, Histoire, Philosophie) et des psychologues qui réfléchiront ensemble sur la notion de narrativité et les modèles de mise en récit.

Il sera l’aboutissement d’un séminaire pluridisciplinaire consacré aux modèles de mise en récit, et conduit dans le cadre de l’axe « Langages, Identités, représentations » de la MSH de Dijon par des chercheurs des laboratoires de l'Université de Bourgogne-Franche-Comté suivants : Laboratoire de Psychopathologie Médicale, Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures, Texte Image Langage, ArTeHiS (Archéologie-Terre-Histoire-Sociétés), Centre G. Chevrier, ainsi que des représentants de l’Athéneum.

Ce projet vise à établir un dialogue pionnier entre une discipline de psychologie médicale et ses enjeux thérapeutiques d’une part, et d’autre part les humanités. Ces deux grands domaines, qui abordent chacun à sa manière les processus de d’élaboration et de production de récits, n’ont pas vocation à confronter leurs critères d’analyses respectifs. Or, un séminaire récemment mis en place dans le cadre de la MSH a permis de mettre en évidence les bénéfices d’une telle confrontation.

Certains événements majeurs de la vie du sujet, (tels que les deuils, la maladie, les traumatismes de tous ordres), ont un effet de rupture dans la continuité de soi et la continuité existentielle, et s’accompagnent d’un ébranlement des croyances et certitudes. La question se pose alors de savoir comment retrouver une identité cohérente et maintenir une continuité de soi-même.

Dans le domaine de la psychothérapie, la notion d’identité narrative tente de répondre à cette question complexe. Cette notion se définit comme la capacité de la personne à mettre en récit, de manière concordante, les événements de son existence, à remettre de l’ordre dans la chronologie, à intégrer et à agencer les discontinuités pour donner un sens au récit. Le narratif permet ainsi d’intégrer les ruptures et continuités, de manière à faire un récit qui donne la possibilité de raconter et de se raconter.

Or, le concept de narrativité est également au cœur de plusieurs mouvements d’idées et de l’histoire des connaissances. Il prend ses racines dans un certain nombre de disciplines : philosophiques, historiques, épistémologiques, sociologiques, linguistiques, littéraires, aussi bien que psychanalytiques et psychologiques.

La sociologie et l’historiographie contemporaines se sont penchées sur la notion de témoignage, sur les modalités d’articulation entre récit subjectif et récit collectif. En histoire, la mise en récit du deuil et des traumatismes a contribué à la construction de modèles collectifs, parfois identitaires, souvent facteurs de mise en ordre social. Elle en a assuré la transmission historique pour "faire mémoire", y compris sur des oublis et des silences, idéologiques mais également traumatiques.

En littérature, le discours romanesque du modernisme et du post modernisme a vu l’éclatement du récit et l’apparition de stratégies narratives destinées à inscrire l’expérience du trauma dans un registre de signes totalement nouveaux. Mais si la période contemporaine, avec les deux guerres mondiales et les divers exemples de génocides des XXe et XXIe siècles, a donné aux expériences de rupture une place tout à fait centrale, l’ensemble de l’histoire littéraire entre dans le champ de réflexion de ce colloque. Les récits légendaires de la période orale de l’histoire littéraire ont très tôt produit, sous la forme de récits, plusieurs modèles de représentation des expériences de rupture que la psychanalyse a su exploiter comme des repères psychiques universels. Le discours poétique lui-même, tout comme la structure romanesque, ont fourni des réponses collectives possibles au manque-à-dire individuel.

Quel que soit le cadre du discours, que ce cadre soit littéraire ou historique, privé ou collectif, celui du témoignage subjectif ou du discours officiel, faire le récit d'un événement, c'est créer un moment mémoriel, ritualisé et en vivifier la mémoire par la voix, la performance ou l'écriture textuelle. Mettre en récit, c'est écrire des histoires, mais c'est aussi faire l'histoire, et la période commémorative actuelle le montre bien, à propos de la Grande Guerre.

Ce colloque propose donc de conduire une réflexion pluridisciplinaire sur ce concept de narrativité avec, comme fil directeur, la question des ruptures de vie : deuils, maladie, trauma extrêmes, handicap. Il conviendra de s’interroger sur la façon dont le récit, dans chacune des disciplines convoquées, affronte et tente d’intégrer ce qui logiquement devrait le mettre en échec : la situation de rupture et de non sens. Il s’agira de mener une réflexion comparatiste sur les stratégies de mise en récit et de recouvrement du sens, afin de mieux comprendre les enjeux de la résilience pour les personnes et les entités collectives confrontées à de telles situations.

Le programme reposera sur plusieurs types d’intervenants. Les spécialistes invités pour représenter des secteurs d’avant-garde dans leur domaine (réflexion sur le handicap et la situation de dépendance ; psychothérapie de sujets exilés, déplacés ou victimes de génocides récents), dialogueront avec des chercheurs sélectionnés par un comité scientifique du projet à la suite d’un appel à communications. Ce double mode de rassemblement des intervenants (interdisciplinarité interne aux SHS, et transdisciplinarité SHS / psychothérapie médicale) aura pour but de garantir à la fois la solidité des travaux et l’ouverture de la réflexion à un grand nombre d’approches possibles.

Le colloque s’accompagnera d’un spectacle donné à l’Athéneum, sous la supervision de Peggy Camus et Charline Mohn, en complément des interventions. Il sera destiné à ouvrir le domaine des échanges de savoir au secteur des arts de la danse et du spectacle de danse.

Le caractère pionnier du dialogue pluridisciplinaire défini ci-dessus justifiera la publication des travaux, d’ores et déjà envisagée.

Modalités de soumission

Les propositions de communication comprendront environ 250 mots, accompagnées d'une notice biographique, et seront à envoyer à Françoise Bort (Francoise.Bort@u-bourgogne.fr) et Martine Clouzot (Martine.Clouzot@u-bourgogne.fr).

avant le 30 mai 2015.

Dates : 26 et 27 novembre 2015 

Comité scientifique

  • Pierre ANCET, Maître de Conférences en Philosophie, Université de Bourgogne.
  • Françoise BORT, Professeur de Littérature Britannique, Université de Bourgogne, Laboratoire TIL.
  • Khadija CHAHRAOUI, Professeur de Psychologie clinique et psychopathologie. Université de Bourgogne. (LPPM-EA 4452).
  • Martine CLOUZOT, Professeur en Histoire du Moyen Age, Université de Bourgogne, UMR CNRS 6298-ArTeHiS.
  • Sylvie CRINQUAND, Professeur de Littérature anglaise, Université de Bourgogne, Laboratoire TIL.

Lieux

  • Université de Bourgogne, Maison des sciences de l'Homme, 6 esplanade Erasme
    Dijon, France (21066)

Dates

  • samedi 30 mai 2015

Contacts

  • Martine Clouzot
    courriel : martine [dot] clouzot [at] wanadoo [dot] fr
  • Françoise Bort
    courriel : Francoise [dot] Bort [at] u-bourgogne [dot] fr

Source de l'information

  • Martine Clouzot
    courriel : martine [dot] clouzot [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ruptures et narrativité : approches pluridisciplinaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 19 février 2015, http://calenda.org/317890