AccueilCritiquer la science aujourd'hui : pourquoi, comment ?

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Publié le mercredi 18 février 2015 par Céline Guilleux

Résumé

La critique de la science contemporaine est un exercice délicat. Selon le cadre normatif dominant, la critique « interne » de la science (débats suscités par les pairs) semble la seule acceptable. Quelle est la valeur ou la légitimité de la critique formulée par la société civile, l'État ou le marché ? Est-il possible de critiquer le cadre normatif dominant de la science sans sembler la rejeter ?

Annonce

Argumentaire

La science est bien plus qu’un ensemble de connaissances visant à comprendre le monde et à le modifier par des interventions. C’est aussi un réseau international d’institutions de recherche reliées aux universités ou à l’industrie, un marché de diffusion des connaissances dont les finalités sont variées (commerce, développement, innovation, etc.), un système socio-économique producteur de prestige, de richesse et de pouvoir et un label souvent utilisé comme une certification de qualité - d'objectivité et de vérité. Selon le cadre normatif dominant de la science actuelle, tout travail qui aspire à la qualité de "scientifique" doit être basé sur des données probantes, sur l’évaluation par les pairs dans des revues reconnues ou avec un facteur d'impact élevé, reposer sur une revue exhaustive des contributions scientifiques sur le domaine et une méthodologie reconnue et éprouvée, entre autres. C'est à partir de ce cadre normatif que sont qualifiés de « charlatans » ou d'esprits irrationnels ceux et celles qui contestent la fiabilité des vaccins, le changement climatique, le progrès apporté par les OGM, etc. Alors que certains milieux politiques semblent mépriser ouvertement les connaissances scientifiques lorsque vient le temps des décisions, l’expression « la science montre que... » est souvent utilisée pour justifier tel ou tel choix politique ou pour disqualifier des propositions concurrentes. Pourtant, il n’est jamais possible de parvenir à un résultat définitif ou éternel en science : une connaissance scientifique est toujours un modèle, une manière de représenter le réel qui est propre à un moment historique et qui est vouée à se transformer. La critique et le doute font partie intégrante du processus du production des connaissances.

Dans ce contexte, la critique de science apparait comme un exercice délicat. Est-ce pour cette raison que le cadre normatif dominant de la science semble la réserver aux pairs, aux collègues du domaine ? Quelle est la place de la critique externe, qu’elle vienne d’autres disciplines, de l’État, de l’industrie ou de la société civile, dans le travail scientifique ? Cette critique pose parfois des questions cruciales aux scientifiques, à leurs institutions et au cadre normatif dominant de la science. Ce sont ces questions que nous souhaitons explorer dans ce colloque. Par exemple, comment dénoncer l’influence des conflits d’intérêts sur une partie de la recherche biomédicale sans pour autant nuire à la crédibilité de ce domaine de recherche ? Comment communiquer la science en laissant au public la possibilité légitime de douter et de questionner les savoirs présentés ? Comment stimuler la confiance dans l’institution scientifique sans exiger du public une admiration béate ? Les scientifiques peuvent-ils et savent-ils accepter la critique externe sans crainte de perdre leur autorité, leur pouvoir de véridiction, comme dirait Michel Foucault ? La critique de l’ordre normatif dominant de la science, par exemple dans les études post-coloniales ou féministes ou - de manière plus tacite - dans le mouvement de la science ouverte, est-elle « anti-science » ou évoque-t-elle plutôt le désir d’une évolution de ce cadre normatif ?

Ce colloque pluridisciplinaire organisé par l'Association science et bien commun propose d’explorer cette thématique à travers deux axes.

  1. La critique externe des productions scientifiques : comment se fait-elle entendre ? Atteint-elle les chercheurs « critiqués » ? Comment apparait-elle dans les médias scientifiques ? A-t-elle de l’influence sur le plan des politiques scientifiques ? Quelle est sa légitimité ? Peut-elle relancer les chercheurs et chercheuses sur de nouvelles pistes ?
  2. La critique du cadre normatif dominant de la science. Comment se construit-elle ? Propose-t-elle un cadre alternatif viable ? Quelle est sa légitimité ? Sa vitalité ? Son unité ? Est-elle entendue par les défenseurs du cadre normatif dominant ?

La revue en ligne Science ouverte accueillera les articles issus de ce colloque dans un dossier spécial.

Échéancier et modalités de soumission

  • Jusqu'au 20 février 2015 : réception des résumés

dans le formulaire suivant.

  • 25 février 2015 : Avis aux auteurs et auteures
  • 6 mars 2015 : programme final envoyé à l'ACFAS
  • 25 et 26 mai 2015 : colloque à Rimouski, Qc, Canada dans le cadre du 83e congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS)

Comité scientifique

  • Florence Piron (Université Laval),
  • Émilie Tremblay (UQAM),
  • Marie-Claude Bernard (ULaval),
  • Jean-Claude Simard (UQAR)
  • Samir Hachani (Université Alger 2).

Aucun financement des participants n'est prévu pour le moment.

Lieux

  • Université du Québec à Rimouski
    Rimouski, Canada

Dates

  • vendredi 20 février 2015

Mots-clés

  • critique, science, marché, industrie, État, société civile

Contacts

  • Florence Piron
    courriel : florence [dot] piron [at] com [dot] ulaval [dot] ca

Source de l'information

  • Émilie Tremblay
    courriel : tremblay [dot] emilie [dot] 8 [at] courrier [dot] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Critiquer la science aujourd'hui : pourquoi, comment ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 18 février 2015, http://calenda.org/318005