AccueilClasses populaires et organisations militantes

Classes populaires et organisations militantes

Transformations sociopolitiques et recompositions des liens avec le monde associatif et politique

*  *  *

Publié le vendredi 20 février 2015 par Céline Guilleux

Résumé

De nombreux travaux insistent depuis quelques années sur la rupture, qui semble désormais consommée, entre les classes populaires et la politique dans sa version la plus institutionnalisée (partis politiques et syndicats). Dans le même temps, des études montrent les profondes transformations du monde associatif, son intervention croissante auprès des populations les plus « vulnérables », « fragilisées », « démunies » et son rôle majeur dans la mise en œuvre des politiques sociales. Ces recherches viennent en partie nourrir le renouveau des débats sur la prise en compte du rapport au politique des classes populaires et, plus précisément, sur la nécessité de sortir d’une définition légitimiste de ces rapports pour les étudier au quotidien, dans l’ordinaire des relations sociales, poussant à interroger, ce faisant, les outils méthodologiques et théoriques pertinents pour les saisir.

Annonce

Argumentaire

De nombreux travaux insistent depuis quelques années sur la rupture, qui semble désormais consommée, entre les classes populaires et la politique dans sa version la plus institutionnalisée (partis politiques et syndicats)[1]. Dans le même temps, des études montrent les profondes transformations du monde associatif, son intervention croissante auprès des populations les plus « vulnérables », « fragilisées », « démunies » et son rôle majeur dans la mise en œuvre des politiques sociales[2]. Ces recherches viennent en partie nourrir le renouveau des débats sur la prise en compte du rapport au politique des classes populaires et, plus précisément, sur la nécessité de sortir d’une définition légitimiste de ces rapports pour les étudier au quotidien, dans l’ordinaire des relations sociales, poussant à interroger, ce faisant, les outils méthodologiques et théoriques pertinents pour les saisir[3].

En parallèle, et alors que le « retour des classes sociales » semble avoir eu lieu[4], l’existence même des « classes populaires » en tant que groupe social (devenu par trop hétérogène et décloisonné) est remise en cause du fait de la désagrégation de la classe ouvrière et du monde communiste, de la fragilisation de la société salariale et de la porosité des frontières entre groupes sociaux, du fait aussi de la pénétration massive de l’école dans les catégories populaires[5].

L’originalité de ces journées d’études réside dans la volonté de croiser ces axes de réflexion en plaçant au cœur des échanges l’action associative et politique des/ou à destination des classes populaires. L’objectif consistera à établir dans quelle mesure les différentes formes d’engagement dans l’espace public (politique, syndical, et associatif) contribuent à la politisation des classes populaires et, plus encore, dans quelle mesure des types de militantisme et d’action collective peuvent à la fois se révéler des points d’entrée particulièrement heuristiques pour accéder au(x) rapport(s) ordinaire(s) au(x) politique(s) de ces populations et participer de la (re)définition et/ou de la disparition de ce groupe social.

Références

[1]Masclet O., La gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, La Dispute, Paris, 2003 ; Michelat G. et Simon M., Les ouvriers et la politique, Presses de Sciences Po, Paris, 2004 ; Filleule O. (dir.), Le désengagement militant, Belin, Paris, 2005 ; Braconnier C. et Dormagen J-Y, La démocratie de l’abstention. Aux origines de la démobilisation électorale en milieu populaire, Gallimard, Paris, 2007 ; Andolfatto D. et Labbé D., Toujours moins ! Déclin du syndicalisme à la française, Paris, Gallimard, 2009.

[2]Hély M., Les métamorphoses du monde associatif, Puf, Paris, 2009 ; Simonet M., Le travail bénévole – Engagement citoyen ou travail gratuit ?, La Dispute, Paris, 2010 ;Hamidi C., La société civile dans les cités. Engagement associatif et politisation dans les associations de quartier, Economica, Paris, 2010 ; Tchernonog V., Le paysage associatif français, Dalloz Juris Éditions, Paris, 2013.

[3]Siblot Y., Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires, Presses de Sciences Po, 2006 ; Hamidi C., « Catégorisations ethniques ordinaires et rapport au politique. Éléments sur le rapport au politique des jeunes des quartiers populaires », Revue Française de Science Politique, vol. 60 (4), 2010, pp. 719-743 ; Pudal R., « La politique à la caserne. Approche ethnographique des rapports à la politique en milieu pompier », Revue française de science politique, 2011/5, vol. 61, pp. 917-944 ; Mariot N., « Pourquoi il n’existe pas d’ethnographie de la citoyenneté », Politix, 2010/4, n°92, pp. 165-194 ; Céfaï D. et al., « Ethnographies de la participation », Participations, 2012/3, n°4, pp. ,7-48.

[4]Bouffartigue P. (dir.), Le retour des classes sociales : inégalités, dominations, conflits, La Dispute, Paris, 2004.

[5] Castel R., Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Paris, Galllimard, 1995 ; Chauvel L., Le destin des générations. Structure sociale et cohorte en France au XXᵉ siècle, Paris, PUF, 1998 ; Olivier Schwartz, La notion de « classes populaires », habilitation à diriger des recherches en sociologie, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 1998 ; Beaud S. et Pialoux M., Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard, Paris, Fayard, 1999 ; Pudal B., Un monde défait. Les communistes français de 1956 à nos jours, Savoir/Agir, Paris, 2009.

Programme

Lundi 16 mars 2015

09h00 Accueil

09h30-12h30 

Session 1 Travail politique, travail de socialisation politique

Discussion : Camille Hamidi (Triangle/Lyon 2) et Mathilde Pette (CLERSE/CERAPS)

  • Julien Talpin (CERAPS/Université Lille 2), Mobiliser les classes populaires. Travail politique et socialisation au sein de deux organisations communautaires américaines.
  • Étienne Pingaud (ISP/Université de Nanterre), Le travail politique des militants associatifs de terrain. Encadrement des quartiers et socialisation à la politique.
  • Yoletty Bracho (Centre Michel de l’Hôpital/Université d’Auvergne), « Habiter l’État » depuis le militantisme : travail militant et politisation des classes populaires à La Vega (Caracas).
  • Benjamin Moallic (EHESS/CESPRA), "L'ongéisation des mouvements sociaux" ou la reconversion des rapports entre militants révolutionnaires et bases populaires en Amérique centrale.

12h30-14h00 Déjeuner

14h00-16h30 

Session 2 Usages populaires et rapport aux institutions politiques

Discussion : Tania Navarro (CURAPP-ESS)

  • Marion Carrel (CeRIES/Université Lille 3) et Jérémy Louis (LAVUE/Université Paris Ouest Nanterre), La coordination "Pas Sans Nous". Une nouvelle forme de lobbying politique des quartiers populaires ?
  • Vianney Schlegel (CLERSE/ Université Lille 1), L’engagement militant d’un collectif de sans-abris lillois : la maitrise du droit comme moyen d’action.
  • Cyrille Rougier(GRESCO/Université de Limoges), Défiance et conformisme. La mise à distance du politique dans une association de loisirs en milieu populaire.

16h30-16h45 Pause et café

Table-ronde

16h45-18h30

Le politique, le populaire et l’associatif : enjeux méthodologiques

Animation : Arnaud Trenta (Lise)

Interventions de Christelle Avril (IRIS/Université Paris 13), Nicolas Duvoux (CERLIS/Université Paris Descartes) et Estelle d’Halluin-Mabillot (CENS/Université de Nantes) 

Mardi 17 mars 2015

9h00 Accueil

09h30-12h30

Session 3 Rapports culturels, rapports de classe

Discussion : Nathalie Ethuin (CERAPS/  Université Lille 2) et Maricel Rodríguez Blanco (CESPRA/ EHESS-CNRS)

  • Sophie Béroud (Triangle/Lyon 2), Les usages des activités sociales et culturelles par les élus syndicaux au sein des Comités d'entreprise :    une relation aux classes populaires entre solidarité financière et promotion d’activités autonomes.
  • Francesca Quercia (Centre Max Weber/Lyon 2), Les relations de classe dans les projets d'action culturelle mis en place dans les quartiers populaires. Une comparaison franco-italienne.
  • Élie Guéraut (CERLIS/Paris Descartes, CESAER/INRA), S'engager à l’Association Jeunesse Entreprenante. Une tentative de sortie des classes populaires.
  • Lionel Arnaud (SOI/PRISSMH/ Université Toulouse 3), Une politisation "pratique". Les mobilisations culturelles des habitants d'un quartier populaire de Fort-de-France.

12h30-14h00 Déjeuner

14h00-16h30 

Session 4 Injonction à la participation et normativité

Discussion : Sylvain Bordiec (LACES)

  • Catherine Neveu (IIAC – TRAM/EHESS), Politiser en contexte "peu politisé" ? Quelques paradoxes de la mise en oeuvre du développement du pouvoir d'agir dans des centres sociaux.
  • Thomas Chevallier (CERAPS/ Université Lille 2), Conséquences ou effets de la participation associative à la politique de la ville sur les classes populaires. Ethnographie d'un groupe associatif populaire du quartier de Lille-Moulins.
  • Samir Hadj Belgacem (CMH/ENS/ EHESS), Des rencontres malheureuses. Les militants communistes et l’échec de la politisation de la jeunesse des quartiers populaires.

16h30-16h45 Pause et café

Table-ronde

16h45-18h30 Classes populaires et organisations militantes : conclusion

Animation : Ana Perrin-Heredia (CURAPP-ESS)

Interventions de Olivier Schwartz (CERLIS/Université Paris Descartes), Julian Mischi (CESAER/INRA) et Michel Kokoreff (CRESPPA/Université Paris 8)

Lieux

  • CNRS, 59/61 rue Pouchet
    Paris, France (75017)

Dates

  • lundi 16 mars 2015
  • mardi 17 mars 2015

Mots-clés

  • classes populaires, participation, association, militantisme

Contacts

  • Mathilde Pette
    courriel : mathilde [dot] pette [at] gmail [dot] com
  • Ana Perrin-Heredia
    courriel : aperrinheredia [at] gmail [dot] com
  • Arnaud Trenta
    courriel : arnaudtrenta [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • Mathilde Pette
    courriel : mathilde [dot] pette [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Classes populaires et organisations militantes », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 20 février 2015, http://calenda.org/318001